J'avais dit que mon voyage dans les Pyrénées m'avait apporté un grand nombre de réflexions et que je les retranscrirai peu à peu ici, donc voilà la suite, qui tombe à point nommé après la discution par commentaires interposés entre Seasaidh et moi, sur l'article "La Wicca Dianique est morte". Avec cet article, je pourrai démontrer, une fois de plus si ce n'était pas encore assuré, que je donne par nature dans le paradoxe non paradoxal.
De mon année de philosophie de terminale (qui commence à remonter à présent), mon professeur avait sensibilisé ses élèves, dont je faisais partie, sur le fait que les gens se méprennent souvent totalement dans leurs définitions de l' "identité". A la question "qui es tu?", beaucoup répondent en donnant une liste de choses qu'ils font : leur nom, prénom, âge, métier, hobbies ; globalement. Mais en réalité, cela ne permet pas de dire qui cette personne est, ce ne sont que des activités ou des concepts collées comme tentative de définition d'une personne. Car une personne ne peut se définir par son métier, elle n'es pas née de l'essence du métier et pourrait exister sans cela (ce qu'elle fit avant de grandir, évoluer, apprendre le métier). Bref, on peut aligner une série de caractéristiques générales pour tenter de cerner une personne, ou aider autrui à nous cerner, mais cela ne répondra jamais à la question "qui es tu?" (ce serait déjà un bon début que de le savoir soi-même).
Toujours est-il, j'avais été assez marquée par ce cours et j'avais trouvé que c'était très vrai. J'ai depuis toujours eu horreur de devoir me définir en termes généraux, dont le commencement, la fin et les limites ne sont pas définies par moi seule. D'ailleurs, je ne me présenterais pas de la même manière à tout le monde ; les forums de spiritualité attendront une description de parcours spirituel, tandis qu'un CV doit comporter une carte d'identité du parcours scolaire, universitaire et/ou des expériences professionnelles. De tout cela, je retiens surtout l'idée de carte d'identité, de fichage auprès d'autrui qui cherche à nous cerner. Ce n'est pas qu'il cherche forcément à nous comprendre (ce serait un monde tout rose ça), mais il veut pouvoir mettre des étiquettes et classer tout ce beau monde en ordre bien clair.
Cela vaut tout autant, presque plus même, dans les domaines de la spiritualité et de l'ésotérisme. "Déclinez votre identité." Monothéiste? Polythéiste? Païen? Déiste? Wiccan? Athée? Eclectique? Cherche encore? Quel que soit le type de réponse (jusqu'à la réponse la plus vague de type "en quête"), le but de la manoeuvre est d'exprimer en un ou deux mots un univers entier de spiritualité intérieure afin de satisfaire le besoin d'autrui de vous ranger dans un compartiment, de vous cadrer. Une fois la formalité accomplie, vous pouvez passer, avec votre petit badge étiqueté sur votre chemise. Et là, les merveilles de la magie opèrent : désormais, tout le monde pourra vous reconnaître, savoir qui vous êtes, ou du moins vous appréhender selon une grille de lecture toute faite.
Je repensais à tout cela dans le train qui me ramenait chez moi (ce long voyage horrible au milieu de l'enfer SNCF des vacances scolaires dans le sud-est de la France). Le philosophe cathare m'avait dit un soir, au coin du feu : "ainsi vous n'êtes plus païenne?". Ce à quoi, j'ai pu lui répondre en toute franchise que je ne l'avais jamais été, car je ne me reconnaissais pas dans les combats et les chevaux de lance associés au mouvement païen actuel. Je n'avais aucune envie d'entrer dans les détails, je voyais qu'on voulait me conduire là où je ne voulais pas m'aventurer. Et sûrement pas avec mon gros baluchon de doutes d'alors. Je repensais donc dans le train à cela, et aux divers débats plus ou moins houleux sur forums, où j'insistais sur mon détachement du terme "païen", à la fois très vague et dont les caractères les plus affirmés sont tournés vers ces combats de reconnaissance (pour lesquels je trouve plus d'inconvenients que d'avantages) et de définition du paganisme (tendant vers un sens unique, nécessairement restreint, et potentiellement dogmatique dans l'avenir). Bref, la crainte de l'atteinte à la Liberté. Qui plus est, je ne suis pas revendicatrice, or l'idée de paganisme est de plus en plus autant un concept religieux qu'un concept de combat, ou d'opposition à la société actuelle. Mais je n'entrerai pas ici dans le vif du sujet, puisque là n'est pas le thème, pour l'heure.
Quant à la Wicca, je parle de dianisme. Mais comme je le disais auparavent, la Wicca Dianique dans sa prime création n'existe plus, ou plus de manière pertinente et est en phase de disparition inévitable. Même la Wicca, qu'est ce que la Wicca aujourd'hui? On en vient à un gros flou, à se définir spirituellement sur la "Voie de la Déesse" et ésotériquement dans la "Witchcraft", souvent liées mais pas obligatoirement. Entre les deux, de nombreux univers dansent, s'entremêlent et se chevauchent. Cette définition flou, censée éviter des définition inexactes trop restrictives, devient fausse par son inexactitude et ne rend pas justice à une personne grandement impliquée dans sa voie, se retrouvant à côté d'une autre personne revendiquant la même chose sans aucune réflexion profonde et sans investissement personnel. Ainsi, quel que soit le type de personne, toutes se retrouvent fondues dans une grande masse hétéroclite, avec des profondes différences de fond, sur forme unie toute recouverte d'un tas de couleurs pour masquer l'incohérence et le manque d'unité réelle. Et au final, on ne se comprend pas malgré des appellations similiaires, on s'accroche les uns les autres, on s'en veut, on pense parfois qu'on ne peut pas même compter sur "les siens". Mais est-ce vraiment les nôtres, vu sous cet angle? J'ai parfois l'impression que le paganisme, la wicca ou l'ésotérisme est en général un groupement de gens qui s'ont d'accord de se mettre ensemble "contre". Contre les autres, la société actuelle, le christianisme, les monothéismes, le capitalisme (plein de -ismes). C'est connu, à partager des ennemis, on se fait des amis. Oui mais jusqu'où? Ca marche très bien pour s'opposer en effet, mais ça ne bâtit rien ; l'Histoire grouille d'exemples de cas similaires.
Je n'ai rien à proposer comme solution miracle, ce n'est que ma propre réflexion. Je sais juste que je refuse de "décliner mon identité" dans les termes qu'on attendrait de moi, même si je sacrifie à la nécessité en continuant de conserver le qualificatif de "dianique", auquel le discordianisme vient porter un secours libérateur. Plutôt que de dire ce que je fais, je préfère expliquer des pans de ma pensée. Et ce, très longuement. Il est évident que ça ne suffirait pas même à commencer à toucher du doigt "qui je suis" en matière de spiritualité. Mais comme pour les expériences, "les gens s'en fichent", dans le fond. Ils veulent des réponses claires, rapides, succintes ... superficielles. Ca contente la très grande majorité. Dommage.
Et tant pis, je continuerai à en dérouter certains. De même que ceux qui ont une optique identitaire similaire et sont accrochés (comme une moule à son rocher) à l'idée de Liberté. Et tant mieux pour moi, parce que ça fait longtemps que j'aime mieux m'en amuser que de pleurer ... même si je rêve parfois, dans mon fond idéaliste, qu'il serait possible d'être compris pour ce qu'on est, avec sincérité, sans accroc à sa nature intérieure.
Décidément, je crois en sortir et je n'en sors jamais, de mes cathares. Une fois la machine de cheminement initiatique mise en branle, plus rien ne l'arrête avant d'avoir vu le bout du bout, et encore. Je ne sais pas.
J'étais invitée, samedi dernier, à un workshop en Allemagne, organisé par une prêtresse hiérophante de FOI, sur le thème des troubadours. Etant donné qu'elle est musicienne de son état (en plus d'être professeur de langue et libraire), je m'attendais surtout à une après midi musicale. Ce qui fut le cas, puisque j'ai pu entendre de belles chansons occitanes médiévales chantées sur fond de harpe celtique. Mais ces chants étaient ponctués d'une présentation (je ne parlerai pas de conférence puisque c'était convivial, et que cela incluait des périodes de méditations) de la civilisation occitane médiévale des troubadours. Elle nous présenta l'Eglise d'Amour comme une sorte de société initiatique à sept degrés dans lesquelles évoluaient les troubadours et les dames qui participaient à ces fameuses cours d'Amour, célèbres de par Aliénor d'Aquitaine. Je restais perplexe, historiquement, on ne m'avait jamais présenté les troubadours comme des initiés à quelque tradition mystique et ésotérique. Mais je continuais d'écouter avec intérêt, d'autant que je sais ne pas avoir la connaissance absolue, et de loin, sur cette période d'Histoire, bien qu'elle m'ait toujours passionnée.
L'Eglise d'Amour était, dans ce contexte, une société parallèle, à la société seigneuriale hiérarchisée où nul ne s'appartenait, ni les femmes qui restaient des mineures perpétuelles et ne pouvaient échapper à une tutelle imposée du père puis du mari, ni même des hommes, soumis aux mêmes mariages arrangés et à un ou des seigneurs, puisque nul ne vivait sans maitre. Les valeurs y étaient inversées, et l'honneur n'était pas de faire la guerre mais de se mettre au service total et entier de la Dame, incarnant toutes les femmes, et devenant par la la Prêtresse. C'était une culture de l'élite féminine, il suffit de songer à Aliénor d'Aquitaine, épouse de deux rois, ou d'autres comtesses ou dames nobles. Les troubadours quant à eux étaient toujours de rang inférieur, bien qu'il y en ait eu aussi quoi soient nobles, car l'idéal chevaleresque se retrouva rapidement influencé par les idéaux alors véhiculés par les romans de la Table Ronde (chose d'ailleurs que j'avais bien étudiée en licence et qui est une réalité historique bien assurée). Le paroxisme littéraire de la Dame et de son chevalier servant est bien entendu la reine Guenièvre et Lancelot, mais on trouve un exemple similaire dans le roman de Tristan et Iseut. Ce qui dénote une autre réalité, celle du troubadour faisant la cour à une dame mariée, souvent employé dans la maison même de l'époux de la dame, seigneur du chevalier/troubadour.
C'est là qu'elle en vient aux cathares, en prenant l'exemple d'Esclarmonde de Foix, que je connais bien. Il s'agit d'une grande dame cathare, dotée d'un riche patrimoine, et qui devint une parfaite cathare renommée (elle eu la charge d'archi-diaconesse cathare). Je ne savais pas en revanche, à moins que je ne l'ai oublié, qu'elle avait animé avec énergie, des cours d'amour en son temps, et que même devenue parfaite cathare, ce qui la conduisait à l'ascèse et la chasteté, elle continua d'en tenir. Je ressentais fortement ce lien entre troubadours et cathares, que les historiens reconnaissent pour être le créateur de cette civilisation si riche et colorée. C'est aussi la raison pour laquelle aucun autre dualisme ne m'a jamais attirée, cependant, je pensais en mon for intérieur, que ce devait venir d'une vision romantique et romanesque que je me faisais de tout ça. Peut être pas tant que cela en fait.
Les troubadours de cette Eglise d'Amour rencontrent la spiritualité cathare en ce que l'amour qu'ils vivent au service de leur Dame est nécessairement chaste et désinteressé, puisque cette dernière est mariée. On sait toutefois qu'il était possible que cela aille plus loin, que la récompense la plus élevée pour un troubadour était bel et bien que la Dame l'invite à partager sa nuit, sachant bien entendu qu'il ne pouvait que suivre les désirs de la Dame et ne jamais chercher à aller plus loin. Chasteté et sexualité se cotoyaient de manière permanente, ce qui amena la comparaison de cette Eglise Moderne à une sorte de "tantra européen", venu dans le midi de la France via un poète Arabe qui introduisit, par son oeuvre, cet esprit et cette forme de sagesse.
Il est connu que la chasteté est une condition absolue dans le catharisme pour les parfaits. Et pourtant, il existerait une chanson d'un troubadour, dans laquelle il donne l'indication de tous les lieux où des cours d'amour existent et où des dames ne s'en limitèrent pas à la chasteté ; tous des lieux réputés pour être des bastillons cathares. Et là, cette prêtresse de dire que pour les cathares qui adoraient l'Esprit Saint, celui-ci était la part féminine de Dieu, selon une tradition gnostique plus ancienne. Dans ce cadre, les femmes cathares jouissent en effet d'un statut bien plus haut que dans la société "commune" et sont reconnues comme prêtresses et incarnation de la "Déesse".
Il y avait comme une boucle qui se bouclait. Il faudra que j'étudie cela d'un angle historique strict, mais pour la première vraie fois, des choses que je savais de manière éparse se sont mises bout à bout et j'envisageais vraiment l'hypothèse de cette cours d'amour initiatique, portée par l'Idéal d'amour. Je connais cette idéal d'amour pur et chaste, j'en ai rêvé des années sans renier la sexualité pour autant. Ils ne sont d'ailleurs pas contradictoires puisque l'un, l'amour dévoué et chaste, peut mener à l'autre, une fois que le coeur et l'âme ont été éprouvés et ont atteint le dernier degré, le paroxisme. L'Initiation, en fait. Voilà donc comment cette civilisation occitane serait née, en conciliant des faux contraires.
Je ne pouvais être que déçue par mon voyage puisque je ne rencontrais rien de cela, rien de cet esprit, que du froid, de l'indifférence. Tout ce que n'étaient ni troubadours, ni cathares, ni eux tous réunis. Je finirai par croire que mon voyage initiatique ne se finit jamais. C'est peut être vrai.
Je pourrais facilement fractionner la semaine passée en de nombreuses histoires et réflexions tant elle fut riche, comme je le disais dans l'article précédent. Tout foisonne dans un joyeux chaos
comme je les aime, toutefois, j'y mets par écrit un peu d'ordre afin d'en faire une histoire cohérente, comme je les aime aussi. Alors avant de passer strictement à des réflexions issues du
hasard des discutions et des faits qui se sont présentés à moi, mieux vaut planter le décor. Comme pour une toile peinte, il y a le paysage, la scène principale, et la multitude de personnages ou
de détails tout autour qui font de cette peinture un monde riche et à part entière.
Mardi, je partais pour quelques jours de vacances bien méritées dans le sud de la France, dans les Pyrénées autour de Montségur et ensuite à Avignon ; deux lieux, parmi bien d'autres, que
j'affectionne beaucoup. Suite à mes vagabondages tortueux de fin mars, je m'étais décidée à aller là bas, voir ce philosophe cathare que je connaissais depuis un moment. Il y avait certaines
choses que je voulais aborder avec lui, il y avait le lieu que je voulais revoir, il y avait le grand bol d'air pur et de la randonnée saine que j'étais venue chercher après être restée enfermée
et confinée trop de semaines à préparer mes concours. Je n'avais pas fait de plan, je n'avais pas prévu ni imaginer ce que je tirerais de ce voyage. J'étais trop dans l'optique de la liberté
retrouvée pour envisager cela.
Je suis arrivée au mercredi matin à Foix, avec un beau soleil et 3 petits degrés au thermomètre d'une pharmacie à côté de laquelle on passa ... J'ai rarement connu une telle amplitude thermique
en une seule journée, car dans la montagne à Roquefixade, il fit vite autour de 18 degrés, en marchant mes 15 valeureux kilomètres, j'avais chaud comme en été, il faisait de nouveau frais à
Montségur, et profondément froid dans cette chambre d'hôte cathare située dans un petit chateau, où j'appris avec surprise que se chauffer à l'électricité était un péché ... Alors qu'on essaie de
m'évangéliser est une chose que je peux supporter, avec intérêt même si il y a possibilité de débattre. Mais qu'on m'enlève mon chauffage, ça, c'est une faute capitale. Il parait que le monde
serait meilleur si tout le monde avait une cheminée pour se chauffer au bois, car il n'y aurait plus besoin de nucléaire. Il est probable aussi qu'on n'aurait plus de forêts non plus ... Du coup,
c'est sûr, la Terre se porterait mieux ! Mais passons.
J'ai eu deux soirées de veillées au coin du feu de cheminée qui participèrent à cette mise au point que j'étais venue chercher. Indéniablement, je ne suis et ne serais pas cathare,
puisqu'indéniablement, je ne pense pas le monde issu du Mal, et que je ne considère pas que l'Amour vrai soit en réalité m'absence de sentiment, l'indifférence ... L'Amour ... est fou, extrême,
passionné, compassionné aussi, infini, mais profondément un sentiment qui ne vient pas du mental mais du coeur, du fond des tripes. Mon mental me sert déjà à penser et à réfléchir sur ce que je
juge utile, et je sais comme en général mental et amour ne font pas bon ménage. Je suis aux cathares ce que les satanistes sont aux chrétiens ; j'adhère aux valeurs inverses. Comme quoi, il
devient évident que les mots peuvent revêtir des sens et des valeurs entièrement contradictoires selon la personne qui les prononce. Voilà pour ne pas arranger notre monde chaotique. Mais au
moins, je sais où je suis, je sais quel est le langage que je parle.
J'ai donc marché, telle une pélerine, à Montségur où je me suis baignée dans son soleil réconfortant. Montségur, haut lieu et montagne sacrée de par le temps, bien avant les cathares, bien avant
les Celtes même. J'ai bravé la pluie et le froid pour visiter un autre chateau, j'ai pesté contre toutes ces choses qui me déplaisaient à ces vacances que je considérais avoir mérité, et qui
auraient dû être meilleures. Mais on ne se rend pas toujours compte des choses sur le coup.
J'avais emmené avec moi deux de mes pendentifs préférés. Le premier, celui que je ne quitte pas depuis dix ans : un scarabée égyptien que j'avais acheté à un moment critique, alors que j'avais un
grand besoin d'aide et de renouveau. Je ne savais même pas qu'il symbolise l'espoir, la renaissance par le retour chaque matin du soleil, après avoir bravé les ténèbres de la nuit. Il fit bien
son travail, le signe que j'attendais depuis des mois me vint à peine quelques jours plus tard, au solstice d'hiver. Il me fallut attendre quelques années pour comprendre ce qui s'était passé,
puisque je ne connaissais pas ces symbolismes à l'époque, et que j'étais encore tout ce qu'il y a de plus catholique. J'ai toujours gardé ce scarabée avec moi ; avant, c'était une autre vie, et
lui, témoigne de toute ma vie, ma vie nouvelle. Le second pendentif était la fameux croix occitane/sceau de la lune, que j'avais emmené tout naturellement dans ce voyage. J'avais mis mes deux
pendentifs au premier jour, chacun sur sa chainette. Au second jour, je n'en mis aucun, par paresse, ou simplement parce que les choses se présentèrent ainsi. Au dernier matin, avant de partir à
la gare de Foix pour ralier Avignon, je me suis retrouvée pressée par le temps tandis que je devais mettre mes colliers. Il y avait un noeud à la chaine qui portait mon scarabée, et pas le temps
de le dénouer. J'ai enlevé le scarabée, l'ai passé sur ma chaine portant ma croix lunaire, puis j'ai rangé en attendant la chainette nouée et suis partie à la gare. Ce n'est que dans le
train (heureuse comme au paradis d'avoir enfin du chauffage) que j'ai repensé à mon collier avec ces deux pendentifs. Il émanait quelque chose. Je repensais au geste de les rassembler. J'ai
souri. La première partie de mon voyage s'achevait et une autre commençait.
J'ai donc visité le Palais des Papes, arpenté cette place à laquelle je songeais souvent, je me suis promenée au rocher des Doms. Puis le vent furieux de provence, une pluie drue et un orage
se sont abattus. Impossible de continuer et visiter le pont. J'ai terminé la soirée trempée jusqu'aux os (et complètement décoiffée, chose intolérable pour une Madame Balance, parait-il. En même
temps, j'ai vu des Messieurs Balances tout aussi obsédés, voir plus, par leur chevelure.), mais heureusement, il y avait du chauffage à l'hôtel, donc finalement, tout allait mieux dans le
meilleur des mondes.
Le lendemain, il restait du temps avant de reprendre le train et de rentrer en Alsace. Il faisait beau, la tempête était passée. Je tenais à aller jusqu'au pont, c'était le dernier point, celui
du bout de parcourt qui cloturerait ce voyage. Autant suivre son intuition alors. Il était trop tard pour le visiter et aller dessus. Mais la perspective du pont avec le soleil matinal était
belle, il y avait de l'achèvement dans cet instant. Si je ne pouvais pas aller sur le pont, alors j'irais dessous. J'ai esquissé quelques pas de danse, l'ai regardé une dernière fois. Je pouvais
bien rentrer à présent. Il me semblait que je n'avais jamais autant sû qui j'étais et quel était mon chemin.
Je rentrais chez moi, la Déesse était là, sans m'avoir jamais quitté, et je savais que j'étais toute à Elle.
Une page se tourne, le livre se poursuit.
Sceau de la Lune (voir Italian Witchcraft de R. Grimassi), avec en son centre une pierre de lune, ou croix occitane stylisée?
Et avec O. Dollfus, la géographie en vint au monde grâce à son approche "systémique"
... Voilà comment j'ai découvert ce mot pour le moins étrange, et qui signifie, plus ou moins simplement, un emboitement d'échelles, une conception globale de quelque chose (dans ce cas-ci, la
mondialisation) où chaque chose de l'ensemble se tient aux autres et y est reliée par un système. Moi qui suis très hermétique à ce genre de sujets, j'en ai eu jusqu'à l'indigestion, et j'ai
fini, un soir, par me laisser perdre dans une méditation qui avait au départ pour but de me détendre et déconnecter mon esprit de ce quotidien pesant. Cette méditation, qui aurait dû me détacher
de mon travail, finit par s'y appuyer, tout au contraire, et m'amener à une sorte de vision d'ensemble d'une "systémique des religions" (Voilà, bienvenue dans mon monde, celui d'une personne qui
a vu son cerveau noyé dans ses apprentissages de concours. C'est comme le tabac, ne commencez pas!).
Comme chacun, j'ai un peu mes marottes, ces sujets qui reviennent inlassablement, presque de manière obsessionnelle, sans qu'on n'arrive à tirer quoi que ce soit au clair ni à y mettre un peu
d'ordre ou de cohérence. Or, la question des religions et des spiritualités agite mon esprit depuis longtemps longtemps, pour tomber dans les clichés, depuis ma bien tendre enfance. Vous savez,
ces mille questions que des enfants peuvent se poser quand ils grandissent dans une tradition religieuse familiale, comme ce fut mon cas dans le catholicisme : "Pourquoi nous sommes ça et pas
autre chose? Pourquoi nous aurions la Vérité et pas ceux d'à côté qui clament bien fort que c'est eux qui ont raison? Et si c'était nous qui avions tort? Et pourquoi si il y a une Vérité quelque
part, ça ne tomberait pas sous le sens de tout le monde? Et pourquoi tout le monde se dispute voir se fait la guerre au sujet d'idéaux d'Amour, de Paix et de Justice?". Et moi, quelque part
encore un peu la petite fille que j'étais, je reste assomée devant l'immensité de la créativité humaine au sujet de ce qui se rapporte à la spiritualité et aux croyances. Dans le fond, qui a
raison, je m'en fiche un peu. Mais ce que j'aimerais savoir, c'est comment il est possible qu'il y ait du vrai dans tous ces courants parfois en totale opposition ; car je reste intimement
convaincue qu'il y a bel et bien une sorte d'essence, de puit commun que chacun a appréhendé selon des perceptions et des expériences (dans l'espace, le temps, selon les civilisations, les
préjugés ...) différentes. L'idée n'est pas nouvelle qu'il y aurait une sorte de religiosité sous-jacente à l'échelle du monde , mais que faire de tous ces dogmes ou philosophies qui
s'opposent? On peut être rapidement tenté de tout laisser tomber et se dire que de toutes manières, on ne saura jamais car nous sommes seuls avec nous-mêmes devant cela, et qu'il ne faut
pas compter sur une quelconque divinité pour appuyer nos certitudes ou nous dire de changer de voie. En effet, comment expliquer alors que cette fameuse divinité ait alors enseigné aux hommes
tant de choses paradoxales, et en attendant, chacun continue de prêcher pour l'exclusivité de la faveur divine de sa chapelle. Dans le fond, j'aimerais bien être assez "simple" pour avoir une
révélation et m'y tenir comme une vérité aussi certaine que un plus un font deux. Seulement je ne suis pas des religieux, ni des fanatiques. Et je ne vois pas l'intérêt de faire triompher une
organisation humaine soit-disant représentante de la volonté divine, alors que l'esprit humain est si borné et subjectif. C'est ainsi que les spiritualités nourricières se sont sclérosées, sont
devenues des dogmes stériles.
Voici un avis d'Osho : " Le Zen dit : Considérez vos grands mots et vos grands enseignements comme vos ennemis
les plus mortels. Évitez-les parce que vous devez trouver votre propre source. Vous ne devez pas être un croyant, un imitateur. Vous devez être un individu unique ; vous devez trouver votre être
le plus intérieur par vous-même, sans guide, sans écritures sacrées. C’est une nuit noire, mais avec le Feu intense de la quête, vous êtes certain d’arriver au soleil levant.
Tous ceux qui ont brûlé d’une quête intense ont trouvé le soleil levant. Les autres ne font que croire. Ceux qui croient ne sont pas religieux, ils évitent simplement la grande aventure de la
quête religieuse en croyant. "
J'ai tout de suite aimé ces bons mots, car j'ai pu si bien m'y retrouver. Ca me rappelle que je ne comprends pas les commentateurs des grands textes sacrés : Bible, Torah, Coran etc ... Quel
intérêt de commenter des récits écrits de main humaine pour y chercher des précepts à suivre, pour y trouver la Vérité qui s'y cacherait. Ca me fait penser à moi, lorsque je tentais de cerner les
cultes à mystères romains lors de la rédaction de mon mémoire de master, et que je ne disposais que de quelques malheureux bouts de textes (souvent de détracteurs), si peu nombreux et si évasifs
que j'avais l'impression de devoir les presser, les tordre et les essorer pour en faire sortir un peu de jus. Mais si peu finalement de la réalité qui sous tendait mon sujet d'étude.
On dit que la religion se base sur la croyance et la philosophie sur le doute. Je dois être quelque part entre les deux. "Je sais que je ne sais pas", mais aussi que j'aimerais bien savoir, au
moins un peu. Et je sais aussi que je crois en des tas de choses : je crois en la Vie, je crois en l'Humain et en l'Amour. Pas au niveau premier, immédiat, direct ; car je crois qu'il y aurait
beaucoup à m'opposer et je ne pourrais pas contredire ces oppositions qui me sembleraient évidentes et pleines de bon sens. La vie peut être cruelle et injuste, l'humain est souvent violent,
mauvais et insensé, enfin, l'amour se montre parfois pervers et est trop souvent absent. Pourtant, là où il y a le pire, il y aussi le meilleur. Et bien que je ne voie aucun Dieu dans le ciel, je
retrouve tous les jours l'étincelle divine dans le sourire des gens que je croise, dans les regards qui portent la compassion et la chaleur humaine, dans le bruit du vent qui agite les branches
des arbres, dans l'éclat du soleil, dans les merveilles qui nous entourent, qu'elles soient naturelles ou non. C'est pour cela finalement que j'ai emprunté la voie que j'ai choisi, parce qu'il
n'y a rien de plus grand et plus sacré que ce qui nous entoure, et qui est souvent si petit et modeste. Si banal. Les discours des grandes religions sont froids et sonnent creux à mes oreilles,
mais il me semble qu'il y a de la grandeur et de l'héroïsme à partager la condition qui est nôtre, d'aimer et vouloir ce qu'on a plutôt que de désirer ce qu'on n'a pas, comme le disent les
véritables philosophes épicuriens, qui n'étaient pas des bons vivants, mais plutôt des personnes se contentant et se réjouissant de peu comme s'il s'agissait du plus grand festin.
Et vivre, c'est aussi mourir. En vérité, le paganisme actuel et ce qui gravite autour a mis de côté cet aspect fondamental. On m'objectera que c'est faux, que je me trompe, qu'on n'a jamais
autant entendu parler du côté sombre de la Déesse, de Samhain et du retour des morts. Pourtant, intuitivement, je sens que ça ne dit rien, ou pas grand chose. L'Antiquité avait créé les cultes à
mystères dans des buts eschatologiques, pour garantir un au delà meilleur aux initiés. Voilà quelle était leur véritable finalité. Dans nos avatars modernes de cultes à mystères, ceux-ci sont si
entièrement tournés vers les mystères de la vie qu'il faut chercher loin pour trouver une bribe d'avis un peu spécifique sur l'au-delà. Et je ne vais pas les blâmer, pour moi-même, n'y a-t-il
rien de plus important que de vivre ici et maintenant, plutôt que de passer son existence dans l'expectative de la mort? Moi aussi, j'adhère à cette conception des choses, et je n'ai aucune envie
de consacrer ma vie à préparer ma mort. Je n'ai pas la sensation que je suis venue sur terre pour ça. Il y a un temps pour tout, et il est sain de l'accepter. Je me demande toutefois si nous ne
sommes pas passés d'un extrème à un autre. J'ai appris avec les années à faire confiance à mon intuition, qui sait souvent mieux avec ses vagues ressentis, que moi avec mon intellect. On peut
dire simplement que je passe mon temps à m'analyser, ou me psychanaliser. Pour comprendre. Je suis un peu mégalomane, j'aimerais bien tout comprendre : moi, les autres, le monde. Mais assez
humblement, je reconnais que ça ne m'arrivera jamais, alors je tâche au moins de commencer par moi, ce ne serait déjà pas si mal.
Il suffit de regarder mes articles sur "la Wicca et le catharisme" ou encore "L'antinomie des religions à mystères". Ils ne disent finalement pas grand chose, mais témoignent de cette question
pour moi existentielle : pourquoi? Pourquoi est ce que je ressens quelque chose de vrai dans ces deux choses profondément contradictoires. Dans certains sursauts, je me dis que je suis
vraiment absurde. Et pourtant, il y a cette aiguille intérieure qui me pointe du doigt cela. Pourquoi?
Et voilà où revient enfin mon affaire de systémique. Ce soir là, où je me suis laissée entrainer dans cette méditation étrange, qui m'a d'ailleurs amenée à une contemplation bienheureuse et quasi
extatique de ce qu'elle me portait à voir, c'est comme si j'avais pris de la hauteur, que je voyais à vol d'oiseau ce qui d'en bas me semblait insensé. Au sol, sur le plateau de Nazca, on ne peut
pas voir les géoglyphes que seule une observation depuis un avion permet. C'était un peu la même expérience. C'était agréable, cet espace de quelques instants, de réconcilier les contraires et de
comprendre qu'ils sont en réalité tenus, imbriqués les uns dans les autres, peut être justement parce que l'esprit humain ne sait pas appréhender des états de faits (pour ne pas utiliser le mot
de "vérités") aussi vastes. Qu'il est impossible de les faire tenir dans un seul système humainement cohérent. Peut être aussi parce que l'univers n'a jamais été pensé pour être mis en boite sous
forme de religion bornée et d'Eglise ordonnée et mise au carré.
Je ne serai jamais, je crois, la femme d'un seul combat. A force d'être tout et partout, je sais bien que je ne suis rien et nulle part. Enfin, si, je suis un peu dans certaines choses qui
me tiennent à coeur dans l'ici et maintenant, afin d'amener un peu de ce que je peux de mieux, dans ce qui me semble le plus important, vivre. Ou aider à vivre, car c'est parfois bien dur, en
même temps que c'est un formidable cadeau.
Il y a une personne auprès de qui j'aimerais m'excuser de soutenir sa cause sans jamais pouvoir vraiment y impliquer mes convictions (et qui ne lira d'ailleurs probablement jamais cet article).
On ne peut pas courir deux lièvres à la fois quand on brûle d'avancer et non se noyer dans une flaque d'eau, et je doute que beaucoup puissent comprendre qu'on appuie de toutes ses forces des
idées dans lesquelles on ne se fond pas soi-même. Que dire, si ce n'est que je trouve que, même si je n'ai pas donné mon allégeance personnelle, je trouve que "c'est bien", que j'aurais aimé être
là aussi, que j'y aurais été si j'avais pu me subdiviser (j'en aurais adoré l'aventure, dans l'expérience de vie et de spiritualité). Mais pour être ici, je sais que je ne peux pas être partout.
Un jour, je passerai peut être, comme la voyageuse, la quêteuse anonyme que je suis. Et s'il est vraiment l'anarchiste spirituel qu'il dit être, il acceptera bien de prendre un peu de temps
avec la fille du Chaos que je suis.
La systémique est peut être un concept d'avenir.

Avant la Grèce, Rome ou l'Egypte (oui, j'ai eu vers mes 10 ans un intérêt pour cette civilisation, intérêt qui m'est vite passé pour ne jamais vraiment revenir), mon
imaginaire était peuplé des paysages, des constructions et de rêveries de civilisations Maya, Inca, Aztèques, en somme, une sorte de pot pourri de civilisations pré-colombiennes que j'assimilais
plus ou moins toutes ensembles. Comme pour toute passion digne de ce nom, j'avais mes sources sûres : le dessin animé Les Mystérieuses Cités d'Or et le film (dans lequel joue Coluche)
La Vengence du Serpent à Plumes. J'aimais les cultures sud-américaines et j'ai rapidement décidé que plus tard, quand je serais grande, j'apprendrais l'espagnol et j'irais vivre au
Mexique. J'avais une amie avec qui j'adorais me déguiser en un tas de choses différentes pour ensuite jouer des histoires fabuleuses où nous étions les héroïnes. Parmi ces histoires et ces
déguisements, il y avait l'Orient et ces fameuses civilisations andines et mexicaines. Je me souviens encore de cette belle robe rouge qu'elle possédait et qui venait vraiment de ces pays.
Rien, ou presque, ne me semblait plus fascinant de mystères et de splendeurs passées. Lorsque j'ai décidé que je ferais profession de l'Histoire, à l'aube de mon adolescence, je voulais devenir
spécialiste des Mayas (d'ailleurs, avec du recul, il aurait fallu que je fasse de l'archéologie, et non pas de l'histoire). Et puis j'ai rencontré le latin, et face aux peu de perspectives de
pouvoir étudier en Europe les civilisations pré-colombiennes (et en effet, nos universités françaises ne proposent pas ça dans leurs maquettes), j'ai penché pour cette autre révélation qu'était
la civilisation romaine, toute autant porteuse d'émerveillement.
Je n'ai jamais perdu toutefois cette admiration des civilisations pré-colombiennes, quoique je fus quelque peu déçue du peu de choses que nous savons à leur sujet, faute de traces écrites
(compréhensibles) que ces civilisations auraient légué. Seule l'archéologie peut prétendre actuellement à traduire les signes matériels que ces civilisations ont laissé afin de tenter de les
appréhender, un peu. Du coup, comme la nature a horreur du vide, à civilisations sans témoignage ni histoire écrite se substituent tous les fantasmes possibles de l'imaginaire humain, avide de
merveilleux. En même temps, il faut dire qu'on nous tend la perche, entre les géoglyphes mystérieux des Nazcas, l'étrange et soudaine disparition des Mayas, les villes fabuleuses des Andes
cachées à des hauteurs faramineuses dans la montagne, et les pyramides que d'aucuns comparent aux techniques égyptiennes. Il semble bien que ces civilisations aient eu des connaissances très
fines en matière de mathématiques ou d'astronomie, et pourtant, les Incas ne connaissaient ni la roue, ni le fer. Pour le dire franchement, ce sont des énigmes sur pied. Toutes les hypothèses les
plus folles ont pu être émises, des hypothèses d'ailleurs assez proches de celles soulevées à propos ces Celtes (qui eux non plus n'ont pas laissé d'histoire écrite) ou des civilisations
mégalithiques. Il y a toujours des constructions faramineuses pour des civilisations à priori sans outils précis ni suffisants pour les réaliser, et aucun témoignage. On peut donc librement
piocher pour sa théorie favorite : descendants de l'Atlantide, de Mû, issus de peuples extra-terrestres ... et ça y va en surenchères. Actuellement, comme je l'ai lu une fois sur un blog,
l'archi-mode est à 2012 et "il faudrait être coupé du monde pour ne pas en avoir entendu parler". Donc 2012, fin du calendrier Maya, supposée apocalypse, retour des extra-terrestres, jour
fabuleux ou les serpents auront des pattes et que les pommes de terres pousseront dans les arbres (à la rigueur, j'aurais préféré des billets de banque) ...
Je n'ai jamais tripé sur tous ces mystères, et 2012, date de fin du calendrier Maya, me laisse parfaitement indifférente. Ca relève pour moi de l'hystérie collective en mal de millénarisme,
et qui attend dans sa fange de se faire sauver par un ou des êtres plus évolués qui auront pris leur misère en pitié. Sinon, c'est toujours beau de rêver que du jour au lendemain, l'humanité se
trouvera surélevée spirituellement, ça fait des millénaires que les hommes attendent ça de prophéties en prophéties. A ce propos, les Juifs attendent toujours leur Messie, celui qui doit les
libérer et régner sur leur peuple de manière autoritaire et guerrière (pas quelqu'un prêt à se sacrifier sur une croix). En 1999, c'était l'Antéchrist et la fin du monde, là c'est la fin du monde
à la sauce que chacun désire. Vive la mondialisation, grâce à elle, on n'a plus à se contenter des prophéties chrétiennes et européennes, mais on a un upgrade dans le stock des dates
possibles d'apocalypse. Et après 2012, on nous dira que les Nenets de Sibérie ont prédit la grande prise de conscience cosmique pour 2067?
Il est dommage en effet que nous ne sachions rien de tangible sur leurs systèmes religieux et ésotériques. Qu'à cela ne tienne, certains tels Samael Aun Weor se sentent le droit et même le devoir
de réinventer la religion aztèque et maya par comparaison directe au christianisme, ainsi on voit apparaître un Christ Quetzalcoatl tout droit sorti de nulle part. Mouhahaha, rien que de
l'écrire, je trouve ça délirant. Allons bon, on sait bien que la théosophie est persuadée que toutes les religions parlent des mêmes révélations, il faut juste faire entrer tout dans la même
boite, même quand ça dépasse de tous les côtés. Avec Blavastky, on avait l'admiration surdimentionnée pour l'Orient, avec Samaël on a les révélations uniques et inouïes du Grand Maître Christ
Samaël Quetzalcoatl Bouddha Zoroastre (et bien plus encore) qui heureusement, vient dissiper les limites des archéologues sur la religion des Aztèques. Merci Samaël, sans toi nous ne serions
rien.
Bon, ce n'était pourtant à la base pas un énième article pour me payer la tête de mon gourou favori, ni du courant New Age qui fait vendre à la Fnac bien plus que n'importe quel autre
rayon éso, mais bien pour parler de ces civilisations. Des bribes de leurs mythologies nous sont bien parvenues, et je les dévore dès que je trouve quelque référence digne d'intérêt. Je
songe qu'en effet, bien des mystères nous restent dissimulés. Rien qu'en pensant aux mystères de l'Antiquité européenne qui fleurirent en même temps que des connaissances similaires à ces
civilisations de l'Amérique du Sud, je me figure qu'il y aurait eu matière à explorer, à s'inspirer, à se nourrir. Je ne me déciderai probablement jamais à tenter ce que tant font sans cas de
conscience : tenter d'avoir des visions véritables pour découvrir des secrets anciens. J'y crois d'une manière si modérée qu'on peut considérer que je n'y prête aucune véracité. Je ne sais que
trop comme il peut être facile de s'auto-suggérer ce qu'on voudrait qui soit. Un jour, ou plutôt une nuit, j'ai rêvé que j'étais un homme d'une civilisation à priori mexicaine, au vu du paysage.
J'avais une femme, j'étais un guerrier et un parent était prêtre au temple pyramidal de ma ville. Et je crois que dans ce destin qui n'a rien d'exeptionnel, j'ai fini par mourir dans un de ces
nombreux combats issus des conflits locaux. Comme n'importe qui d'un peu "sorcier", je me suis dit que peut être, c'était une vie antérieure. Ou bien c'était juste un rêve tiré de mes lectures
anciennes. Aucune conviction personnelle du monde ne pourra jamais rien prouver. Mâyâ, c'est aussi l'illusion d'un monde physique que notre conscience prend pour la réalité, d'après les Hindous.
Il est si facile de se laisser illusionner par soi-même.
Mais on peut tout de même rêver, voyager et s'emplir de l'atmosphère et de la force de ces civilisations passées.
