Jeudi 2 avril 2009

(Générique de début : Voici venir l'OTAN des rires et des chants ... ce programme vous est présenté par Strasbourg-OTAN Daily NEWS pour informer la population française de la précarité... PIF-PAF-BOUM... Non messieurs les policiers, je vous en prie, ne frappez pas ... je ne vais que mon dev mon travail ...)

Et donc, aujourd'hui, je vous propose la thématique "OTAN tous mourir sur place" puisque les hôpitaux principaux de Strasbourg seront fermés durant 3 jours, et que si la Fatalité veut que vous ayiez une crise cardiaque, une embolie pulmonaire, une attaque cérébrale, une méningite, un accident de voiture (ou de toute autre sorte) ou même que vous deviez accoucher, ne vous inquiétez pas, on viendra contourner tous les barrages de police de manière la plus speed, et que si vous êtes toujours vivant une heure plus tard quand on aura enfin pû vous secourir, il ne nous restera alors plus qu'à faire le chemin inverse en un temps similaire pour vous emmener dans de jolis petits hôpitaux de campagne de petites villes aux alentours, et que si c'est vraiment très grave, on vous transportera sans problème aucun jusqu'aux meilleurs hôpitaux de Mulhouse ... à presque 100 km de Strasbourg. Vous voyez, vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles, vous n'avez aucune chance d'en réchapper.

Mais il est vrai que le risque d'accident de voiture en Alsace sera fortement diminué dans les jours à venir, ça avait été très bien pensé pour limiter les risques!



Dans ces conditions, songeons à tous ceux qui marchent encore parmi les vivants ce soir, qui pourraient encore être des nôtres dans une semaine ou un mois, mais ne le seront plus. Pour quelle raison valable? Ah oui, la sécurité anti-terroriste d'une poignée de dirigeants, actuellement plus menacés par des blocages de manifestations anti-OTAN qu'autre chose. En ce moment, il n'est même pas besoin d'avoir des opinions politiques ou éthiques contre l'OTAN, le seul dispositif permet de fédérer toute une capitale européenne et ses habitants contre cette institution croulante de la puissance militaire mondiale, et qui vient occuper la ville, emprisonnant ses habitants, restreignant leurs droits les plus fondamentaux, comme celui d'obtenir des secours et des soins appropriés, comme celui d'avoir des chances de survie. Moi je pense à toutes ces futures familles endeuillées par obstacles matériels aux soins nécessaires. Et ça arrivera, c'est inévitable, quand on voit le dispositif mis en place. De la part d'un Etat, une telle planification de non assistance à personne en danger me révolte. Rien que pour ça, on pourrait encore se demander si la Défense nous défend encore, si nous vivons encore dans un Etat entièrement libéral et démocratique ...

Par Hédéra - Publié dans : Rumeurs de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 2 mars 2009

Je vous aime, sincèrement et profondément, vous qui êtes idéalistes, lancés sur le chemin de la Déesse et de la sorcellerie, remontés à bloc dans votre quête spirituelle et personnelle, vous qui avez soif d'apprendre, d'échanger, vous qui êtes motivés ou vous qui vous pressez vers un enseignement dont vous attendez des miracles, une vie meilleure, plus saine, plus harmonieuse, une sororité parfaite, un Paradis sur Terre.

Je vous aime, mais je vous dit merde. Merde à celles ou ceux qui ne peuvent pas comprendre, illuminés par leur quête pressente et exigente, que les gens comme moi qui se dévouent à essayer de leur frayer un passage ont aussi une vie bien humaine, des soucis bien humains, matériels et quotidiens. Que nous ne lisons pas encore dans les pensées, surtout à distance, et que nous ne savons pas forcément au cas par cas ce qu'il faudrait faire ou dire pour que ça vous plaise à vous, parce qu'il n'y a pas une réponse universelle à donner à tout le monde.

Oui je vous aime, mais s'il vous plait, ayez l'obligence de lire ceci avant de vous sentir spoliés par l'une des millions de raisons que l'on peut trouver, et ce, très certainement avec un sentiment très sincère et légitime :
http://discor-dianique.over-blog.com/article-21352562.html

N'oubliez pas que si vous avez des problèmes personnels, professionnels, financier ou autres, on en a tout autant, et on essaie souvent de ne pas vous en parler, ou pas trop. Vous cherchez la Déesse? Apprenez l'indulgence, la compassion, la compréhension.

Je suis persuadée que très peu me tiendront rigueur de ce "merde" lancé en gros coup de gueule. Après tout, on sait tous que c'est aussi un porte bonheur.



Sans oublier le gros merci à mes idéalistes et autres qui sont si patients, si compréhensifs envers moi. Vous êtes plus nombreux, en vérité. On ne voit souvent que le point noir au milieu de ce qui va très bien. On marche ensemble à égalité.

Par Hédéra - Publié dans : Rumeurs de société
Ecrire un commentaire - Voir les 24 commentaires - Recommander
Jeudi 15 mai 2008


Et soudain, je fus transfigurée, tandis que je me replongeais une fois encore dans l'actualité OGM et à toute la problématique des ONG et toute association militant pour l'une ou l'autre raison bien isolée. Tout s'emboita, tandis que je conserve la sensation de m'être déjà fait la remarque par le passé.

Dans l'article précédent, je me demandais quels étaient les critères qui faisaient qu'on s'engageait pour une cause et pas une autre, à priori toute aussi nécessaire et honorable. Outre une proximité avec ses intérêts propres et ses goûts, c'est le communautarisme, bien entendu, qui attire. Dans une époque où la communauté de vie est si éclatée, où la majorité des gens, qui sont des citadins, ont oublié ce qu'était la solidarité de groupe villageois, il y a cette quête plus ou moins consciente de se regrouper selon les modalités d'un choix par affinité de cause. S'accorder sur un combat, c'est tellement fédérateur, on en oublie vite les différences. On sort dans la rue, on fait des pique-niques, et ça y'est, c'est la fête au village. A côté, c'est sûr, être éco-citoyen dans son coin, ça ne présente pas grand avantage. On en revient dans le paradigme du "tous ensemble contre" les OGM, le capitalisme, ou toute autre chose. C'est une aubaine que nous vivions dans une société à qui on peut encore reprocher des tas de choses, d'ailleurs, les paysans de Louis XIV, et même d'avant, ne s'amusaient jamais autant qu'en faisant leurs révoltes fiscales. Ca aussi, ça prenait toujours des allures de grande fête, avec danses, chants et carnavals. C'est d'ailleurs un sujet dont je comptais un jour parler sur ce blog, ce lien entre révolte et fête dans les sociétés traditionnelles, qui représentait un acte de bannissement par les excès de violence et de festivités, axés sur l'inversion de l'ordre social afin d'en bannir les éléments nouveaux perçus comme une invasion. Il s'agit toujours de bretour au "bon ancien ordre des choses". N'a-t-on d'ailleurs pas dit que les "paysans spirituels" comtemporains, c'est à dire les païens, se caractérisaient très souvent par leur farouche volonté de revenir à avant et à refuser le progrès? Je ne débattrai pas de la pertinence ou de la justesse de tout cela ici, mais il me semble intéressant de faire un détour pour le remarquer.

Pour en revenir à ces combats modernes, il y a la cause certes, mais en ce cas, une cause en vaut bien une autre, et si on se sent plutôt baba cool, il y a en effet plus de chances qu'en luttant pour l'environnement, on rencontre des gens qui nous ressemblent plus qu'en luttant pour Handicap International ou la lutte contre le Cancer (qui sont moins glamour actuellement que les ONG environnementales). Ca me rappelle des gens qui militaient dans des ONG dans l'espoir de rencontrer l'amour ... Comme quoi, tout est bon, et il est tellement plus honorable de masquer ses petites combines purement égoïstes derrière de belles grandes idées. Voilà qui me rappelle Sex and the City (vivement la sortie du film d'ailleurs, c'est LA référence des femmes de mon petit clan familial et amical), qui en donne plusieurs exemples dans différents épisodes.

Et ainsi, si le monde était parfait, ses habitants s'ennuiraient, sans pouvoir se mettre ensemble pour râler. Finis les petits pique-niques et les fêtes au milieu des pavés. Ils devraient mettre toute leur énergie à bâtir une société bien définie et dogmatique unie. J'ai la vision d'un monde de rouages sans fin, parcouru de milliards de petites fourmis bien travailleuses et gentilles, creusant des galleries interminables. Un enfer. Mais que tout le monde se rassure, le monde inparfait que nous avons a encore de beaux jours devant lui, aussi longtemps que les hommes sont ce qu'il sont, ce qu'ils ont toujours été et ce qu'ils resteront. La grande civilisation de Babel, la seule chose qu'ils partagent vraiment.


C'est drôle quand même, la première peinture montrant une fête paysanne a été réalisée par le même artiste de cette très connue Tour de Babel, c'est à dire Pieter Brueghel. Quelle étonnante coincidence, n'est ce pas?
Par Hédéra - Publié dans : Rumeurs de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 14 mai 2008


Aujourd'hui, j'allume internet et je vois que la loi sur les OGM n'est pas passée. Voilà qui est bien, comme beaucoup, voir la majorité, je ne tenais pas à ce qu'on soit envahis par ces bidouillages génétiques, avec tout ce que ça signifierait, dans nos assiettes et en dehors. Greenpeace se dit heureux, ça ne peut en effet que les réjouir. Je me souviens du temps où je faisais partie du groupe local de Greenpeace, pleine de bonne volonté de "faire quelque chose pour la Terre". Parce que, comme tout le monde (et pas que les païens qui en font leur cheval de bataille, voir une de leurs identités principales et essentielles), l'avenir de la Terre me concerne. Sur ce, je décide de faire un peu de rangement chez moi, et je retombe sur le prospectus d'une association luttant contre les tests effectués sur les animaux, en particulier en ce qui concerne les cosmétiques. Et si je fouine bien, je retrouverai peut être même un vieux courrier de la Croix Rouge, m'informant de la manière dont mon argent fut utilisé, lorsque je fis partie des milliers qui donnèrent un peu pour secourir les victimes du tsunami de Noël 2004. Oui, et je suis sensible aux enfants et aux adultes qui meurent de faim dans le monde, j'irais bien construire des écoles en Afrique et porter des médicaments dans les pays en guerre, ou au moins m'arranger pour en faire parvenir. Je combattrais bien aussi les excès du capitalisme avec Attac ou d'autres, et je militerais pour l'égalité hommes-femmes avec des féministes modérées, en prenant fait et cause pour les femmes battues. Et même, quand on me distribue des prospectus, face à la guerre, pour demander la liberté et la paix au Tibet ou le respect droits de l'homme pour les Kurdes, je serais bien d'accord encore de soutenir tous ces gens là. Et dans le fond, les païens qui veulent sauver les menhirs, pourquoi pas. Je n'ai rien contre les menhirs, moi. Ni contre les païens, à priori. Comme pour le reste, c'est sûrement utile, et en plus ça a un petit côté folklorique bien sympa qui rappelle Bové, le Larzac et ses chèvres, et même un peu les hippies. En moins peaceful que les hippie, globalement, quand même, mais passons.

En fait, à en faire un tableau, les mouvements associatifs contemporains sont bien à l'image du monde qui les accueille : aussi multiple qu'il y a de produits dans un hypermarché. Je me sens comme hier, en faisant quelques courses et en passant devant les boutiques de vêtements : j'avais bien un peu d'argent que j'aurais pu dépenser, seulement il y avait tant de belles choses tentantes que j'étais bien incapable de me décider. Devant ce trop de choix, je suis rentrée avec mon argent dans mon portefeuille et aucun nouvel habit. Je sais bien de toutes manières que j'ai largement ce qu'il me faut. Mais le parallèle m'a semblé interessant. Dans cette société de consommation où il y a tant qu'on ne sait pas quoi choisir (sachant que notre portefeuille, lui, n'est pas illimité), chose absolument originale après des siècles d'aisance relative mais peu de diversité, on retrouve exactement la même chose au niveau des combats qui nous sont proposés pour améliorer notre monde. Lorsque j'étais à ce groupe local de Greenpeace, j'ai rencontré des gens qui ne vivaient que par et pour ce combat. Toute leur vie, ou presque, gravitait autour de cela, au point qu'ils étaient devenus leur combat. Et pourtant, tout comme moi, ils reconnaissaient volontier que des tas d'autres combats mériteraient tout autant d'être menés. Pourtant, pour agir concrètement, ou du moins essayer, il fallait faire un choix arbitraire d'une, deux choses tout au plus, sur des centaines de revendications possibles, et concentrer toute son énergie dessus.

A moi, tout cela me donne le tourni. Ne sachant me contraindre et me limiter quand je juge que ce serait restrictif plutôt que porteur de gratifications pour moi-même et autrui, que cela finirait par me modeler, faire de moi l'un de ces nombreux petits soldats tous semblables, je finis par ne plus vouloir m'engager nulle part. Car tenter de mener tous les combats ne mène nulle part, n'en mener qu'un demande de faire un choix selon certains critères. Et je ne vois aucun argument me permettant de penser qu'un combat vaut mieux qu'un autre, au point de m'y dévouer et abandonner tous les autres. Je me sens concernée par tous, et perdue dans cette jungle d'ONG, je me dis que je saurai faire mon chemin seule, selon l'expression reconnue d' "éco-citoyen". Je ne porte aucune bannière, je n'ai aucun sloggan à crier ; mais j'ai une éthique profondément ancrée qui ne souffre aucune justification ni explication. Je me sens assez responsable de gérer ma vie avec respect et harmonie du monde, je le vis au quotidien de la même manière que je dors, je mange ou respire. C'est naturel, et je mène mon existence avec une conscience sereine.

On me dira, il en faut bien pour se battre au premier front, et faire pression sur les gouvernements. Oui, sûrement. Mais le monde est un tel chantier qu'il pourrait vite se transformer en champ de bataille si tous montaient au créneaux pour clamer haut, fort et avec pression, un monde plus parfait. Le monde ne l'est pas, il ne l'a jamais été. Mais si on regarde du haut, il semble soudain que chacune de ces associations se concentrent sur des points de détail. L'humain ne sait pas envisager une harmonie de vie de manière holistique, c'est certain. Seulement, je vois l'énergie qui se perd, morcelée en tant de petits points de détails. C'est la fatalité, chacun voit ses priorités, et laisse les siennes au voisin. C'est peut être pour ça que finalement, la seule unité efficace se fait autour de ceux qui sont d'accord pour tirer le plus profit des choses au mépris de cette harmonie et équité rêvée par tant d'autres.

Je sais une chose cependant, que dans cette miriade de détails, certains sont plus essentiels que d'autre. Que le combat pour la liberté de vivre avec tout ce que ça signifie, vaudra toujours plus à mes yeux que combattre pour des menhirs ou une minorité religieuse pas même menacée, tel que l'est le paganisme en France, en Europe et dans la plupart des pays. Je terminerai sur ça, puisque j'ai souvent eu à prendre parti sur ce sujet. Chacun ses priorités, mais peut être ai-je une vision trop holistique, humaniste et universaliste pour que ce détail retienne mon attention. La liberté est là, préservons la pour tous, et non pour une minuscule frange de population. Je me battrai pour la Liberté avec un grand L, au mépris des religions ou des cultures, tant qu'elles prônent le respect et la tolérance pour ses membres et les autres.

Et du coup, je passe dans l'hypermarché des combats sans rien acheter. Ah, le bon vieux temps de l'épicier! C'était plus restreint, mais on allait du coup à l'essentiel.
Par Hédéra - Publié dans : Rumeurs de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 27 avril 2008

Cela faisait au moins 5 ans que, chaque semaine, j'épluchais le journal TV dans l'espoir de voir apparaître le film inespéré : l'adaptation de Georges Franju de La Faute de l'Abbé Mouret d'Emile Zola. C'est par un concours de circonctances tenant d'un très fragile hasard que j'appris ce matin qu'il était en programmation pour le mois d'avril sur la chaine de satellite Ciné Cinéma Classic. Hasard oui, puisque j'avais le roman dans mon sac pour profiter du beau temps de l'époque de Beltane pour en lire quelque part entre prés et forêts, une énième et énième fois.

La Faute de l'Abbé Mouret, c'est mon roman préféré, mon roman culte. Et pourtant, comme tout collégien ou lycéen, j'avais été une victime de la lecture forcée des romans les plus noirs de Zola, au point de nous laisser tous penser que Zola est l'écrivain le plus haïssable qui ait jamais été en ce monde et en tous les autres. Mais c'est un leurre, on tente de nous le faire croire, mais c'est faux. Zola, ce n'est pas que La Bête Humaine, L'Assomoir ou Germinal. Non, Zola, c'est aussi Le Rêve, Au Bonheur des Dames (qu'on m'avait toutefois fait heureusement lire au collège), La Fortune des Rougon, et enfin La Faute de l'Abbé Mouret. Zola, sentimental? Zola, dramaturge romantique et passionné?... Zola, païen?!
Assurément !

Loin de moi Les Dames du Lac, loin de moi tous ces romans hissés en haut du pavé des milieux sorciers et paganisants. C'est la relecture du mythe du Paradis originel par Zola qui a tenu beaucoup de mes rêves d'adolescente, et jusqu'à aujourd'hui encore, et longtemps par après probablement. La Faute de l'Abbé Mouret ne parle pas de paganisme tel que c'est en général considéré, il parle de la Nature, de l'homme ou la femme sauvage, vivant en harmonie avec la nature, selon ses préceptes. C'est un roman qu'adoreraient tous ceux qui aiment penser que le christianisme est l'ennemi asbolu de la Nature, des femmes, de l'humanité et du paganisme. A eux, je leur recommande plus que chaudement sa lecture. Il y a de magnifiques scènes dramatiques de duel entre arguments pour la Vie, pour la vie sauvage, pour l'acceptation de la force de la Nature, et l'enfermement, la pénitence, la souffrance et le funeste du christianisme. Zola n'aimait pas le christianisme, c'est indéniable. La Faute de l'Abbé Mouret est un cri de vie triomphante face à un ascétisme chrétien jugé castrateur, stérile et mortifère. Je n'ai jamais tellement fait attention à cette partie de l'histoire, il n'y a pas que les chrétiens qui puissent aller dans ce sens. Mais en revanche, j'ai tout de suite été fascinée par la figure d'Albine, cette grande fille sauvage, innocente et qui appartient entièrement à la Nature. Son jardin a vécu dans mes paysages intérieurs, son amour exigent et absolu m'a fait envie, m'a inspirée. Zola aime les mythes ; il a refait un Phèdre moderne avec La Curée, un conte de fée avec Le Rêve, et la Genèse avec La Faute de l'Abbé Mouret. Moi aussi je les aime, et comme nous tous à un moment de notre vie, j'ai voulu faire de ma vie un roman, un mythe, une épopée vivante et bien réelle, quelque chose qui vaut la peine d'être vécue dans son entier. Je suis fascinée de constater que bientôt 10 ans après avoir découvert ce roman/film, je ne me lasse jamais de mon mythe préféré, oubliant parfois de lire la dernière partie. Car enfin, Zola reste Zola ... avec ce que cela signifie pour le style de fins qu'il trouve à ses romans.

La Faute de l'Abbé Mouret est définitivement un roman s'adressant aux paganisants modernes, et tout ce qui gravite autour. On y retrouve tous les thèmes qui font cette spiritualité liée à la Vie, la Nature, l'Immanence. Et la Liberté. Il mériterait de faire partie de ces romans-phares, ces égéries que l'on cite en exemple dans les lectures fondamentales qui forment un univers mythique où ne manquent que l'existence d'une spiritualité naturelle affichée. Mais enfin, ce roman n'en a pas besoin. Vivre, plutôt que théoriser, que faire des rites comme l'Abbé Mouret, vaut mille fois mieux. C'est plus plus grand de tous les rituels à mon sens. Cette spiritualité n'est-elle pas d'abord un art de vivre?

Alors si vous n'avez jamais lu ni vu ce film (qui passe une fois tous les tremblements de terre), vous avez jusqu'au samedi 3 mai pour attraper une des diffusions que Ciné Cinéma Classic fait de ce que je juge être un chef d'oeuvre d'inspiration de la Muse. Je ne me souviens plus vraiment si le film est cinématographiquement exceptionnel (je le verrai bien quand je prendrai moi-même une des diffusions), mais l'histoire, le roman, valent vraiment le détour pour sa poésie, sa délicatesse, ses élans de vie et de mort, sa beauté dans le merveilleux et le tragique.

Par Hédéra - Publié dans : Rumeurs de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
podcast sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus