Mercredi 1 avril 2009
... dans l'île de l'OTAN, c'est tous les jours le printemps ...

(Et ce n'est malheureusement pas un poisson d'Avril)



Voilà deux semaines que l'Alsace est devenue la nouvelle terre d'adoption d'au moins la moitié des CRS et militaires de France! Plus besoin de fermer les portes et les fenêtres, même dans les petites villes et villages à 30 km de Strasbourg, on est bien surv... protégés.

Et voilà deux semaines qu'une professeur de mon lycée vint me voir, par un bel après midi, pour me demander ce que je ferais pendant le sommet de l'OTAN, si je prévoyais de rendre visite à ma famille, qui habite à 25 km de la ville assiégée, durant ce fameux week end du vendredi 3 et samedi 4 avril. Moi, ayant à ce moment là d'autres chats à fouetter, je n'avais pas encore franchement songé à la logistique de la chose. Mais en l'écoutant, il devenait évident qu'il me faudrait bien me pencher sur la question, et assez rapidement. Car, comme le disent si bien les médias, enfin, surtout chez nous, au niveau local, Strasbourg, ce sera ville assiégée. Elle m'a donc appris entre autre que l'autoroute serait fermée autour de Strasbourg, et sur un axe de 10 km au sud, et 10 km au nord, approximativement, et ce, dès jeudi au soir, vers 20h. J'avais donc intérêt à évacuher les lieux dès jeudi après midi, ou au plus tard en fin de soirée, si je ne voulais pas me retrouvée coincée chez moi, puisque Strasbourg deviendra elle-même impraticable pour les civils, car criblée de barrages un peu partout. Enfin, les autorités sont sympathiques. Ils savent bien que tout ceci représente un gros choc paysager, donc on nous habitue progressivement depuis deux semaines, c'est aimable. Et dire qu'il parait que côté allemand, les habitants n'auront même pas le droit d'ouvrir leurs volets à certains endroits et devront rester cloitrés chez eux sous peine d'amende!

Bref, réaction normale : pas d'obligations spéciales sur la régions de Strasbourg entre jeudi et dimanche, donc la meilleure solution reste encore la fuite! Il parait en plus qu'il fera beau ce week end, une petite balade dans les Vosges me ferait le plus grand bien. Mais qui sait, peut être que des patrouilles anti-terroristes sont cachées jusque dans les bruyères des montagnes les plus reculées! Cependant, une certaine hésitation me vint en songeant que la partie activiste de moi aurait bien campé au village anti-OTAN autogéré. Ca aurait été chouette, on se serait fait quelques rituels de coven pour la paix dans une ambiance très Reclaiming, ça aurait été la fête! Parce qu'il faut avouer, ce n'est pas tous les jours qu'on peut de la jouer Starhawk en Europe. D'ailleurs, tous ceux qui ont suivi ses workshops activistes devraient converger ici, cela leur donnerait une occasion de mise en pratique de la résistance magique.

Je me suis donc interrogée quant à ma conscience de sorcière et citoyenne ... pour finalement renoncer. Le collectif anti-OTAN mis en place à Strasbourg rappelle que d'autres actions peuvent être entreprises hors du village, et j'ai du travail ... Beaucoup de travail et tout doit être bouclé pour dans un mois. Pas le temps d'expérimenter les joies de la résistance face aux forces de défense de notre belle France. Enfin, il parait que la délégation américaine ira, entre autre, loger dans la ville où vit ma famille. J'aurai peut être quelques chances de leur tirer la langue. Toutefois, j'en ai quand même profité pour briefer mes élèves en éducation civique (ou plutôt ECJS, au lycée) qui seront coincés sur Strasbourg. La défense est au programme, l'aubaine! Ils vont pouvoir réfléchir au bien fondé (ou pas) des moyens de défenses, et des joyeusetés qui vont avec. Parfait pour se demander si la défense défent toujours l'intérêt des civils ...

Allez, je vais participer quand même en faisant un petit quelque chose magique pour l'occasion, bien au calme dans mes forêts (à moins qu'elles ne soient aussi survolées par les hélicoptères ...). Et de manière visible ici, et pour dire bien fort " TOUS ANTI-OTAN ! ", voici un lien vers le collectif anti-OTAN de Strasbourg. Allez y, ce site n'a pas été fait que pour les Strasbourgeois ou les Alsaciens ...
http://sommet-otan-2009.blogspot.com

OTAN être dans le coup ! (il en fleurit partout en ce moment de ces petits détournements de sens d'OTAN)
Par Hédéra - Publié dans : Hérésies transgenres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 11 mai 2008


J'avais dit que mon voyage dans les Pyrénées m'avait apporté un grand nombre de réflexions et que je les retranscrirai peu à peu ici, donc voilà la suite, qui tombe à point nommé après la discution par commentaires interposés entre Seasaidh et moi, sur l'article "La Wicca Dianique est morte". Avec cet article, je pourrai démontrer, une fois de plus si ce n'était pas encore assuré, que je donne par nature dans le paradoxe non paradoxal.

De mon année de philosophie de terminale (qui commence à remonter à présent), mon professeur avait sensibilisé ses élèves, dont je faisais partie, sur le fait que les gens se méprennent souvent totalement dans leurs définitions de l' "identité". A la question "qui es tu?", beaucoup répondent en donnant une liste de choses qu'ils font : leur nom, prénom, âge, métier, hobbies ; globalement. Mais en réalité, cela ne permet pas de dire qui cette personne est, ce ne sont que des activités ou des concepts collées comme tentative de définition d'une personne. Car une personne ne peut se définir par son métier, elle n'es pas née de l'essence du métier et pourrait exister sans cela (ce qu'elle fit avant de grandir, évoluer, apprendre le métier). Bref, on peut aligner une série de caractéristiques générales pour tenter de cerner une personne, ou aider autrui à nous cerner, mais cela ne répondra jamais à la question "qui es tu?" (ce serait déjà un bon début que de le savoir soi-même).

Toujours est-il, j'avais été assez marquée par ce cours et j'avais trouvé que c'était très vrai. J'ai depuis toujours eu horreur de devoir me définir en termes généraux, dont le commencement, la fin et les limites ne sont pas définies par moi seule. D'ailleurs, je ne me présenterais pas de la même manière à tout le monde ; les forums de spiritualité attendront une description de parcours spirituel, tandis qu'un CV doit comporter une carte d'identité du parcours scolaire, universitaire et/ou des expériences professionnelles. De tout cela, je retiens surtout l'idée de carte d'identité, de fichage auprès d'autrui qui cherche à nous cerner. Ce n'est pas qu'il cherche forcément à nous comprendre (ce serait un monde tout rose ça), mais il veut pouvoir mettre des étiquettes et classer tout ce beau monde en ordre bien clair.

Cela vaut tout autant, presque plus même, dans les domaines de la spiritualité et de l'ésotérisme. "Déclinez votre identité." Monothéiste? Polythéiste? Païen? Déiste? Wiccan? Athée? Eclectique? Cherche encore? Quel que soit le type de réponse (jusqu'à la réponse la plus vague de type "en quête"), le but de la manoeuvre est d'exprimer en un ou deux mots un univers entier de spiritualité intérieure afin de satisfaire le besoin d'autrui de vous ranger dans un compartiment, de vous cadrer. Une fois la formalité accomplie, vous pouvez passer, avec votre petit badge étiqueté sur votre chemise. Et là, les merveilles de la magie opèrent : désormais, tout le monde pourra vous reconnaître, savoir qui vous êtes, ou du moins vous appréhender selon une grille de lecture toute faite.

Je repensais à tout cela dans le train qui me ramenait chez moi (ce long voyage horrible au milieu de l'enfer SNCF des vacances scolaires dans le sud-est de la France). Le philosophe cathare m'avait dit un soir, au coin du feu : "ainsi vous n'êtes plus païenne?". Ce à quoi, j'ai pu lui répondre en toute franchise que je ne l'avais jamais été, car je ne me reconnaissais pas dans les combats et les chevaux de lance associés au mouvement païen actuel. Je n'avais aucune envie d'entrer dans les détails, je voyais qu'on voulait me conduire là où je ne voulais pas m'aventurer. Et sûrement pas avec mon gros baluchon de doutes d'alors. Je repensais donc dans le train à cela, et aux divers débats plus ou moins houleux sur forums, où j'insistais sur mon détachement du terme "païen", à la fois très vague et dont les caractères les plus affirmés sont tournés vers ces combats de reconnaissance (pour lesquels je trouve plus d'inconvenients que d'avantages) et de définition du paganisme (tendant vers un sens unique, nécessairement restreint, et potentiellement dogmatique dans l'avenir). Bref, la crainte de l'atteinte à la Liberté. Qui plus est, je ne suis pas revendicatrice, or l'idée de paganisme est de plus en plus autant un concept religieux qu'un concept de combat, ou d'opposition à la société actuelle. Mais je n'entrerai pas ici dans le vif du sujet, puisque là n'est pas le thème, pour l'heure.

Quant à la Wicca, je parle de dianisme. Mais comme je le disais auparavent, la Wicca Dianique dans sa prime création n'existe plus, ou plus de manière pertinente et est en phase de disparition inévitable. Même la Wicca, qu'est ce que la Wicca aujourd'hui? On en vient à un gros flou, à se définir spirituellement sur la "Voie de la Déesse" et ésotériquement dans la "Witchcraft", souvent liées mais pas obligatoirement. Entre les deux, de nombreux univers dansent, s'entremêlent et se chevauchent. Cette définition flou, censée éviter des définition inexactes trop restrictives, devient fausse par son inexactitude et ne rend pas justice à une personne grandement impliquée dans sa voie, se retrouvant à côté d'une autre personne revendiquant la même chose sans aucune réflexion profonde et sans investissement personnel. Ainsi, quel que soit le type de personne, toutes se retrouvent fondues dans une grande masse hétéroclite, avec des profondes différences de fond, sur forme unie toute recouverte d'un tas de couleurs pour masquer l'incohérence et le manque d'unité réelle. Et au final, on ne se comprend pas malgré des appellations similiaires, on s'accroche les uns les autres, on s'en veut, on pense parfois qu'on ne peut pas même compter sur "les siens". Mais est-ce vraiment les nôtres, vu sous cet angle? J'ai parfois l'impression que le paganisme, la wicca ou l'ésotérisme est en général un groupement de gens qui s'ont d'accord de se mettre ensemble "contre". Contre les autres, la société actuelle, le christianisme, les monothéismes, le capitalisme (plein de -ismes). C'est connu, à partager des ennemis, on se fait des amis. Oui mais jusqu'où? Ca marche très bien pour s'opposer en effet, mais ça ne bâtit rien ; l'Histoire grouille d'exemples de cas similaires.

Je n'ai rien à proposer comme solution miracle, ce n'est que ma propre réflexion. Je sais juste que je refuse de "décliner mon identité" dans les termes qu'on attendrait de moi, même si je sacrifie à la nécessité en continuant de conserver le qualificatif de "dianique", auquel le discordianisme vient porter un secours libérateur. Plutôt que de dire ce que je fais, je préfère expliquer des pans de ma pensée. Et ce, très longuement. Il est évident que ça ne suffirait pas même à commencer à toucher du doigt "qui je suis" en matière de spiritualité. Mais comme pour les expériences, "les gens s'en fichent", dans le fond. Ils veulent des réponses claires, rapides, succintes ... superficielles. Ca contente la très grande majorité. Dommage.

Et tant pis, je continuerai à en dérouter certains. De même que ceux qui ont une optique identitaire similaire et sont accrochés (comme une moule à son rocher) à l'idée de Liberté. Et tant mieux pour moi, parce que ça fait longtemps que j'aime mieux m'en amuser que de pleurer ... même si je rêve parfois, dans mon fond idéaliste, qu'il serait possible d'être compris pour ce qu'on est, avec sincérité, sans accroc à sa nature intérieure.

Par Hédéra - Publié dans : Hérésies transgenres
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Jeudi 8 mai 2008


Décidément, je crois en sortir et je n'en sors jamais, de mes cathares. Une fois la machine de cheminement initiatique mise en branle, plus rien ne l'arrête avant d'avoir vu le bout du bout, et encore. Je ne sais pas.

J'étais invitée, samedi dernier, à un workshop en Allemagne, organisé par une prêtresse hiérophante de FOI, sur le thème des troubadours. Etant donné qu'elle est musicienne de son état (en plus d'être professeur de langue et libraire), je m'attendais surtout à une après midi musicale. Ce qui fut le cas, puisque j'ai pu entendre de belles chansons occitanes médiévales chantées sur fond de harpe celtique. Mais ces chants étaient ponctués d'une présentation (je ne parlerai pas de conférence puisque c'était convivial, et que cela incluait des périodes de méditations) de la civilisation occitane médiévale des troubadours. Elle nous présenta l'Eglise d'Amour comme une sorte de société initiatique à sept degrés dans lesquelles évoluaient les troubadours et les dames qui participaient à ces fameuses cours d'Amour, célèbres de par Aliénor d'Aquitaine. Je restais perplexe, historiquement, on ne m'avait jamais présenté les troubadours comme des initiés à quelque tradition mystique et ésotérique. Mais je continuais d'écouter avec intérêt, d'autant que je sais ne pas avoir la connaissance absolue, et de loin, sur cette période d'Histoire, bien qu'elle m'ait toujours passionnée.

L'Eglise d'Amour était, dans ce contexte, une société parallèle, à la société seigneuriale hiérarchisée où nul ne s'appartenait, ni les femmes qui restaient des mineures perpétuelles et ne pouvaient échapper à une tutelle imposée du père puis du mari, ni même des hommes, soumis aux mêmes mariages arrangés et à un ou des seigneurs, puisque nul ne vivait sans maitre. Les valeurs y étaient inversées, et l'honneur n'était pas de faire la guerre mais de se mettre au service total et entier de la Dame, incarnant toutes les femmes, et devenant par la la Prêtresse. C'était une culture de l'élite féminine, il suffit de songer à Aliénor d'Aquitaine, épouse de deux rois, ou d'autres comtesses ou dames nobles. Les troubadours quant à eux étaient toujours de rang inférieur, bien qu'il y en ait eu aussi quoi soient nobles, car l'idéal chevaleresque se retrouva rapidement influencé par les idéaux alors véhiculés par les romans de la Table Ronde (chose d'ailleurs que j'avais bien étudiée en licence et qui est une réalité historique bien assurée). Le paroxisme littéraire de la Dame et de son chevalier servant est bien entendu la reine Guenièvre et Lancelot, mais on trouve un exemple similaire dans le roman de Tristan et Iseut. Ce qui dénote une autre réalité, celle du troubadour faisant la cour à une dame mariée, souvent employé dans la maison même de l'époux de la dame, seigneur du chevalier/troubadour.

C'est là qu'elle en vient aux cathares, en prenant l'exemple d'Esclarmonde de Foix, que je connais bien. Il s'agit d'une grande dame cathare, dotée d'un riche patrimoine, et qui devint une parfaite cathare renommée (elle eu la charge d'archi-diaconesse cathare). Je ne savais pas en revanche, à moins que je ne l'ai oublié, qu'elle avait animé avec énergie, des cours d'amour en son temps, et que même devenue parfaite cathare, ce qui la conduisait à l'ascèse et la chasteté, elle continua d'en tenir. Je ressentais fortement ce lien entre troubadours et cathares, que les historiens reconnaissent pour être le créateur de cette civilisation si riche et colorée. C'est aussi la raison pour laquelle aucun autre dualisme ne m'a jamais attirée, cependant, je pensais en mon for intérieur, que ce devait venir d'une vision romantique et romanesque que je me faisais de tout ça. Peut être pas tant que cela en fait.

Les troubadours de cette Eglise d'Amour rencontrent la spiritualité cathare en ce que l'amour qu'ils vivent au service de leur Dame est nécessairement chaste et désinteressé, puisque cette dernière est mariée. On sait toutefois qu'il était possible que cela aille plus loin, que la récompense la plus élevée pour un troubadour était bel et bien que la Dame l'invite à partager sa nuit, sachant bien entendu qu'il ne pouvait que suivre les désirs de la Dame et ne jamais chercher à aller plus loin. Chasteté et sexualité se cotoyaient de manière permanente, ce qui amena la comparaison de cette Eglise Moderne à une sorte de "tantra européen", venu dans le midi de la France via un poète Arabe qui introduisit, par son oeuvre, cet esprit et cette forme de sagesse.

Il est connu que la chasteté est une condition absolue dans le catharisme pour les parfaits. Et pourtant, il existerait une chanson d'un troubadour, dans laquelle il donne l'indication de tous les lieux où des cours d'amour existent et où des dames ne s'en limitèrent pas à la chasteté ; tous des lieux réputés pour être des bastillons cathares. Et là, cette prêtresse de dire que pour les cathares qui adoraient l'Esprit Saint, celui-ci était la part féminine de Dieu, selon une tradition gnostique plus ancienne. Dans ce cadre, les femmes cathares jouissent en effet d'un statut bien plus haut que dans la société "commune" et sont reconnues comme prêtresses et incarnation de la "Déesse".

Il y avait comme une boucle qui se bouclait. Il faudra que j'étudie cela d'un angle historique strict, mais pour la première vraie fois, des choses que je savais de manière éparse se sont mises bout à bout et j'envisageais vraiment l'hypothèse de cette cours d'amour initiatique, portée par l'Idéal d'amour. Je connais cette idéal d'amour pur et chaste, j'en ai rêvé des années sans renier la sexualité pour autant. Ils ne sont d'ailleurs pas contradictoires puisque l'un, l'amour dévoué et chaste, peut mener à l'autre, une fois que le coeur et l'âme ont été éprouvés et ont atteint le dernier degré, le paroxisme. L'Initiation, en fait. Voilà donc comment cette civilisation occitane serait née, en conciliant des faux contraires.

Je ne pouvais être que déçue par mon voyage puisque je ne rencontrais rien de cela, rien de cet esprit, que du froid, de l'indifférence. Tout ce que n'étaient ni troubadours, ni cathares, ni eux tous réunis. Je finirai par croire que mon voyage initiatique ne se finit jamais. C'est peut être vrai.
Par Hédéra - Publié dans : Hérésies transgenres
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 21 avril 2008



Je pourrais facilement fractionner la semaine passée en de nombreuses histoires et réflexions tant elle fut riche, comme je le disais dans l'article précédent. Tout foisonne dans un joyeux chaos comme je les aime, toutefois, j'y mets par écrit un peu d'ordre afin d'en faire une histoire cohérente, comme je les aime aussi. Alors avant de passer strictement à des réflexions issues du hasard des discutions et des faits qui se sont présentés à moi, mieux vaut planter le décor. Comme pour une toile peinte, il y a le paysage, la scène principale, et la multitude de personnages ou de détails tout autour qui font de cette peinture un monde riche et à part entière.

Mardi, je partais pour quelques jours de vacances bien méritées dans le sud de la France, dans les Pyrénées autour de Montségur et ensuite à Avignon ; deux lieux, parmi bien d'autres, que j'affectionne beaucoup. Suite à mes vagabondages tortueux de fin mars, je m'étais décidée à aller là bas, voir ce philosophe cathare que je connaissais depuis un moment. Il y avait certaines choses que je voulais aborder avec lui, il y avait le lieu que je voulais revoir, il y avait le grand bol d'air pur et de la randonnée saine que j'étais venue chercher après être restée enfermée et confinée trop de semaines à préparer mes concours. Je n'avais pas fait de plan, je n'avais pas prévu ni imaginer ce que je tirerais de ce voyage. J'étais trop dans l'optique de la liberté retrouvée pour envisager cela.

Je suis arrivée au mercredi matin à Foix, avec un beau soleil et 3 petits degrés au thermomètre d'une pharmacie à côté de laquelle on passa ... J'ai rarement connu une telle amplitude thermique en une seule journée, car dans la montagne à Roquefixade, il fit vite autour de 18 degrés, en marchant mes 15 valeureux kilomètres, j'avais chaud comme en été, il faisait de nouveau frais à Montségur, et profondément froid dans cette chambre d'hôte cathare située dans un petit chateau, où j'appris avec surprise que se chauffer à l'électricité était un péché ... Alors qu'on essaie de m'évangéliser est une chose que je peux supporter, avec intérêt même si il y a possibilité de débattre. Mais qu'on m'enlève mon chauffage, ça, c'est une faute capitale. Il parait que le monde serait meilleur si tout le monde avait une cheminée pour se chauffer au bois, car il n'y aurait plus besoin de nucléaire. Il est probable aussi qu'on n'aurait plus de forêts non plus ... Du coup, c'est sûr, la Terre se porterait mieux ! Mais passons.

J'ai eu deux soirées de veillées au coin du feu de cheminée qui participèrent à cette mise au point que j'étais venue chercher. Indéniablement, je ne suis et ne serais pas cathare, puisqu'indéniablement, je ne pense pas le monde issu du Mal, et que je ne considère pas que l'Amour vrai soit en réalité m'absence de sentiment, l'indifférence ... L'Amour ... est fou, extrême, passionné, compassionné aussi, infini, mais profondément un sentiment qui ne vient pas du mental mais du coeur, du fond des tripes. Mon mental me sert déjà à penser et à réfléchir sur ce que je juge utile, et je sais comme en général mental et amour ne font pas bon ménage. Je suis aux cathares ce que les satanistes sont aux chrétiens ; j'adhère aux valeurs inverses. Comme quoi, il devient évident que les mots peuvent revêtir des sens et des valeurs entièrement contradictoires selon la personne qui les prononce. Voilà pour ne pas arranger notre monde chaotique. Mais au moins, je sais où je suis, je sais quel est le langage que je parle.

J'ai donc marché, telle une pélerine, à Montségur où je me suis baignée dans son soleil réconfortant. Montségur, haut lieu et montagne sacrée de par le temps, bien avant les cathares, bien avant les Celtes même. J'ai bravé la pluie et le froid pour visiter un autre chateau, j'ai pesté contre toutes ces choses qui me déplaisaient à ces vacances que je considérais avoir mérité, et qui auraient dû être meilleures. Mais on ne se rend pas toujours compte des choses sur le coup.

J'avais emmené avec moi deux de mes pendentifs préférés. Le premier, celui que je ne quitte pas depuis dix ans : un scarabée égyptien que j'avais acheté à un moment critique, alors que j'avais un grand besoin d'aide et de renouveau. Je ne savais même pas qu'il symbolise l'espoir, la renaissance par le retour chaque matin du soleil, après avoir bravé les ténèbres de la nuit. Il fit bien son travail, le signe que j'attendais depuis des mois me vint à peine quelques jours plus tard, au solstice d'hiver. Il me fallut attendre quelques années pour comprendre ce qui s'était passé, puisque je ne connaissais pas ces symbolismes à l'époque, et que j'étais encore tout ce qu'il y a de plus catholique. J'ai toujours gardé ce scarabée avec moi ; avant, c'était une autre vie, et lui, témoigne de toute ma vie, ma vie nouvelle. Le second pendentif était la fameux croix occitane/sceau de la lune, que j'avais emmené tout naturellement dans ce voyage. J'avais mis mes deux pendentifs au premier jour, chacun sur sa chainette. Au second jour, je n'en mis aucun, par paresse, ou simplement parce que les choses se présentèrent ainsi. Au dernier matin, avant de partir à la gare de Foix pour ralier Avignon, je me suis retrouvée pressée par le temps tandis que je devais mettre mes colliers. Il y avait un noeud à la chaine qui portait mon scarabée, et pas le temps de le dénouer. J'ai enlevé le scarabée, l'ai passé sur ma chaine portant ma croix lunaire, puis j'ai rangé en attendant la chainette nouée et suis partie à la gare. Ce n'est que dans le train (heureuse comme au paradis d'avoir enfin du chauffage) que j'ai repensé à mon collier avec ces deux pendentifs. Il émanait quelque chose. Je repensais au geste de les rassembler. J'ai souri. La première partie de mon voyage s'achevait et une autre commençait.

J'ai donc visité le Palais des Papes, arpenté cette place à laquelle je songeais souvent, je me suis promenée au rocher des Doms. Puis le vent furieux de provence, une pluie drue et un orage se sont abattus. Impossible de continuer et visiter le pont. J'ai terminé la soirée trempée jusqu'aux os (et complètement décoiffée, chose intolérable pour une Madame Balance, parait-il. En même temps, j'ai vu des Messieurs Balances tout aussi obsédés, voir plus, par leur chevelure.), mais heureusement, il y avait du chauffage à l'hôtel, donc finalement, tout allait mieux dans le meilleur des mondes.

Le lendemain, il restait du temps avant de reprendre le train et de rentrer en Alsace. Il faisait beau, la tempête était passée. Je tenais à aller jusqu'au pont, c'était le dernier point, celui du bout de parcourt qui cloturerait ce voyage. Autant suivre son intuition alors. Il était trop tard pour le visiter et aller dessus. Mais la perspective du pont avec le soleil matinal était belle, il y avait de l'achèvement dans cet instant. Si je ne pouvais pas aller sur le pont, alors j'irais dessous. J'ai esquissé quelques pas de danse, l'ai regardé une dernière fois. Je pouvais bien rentrer à présent. Il me semblait que je n'avais jamais autant sû qui j'étais et quel était mon chemin.

Je rentrais chez moi, la Déesse était là, sans m'avoir jamais quitté, et je savais que j'étais toute à Elle.
Une page se tourne, le livre se poursuit.

 

Par Hédéra - Publié dans : Hérésies transgenres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 21 mars 2008

briar.jpg


Sceau de la Lune (voir Italian Witchcraft de R. Grimassi), avec en son centre une pierre de lune, ou croix occitane stylisée?



Et
avec O. Dollfus, la géographie en vint au monde grâce à son approche "systémique" ... Voilà comment j'ai découvert ce mot pour le moins étrange, et qui signifie, plus ou moins simplement, un emboitement d'échelles, une conception globale de quelque chose (dans ce cas-ci, la mondialisation) où chaque chose de l'ensemble se tient aux autres et y est reliée par un système. Moi qui suis très hermétique à ce genre de sujets, j'en ai eu jusqu'à l'indigestion, et j'ai fini, un soir, par me laisser perdre dans une méditation qui avait au départ pour but de me détendre et déconnecter mon esprit de ce quotidien pesant. Cette méditation, qui aurait dû me détacher de mon travail, finit par s'y appuyer, tout au contraire, et m'amener à une sorte de vision d'ensemble d'une "systémique des religions" (Voilà, bienvenue dans mon monde, celui d'une personne qui a vu son cerveau noyé dans ses apprentissages de concours. C'est comme le tabac, ne commencez pas!).

Comme chacun, j'ai un peu mes marottes, ces sujets qui reviennent inlassablement, presque de manière obsessionnelle, sans qu'on n'arrive à tirer quoi que ce soit au clair ni à y mettre un peu d'ordre ou de cohérence. Or, la question des religions et des spiritualités agite mon esprit depuis longtemps longtemps, pour tomber dans les clichés, depuis ma bien tendre enfance. Vous savez, ces mille questions que des enfants peuvent se poser quand ils grandissent dans une tradition religieuse familiale, comme ce fut mon cas dans le catholicisme : "Pourquoi nous sommes ça et pas autre chose? Pourquoi nous aurions la Vérité et pas ceux d'à côté qui clament bien fort que c'est eux qui ont raison? Et si c'était nous qui avions tort? Et pourquoi si il y a une Vérité quelque part, ça ne tomberait pas sous le sens de tout le monde? Et pourquoi tout le monde se dispute voir se fait la guerre au sujet d'idéaux d'Amour, de Paix et de Justice?". Et moi, quelque part encore un peu la petite fille que j'étais, je reste assomée devant l'immensité de la créativité humaine au sujet de ce qui se rapporte à la spiritualité et aux croyances. Dans le fond, qui a raison, je m'en fiche un peu. Mais ce que j'aimerais savoir, c'est comment il est possible qu'il y ait du vrai dans tous ces courants parfois en totale opposition ; car je reste intimement convaincue qu'il y a bel et bien une sorte d'essence, de puit commun que chacun a appréhendé selon des perceptions et des expériences (dans l'espace, le temps, selon les civilisations, les préjugés ...) différentes. L'idée n'est pas nouvelle qu'il y aurait une sorte de religiosité sous-jacente à l'échelle du monde , mais que faire de tous ces dogmes ou philosophies qui s'opposent?  On peut être rapidement tenté de tout laisser tomber et se dire que de toutes manières, on ne saura jamais car nous sommes seuls avec nous-mêmes devant cela, et qu'il ne faut pas compter sur une quelconque divinité pour appuyer nos certitudes ou nous dire de changer de voie. En effet, comment expliquer alors que cette fameuse divinité ait alors enseigné aux hommes tant de choses paradoxales, et en attendant, chacun continue de prêcher pour l'exclusivité de la faveur divine de sa chapelle. Dans le fond, j'aimerais bien être assez "simple" pour avoir une révélation et m'y tenir comme une vérité aussi certaine que un plus un font deux. Seulement je ne suis pas des religieux, ni des fanatiques. Et je ne vois pas l'intérêt de faire triompher une organisation humaine soit-disant représentante de la volonté divine, alors que l'esprit humain est si borné et subjectif. C'est ainsi que les spiritualités nourricières se sont sclérosées, sont devenues des dogmes stériles.

Voici un avis d'Osho : "
Le Zen dit : Considérez vos grands mots et vos grands enseignements comme vos ennemis les plus mortels. Évitez-les parce que vous devez trouver votre propre source. Vous ne devez pas être un croyant, un imitateur. Vous devez être un individu unique ; vous devez trouver votre être le plus intérieur par vous-même, sans guide, sans écritures sacrées. C’est une nuit noire, mais avec le Feu intense de la quête, vous êtes certain d’arriver au soleil levant.
Tous ceux qui ont brûlé d’une quête intense ont trouvé le soleil levant. Les autres ne font que croire. Ceux qui croient ne sont pas religieux, ils évitent simplement la grande aventure de la quête religieuse en croyant.
"

J'ai tout de suite aimé ces bons mots, car j'ai pu si bien m'y retrouver. Ca me rappelle que je ne comprends pas les commentateurs des grands textes sacrés : Bible, Torah, Coran etc ... Quel intérêt de commenter des récits écrits de main humaine pour y chercher des précepts à suivre, pour y trouver la Vérité qui s'y cacherait. Ca me fait penser à moi, lorsque je tentais de cerner les cultes à mystères romains lors de la rédaction de mon mémoire de master, et que je ne disposais que de quelques malheureux bouts de textes (souvent de détracteurs), si peu nombreux et si évasifs que j'avais l'impression de devoir les presser, les tordre et les essorer pour en faire sortir un peu de jus. Mais si peu finalement de la réalité qui sous tendait mon sujet d'étude.

On dit que la religion se base sur la croyance et la philosophie sur le doute. Je dois être quelque part entre les deux. "Je sais que je ne sais pas", mais aussi que j'aimerais bien savoir, au moins un peu. Et je sais aussi que je crois en des tas de choses : je crois en la Vie, je crois en l'Humain et en l'Amour. Pas au niveau premier, immédiat, direct ; car je crois qu'il y aurait beaucoup à m'opposer et je ne pourrais pas contredire ces oppositions qui me sembleraient évidentes et pleines de bon sens. La vie peut être cruelle et injuste, l'humain est souvent violent, mauvais et insensé, enfin, l'amour se montre parfois pervers et est trop souvent absent. Pourtant, là où il y a le pire, il y aussi le meilleur. Et bien que je ne voie aucun Dieu dans le ciel, je retrouve tous les jours l'étincelle divine dans le sourire des gens que je croise, dans les regards qui portent la compassion et la chaleur humaine, dans le bruit du vent qui agite les branches des arbres, dans l'éclat du soleil, dans les merveilles qui nous entourent, qu'elles soient naturelles ou non. C'est pour cela finalement que j'ai emprunté la voie que j'ai choisi, parce qu'il n'y a rien de plus grand et plus sacré que ce qui nous entoure, et qui est souvent si petit et modeste. Si banal. Les discours des grandes religions sont froids et sonnent creux à mes oreilles, mais il me semble qu'il y a de la grandeur et de l'héroïsme à partager la condition qui est nôtre, d'aimer et vouloir ce qu'on a plutôt que de désirer ce qu'on n'a pas, comme le disent les véritables philosophes épicuriens, qui n'étaient pas des bons vivants, mais plutôt des personnes se contentant et se réjouissant de peu comme s'il s'agissait du plus grand festin.

Et vivre, c'est aussi mourir. En vérité, le paganisme actuel et ce qui gravite autour a mis de côté cet aspect fondamental. On m'objectera que c'est faux, que je me trompe, qu'on n'a jamais autant entendu parler du côté sombre de la Déesse, de Samhain et du retour des morts. Pourtant, intuitivement, je sens que ça ne dit rien, ou pas grand chose. L'Antiquité avait créé les cultes à mystères dans des buts eschatologiques, pour garantir un au delà meilleur aux initiés. Voilà quelle était leur véritable finalité. Dans nos avatars modernes de cultes à mystères, ceux-ci sont si entièrement tournés vers les mystères de la vie qu'il faut chercher loin pour trouver une bribe d'avis un peu spécifique sur l'au-delà. Et je ne vais pas les blâmer, pour moi-même, n'y a-t-il rien de plus important que de vivre ici et maintenant, plutôt que de passer son existence dans l'expectative de la mort? Moi aussi, j'adhère à cette conception des choses, et je n'ai aucune envie de consacrer ma vie à préparer ma mort. Je n'ai pas la sensation que je suis venue sur terre pour ça. Il y a un temps pour tout, et il est sain de l'accepter. Je me demande toutefois si nous ne sommes pas passés d'un extrème à un autre. J'ai appris avec les années à faire confiance à mon intuition, qui sait souvent mieux avec ses vagues ressentis, que moi avec mon intellect. On peut dire simplement que je passe mon temps à m'analyser, ou me psychanaliser. Pour comprendre. Je suis un peu mégalomane, j'aimerais bien tout comprendre : moi, les autres, le monde. Mais assez humblement, je reconnais que ça ne m'arrivera jamais, alors je tâche au moins de commencer par moi, ce ne serait déjà pas si mal.

Il suffit de regarder mes articles sur "la Wicca et le catharisme" ou encore "L'antinomie des religions à mystères". Ils ne disent finalement pas grand chose, mais témoignent de cette question pour moi existentielle : pourquoi? Pourquoi est ce que je ressens quelque chose de vrai dans ces deux choses profondément contradictoires. Dans certains sursauts, je me dis que je suis vraiment absurde. Et pourtant, il y a cette aiguille intérieure qui me pointe du doigt cela. Pourquoi?

Et voilà où revient enfin mon affaire de systémique. Ce soir là, où je me suis laissée entrainer dans cette méditation étrange, qui m'a d'ailleurs amenée à une contemplation bienheureuse et quasi extatique de ce qu'elle me portait à voir, c'est comme si j'avais pris de la hauteur, que je voyais à vol d'oiseau ce qui d'en bas me semblait insensé. Au sol, sur le plateau de Nazca, on ne peut pas voir les géoglyphes que seule une observation depuis un avion permet. C'était un peu la même expérience. C'était agréable, cet espace de quelques instants, de réconcilier les contraires et de comprendre qu'ils sont en réalité tenus, imbriqués les uns dans les autres, peut être justement parce que l'esprit humain ne sait pas appréhender des états de faits (pour ne pas utiliser le mot de "vérités") aussi vastes. Qu'il est impossible de les faire tenir dans un seul système humainement cohérent. Peut être aussi parce que l'univers n'a jamais été pensé pour être mis en boite sous forme de religion bornée et d'Eglise ordonnée et mise au carré.

Je ne serai jamais, je crois, la femme d'un seul combat. A force d'être tout et partout, je sais bien que je ne suis rien et nulle part. Enfin, si, je suis un peu dans certaines choses qui me tiennent à coeur dans l'ici et maintenant, afin d'amener un peu de ce que je peux de mieux, dans ce qui me semble le plus important, vivre. Ou aider à vivre, car c'est parfois bien dur, en même temps que c'est un formidable cadeau.

Il y a une personne auprès de qui j'aimerais m'excuser de soutenir sa cause sans jamais pouvoir vraiment y impliquer mes convictions (et qui ne lira d'ailleurs probablement jamais cet article). On ne peut pas courir deux lièvres à la fois quand on brûle d'avancer et non se noyer dans une flaque d'eau, et je doute que beaucoup puissent comprendre qu'on appuie de toutes ses forces des idées dans lesquelles on ne se fond pas soi-même. Que dire, si ce n'est que je trouve que, même si je n'ai pas donné mon allégeance personnelle, je trouve que "c'est bien", que j'aurais aimé être là aussi, que j'y aurais été si j'avais pu me subdiviser (j'en aurais adoré l'aventure, dans l'expérience de vie et de spiritualité). Mais pour être ici, je sais que je ne peux pas être partout. Un jour, je passerai peut être, comme la voyageuse, la quêteuse anonyme que je suis. Et s'il est vraiment l'anarchiste spirituel qu'il dit être, il acceptera bien de prendre un peu de temps avec la fille du Chaos que je suis.

La systémique est peut être un concept d'avenir.

Par Hédéra - Publié dans : Hérésies transgenres
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Recommander
créer son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus