Dimanche 17 août 2008



Dans les contrées Grecques, la Lune était souvent connue simplement comme La Déesse et beaucoup de gens adressaient des prières pour obtenir ce qu’ils désiraient face au reflet frais de Sa lumière. Comme les Grecs, de nombreuses cultures Occidentales ont associé ce luminaire à la Déesse, mais ceci est loin d’être universel. D’autres cultures ont adoré des Déesses solaires et des Dieux lunaires. Dans le cas de l’ancienne Egypte, la situation était encore plus complexe. Il y a un certain nombre de Dieux Egyptiens qui sont connectés à la Lune tandis que des Déesses comme des Dieux étaient associés au Soleil. Rè est la plus importante de ces divinités solaires. Parmi les Dieux Lunaires, I’ah, Thoth, Khonsu, et même Osiris, étaient prédominants. Isis Elle-même était plus souvent reconnue comme l’étoile Sirius ou parmi la compagnie brillante du Dieu Soleil, plutôt qu’associée à la Lune : « Ce qui existe vit lorsqu’elle brille ». (Chassinat, Dendara, II, 189, 13, cité dans Griffiths, The Isis Book, 164.). On trouve la Rè Féminine parmi ses épithètes, associant fermement Isis au Soleil plutôt qu’à la Lune.

            C’est seulement lorsqu’Elle commença à être vénérée par les Grecs que des attributs lunaires lui furent appliqués. Ironiquement, ce fut manifestement un prêtre Egyptien, écrivant en Grec pour des Grecs, qui lança la tendance. Manetho, le prêtre du troisième siècle avant J.C. et chroniqueur des rois d’Egypte, semble avoir été le premier à associer Isis avec la Lune. (Griffiths, Plutarch’s De Iside et Osiride, 314.). Diodore de Sicile consigne aussi que les Egyptiens considéraient Isis comme la Lune et Osiris comme le Soleil.

            La tradition d’une Isis lunaire était fermement établie du temps de Plutarque, qui écrivait au second siècle avant J.C.

… il y a ceux qui déclarent qu’Isis n’est autre que la lune [Séléné] ; pour cette raison, on dit que les statues d’Isis qui portent des cornes sont des imitations du croissant de lune et que dans ses ornements sombres sont montrées les choses cachées et obscurcies dans lesquelles elle poursuit avec ferveur le soleil [Helios] . (Plutarque, De Iside et Osiride, sec.52)

            Tandis que le temps passa, Isis gagna progressivement un culte en tant que Déesse de la Lune et le symbolisme lunaire commença à se montrer avec consistance dans son iconographie. Une peinture murale trouvée dans une chapelle Isiaque de Pompéi inclut une représentation de l’un des contenants sacrés portés dans les processions d’Isis. Il est décoré de deux bâtons croisés et un croissant de Lune. (George Boyce, Pompeian Lararia, cité dans Griffiths, The Isis Book, 223). Une mosaïque d’Antioche du troisième siècle après J.C. montre Isis (ou Sa prêtresse) portant une écharpe décorée de lunes et d’étoiles. Un monument funéraire d’une prêtresse d’Isis nommée Galatea, datant deuxième siècle après J.C. , la montre portant une étole avec deux croissants de lune et une étoile entre eux. ( Griffiths, The Book of Isis, 130)

Texte tiré de Isis Magic, de M. Isidora Forrest
Traduit par Hédéra.

Par Hédéra - Publié dans : Déesses et mythologies
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Mercredi 30 juillet 2008



Me voici de retour de mon voyage en Crête, qui me promettait détente et récompense, bien méritées après les épreuves récentes auquelles j'avais fait face. Et il remplit merveilleusement son rôle, avec ses promesses de ressourcement et de renouvellement au delà de toutes espérances, comme à tout voyage en ces lieux forts où les énergies sacrées vivent depuis des millénaires et où l'humanité laissa des traces, visibles et invisibles, de leurs espérances et leurs tragédies.

Île de la Grande Déesse des minoens, la Déesse aux Serpents, qui présida à une étonnante civilisation très avancée entre 2000 et 1300 avant J.C, une civilisation pacifique à tendances matriarcales. Bizarrement, en partant, c'est plutôt à Ariane que je pensais, déesse du fil et du labyrinthe, ancienne déesse-arbre souveraine associée plus tard à Dionysos par les Grecs. Et lorsque j'ai visité les palais, de Phaestos d'abord, palais du légendaire Radamanthe, puis celui de Knossos, palais du tout aussi légendaire Minos, c'est la Grande Déesse aux Serpents qui s'est naturellement imposée avec moi, sous son sceau du Labrys, cette hache bipenne, à double lame, symbole de souveraineté minoenne et symbole religieux de vie et de mort, aujourd'hui puissant symbole du pouvoir des femmes dans les traditions dianiques.

Des deux palais, c'est Phaestos, le moins connu que j'ai préféré. Le plus authentique aussi, car non "reconstruit" par les archéologues. Il y règne une paix profonde et un silence bienfaisant, dans le brouhaha du vent et des cigales. Lors de nos visites, on nous a brièvement expliqué que la déesse aux serpents symbolisait la fertilité et que la féminité y était tout particulièrement révérée, en ce lieu où profane et sacré cohabitaient au quotidien. On nous a montré les similitudes entre la peinture minoenne et la peinture égyptienne de la même époque. Mais bien sûr, puisque tout comme Chypre, l'île d'Aphrodite, la Crête était une île carrefour, réceptacle des influences des civilisations égyptiennes et mésopotamiennes. Ainsi, la Déesse aux Serpents porte sur sa tête un chat ; il n'y avait en ce temps là de chats qu'en Egypte et l'Europe ne les connaissait pas. Voilà qui est admirable lorsque je repense à mes lectures approfondies récentes sur les mythes et l'histoire du culte d'Isis, la Myrionyme, qui dit être notamment l'Aphrodite de Chypre dans le roman de l'Âne d'or d'Apulée. Et en effet, on peut y trouver bien des similitudes entre cette Déesse aux Serpents et l'Isis égyptienne, ainsi que d'autres Grandes Déesses orientales. Il m'a semblé me trouver soudain au centre d'un grand jeu de piste où partout des indices orientaient à la connaissance intime et profonde de la Grande Déesse. Il y a dans ce coin du monde un aura unique dispersée en plusieurs contrées, se recouvrant, s'enrichissant des spécificités de chaque terre et chaque peuple. La Déesse partout, mais elle semble régner là bas plus qu'ailleurs. Elle y a peut être laissé une emprunte dans le vieux sol plus profonde, plus lointaine, que tout les décapants patriarcaux ou monothéistes ne purent éffacer.

Je songeais encore à Ariane, cette très ancienne déesse-arbre si l'on croise les sources anciennes, aclimatée à la mode grecque par récupération et asceptisation en tant que fille de Minos, sauvée par Dionysos de son pitoyable abandon par Thésée sur Naxos. On nous racontait le mythe de Pasiphaé, épouse de Minos, à qui Poséidon aurait inspiré un amour fou pour un taureau blanc que Minos avait refusé de lui sacrifier. Dédale lui construisit un simulacre de vache en argile dans lequel la reine put se glisser pour s'accoupler au taureau, et de laquelle union naquit le Minotaure, frère "monstrueux" d'Ariane enfermé dans le labyrinthe où il y dévorait des grecs qui lui étaient envoyés une fois l'an. Il semble en réalité assez aisé de dépoussiérer un peu ce mythe grec, le mythe des vainqueurs pour vaincre la religion et les dieux des vaincus. En repassant par l'Egypte et en resongeant au puissant symbole d'amour et de fertilité qu'est la vache Hathor, on ne peut que s'orienter vers la symbolisation d'une union sacrée destinée à assurer la fertilité tout comme à honorer la Grande Déesse, en la personne de Pasiphaé. A la deuxième génération, Ariane, autre Grande Déesse, soeur du Minotaure dont le corps ressemble tant aux divinités égyptiennes ... Les Grecs ont fait plier les Minoens, ont fait oublier leur spiritualité en transormant une figure sacrée en monstre, en asservissant les femmes. Et ils ont donné Ariane à Dionysos, faisant passer son culte extatique à ce dieu tandis qu'aucun culte extatique de dieu n'existait alors, alors que c'était le cas de ces déesses-arbres. Et comme pour Marie sous les chrétiens, Ariane vécut encore à travers Sémélé et Dionysos sous le régime des Grecs. La Crête fut domestiquée, la "monstruosité" vaincue, les femmes ramenées à l'ordre. Le patriarcat est l'odre tandis que ces civilisations favorables aux femmes figurent tous les désordes, ceux des femmes au devant de la scène et des humains s'accouplant à des animaux pour donner naissance à des monstres sanguinaires. En tuant le Minotaure, Thésée le Grec tuait une civilisation pacifique et d'une haute religiosité, tournée vers la Déesse. Ainsi, avec les Mycéniens en Crête apparurent les premières armes pour faire la guerre.

Je n'aime pas donner dans les martyres, mais il est bien connu que les vainqueurs poursuivent leur travail de domination par la victoire de leurs dieux sur ceux des vaincus. C'est juste un fait. Il est facile de faire monter la mayonnaise avec tout ça, je ne le souhaite pas. Au lieu de cela, je porte un regard minoen sur cette histoire, un regard serein et paisible. Un peu nostalgique. Mais tout ça est si loin, et la Déesse continua sans cesse de se réincarner ailleurs, sous d'autres formes qui sont souvent si semblables. Elle attend qu'on la retrouve sous les cendres et la poussière du temps, qu'on rassemble les pièces du puzzle, qu'on réussisse à trouver le chemin de ce grand jeu de piste.

Je me suis achetée une miniature de la Déesse aux Serpents. Et une icône de Ste Sophia aussi, l'Isis gnostique. Déesse aux mille noms, d'avant, de maintenant et d'après, parfois caméléon, toujours à nos côtés. Je continue à suivre les indices, je suis le fil dans le labyrinthe.

 

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Dimanche 24 février 2008

Il est une déesse favorable à tous les étudiants, qu'ils en fassent leur activité principale ou tout au long de leur vie, c'est Sarasvatî, déesse de la connaissance et de la parole, mère du Véda, créatrice des cinquante lettres de l'alphabet sanskrit et patronne des étudiants. Cet hymne est extrait du Tantrasâra, qui fait partie du Sarasvatîstotra.

sarasvati.jpg


Hrîm, Hrîm, ce mantra Tu aimes à l'entendre
Splendeur à l'éclat lunaire
Posée sur un lotus, auréolée de lotus, parée de lotus,
Adorable, entre toutes favorable Dévî !
Ta lumière dissipe les obscurités nées des erreurs d'interprétation,
Toi, dont l'univers baise les pieds de lotus,
O lotus debout sur un lotus !
Tu combles de joie ceux qui savent contempler Ton image,
Tu détruis l'ignorance,
Amante et part même de Hari,
Tu es la Réalité qui sous-tend l'irréalité du monde,
Tu joues et Ton jeu est le monde qui est un monde ludique.

Aim, Aim, voilà Ton mantra favori
Toi qui es à la fois la forme et le Sans-Forme,
Joyau de la face de lotus de Celui né du lotus,
Enveloppée dans les trois qualités de la substance primordiale
Et cependant libre de tout attribut,
Immuable, au-delà du grossier et du subtil,
A-connaissance est Ta nature et inconnue Ta réalité ultime,
Tu revêts et animes tous les aspects de l'univers et Tu es le principe unique qui l'imprègne,
Les plus grands des dieux Te rendent hommage,
Indivise Tu existes partout dans Ta plénitude,
Toi, Une, infiniment.

En vérité, Tu es très satisfaite par la répétition du mantra Hrîm, 
Tu brilles du blanc étincelant des neiges éternelles,
Tes mains font vibrer la vînâ,
O mère ! Mère ! comme je te salue !
Détruis, anéantis mon inertie et donne moi l'intelligence de ce qui est grand,
Toi qui es la Connaissance,
Tu es chantée dans le Véda,
Les textes révélés parlent de Toi,
Tu donnes la libération, Tu es la voie de la libération,
L'esprit ne peut concevoir l'étendue de Ta puissance,
Tu dispenses la béatitude, Déesse au collier blanc,
Accorde-moi Tes faveurs.

Tu es perception, intellect, ego,
Tu Te nommes mémoire, résolution, formulation,
Tu es hymne puisque Tu es langage,
Eternelle et fugitive,
Grande Cause saluée par les sages,
Immuable, perpétuellement Tu Te renouvelles, flot puissant d'énergie,
Aimée également de Hari et de Hara,
Existence pure, splendeur de la forme délimitée par la lumière, 
Atome,
Oui, et même subtil atome de l'atome,
Tu es intelligence, intelligence, intelligence !
Tu es substance primordiale et à travers Ton jeu cosmique Tu donnes au démiurge la jouissance de Sa création.

Hrîm, Kshîm, Dhîm, Hrîm, invoquée par ce mantra
Tu apparais tenant un livre qui symbolise la totalité du Savoir,
Joyeuse, souriante, bienveillante,
Vierge innocente et dépourvue d'artifice,
Douée du pouvoir magique de suspendre l'argument sur les lèvres d'un opposant.
Brûle, Consume mes désirs,
Dissipe les ténèbres qui obscurcissent mon esprit,
Toi, louable entre tout !
Tu es Gih, Gauh, Vâk et Bhâratî, mots et langage,
C'est Toi qui inspires aux plus grands poètes l'amplitude de leurs cris
Et c'est Toi qui conduis à toutes les formes du savoir et à la conscience qui est libération.

Je t'invoque, je me concentre sur Toi, je Te salue,
Viens sur ma langue et ne me quitte plus,
Puissent mes facultés intellectuelles ne jamais dériver,
Puissent mes erreurs ne pas peser sur mon devenir,
Puissé-je être libéré des tourments de la vie,
Au temps du péril, puisse mon esprit ne pas s'affoler,
Puisse mon intelligence fonctionner sans obstacles
Dans l'étude et la discution des traits de tous ordres et la pratique de la poésie.


(Tantrasâra)

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Samedi 16 février 2008

Voici un ancien hymne hindou, dédié à Mûlaprakriti, le substrat de la création, la racine (mûla) du manifesté est extrait de l'un des Pûrana, le Dévibhâvata, consacré à la geste de la Grande Déesse.


Ce Mâle (Purusha) et Moi-même (Prakriti) sommes à jamais identiques,
Il n'y a pas de différence entre Lui et Moi.
Le Purusha est ce que Je suis,
Je suis ce que le Purusha est.
La différence est due seulement à l'ignorence.
Celui-là, a l'intellect éclairé,
Libéré de la fascination des apparences
Créées par le pouvoir de Ma Mâyâ,
Peut connaître notre différence subtile ;
A cela il n'y a pas de doute.
L'Un sans second,
Le Brahman Suprême,
Devient duel au temps de la création.
Comme un seul visage apparaît duel reflété dans un miroir,
Comme un seul corps de double par la projection de son ombre,
De même, ainsi, nos images se multiplient
A travers le reflet diversifié des esprits conditionnés par Ma Mâyâ.
O Non-Né !
Aux fins de la création,
Quand vient le temps de la création,
La différenciation apparaît.
Elle n'est autre que la distinction entre le vu et le non-vu.
Quand vient le temps de la dissolution,
Je ne suis ni mâle, ni femelle, ni neutre.



(Dévibhâgavata)

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Samedi 9 février 2008

Matrice des univers, où tout commence et tout prend fin.

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