
L'exil est un mythe qui traverse pour ainsi dire toutes les religions ou courants de pensée. L'exil : c'est la fin de l'âge d'or dans de nombreuses religions antiques, le renvoi du Paradis originel dans le Judaïsme et le Christianisme, la chute de l'homme sur terre du Royaume du Bien vers le domaine du Mal (manichéisme, catharisme), l'avènement du christianisme (pour les païens), l'avènement du patriarcat (païens divers, dianiques, adeptes du matriarcat), le temps qui passe tout simplement, parce que c'était forcément mieux avant. Avant quoi?
Ce thème est largement repris de nos jours par divers courants contemporains tels le new age, et on diagnostique des enfants violents ou dépressifs comme étant des indigos ou des star seed venus des étoiles ; leur état est simplement dû à la sensation insupportable de la souffrance sur terre. Seulement les anciennes religions nous disent déjà que nous sommes tous dans le même lot, que ce mal-être n'est pas un privilèges d'élus. L'époque moderne sait transformer un mal en une forme de supériorité d'évolution ; de même que pour la première fois depuis 2000 ans, les gens sont assez fous pour se chercher à peu près tous les 20 ans de nouvelles dates de fin du monde. Ce qu'on craignait hier est devenu hautement désirable aujourd'hui : ainsi va le monde.
Il faut dire qu'on a le temps de réfléchir aujourd'hui. Enfin, nous, en Occident, nous en pays riches et en paix. Privés de guerre, on a tout le temps de s'épancher sur notr exil terrestre ou notre avidité à voir la fin des temps, deux choses finalement très imbriquées puisque l'une permettra aux élus de rejoindre la Terre Promise dont ils ont été privés. Et même peut être, parce qu'on s'ennuie. La peur, la faim, la misère ; ça anesthésie. Les millénaristes ont toujours été principalement ceux qui étaient les mieux nourris et les plus en sécurité, même dans les siècles les plus sombres du passé. On n'a jamais autant cru à l'Apocalypse dans l'Antiquité qu'au chaud derrière les murailles de ses villes, quand les invasions faisaient rage quelques lieux plus loin ; quand l'abondance et la prospérité voyait au dehors un danger s'avancer. Fin des temps et retour du Paradis? Non, juste fin de leur temps et début d'un nouveau, sans rassasier les exilés. Ils vont l'attendre à perpétuité leur paradis, leur retour, leur ascention vers les êtres de lumières qui gravitent dans l'espace à bord de vaisseaux surdéveloppés. Ou simplement, pour les plus classiques, leur retour à Dieu, à la Lumière. Quant à l'âge d'or des temps passés, les nostalgiques peuvent rêver encore pour quelques bons siècles. L'éternel retour partage sa place avec l'ineluctable changement qui laisse une emprunte indélibile. On sait tous au fond de nous que tout a trop changé, que c'est avec ce qu'on a qu'on doit composer. A moins d'attendre le retour au paradis perdu, délaisser cette terre d'exil et plonger tout entier dans cette chimère.
Mais pourquoi donc ce sentiment d'exil? Les psychologues diront simplement que c'est la nostalgie infantile du ventre sûr et chaud de la mère, du temps béni ou, bébé, on vivait dans l'aise et sans autre souci que d'être nourri et être au chaud. Du temps béni de l'insouciance et de l'inconscience. La conscience nait avec la souffrance, qui nous apprend le temps qui passe et le changement. Les souvenirs concrétisent cet exil. On se souvient, on sent au fond de nous qu'il y avait quelque chose de plus agréable avant. Plus agréable que devoir se battre jour après jour dans un monde de prédateurs et qui est parfois ou souvent absurde. Se battre pour gagner de quoi se nourrir et se loger, se forcer à suivre des chemins qui ne correspondent ni à nos rêves ni à nos aspirations. Se forcer de vivre en un temps et un lieu qu'on n'a pas choisi. Ne plus pouvoir rêver, comme un enfant, que tout est possible et qu'on pourra trouver une baguette magique pour partir dans un royaume merveilleux. Avoir mal par le corps et l'esprit, faire face aux tragédies. Les exilés voient toujours mieux ces choses que les bonheurs terrestres. Qu'importe, puisque tout passe, tout disparait?
Perdue, exilée. Je l'ai été, enfant. Mais où donc étais je tombée? Je voulais rentrer. Mais rentrer où? Me réfugier dans le passé, visiter les temps anciens, trouver un endroit de paix où tout cesserait. Tout mouvement. Toute vie donc. Le monde est dur, le bonheur était donc ailleurs, pas sur terre? Des pensées d'enfant qui ressemblent tant à ce que beaucoup de religions répètent. Des pensées simples alors, issues de sensations partagées par nous tous ici bas. Nous vivons tous dans le mythe de l'exil, quelques soient nos croyances qui expliquent ce ressenti. Nous les avons toutes inventées pour essayer de comprendre pourquoi. Un pourquoi peut être simplement issu de la prime enfance comme les psychanalystes freudiens aiment à le répéter.
Nous sommes des exilés, peut être oui. Mais je ne vais quand même pas rester là à me lamenter. On m'a posé là, et j'ai bien l'intention que ma terre d'exil devienne mon chez moi. Je suis chez moi. J'y suis et j'y resterai. L'exil cesse quand on décide de vivre ici et maintenant, d'aimer ce qu'on a plutôt que ce qui n'existera probablement jamais (plus), de ne plus aspirer à un avant meilleur. Il est trop facile de rester un exilé, de ne pas relever le défi. Si on n'est pas content maintenant, il ne tient qu'à nous de rendre notre présent meilleur. De casser les schémas. De créer un petit bout de paradis sur terre.
"Je suis venue pour vous dire que vous êtes libres..."
Je relisais ce passage de ma propre traduction du Principia Discordia, et je tombais dans un temps assez rapproché sur une analyse de certains passages de la Bible, tel que :
« Le Christ nous a libérés pour la liberté. Debout, donc ! et qu'on ne vous retienne plus sous le joug de l'esclavage ! » (Ga. V, 1)
Et je ne m'étais jamais vraiment demandée "mais nous libérer de quoi?". J'ai grandi dans une famille catholique qui me menait à la messe tous les week ends, on rabachait à tour de bras cette promesse de libération et c'était tellement répété que je ne m'étais jamais interrogée, songeant surement que c'était un élément normal du tout. Et en même temps, pour poursuivre la réflexion sur le mythe de l'exil, j'ai toujours senti cet appel à la liberté. Peut être est-ce lié finalement. Fuir l'exil, c'est être libéré du joug qui nous enchaine ici. Pourtant, il y a dans l'idée de liberté quelque chose d'éminemment plus positif que dans l'idée de la fuite. Il y a l'impulsion de vie, de grandeur et d'enthousiasme. Il ne s'agit pas de rentrer dans un Paradis perdu mais de partir découvrir le monde, suivre les chemins qu'il nous plaira sans contrainte. Quand on est libres, on ne rentre pas. On part, on explore, on revient, et on repart. On serpente de l'intérieur vers l'extérieur, et de l'extérieur vers l'intérieur sans liens. Ce qui ne signifie pas que la liberté implique le détachement. La liberté, c'est aussi de s'attacher, où on veut, quand on veut, à quoi ou à qui on veut.
Pourtant, j'ai beau comparer les deux citations, du Principia Discordia et de la Bible, il est évident qu'elles ne parlent pas de la même liberté. La Bible parle de la libération face au péché originel et au rachat par la conversion à une nouvelle forme de croyance et de spiritualité. Le Père, le Seigneur, règne encore. On est libres en Lui. Dans les faits, on reste ce qu'on est, et on espère une liberté dans un autre monde. C'est finalement une liberté bien commode pour les autorités politiques de tous les siècles passés, qui pouvait ainsi mieux emprisonner et asservir en brandissant la carotte de la libération dans l'au-delà, si chacun se conformait bien à l'ordre voulu et à la place qu'il a sur terre. On est libres grâce à la religion, mais pourtant on n'a pas le choix de la croyance. On sait bien où finirent les hérétiques, ceux qui "avaient choisi" une autre voie. Et même, sans que l'ordre social ne vienne s'y greffer, la liberté restait inconditionnellement liée à une promesse d'au-delà, pas de libération terrestre. C'est ce qui déçut tant les Juifs avec Jésus justement, eux qui attendaient un prince guerrier venu les libérer du joug des envahisseurs, ils étaient un peu perplexes devant son message de libération post-mortem. Ca leur faisait une belle jambe en effet, quand ce qu'ils voulaient, c'était être libre tout de suite et ici bas. Maintenant, lorsque Jésus promettait aux esclaves qu'ils seraient libres dans le royaume de Dieu, on peut aussi se dire que c'était mieux que rien.
L'exemple vient de la Bible, mais quand on regarde les autres grandes religions, on rencontre aussi ce même but de libération, aussi bien dans l'Islam que dans le bouddhisme, chacun à leur manière, chacun avec leur méthode. Et aussi, chacun se libérant de quelque chose de différent, puisque l'Occident (ainsi que les contrées d'Islam) cherche à se libérer du péché originel qui aurait précipité la perte de l'Homme, tandis que l'Orient cherche à se libérer du karma et des incarnations successives. Bien que chacun donne pour origine du problème une explication différente, il convient de se libérer de la pesanteur de cette existence de souffrance et
d'enchaînement : aux lois de la vie et de la mort, aux maladies, à la hiérarchie sociale, aux malheurs de ce monde ... Finalement, le sentiment d'exil est au passif ce que la libération est à l'actif, mais dans tous les cas, on se retrouve avec une existence terrestre pleine de paradoxes, à la fois bonne car voulue par la divinité pour les humains, et/ou haïssable, dont il faut se libérer. Il n'y avait manifestement pas de mythe de la libération dans les paganismes anciens, et l'éternel retour n'était pas envisagé comme une malédiction karmique mais comme un bienfait pour les hommes. Il faut dire aussi que le monde des morts n'était pas spécialement attractif et sauf pour les héros, c'était assez morne et ennuyeux, il suffit de lire l'Odyssée d'Homère ou l'Enéide de Virgile pour constater cette vision des anciens Grecs et Romains. Du coup, la vie sur terre était peut être un moindre mal. Quoique ... Même là, on trouve les cultes à mystères qui font figure d'option envisageable pour les esprits en quête de spiritualité. Ainsi Dionysos Lysios (qui délivre) est le libérateur pour ses initiés ; libérateur des conventions sociales terrestres et garant d'une vie heureuse et libre dans l'après-vue ; ses initiés ont leur paradis à eux du moment qu'ils connaissent les mots de passe et le chemin à emprunter dans le monde des morts. Il en allait de même pour les mystères d'Eleusis avec Déméter et Perséphone, personnifiant les mystères de la vie et de la mort, de la souffrance de la perte et de la joie de la renaissance. Leur épiclèses divines indiquaient clairement qu'ils étaient Libérateurs et Libératrices (Eleusis, venant directement du grec eleutheros : libre). Il y avait quelque chose de la folie dans cette libération initiatique, un abandon à la divinité en même temps qu'une accession pour soi-même à la divinité à travers des comportements réprouvés ou contraires à la norme d'ordre de la société. Celui ou celle qui est libre est un rebelle à l'ordre établi et un empereur dans ce monde, c'est ce que dit le Tarot d'Osho pour l'arcane majeure de l'Empereur (IV), qui prend le nom de Rebelle, celui qui est libre, qui a trouvé sa propre lumière intérieure et qui la porte en flambeau, qui a brisé ses chaines et que la société ne peut contenir par aucune sorte de contrainte. Les contraintes les plus fortes sont souvent celles qu'on s'impose nous-mêmes, cette police intérieure qu'on a intégré à travers l'enfance puis l'adolescence et qui fait que la société n'a plus besoin de nous contrôler directement puisque nous avons intégré ses codes et ses règles. Et paradoxalement, il peut être bien plus simple de s'évader d'un lieu que de s'évader des chaines qu'on s'est soi-même posé et qui nous retiennent et nous intègrent à cet accord tacite voulant que nul ne s'écarte du lot communément accepté. Tout le monde s'accomode bien de l'ordre établi puisqu'il est bien ordonné. La liberté, c'est effrayant. Cela signifie être privé de guide, privé d'autorité paternaliste qui nous dirige et nous dit quoi faire ou ne pas faire, qui définit nos possibilités et nos limites. Tout comme il est plus facile de concevoir la liberté par la soumission à un Père céleste qui trie la bonne graine de l'ivraie. La liberté, il faut savoir la supporter. Ce n'est pas aisé lorsqu'on a vécu longtemps, toute sa vie peut être, dans la dépendance commode et l'absence d'interrogation. La liberté, ça dérange ceux qui ne parviennent pas à l'oser autant que ceux dont ça remet le pouvoir absolu en question. Dans le fond, il est plus simple d'accepter le confort qu'offre l'acceptation des choses telles qu'elles sont, pendant qu'on rêve de liberté dans un monde meilleur, pas dans cette vie. Les rebelles libres sont de fait rejetés à la marge et dans l'underground, peut être pour étouffer cette lumière de liberté trop éblouissante. Tout comme Lucifer, le Porteur de Lumière, confiné dans les tréfonds de l'Enfer par d'autres "libétareurs" du genre humain. Et la liberté, on peut aussi la faire passer pour tout et n'importe quoi, de New York au libéralisme effréné qui n'a de liberté que le nom, et ne contribue manifestement pas à la libération de la population mise sous le joug de cette liberté. Mais je suis venue pour vous dire que vous êtes libres ... pas que vous serez libérés. Une fois le gendarme intérieur congédié, qu'est ce qui nous retient? L'enfermement, c'est comme une religion finalement. Ce n'est universellement vrai que parce que tout le monde y croit, que tout le monde voit la même chose parce qu'on leur dit que c'est ce qu'il faut voir, tout comme on dit aux enfants qu'il n'y a pas de monstres sous leur lit mais que ce sont des ombres. Après tout, qui sait? Il faudrait peut être aller vérifier, des fois que ... Nous sommes libres ; le savoir, le vouloir, c'est le pouvoir. Il suffit de décider de se jeter dans le vide, de suivre un chemin vers l'aventure qui s'offre à nous, qu'est ce qui nous retient, véritablement? Nous sommes libres, comme l'air d'après le dicton, et tout le monde sait que le vent ne se laisse pas attraper. Heureusement que la Chaos est là parfois pour nous le rappeler !
Et oui messieurs ; après le soleil, les cornes aussi! ...
Décidément, les femmes vous ont tout pris!
A moins que cette histoire de soleil et de cornes n'ait rien de plus masculin que féminin, ni de plus féminin que masculin?
En tous cas, c'était hier à l'école de maquillage et effets spéciaux Métamorphoses de Strasbourg, durant la journée portes ouvertes, où j'ai prêté ma petite personne pour les
réalisations de deux étudiantes talentueuses, Laura et Alexandra (et que je félicite pour le résultat de ces 5 heures de travail).
Et je me suis bien amusée, comme on peut le remarquer !
Elle est très bien aussi la femme poisson !
Et pour toute Déesse Cornue, après maintes hésitations à savoir ce que j'étais (une elfe, une lutine, une créature des bois ...), j'ai enfin trouvé la définition la plus
explicite : je suis un Truc des Bois!
Avant la Grèce, Rome ou l'Egypte (oui, j'ai eu vers mes 10 ans un intérêt pour cette civilisation, intérêt qui m'est vite passé pour ne jamais vraiment revenir), mon
imaginaire était peuplé des paysages, des constructions et de rêveries de civilisations Maya, Inca, Aztèques, en somme, une sorte de pot pourri de civilisations pré-colombiennes que j'assimilais
plus ou moins toutes ensembles. Comme pour toute passion digne de ce nom, j'avais mes sources sûres : le dessin animé Les Mystérieuses Cités d'Or et le film (dans lequel joue Coluche)
La Vengence du Serpent à Plumes. J'aimais les cultures sud-américaines et j'ai rapidement décidé que plus tard, quand je serais grande, j'apprendrais l'espagnol et j'irais vivre au
Mexique. J'avais une amie avec qui j'adorais me déguiser en un tas de choses différentes pour ensuite jouer des histoires fabuleuses où nous étions les héroïnes. Parmi ces histoires et ces
déguisements, il y avait l'Orient et ces fameuses civilisations andines et mexicaines. Je me souviens encore de cette belle robe rouge qu'elle possédait et qui venait vraiment de ces pays.
Rien, ou presque, ne me semblait plus fascinant de mystères et de splendeurs passées. Lorsque j'ai décidé que je ferais profession de l'Histoire, à l'aube de mon adolescence, je voulais devenir
spécialiste des Mayas (d'ailleurs, avec du recul, il aurait fallu que je fasse de l'archéologie, et non pas de l'histoire). Et puis j'ai rencontré le latin, et face aux peu de perspectives de
pouvoir étudier en Europe les civilisations pré-colombiennes (et en effet, nos universités françaises ne proposent pas ça dans leurs maquettes), j'ai penché pour cette autre révélation qu'était
la civilisation romaine, toute autant porteuse d'émerveillement.
Je n'ai jamais perdu toutefois cette admiration des civilisations pré-colombiennes, quoique je fus quelque peu déçue du peu de choses que nous savons à leur sujet, faute de traces écrites
(compréhensibles) que ces civilisations auraient légué. Seule l'archéologie peut prétendre actuellement à traduire les signes matériels que ces civilisations ont laissé afin de tenter de les
appréhender, un peu. Du coup, comme la nature a horreur du vide, à civilisations sans témoignage ni histoire écrite se substituent tous les fantasmes possibles de l'imaginaire humain, avide de
merveilleux. En même temps, il faut dire qu'on nous tend la perche, entre les géoglyphes mystérieux des Nazcas, l'étrange et soudaine disparition des Mayas, les villes fabuleuses des Andes
cachées à des hauteurs faramineuses dans la montagne, et les pyramides que d'aucuns comparent aux techniques égyptiennes. Il semble bien que ces civilisations aient eu des connaissances très
fines en matière de mathématiques ou d'astronomie, et pourtant, les Incas ne connaissaient ni la roue, ni le fer. Pour le dire franchement, ce sont des énigmes sur pied. Toutes les hypothèses les
plus folles ont pu être émises, des hypothèses d'ailleurs assez proches de celles soulevées à propos ces Celtes (qui eux non plus n'ont pas laissé d'histoire écrite) ou des civilisations
mégalithiques. Il y a toujours des constructions faramineuses pour des civilisations à priori sans outils précis ni suffisants pour les réaliser, et aucun témoignage. On peut donc librement
piocher pour sa théorie favorite : descendants de l'Atlantide, de Mû, issus de peuples extra-terrestres ... et ça y va en surenchères. Actuellement, comme je l'ai lu une fois sur un blog,
l'archi-mode est à 2012 et "il faudrait être coupé du monde pour ne pas en avoir entendu parler". Donc 2012, fin du calendrier Maya, supposée apocalypse, retour des extra-terrestres, jour
fabuleux ou les serpents auront des pattes et que les pommes de terres pousseront dans les arbres (à la rigueur, j'aurais préféré des billets de banque) ...
Je n'ai jamais tripé sur tous ces mystères, et 2012, date de fin du calendrier Maya, me laisse parfaitement indifférente. Ca relève pour moi de l'hystérie collective en mal de millénarisme,
et qui attend dans sa fange de se faire sauver par un ou des êtres plus évolués qui auront pris leur misère en pitié. Sinon, c'est toujours beau de rêver que du jour au lendemain, l'humanité se
trouvera surélevée spirituellement, ça fait des millénaires que les hommes attendent ça de prophéties en prophéties. A ce propos, les Juifs attendent toujours leur Messie, celui qui doit les
libérer et régner sur leur peuple de manière autoritaire et guerrière (pas quelqu'un prêt à se sacrifier sur une croix). En 1999, c'était l'Antéchrist et la fin du monde, là c'est la fin du monde
à la sauce que chacun désire. Vive la mondialisation, grâce à elle, on n'a plus à se contenter des prophéties chrétiennes et européennes, mais on a un upgrade dans le stock des dates
possibles d'apocalypse. Et après 2012, on nous dira que les Nenets de Sibérie ont prédit la grande prise de conscience cosmique pour 2067?
Il est dommage en effet que nous ne sachions rien de tangible sur leurs systèmes religieux et ésotériques. Qu'à cela ne tienne, certains tels Samael Aun Weor se sentent le droit et même le devoir
de réinventer la religion aztèque et maya par comparaison directe au christianisme, ainsi on voit apparaître un Christ Quetzalcoatl tout droit sorti de nulle part. Mouhahaha, rien que de
l'écrire, je trouve ça délirant. Allons bon, on sait bien que la théosophie est persuadée que toutes les religions parlent des mêmes révélations, il faut juste faire entrer tout dans la même
boite, même quand ça dépasse de tous les côtés. Avec Blavastky, on avait l'admiration surdimentionnée pour l'Orient, avec Samaël on a les révélations uniques et inouïes du Grand Maître Christ
Samaël Quetzalcoatl Bouddha Zoroastre (et bien plus encore) qui heureusement, vient dissiper les limites des archéologues sur la religion des Aztèques. Merci Samaël, sans toi nous ne serions
rien.
Bon, ce n'était pourtant à la base pas un énième article pour me payer la tête de mon gourou favori, ni du courant New Age qui fait vendre à la Fnac bien plus que n'importe quel autre
rayon éso, mais bien pour parler de ces civilisations. Des bribes de leurs mythologies nous sont bien parvenues, et je les dévore dès que je trouve quelque référence digne d'intérêt. Je
songe qu'en effet, bien des mystères nous restent dissimulés. Rien qu'en pensant aux mystères de l'Antiquité européenne qui fleurirent en même temps que des connaissances similaires à ces
civilisations de l'Amérique du Sud, je me figure qu'il y aurait eu matière à explorer, à s'inspirer, à se nourrir. Je ne me déciderai probablement jamais à tenter ce que tant font sans cas de
conscience : tenter d'avoir des visions véritables pour découvrir des secrets anciens. J'y crois d'une manière si modérée qu'on peut considérer que je n'y prête aucune véracité. Je ne sais que
trop comme il peut être facile de s'auto-suggérer ce qu'on voudrait qui soit. Un jour, ou plutôt une nuit, j'ai rêvé que j'étais un homme d'une civilisation à priori mexicaine, au vu du paysage.
J'avais une femme, j'étais un guerrier et un parent était prêtre au temple pyramidal de ma ville. Et je crois que dans ce destin qui n'a rien d'exeptionnel, j'ai fini par mourir dans un de ces
nombreux combats issus des conflits locaux. Comme n'importe qui d'un peu "sorcier", je me suis dit que peut être, c'était une vie antérieure. Ou bien c'était juste un rêve tiré de mes lectures
anciennes. Aucune conviction personnelle du monde ne pourra jamais rien prouver. Mâyâ, c'est aussi l'illusion d'un monde physique que notre conscience prend pour la réalité, d'après les Hindous.
Il est si facile de se laisser illusionner par soi-même.
Mais on peut tout de même rêver, voyager et s'emplir de l'atmosphère et de la force de ces civilisations passées.
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