Wicca et compagnie

Lundi 19 novembre 2007 1 19 11 2007 10:08

La Wicca s'accorde à dire que c'est une déesse italienne, fille de Diane, donc à priori la Diane de l'Antiquité romaine. Elle y fait référence comme une sorcière demi-déesse ayant vécu durant la Renaissance italienne.

Après avoir le numéro de décembre 2005 du magasine "L'Histoire", il semblerait qu'il en doit tout autre que ce qui jusqu'ici a été dit au sujet d'Aradia et de Diane. En effet, un article sur le chamanisme au Moyen-Âge cite un texte ecclesiatique du haut moyen-âge (datant du Moyen-Âge classique, extrait du Décret de Gratien (1140) et nommé "Ut eclesiasti"; extrait faisant référénce toutefois à des écrits contemporains de Boniface (fin 7eme siècle début 8eme siècle, doncdu haut moyen-âge); et qui cite une certaine Herodiana comme déesse invoquée par les sorcières. La traduction s'est faite en disant : Diane, déesse des sorcières en mettant le nom originel, Hérodiana, entre parenthèse.

Deuxième niveau de compréhension; d'une Hérodiana déesse des sorcières d'origine scandinave ( dont le nom est formé des deux racines noroises qui ont donné d'une part hero- et -diana ; sous la forme de Dainn et Herodainn.); les clercs qui ont parlé de ces rites païens ont semble-t-il fait l'assimilation à Herodiade, la petite fille d'Hérode, puisque c'était dans leur propre culture et que c'est depuis cette culture qu'ils appréhendaient les païens. Donc d'Hérodiane, ce nom s'est écrit dans les texte latins Herodiada; d'où le Hérodias de Leland, qu'il présente comme nom originel d'Aradia.

Troisième niveau de compréhension; l'assimilation à la Diane des Romains fait aussi partie de la culture de ces clercs, et à cause de la prononciation assez proche, ils ont gardé la tradution de Diana de Herodiana. Bref, c'est selon leurs propres connaissances du paganisme qu'ils ont compris cette déesse venant du Nord.

Donc les conséquences si on va plus loin sont tout de même importantes, on passe d'une déesse italienne à une déesse nordique, qui a très bien pu se retrouver en Italie par les invasions barbares : ostrogoths et lombards pour ne citer qu'eux,
 et se confondre dans les mentalités à Diane. Cela expliquerait aussi le rapport entre Diane et Aradia;rapport étrange à priori puisque Diane est sencée être une déesses vierge et n'avoir aucune descendance dans l'ordre des choses.

Ca fait aussi remonter Aradia à beaucoup plus loin que la renaissance italienne et ça pose la question de la transmission de coutumes liées à Aradia de l'Antiquité,au haut moyen âge puis à la renaissance; il est certain d'après les textes du haut moyen âge et celui de Leland que les pratiques en rapport avec Diane/Aradia n'ont pour ainsi dire rien à voir.

Enfin,ça pose la question du rôle de Diane en relation avec Aradia dans la Wicca.Il est certain que la déesse première, Herodiana, n'était certainement pas la chasseuresse lunaire qu'est Diane, ici dans ses fonctions romanisantes.Quant à Aradia,elle ne peut être fille d'une divinité qui n'a aucun lien évident avec elle; et qui ne fait que de jouer une superposition et une suite de malentendus dont elle a fait objet.
Finalement,je me rends compte que même si la Wicca traditionnelle donne une grande importance à Aradia, cette déesse n'est pas si prépondérante et la wicca dianique n'en parle pas particulièrement, car je pense qu'elle est souvent ressentie avec un certain scepticisme, principalement du fait de ses origines très floues et qui semblent un peu "sortir de nulle part".

 

Cette analyse historique et étymologique permet ainsi de faire un peu plus de lumière sur cette figure si célèbre et à la fois si inconnue d'Aradia.


 

 

 

 

 

Par Hédéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 16 décembre 2007 7 16 12 2007 16:34

Je suis prêtresse, prêtresse de la Déesse et de chaque chose je suis la prêtresse.

 

 

 

Je vois la montagne,la forêt,l’océan et le désert ;je vois la plaine, le rocher,le pré et l’animal ; je vois la femme et l’homme , je vois l’enfant et l’adulte et la vielle personne ;et je sais que nous ne sommes rien,nous sommes tout. Tous nés de la Déesse, tous nés de la Terre. Ferme ta main et tu serres du vide,ouvre la et tu possède le monde. Je suis prêtresse parce que je ne suis rien sans la compréhension et la sagesse, je suis prêtresse parce que je suis tout dans cet univers si bien créé ou chaque chose a sa place dans l’immense tout. Poussière parmi les poussières ;je suis la cellule sans laquelle la Déesse ne peut être,venant d’elle,ne pouvant vivre hors d’elle,elle ne pouvant vivre sans moi . Je suis tout, l’existence a besoin de moi. L’existence a besoin de chaque chose et être qu’elle a engendré.

 

 

 

Au dehors le vent souffle ;la pluie tombe,le soleil brûle parfois ; nous tous à l’abri de nos maisons perdons trop facilement le fil de l’existence,notre place dans l’univers. Je suis prêtresse parce que je veux remplir ma place dans le tout. Et j’invoque la Déesse parce que je suis Elle comme Elle est moi ; comme Elle vit dans chacune de ses créations.Le plus grand des secrets est qu’il n’y en a aucun. Le secret vit dans les branches des arbres,dans les yeux des enfants,dans le ventre de la mère. Quelle folie que de courir une vie durant à rechercher ce que l’enfant appréhende d’un simple regard.Sois fils ou fille de la Déesse,sois enfant et tu es son prêtre et sa prêtresse. Célèbre la vie, aie de la révérence pour ce qui touche à la fin ;aime ce qui est et comprends la nature qui t’a engendrée plutôt que de te perdre dans les méandres de la folie.Aime l’amour comme la Déesse aime.

 

 

 

Je suis prêtresse pour rapporter le sens perdu de l’existence, la mémoire perdue des hommes. Je suis prêtresse pour faire chanter la nature à l’unisson avec tout ce qui est,et danser les mots silencieux du vent. Mon cœur est une flamme brûlante et mon esprit acéré comme une lame perce le ciel telle une étoile filante. Je ne crois pas ; je sais. Je sais que tout est cycle comme une femme dansante sur l’anneau encerclant la Terre Mère, sur le ventre de la vie.

Hédéra

Par Hédéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 17 décembre 2007 1 17 12 2007 13:19

Voilà une jolie tradition alsacienne, et plus généralement germanique : la couronne de l'Avent. Sur une couronne de sapin décorée à son gré aux thèmes de décembre, Noël, Yule, on y place quatre bougies symbolisant les 4 dimanches précédant Noël. Ainsi, plus le soleil diminue et plus la terre plonge dans l'obscurité, plus on allume de nouvelles bougies pour soutenir la lumière.

Je n'étais pas alsacienne d'origine et c'est ici que j'ai découvert cette belle tradition. Chaque année, je prend plaisir à confectionner ma couronne (celle qui est en photo est celle de l'an passé, avec toutes les bougies allumées), et autant chez moi que dans ma famille, chaque nouvelle bougie est allumée lorsque tous sont réunis. Tous autour de ces lumières, comme serrés dans cette chaleur intérieure qui nous protège du froid et de l'obscurité au dehors. Tout le mois de décembre est une fête ici, avec toutes les lumières au dehors et les beaux marchés de Noël aux mille couleurs. Mais cette couronne de l'avent, c'est comme un silence qui se passe de mot lorsqu'un bon feu bien chaud est allumé au coeur de la forêt sombre pour que tous les nôtres viennent s'y réchauffer.

Par Hédéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 29 décembre 2007 6 29 12 2007 00:57

Selon toute vraisemblance, il paraîtrait que le terme de wicca soit incorrect et qu'il faudrait écrire wica. Parce que la wica, c'est Gardner, et que Gardner, c'est le papa de la Wica telle qu'il l'a créée (ou recréée, pour ceux qui veulent voir le côté mythique et légendaire). Bref, c'est la wicca gardnérienne et c'est tout.

Soixante ans après lui, la wicca ne désigne plus une tradition. C'est devenu un terme générique pour une certaine forme de croyance et de pratiques magiques. La Wicca seule ne veut plus dire grand chose, et c'est à grand renfort d'adjectifs qu'on peut désormais situer le type de pratiques et de pratiquants de telle ou telle branche.

Les temps changent, les moeurs et avec elles, les mots, évoluent. La vérité, c'est que bien que certains défendent encore le terme de wica, de souche de base, il ne recouvre plus qu'une mince frange de l'ensemble. Ce terme, ou plutôt son orthographe, est à ce point marginal que beaucoup croiront à une faute d'orthographe. Ainsi, les puristes défenseurs de cette graphie iront du désappointement face à l'évolution des choses, à la certitude clamée avec dédain que nous vivons en pleine décadence. Les regards condescendants couleront vers les hérétiques, les ignares ou les gens sans sérieux (au choix) qui continuent de parler gentiment de wicca. Quelle que soit la réaction, la seule vérité est que la langue est en perpétuelle évolution, et que les mots ne cessent de développer de nouveaux sens, étendre ceux qu'ils ont déjà ou en perdre d'autres. C'est pour cela que chaque année, les dictionnaires sont révisés pour qu'ils restent proches de la langue actuelle, parlée et comprise (puisque le langage existe dans le but de transmettre une information, par le biais d'idiômes [communs à autrui], et donc, de se faire comprendre).

Ce combat pour la "wica" est donc pour ainsi dire anachronique, et ne porte pas tant à conséquence que pour ceux qui défendent leur pain (gardnérien). Du reste, quelle importance capitale un minuscule "c" (ah quel jeu de mots brillant!) peut-il donc avoir? Aucune. Quand on parle (oui, comme dans les temps antiques immémoraux où personne n'écrivait de Livre des Ombres car personne n'écrivait tout court ...), tout le monde se comprend sans justifier une graphie plutôt qu'une autre.

Alors je continuerai tranquilement à écrire "wicca", parce que, honnêtement, de tout cela, je m'en fiche.

Par Hédéra
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 3 janvier 2008 4 03 01 2008 22:52

Dans la tradition dianique, dans bien d'autres voies de la Wicca et même simplement dans les divers développements actuels de bien-être, on nous enseigne qu'il faut penser positivement. Pour Noël, parmi les cadeaux sous le sapin, j'ai eu la surprise de découvrir un petit livret destiné à nous apprendre à nous donner le droit de nous aimer et surtout, de déstresser et ne rien faire (ce qui avait amusé ma mère puisque je n'ai jamais été moins paresseuse qu'en ce moment, en vue de mes concours), le tout sur hymne de Lorie de la "positive attitude". Ca commençait mal.

Mais cela m'a rappelé plusieurs brides de choses ça et là, comme par exemple l'épisode de Sex and the City où la coach traite l'une des protagoniste comme une débile profonde parce que malgré ses affirmations positives quotidiennes (je m'aime, la vie m'aime, je mérite l'amour), elle n'obtenait pas le résultat escompté. Forcément, c'est qu'elle ne devait pas y croire assez, c'était de sa faute à elle si elle n'était pas assez positive, si elle ne parvenait pas à complètement se lacher. On me dira que ce feuilleton n'est pas forcément l'exemple parfait? En fait je n'en suis pas si sûre, car cela me rappelle justement ces choses répétées dans les ouvrages de wicca, dianiques, faery ou autres, visant à nous libérer des interdictions et des tabous hérités de la société et de l'éducation. Cette branche vise à la guérison, à la libération et au droit d'être nous-même. Savoir se permettre d'être entière et heureuse. Ceci étant la condition à l'évolution sur la voie de la Déesse, car tant que nous ne ferions pas ce travail d'élimination des barrières qu'on s'impose, notre véritable pouvoir ne saurait naître réellement.

C'est vrai. La tradition dianique, comme d'autres traditions, vise à l'épanouissement, à la plénitude. Pourtant, à force de nous répéter que nous devons être heureux(ses), que nous devons lacher nos barrières, que nous devons nous permettre de (complétez avec ce que vous voulez), le risque pervers de cette bonne intention (et comme on le sait bien, l'enfer en est pavé) est de tomber dans l'excès inverse : ne pas se donner le droit de ne pas être toujours au top, voire le droit de se détester. On me regardera peut être de travers si je me mets à militer pour le droit à se détester, en réalité, ce n'est pas vraiment cela, mais de se donner le droit de prendre le temps d'aller au fond de ces griefs, de ces sentiments envers nous-mêmes. Je me souviens, cet été, j'étais en Italie, dans un lieu magnifique, accompagnée de la personne la plus attentionnée, il faisait beau et je me détestais. Je ne me souviens plus pourquoi, faut-il toujours des raisons censées pour passer par ces cycles constants de petites mort et renaissance qui nous agitent parfois, comme s'il s'agissait d'un simple besoin de la psyché de faire un gros ménage et mettre à la poubelle ce qui est nécessaire?

Oh je sais en général ce qui me dérange : je me sens inutile, idiote, que je ne fais pas les choses aussi bien que je le voudrais, que je devrais faire mieux, être plus parfaite, j'ai l'impression que je ne suis rien et j'aimerais mieux disparaitre de la surface de la planète ... durant un temps, et je reviendrais ensuite. Qui ne ressent jamais ce genre de choses, de manière simplement ponctuelle. Ca s'en va et ça revient, comme dit la chanson. Sans que ce soit un état dominant ou permanent. Et c'est là que se fait la différence. Oui, il faut guérir de ces sentiments pesants qui nous rongeraient comme un poids qu'on traine constamment et depuis des années. Mais ces états d'âmes, quand ce n'est que cela, font partie de cette vie, de ces flux intérieurs. Je ne crois pas qu'ils méritent ni d'être réprimés, ni d'être rejetés. Pas plus qu'il ne faudrait culpabiliser car la vie est belle et qu'on est assez bête pour être là, à ce moment, à se détester. Ce jour là, en Italie, j'ai eu la vision d'une déesse qui se détestait, tout comme nous tous, hommes et femmes. Elle se détestait pour ses petites erreurs, pour ses petites ou grandes peines. Elle se sentait inutile et incapable de quoi que ce soit de vraiment constructif. Elle n'était pas aussi parfaite et infaillible que l'image qu'on veut se faire d'Elle. Et elle ne cherchait pas à tarir ces sentiments négatifs envers elle, au contraire. Elle les acceptait tout en éprouvant de la compassion pour elle-même . Quand nous disons que nous sommes la Déesse, c'est dans le meilleur comme dans le pire. Elle doit avoir bien des raisons de se sentir impuissante et détestable, quand on pense à l'état du monde. Mais cela ne dure pas. Tout passe, tout fluctue, sans fin.

J'aime penser à cette Déesse qui se déteste, alors je me sens moins dure avec moi-même, plus "parfaite" justement, plus proche d'Elle. Je le sais au fond de moi, je sait qu'Elle aussi est passée par là.

Par Hédéra
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus