Mercredi 2 juillet 2008



"Zut !" est la dernière entrée du Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés de Jacques Lévy et
Michel Lussault (2003), et pour ainsi dire la dernière chose que j'aie consulté avant mon départ imminent (dans moins d'une heure!) pour Châlons-en-Champagne, où je passerai (enfin!) mes oraux du CAPES. Voici la définition de cette entrée donnée par les auteurs :

ZUT !
Damn ! Verflixt !
Interjection proférée par les auteurs de dictionnaires lorsqu'ils constatent avec dépit qu'ils ont oublié de consacrer une entrée à un terme fondamental!


Et tandis que je devenais persuadée que tout ce qui prétendait faire de la géographie vaguement universitaire était forcément un monstre, cet article me rappelle, comme un gros coup sur la tête, que les géographes peuvent aussi être humains et se considérer avec ironie et second degré. C'est un peu l'Arcane 0/22 du Mât de ce dictionnaire épistémologique. J'ai souri en refermant le dictionnaire, prenant cela comme un énième bon signe avant mes oraux.

See you soon ! 

Jeudi 19 juin 2008



C'est amusant que j'aie eu ce commentaire patent de non-compréhension du but initial au sujet du rituel pour maigrir. J'ai justement l'intention de revenir à présent sur le fait de maigrir, ou du moins de ne pas prendre de poids, avec la question du chocolat.

Comme beaucoup de femmes (semble-t-il), je suis complètement accro au chocolat d'autant que je ne fume pas, et ne bois pas une tonne de café (c'est bien le matin ou à 17h de temps en temps pour faire une pause, ou me sociabiliser, mais ça s'arrête là). J'en suis d'autant plus dépendante en cette période de stress intense, de préparation marathonienne aux oraux et de dépenses énergétiques assez éprouvantes. Ne me contentant plus de gateaux tous prêts, de yaourts achetés (même allégés), de Kinders, de Nutella ou de tablettes de chocolat, je suis passée au stade supérieur : celui de l'activité saine et constructive de la cuisine au chocolat. Cake au chocolat, brownies, mousse au chocolat :tout y est passé.

Or, voilà que je tombe par hasard sur le net sur une recette dite "weight watchers" de gâteau au chocolat. Comme c'est estampillé "léger" et "chocolat", ça retient donc mon attention (il serait plus juste de dire que j'ai tendance à me jeter dessus à la lecture de ces deux mots magiques). En fait, cette recette est vraiment magique et mérite absolument d'être transmise ici à toutes les femmes qui se désespèrent de ne pas arriver à décrocher de leur drogue favorite. Car une fois qu'on y a gouté, il semblerait qu'on obtienne immédiatement le don de modération et la cessation immédiate de la volonté de se goinfrer de chocolat. Non, vraiment, il m'a suffit d'une bouchée pour que, pour la première fois, je boude quelque chose qui soit à la fois au chocolat et préparé avec amour (par moi-même pour moi-même).

Donc mesdames, l'été est dans deux jours. Vous angoissez car vous ne décrochez plus du chocolat, voilà LA solution :

Préchauffez votre four th.4 (150°)
Mélangez 2 oeufs, 2 cuillers à café de miel, 10g de farine, 10g de maïzena, 1 sachet de levure chimique, et 4 cuillers à café de cacao non sucré.
Ajoutez 100g de fromage blanc à 0%, mélangez de nouveau.
Versez le mélange dans un petit moule à gâteau et faites cuire entre 20 et 25 minutes.


Tadam! Attendez que ça refroidisse, ou au moins que ça tiédisse pour les plus accro. Dégustez ensuite.

Ce fut radical pour moi. Mon esprit sentit comme un changement instantané, il lui vint à l'idée que le chocolat n'était peut être pas si indispensable tout compte fait, et que j'avais des tas d'autres choses à faire que continuer à manger.

Pour une réussite maximale de l'expérience, débarassez vous de toute autre trace de chocolat chez vous, arrangez vous pour n'avoir sous la main que ce gâteau. Non seulement, vous n'en abuserez pas, mais vous devriez réévaluer l'importance -toute relative- que le chocolat a dans votre vie (à moins que ça ne vous donne envie de foncer au supermarché vous racheter de bonnes tablettes de chocolat).

Alors qu'est ce qu'on dit? Merci Weight Watchers! Pas étonnant après ça qu'on maigrisse!

Jeudi 29 mai 2008



En tous cas, une égérie du Paradigme de la Sphinge sans le moindre doute, cultissime pour la fan devant l'Eternelle que je suis.

Et donc, ce ne furent pas deux new-yorkaises, mais deux prêtresses strasbourgeoises, qui se rendirent hier soir au cinéma afin d'assister comme il se doit à une séance de ce film tant attendu, le jour de sa sortie (nous aurions bien fait l'avant-première, si seulement il y en avait eu ici ... Un manque de savoir vivre ça!). Si j'avais cette semaine trois oraux d'entrainement à mon oral d'admission, le seul évènement digne d'un grand E était la sortie de ce film. Ca se saura depuis le temps que j'en parle à tout vent.

Toutefois, il faut admettre que c'est tout un phénomène qui dépasse les barrières générationelles. Il y a donc quelque chose, un concentré de féminité dans son essence la plus pure. J'imagine des froncements de sourcils, devant cet étalage de défilés de mode, de soirées hype, de tout ce qui fait la Superficialité avec grand S. Oui mais ; c'est le paysage, le contexte qui fait que c'est si attractif après une longue journée de travail, quand on cherche à se détendre, à rire, et dans le fond, à trouver un miroir à ses propres interrogations féminines existentielles de type "mais pourquoi les hommes sont-ils si [mettez le reproche de votre choix]?!". Je me souviens avoir tiré de grandes leçons de sagesse dignes du Dalaï Lama après le visionnage de certains de ces épisodes, à croire qu'ils contiennent tous les secrets de la vie ... ou du moins, de la vie moderne avec ses joies et ses viscissitudes. Nul besoin d'habiter à New York, de crouler sous l'argent et de vivre de cocktails et de défilés Gucci. Dans ma petite campagne alsacienne, je vois bien que le monde est partout le même. Ou plutôt, que l'humanité se retrouve à la ville, à la campagne, en Amérique ou en Europe. Ou ailleurs.

C'est sûrement ce qui fait de Sex and the City une série, puis un film, si fédérateur. Et puis, c'est l'histoire de quatre grandes amies. De fait, le public au cinéma devait être au moins à 90% féminin, avec des groupes de copines oscillant entre deux et dix amies. C'était tellement évident : Sex and the City, c'est la grande messe de l'amitié entre femmes. Et c'est bien le message de la série ; les hommes défilent avec les joies et les peines, mais les amies restent, encore et toujours.

Film dianique par excellence donc, puisqu'il célèbre les homosexuels, les hétérosexuels, , et surtout les femmes, des femmes libérées, exigentes, conscientes et maitresses de leur pouvoir professionnel, social voir sexuel, et les femmes dont les liens d'amitié sont garants d'un soutien et d'une fidélité inconditionnelle. Des conquérantes, jamais des victimes. Des femmes modernes dans le meilleur sens du terme.

Le message du film? Profitez, allez acheter des chaussures, des beaux habits, vibrez au rythme des rencontres amoureuses sans jamais vous décourager, et choyez vos amies. Elles étaient là avant, elles seront là après. Les amours passent, les amies restent. Elles seront toujours là pour un après midi shopping ou des confidences (très) intimes. Y a-t-il d'autres choses qui soient vraiment importantes? Dans le fond, ce qui est léger ne l'est peut être pas tant que ça, on sait ce que valent les petites choses de la vie, tout comme les petites gouttes forment des océans.

En tous cas, à moi, ça me donne des ailes. Je me bichonne bien en ce moment, je suis peut être plus "dans le mouvement" que d'ordinaire. Un peu de mode pour pimenter ce quotidien studieux, une mode qui me sied et me renouvelle. Je suis un serpent, je suis en train de m'étirer pour me défaire de mon ancienne peau. Et caméléon aussi, en passe-muraille des genres. Quand j'aurai fait le tour, je reviendrai au centre. A l'essentiel. Et toujours, avec ma grande amie. Nous aussi, comme Samantha et ses trois amies, nous célébrerons nos cinquante ans ensemble, et plus encore.

Sex and the City, sponsor officiel des dianiques modernes, qui réclament leur appartenance à cette modernité sur toutes les échelles, ailleurs comme ici.

Lundi 19 mai 2008

Hédéra et Léthé sont ravis de vous faire part d'un heureux évènement : l'arrivée de deux nouveaux bébés dans leur vie.

Ne suivant pas la rebel fashion attitude, ce ne sont pas des rats.
Ne suivant pas la witch fashion attitude, ce ne sont pas des chats (même si on les adore, mais la place manque quelque peu).
Ne suivant pas la bling bling fashion attitude, ce ne sont pas des chihuahuas.
Ne suivant pas les dernières modes animales du moment, ce ne sont pas des furets ni des écureuils.

Mais suivant l'envie de petites bêtes toutes mignonnes, douces, affectueuses et amusantes, ce sont ... deux cobayes!

Voici Maia :

 
Et sa soeur Padmé :



Au départ, j'étais partie sur le trip Padmé et Leia, tandis que je cherchais des noms de grands duos féminins. Mais bon, abandonnant le côté un peu too much de l'idée, j'ai trouvé que changer Leia en Maia, au mois de mai, n'était pas si mal. Il est évident aussi que la Padmé devait être celle qui a la plus belle robe!

En tous cas voilà, c'est toujours émouvant, les familles qui s'agrandissent!

Mardi 13 mai 2008

Voici un texte qui semble bien de circonstance, et que les circonstances m'ont inspirées. Je pourrais facilement le développer en roman d'anticipation pour le rayon sciences-fiction, si j'avais le temps. Faute de tout cela, cette forme-ci me permet de développer assez bien les idées principales, ainsi que ce futur possible que j'ai imaginé cette après midi alors qu'on nous reparlait des dangers de Yellowstone (pour rappel, l'activité volcanique de ce volcan géant des Etats Unis a redoublé ces dernières années et commence à menacer sérieusement le pays tout entier s'il venait à exploser et entrer en éruption). Et donc, la similitude de notre époque avec l'Empire Romain, les grandes catastrophes destructrices de civilisations telles les légendes de l'Atlantide, la crise parcourant la spiritualité et l'ésotérisme, et un peu de conjecture sur l'avenir donne ceci : une réflexion à la croisée des chemins entre petite création littéraire et et développement des thèmes abordés ces derniers jours. De l'inspiration expérimentale.


Enfant de la Terre, tu as élevé ta voix vers moi, gardienne de la Mémoire, gardienne du Temps. Au milieu de ton désert, tu interrogeais les pierres sur ce qu'il y avait eu avant.
Ecoute moi, Enfant de la Terre. J'étais là de tout temps, j'ai vu se créer les monts et les mers, j'ai vu grandir l'humanité, j'ai assisté à la naissance d'empires légendaires, que j'ai vu tomber.

Au lointain, les mythes longtemps conservèrent la mémoire floue d'une civilisation d'exception, grands mages, grands sages, qui disparurent en un instant sous les coups de l'explosion d'un volcan. L'Histoire prend le relais pour conter, avec un peu plus d'assurance, l'apparition et la croissance de deux civilisations appelées à régner sur le monde, en Mésopotamie et en Egypte. Grands mages, grands sages eux aussi, qui poussèrent loin la connaissance des arcanes secrètes et des sciences. Au grand Déluge causé par l'effondrement du Bosphore, ils survécurent, et consignèrent cet évènement pieusement dans leurs livres les plus sacrés, les plus grands. Et pourtant, l'Empire d'Alexandre puis d'Auguste les avala tout en les rassemblant. Après des milliers d'années de connaissances jalousement gardées et sans cesse développées, la Méditerranée devint un creuset géant, un bouillonnement de savoirs se rencontrant, s'appréciant, se mariant en se syncrétisant. De là naquirent des philosophies, des pratiques, des traditions d'un aboutissement peu égalé dans une ferveur s'élevant de toutes parts. Les Mystères avaient triomphé, il semblait que le monde entier était devenu mage et initié.

Las, comme tout empire, il faut qu'il apparaisse et expire. Telle une étoile filante, ou une planète que l'on appelle naine géante, la fin n'est jamais aussi proche qu'au paroxisme. Enfant de la Terre, c'est un mythe que de croire que l'humanité évolue à mesure qu'elle vieillit. La vérité est qu'elle ne fait que répéter et répéter les mêmes existences, oublieuse de ce qu'il y eut avant. Et ainsi, dans ce fourmillement de quêtes mystiques, pénétra la violence, la tyrannie, l'intolérance, le dogmatisme. La nature aime la diversité et le chaos, pas les hommes. Il leur faut de l'ordre, et en bonne coupe rangée, les religions exclusives, revendicatives, restrictives, balayèrent des milliers d'années d'avancées. Voilà les aléas du temps : catastrophes naturelles ou humaines, le résultat est le même. Il fallut presque deux mille ans pour commencer à enfin retrouver un bouillonnement libre, des tentatives de déterrer ce qui avait été enfoui et éradiqué, un monde entier en quête de spiritualité. Et voilà le miracle qui revient, une fois de plus, avec la richesse d'un empire étasunien, tout autant décrié que l'Empire Romain, mais où finalement l'humanité se complait fort bien. La renaissance avait opéré, les temps avaient changé mais le même esprit planait.

Las, comme tout empire, il faut qu'il apparaisse et expire. Tout endormi dans son indolence et sa certitude de suprématie, l'irruption du volcan géant de Yellowstone effaça en quelques instants ce peuple planétaire globalisant. Le monde plongé dans une tourmente sans nom se laissa gagner par l'autre géant. Voilà bientôt deux mille ans qu'ils combattaient en croisades, et les extrémistes de Mahomet conquirent les survivants, firent taire leurs dissidents libertaires et inaugurèrent le nouvel empire. Et la roue du destin humain tourna une fois de plus, oubliant ses valeurs d'avant.

Enfant de la Terre, te voilà surpris. Tu n'a jamais rien connu de différent, comment imaginerais-tu seulement ce qui exista auparavant? Tel est le destin des vaincus, qui sombre dans la poussière des âges, emportant avec eux toutes leurs constructions lentement mises en place. L'oubli est peut être préférable, accompagné de l'espoir, mué en certitude, que le monde ne va qu'en se perfectionnant. Peut être à chaque fois il y a, à terme, avant le déclin, un plus grand aboutissement.

Ainsi vont les choses, éternelles dans leurs cycles de morts et de recommencements. Ne sois pas triste, mon Enfant, songe que c'est peut être un don que de permettre une quête infinie, une aventure initiatique à redécouvrir, encore et encore. L'humain n'est pas fait pour les aquis.
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