Mercredi 18 février 2009



Traverser la terre Gaste (ou en anglais "Wasteland"), dans le cycle du Graal, correspond à un cheminement initiatique à travers des terres désolées et stériles de notre intérieur et des ténèbres qui nous entourent. J'ai eu l'occasion de repenser à une méditation que j'avais découverte lors d'un workshop d'une grande prêtresse de FOI, Alison Gould, lorsqu'une des élèves (et amie) de la tradition de la Sphinge me fit part de ses difficultés, et surtout de l'impression que la Déesse l'avait abandonnée. J'étais tellement navrée de n'avoir pu trouver ces derniers mois le temps d'être plus présente, et en même temps, je sais que lorsque des difficultés importantes se présentent en même temps qu'une isolation profonde, c'est justement que la Déesse n'est pas forcément bien loin, et attend de nous que nous prenions la difficile route de la terre Gaste. Lorsque j'avais participé à ce workshop, cette méditation m'avait surtout appris une chose : que je venais justement de terminer cette épreuve, et que plus rien dans ce cimetière ne semblait effrayant pour moi. J'y étais chez moi.

Février est un bon moment pour cheminer à travers le cimetière du Wasteland et y trouver une lumière sacrée nouvelle. C'est un bon mois pour entrer dans les brumes inquiétantes et dans les ténèbres mystérieuses qui recèlent les monstres de nos pires cauchemars. C'était également l'avis des Romains, qui avaient fait de février l'un de leurs deux mois consacrés aux défunts, allié à une symbolique de purification. Lorsque je découvris cette tradition, je ne fus que confortée avec ce que je ressentais depuis longtemps : février, comme temps de purification à travers un cheminement dans des brouillards emprunts d'un mystère à la fois terrifiant et fascinant. C'est, avant le printemps, l'heure la plus sombre avant le jour. Ce temps m'évoque un parfum évanoui de rose séchée et de sang ancien ... Parfum de la terre Gaste.

 

Voici ici retranscrite, de manière narrative, cette méditation. Que vous soyiez vous-même actuellement confronté à une traversée du désert, ou que vous souhaitiez expérimenter une méditation initiatique purificatrice, cette méditation convient à priori à tout le monde.

 

 

Vous vous retrouvez devant la grille en fer forgé d'un cimetière. Derrière la grille, tout est inquiétant et effrayant, une brume malsaine y règne, des bruits étranges et sinistres proviennent du cimetière. Les battants d ela grille s'ouvrent, et après avoir pris la mesure de ce que cela signifie, vous y entrez. Vous avez pénétré sur la terre Gaste, dans ce que les Celtes appellent le "Wasteland", une sorte de lieu de mort désert, stérile et hanté, profondément lugubre, parsemé ça et là de vieilles tombes. Soudain, au loin, au bout du chemin, vous appercevez une lueur provenant d'un temple. C'est la seule lumière qui existe en ce lieu de désolation. Vous savez que pour l'atteindre, vous devrez traverser le Wasteland, affronter vos peurs, vos angoisses, vos propres ombres, vos doutes ... et que vous ferez tout cela seul(e), sans personne à vos côtés. Ce chemin à travers les ténèbres mortelles du Wasteland représentent le dépouillement de l'être sur le chemin de l'initiation. Prenez donc le temps de parcourir ce chemin difficile de la terre Gaste vers la lumière, ne recule pas devant les peurs et visions de cauchemars qui se présenteraient dans ce cimetière, car ce n'est qu'à ce prix qu'on atteint le temple d'où émane la lumière.

Lorsque vous l'aurez enfin atteint, vous prendrez du temps pour contempler son apparence, puis vous pousserez légèrement les lourdes portes qui s'ouvriront sans résistance devant vous. C'est un tout petit temple avec juste un autel au milieu, et c'est de lui qu'émane la lumière qui part du sol au plafond. Il y a à côté de lui une gardienne, voyez à quoi elle ressemble et comment elle vous accueillera. Sur l'autel se trouve un objet qui est voilé. Vous irez soulever le voile pour voir de quoi il s'agit, avec l'assentiment de la gardienne ; c'est un objet bien particulier, symbole de ce lieu, de la sacralité même. Prenez le temps de voir, de savoir ce que cela représente pour vous. Au besoin, posez des questions à la gardienne. Demandez lui si vous pouvez l'emporter avec vous, ou un bout de celui-ci avec vous. Elle ne devrait pas vous le refuser, car emporter avec vous ce signe marque la preuve de cette initiation accomplie, c'est une récompense et une force pour l'avenir.

Lorsque vous pensez en avoir fini, ressortez du temple. Le cimetière sera de nouveau face à vous, mais il semblera alors apaisé, bien moins effrayant et dangereux. Au loin, vous pourrez même entendre le chant des oiseaux et voir le soleil percer peu à peu les nuages. Repartez alors par le même chemin et refermez les grilles du cimetière derrière vous.

Par Hédéra - Publié dans : Rituels dianiques
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Jeudi 23 octobre 2008

Rituel de Samhain

Extrait de A Wisewoman's Guide to spells, rituals and Goddess Lore, d'Elisabeth Brooke

Traduit par Hédéra

 

Si cela se révèle possible, faites ce rituel à l'extérieur, dans un endroit où vous ne risquerez pas d'être dérangée, de préférence à la croisée de trois chemins. Faites le aussi tard que possible -autour de minuit est un bon moment - mais les heures les plus sombres avant l'aube constituent le meilleur moment. Construisez un autel et décorez le de pommes, de branches de noisetier avec leurs noisettes dessus, de branches de saule, de trois oeufs peints en rouge et noir dans un panier en osier et du poisson. Disposez des bougies noires et rouges sur l'autel, ainsi qu'une bougie argentée pour la Déesse. Brûlez de l'encens de sauge, et d'autres encens qui correspondent à Hécate et à la saison. Soyez nue(s) ou habillée(s) en rouge et noir. Apportez du vin rouge ou une boisson épaisse composée d'herbes (telles que l'hibiscus ou de rose), bien épicée, avec de la canelle, du trèfle, toutes sortes d'épices ... Ayez un chaudron en fer ou en étain ou toute autre matière résistante au feu (pas de synthétique). Brûlez de l'armoise et de la mandragore. Construisez le cercle de la manière habituelle et invoquez ensuite Hécate, en cognant contre la terre ou le sol. Chuchottez d'abord, puis laissez votre voix enfler toujours plus fort ...


Hécate, Hécate, Hécate, Hécate !
Déesse des marais et des landes.
Déesse du carrefour sacré.
Vieille Déesse de la sagesse,
Porteuse de mort, charognarde des âmes,
Reine de la Nuit, maîtresse des ombres,
Dame du monde souterrain,
Nous t'appelons ...


A présent, en hurlant, en battant le sol de vos pieds, en frappant les tambours et en gémissant, ramenez du monde des morts la Déesse.

Doux mystère,
Sombre connaissance,
Sagesse cachée,
Porteuse de chaos et de folie,
Nous cherchons à entrer dans ton monde,
A te connaître,
Nous apportons des libations, nous apportons des offrandes,
Montre nous ton sombre visage,
Ton sage mystère sanglant,
Conduis nous dans les ténèbres,
Au sein de la nuit la plus noire.


Elle ramène avec elle ses souvenirs de bûchers passés*(voir note de traduction en fin de rituel), de tortures et de trahisons. Elle amène la douleur, le chagrin, et les pleurs funèbres. Elle amène la rage, la furie, et la frénésie ... Elle amène la paix, l'acceptation et le pardon.

Demeurez avec ces choses qu'elle apporte ; pleurez et hurlez, soyez éplorée et gémissez, criez et tordez vous, toute chose qu'elle vous enjoint de faire. Hécate est l'agonie et l'extase, la Déesse des lieux sauvages.

Chaque femme marche vers le chaudron et s'assoit avec lui pendant un moment; il a des morceaux de charbons allumés dedans. Saupoudrez une pincée d'encens sur les braises et laissez la fumée vous entourer, laissez ses volutes sacrés vous emplir. Permettez aux visions et aux souvenir de venir ... Faites passer autour du cercle la pomme, coupez la de part en part, révélant le mystère, et faites aussi passer la boisson rouge. Prenez du temps pour parler aux autres, ceux qui ont franchi le voile entre les mondes, en vous souvenant d'eux et en les bénissant. Alors, offrez votre sacrifice personnel au groupe, quelque chose que vous ne souhaitez plus porter avec vous dans l'année à venir, une habitude, une relation, une forme de pensée (c'est à dire, une idée que vous avez fixé dans votre esprit et qui devient plus forte à mesure que vous la nourrissez d'énergie). Ecrivez cela sur un bout de papier, jetez le dans le chaudron pour qu'il brpule, en disant :

Avec le feu, je purifie,
Avec le feu, je brûle.
Tandis que le cycle de l'année meurt
Puissè-je te laisser derrière moi.
Tandis que se lève l'aube d'une nouvelle année,
Nous serons séparés.
Soyez bénis!

Remerciez la Déesse, et rouvrez le cercle. Portez votre offrandes d'oeufs et de poisson à la croisée de trois chemins et laissez les là. Repartez sans vous retourner.

 


* Note de traduction : Ou autre chose. On sait tous qu'il n'y a pas que les bûchers dans la vie ... ou la mort ... 



Par Hédéra - Publié dans : Rituels dianiques
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Samedi 18 octobre 2008


Je regardais un épisode de la 2e saison de Desperate Housewives (oui je sais, je ne suis pas en avance), dans lequel l'une des protagonistes, en l'occurence Bree Van de Camp, assiste à une réunion des Alcooliques Anonymes et récite avec le groupe une certaine prière, la Prière de la Sérénité. Et en effet, j'ai été frappée de l'effet de cette prière sur moi, malgré sa provenance bien incongrue! Il y avait quelque chose de si fort, de si vrai, de si universel, et de si familier, que j'ai ressenti le besoin d'en trouver la formulation exacte et sa provenance. Wikipedia sut me renseigner à ce propos, et j'ai souri en lisant sur cette page que manifestement, un écrivain nommé Kurt Vonnegut la considérait comme une des plus fortes qui ait jamais été émise dans l'histoire de l'humanité. Cette évidence s'imposait pour moi aussi.

Je discutais, en ces temps-ci d'agitation de nos vies, avec diverses personnes, toutes traversant une ou des tempêtes, chacun la sienne. Je disais que s'il y avait une chose que j'avais fini par apprendre, c'était de chercher à rester attentif pour savoir, ou sentir, quel est le moment où il convient de se battre jusqu'au bout pour faire plier les évènements et changer les choses, et le moment où il convient d'accepter, de lâcher prise, de renoncer car il n'y a rien d'autre, ou de plus sage, à faire. Et cette leçon me paraissait à la fois très dure et très sage, impliquant beaucoup de courage quelles que soient les situations. C'est à cela que cette prière m'a rappelée, résumant avec grâce tout ceci.

La version originale s'adresse à Dieu, il est évident que le coeur se tourne vers le lieu de nos croyances, et ainsi, pour moi, voici cette prière de la sérénité telle qu'elle apparaît :


" Déesse, donne moi la sérénité d'accepter
Les choses que je ne peux changer,
Le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse d'en connaître la différence."


J'ai quelque peu le coeur lourd en ce moment, comme souvent ces derniers temps. Mais ces paroles allument quelque part une petite lumière, même quand vient l'heure la plus sombre de la nuit. Peut être les premières lueurs de l'aube, qui suivent toujours peu après.
Par Hédéra - Publié dans : Rituels dianiques
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Jeudi 25 septembre 2008


Le rituel bat son plein. Les bras levés, la Déesse invoquée, les forces mises en branle, brassées tout autour du cercle, les énergies mises en circulation.

Et alors, c'est l'Appel. L'Appel à la Rivière de la Magie, l'eau a été versée et tous se penchent au dessus de la grande coupe de cristal pour y contempler les reflets et y projeter des visions de la Lune. Sous nos yeux, la coupe devient perle lunaire, l'Oeil de la Lune. Ses vibrations, ses radiations, irradient, emprisonnent qui y plonge le regard, qui s'abandonne au flux de la Rivière, de la pluie, de la Lune. Le Flux.

Les paroles sacrées sont prononcées. Les prêtresses, les bras levés, intensifient l'écoulement de la Magie. La Lune brille par delà le ciel au dessus du cercle, sa lumière d'argent baignant les sorcières et sorciers, s'insinuant en eux, les emplissant entièrement. Il y a tout le poids des forces cachées qui s'abat, comme une averse soudaine et constante. Les images émergent, les visions s'imposent, si écrasantes que les genoux ploient et que les jambes chancellent. Les larmes jaillissent dans une extase de souffrance et d'émerveillement. C'est la Révélation.

Demain, tout sera redevenu calme et serein. Demain, malgré tout, les genoux ploiront et les jambes chancelleront, devant le chemin immense et effrayant de la Réalisation.

Par Hédéra - Publié dans : Rituels dianiques
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Mardi 19 août 2008

Mabon - Equinoxe d'automne
Autour du 21 septembre

Explorer les mystères éleusiniens du rire
Par Hédéra, inspiré de l'Hymne homérique à Déméter





Le cercle est tracé.

 

Invocation aux éléments :

Est :

Je t'invoque, gardienne de la tour de l'Est, Lakshmi, déesse de l'abondance de la nature hindoue.

Sud :

Je t'invoque gardienne de la tour du Sud, Lucina, déesse du soleil à la course croissante et descendante

Ouest :

Je t'invoque, gardienne de la tour de l'Ouest, Cérès, déesse des blés, initiatrice des mystères de la vie et de la mort

Nord :

Je t'invoque gardienne de la tour du Nord, Perséphone, déesse de la terre noire qui retourne de la lumière vers l'obscurité

 

Invocation à la Déesse :

Nous t'invoquons, Déméter Eleusinienne, qui en ce jour laisse repartir ta fille Perséphone pour le domaine de l'obscurité. La générosité de ton abondance coule à flot de par le monde et l'humanité danse et chante de la paix et de la sécurité que tu leur procures. Pourtant c'est pour toi comme pour nous jour de peine, car la Fille reprend son voile noir et est reconduite dans le royaume des Morts. Sois présente Blonde Déesse, afin que, une fois de plus depuis des millénaires, nous honorions le temps des Mystères Sacrés que murmurent la terre. Qu'il en soit ainsi !

 

Séquence de respiration profonde, méditation sur la descente de Perséphone aux Enfers, de la séparation d'avec sa Mère, de la nuit qui prend le pas sur le jour, de la terreur, de la peine, du déchirement devant l'inconnu de la mort et de l'obscurité. Lorsque la méditation aura laissé passé assez de temps à la musique, chantonner en même temps la musique tout en continuant à respirer profondément.

Suite à cela, l'une prend le rôle de la prêtresse/ Baubô, et l'autre de Déméter. La prêtresse se revêt alors d'un voile sombre sur la tête, Déméter est également voilée comme lors d'un deuil. Mais sous les voiles de chacune, les habits sont de couleur de l'automne et de l'abondance de la saison. La prêtresse se met à l'est alors que Déméter est à l'ouest, assise, méditative sur la séparation.

8 bougies avaient été allumées, symbolisant les 8 stations de l'année. Déméter et Baubô font un demi-tour de cercle, mais Déméter continue de l'est vers l'ouest, en éteignant à chaque fois les bougies de Imbolc à Mabon, en mettant un temps d'attente avant d'éteindre celle de Mabon, comme une hésitation douloureuse. En se relevant, elle croise le regard de la prêtresse/Baubô.

Déméter :

J'ai longuement marché de par le monde, je suis si fatiguée, où sommes nous?

Prêtresse :

Bienvenue à Eleusis, Honorable Mère . ( elle fait tomber son voile sombre) Tu arrives à temps, les jours sont déjà égaux aux nuits, le vent frais du soir annonce des heures rudes à venir. Mais entre avec les femmes; nous sommes bien ici, nous ne manquons de rien. Le soir tombe mais nous festoyons de l'abondance de la terre, viens partager avec nous les moissons de la vie.

Déméter :

Merci à toi, hôtesse généreuse; mais je n'ai pas faim. Ni mes doigts, ni mes lèvres ne savent toucher un fruit de la terre; mes jambes m'ont portées jusqu'ici mais mes yeux sont clots à la beauté, mes oreilles sont fermées à vos chants réjouis. Dans les fumets de vos plats cuisinés en ce jour, ne sens sans rien d'autre que la douleur de la mort.

Prêtresse :

Viens avec moi, ma Mère, accepte au moins la protection de ma demeure. Tu pourras t'y reposer en sécurité, et toutes les richesses que nous possédons seront aussi tiennes, pour le temps que tu désireras rester.

La prêtresse se dirige vers le centre du cercle, face à l'autel, et Déméter la suit. Elle lui présente la pace d'honneur, que Déméter refuse de la tete, alors elle lui présente un siège recouvert d'un tissu blanc.

Prêtresse :

Reçois ce siège ma Mère. Mais dis moi, quel est le nom de celle qui est mon hôte en ce soir si heureux et chers à nous et pourtant si funeste à ton coeur?

Déméter :

Mon nom est Déo, je l'ai reçu de ma mère vénérable.

Déméter garde les yeux baissés et elle tient son voile bleu sombre de ses mains. Baubô prend alors la coupe de vin (recouvert d'un linge) sur l'autel et le présente à Déméter. Elle lui dévoile alors la coupe.

Baubô :

Partage nos festivités, chère Déo, et bois avec nous le breuvage divin que nous avons vendangé pour la joie et l'extase.

Déméter refuse de la tete, et Baubô repose la coupe. Baubô prend alors le plat de fruits et gateaux de saison, couverts d'un linge. Elle le lui tend, et le découvre. 

Baubô :

Accepte de savourer avec nous les mets de la saison d'abondance, qu'aucune des richesses de cette terre et de cette maison ne te sois refusée.

Déméter refuse de nouveau, et se recouvre plus encore de son voile alors que Baubô va reposer le plat.

Baubô, toute de sourire, s'approche de Déméter et lui dit en sa direction :

 

Je connais une histoire, ma Mère, que je vais vous compter. C'est celle du visage qui rit et qui grimace tantôt il s'égaie de mille sourires, et soudain voilà qu'il est grimaçant, avant de sourire et de s'esclaffer de nouveau. Tout cela en quelques instants.

Déméter regarde Baubô, intriguée.

Baubô :

Ce visage, ma Mère, je vous l'assure est extraordinaire. Voyez donc ...

Baubô se découvre et commence à interpréter une danse du ventre.

Baubô :

Caché sous des plis sombres, c'est la vie qui sans cesse sourit et danse.

Déméter est surprise, puis elle sourit et rit. Elle se lève alors et repousse le voile sombre.

Déméter :

Bénie soit cette ville d'Eleusis qui sut si bien accueillir une vieille femme rongée du chagrin d'avoir perdu sa fille, et qui sut, le temps d'un festin, rendre le sourire à une mère affligée. La terre, inexorablement, s'enfoncera dans les ténèbres à mesure que le temps passera, et le soleil et la vie ne reviendront que lorsque ma bien aimée Kore sera revenue à les côtés. Mais écoutez, heureuses femmes d'Eleusis, vous qui avez partagé foyer, boisson et nourriture avec Déméter; recevez en présent mes mystères que vous transmettrez à travers les siècles. Que la sage Baubô soit honorée de par les siècles, car elle a su égayer Déméter dans son chagrin. N'oubliez jamais sa sagesse, sachez transmettre aux générations à venir les mystères de l'éclair du rire qui déchire les ténèbres, la toute puissance de la vie qui se retire pour sommeiller avant de renaitre, mais qui continue de danser en chacune de vous. Honorez le rire dans la joie, honorez le rire dans la peine; car il sait chasser les ténèbres de nos coeurs et faire naitre la chaleur en nous au coeur de la nuit. Plus que tout, le rire est sagesse et résistance. Voilà le mystère, et ce qui rit ne sait être dompté et détruit.

Baubô:

Fêtons, fêtons les dons de la terre. L'heure est au rire et non à la peine. Réunissons nous et célébrons ce temps de richesse et de joie. Sois bénie la terre pour son abondance généreuse, pour nous offrir avec grâce et largesse la subsistance à nos jours, et la nourriture à notre âme. Partageons nos récoltes et nourrissons nous de la sagesse de cette célébration.

Partage de ce qu'on a récolté jusqu'ici cette année.

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Par Hédéra - Publié dans : Rituels dianiques
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