Lundi 25 août 2008


" [...] Nos magistrats ont bien connu ce mystère. Leurs robes rouges, leurs hermines dont ils s'emmaillottent en chats fourrés, les palais où ils jugent, les fleurs de lis, tout cet appareil auguste était fort nécessaire ; et si les médecins n'avaient des soutanes et des mules, et que les docteurs n'eussent des bonnets carrés et des robes trop amples de quatre parties, jamais ils n'auraient dupé le monde qui ne peut résister à cette montre si authentique. S'ils avaient la véritable justice et si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés ; la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'elle-même. Mais n'ayant que des sciences imaginaires, il faut qu'ils prennent ces vains instruments qui frappent l'imagination à laquelle ils ont affaire ; et par là,en effet, ils s'attirent le respect. Les seuls gens de guerre ne sont pas déguisés de la sorte, parce qu'en effet leur part est plus essentielle, ils s'établissent par la force, les autres par grimace."

Pascal, Pensées, 82


J'adore me déguiser. Je n'ai même pas souvenir de quand ça m'a pris, tant je me rappelle (photos à l'appui au besoin) avoir commencé une fois que j'étais assez grande pour tenir sur mes jambes et fouiner dans les commodes de ma mère. Et donc, j'ai passé mon enfance à faire ça avec mes amies. J'ai tout été : des princesses bien sûr, mais en grandissant, j'affectionnais surtout la danseuse orientale, ainsi que les prêtresses inca, gréco-romaine ou indienne. Je ne me contentais pas de me déguiser bien-sûr, nous jouions au personnage que nous incarnions ; tout l'intérêt était là, c'était bien le but final du déguisement.

Comment ne pas admettre l'intérêt particulier que j'ai pu ressentir en considérant tout le potentiel d'un cheminement spirituel et magique au niveau de l'habillement? Il faut bien le dire, et même trivialement, ça faisait drôlement classe de s'imaginer en habit (robe et bijoux) de grande prêtresse de telle ou telle tradition ancienne ou actuelle. Est-il bien nécessaire d'ajouter que l'une des permières choses que j'ai faites, pour mes premiers rituels de mon adolescence, c'était de me confectionner une robe rituelle digne de ce nom. Et il était tout aussi évident que pratiquer en groupe ou en coven sans une tenue rituelle pour tous (la même, de préférence) aurait été parfaitement inapproprié, voir manquerait complètement de style sacré! Allons, à quoi bon pratiquer en coven si on n'est pas bardé d'uniformes et d'insignes mystiques, ésotériques ou au moins, inspirant une grandeur des temps passés ... [se perd en rêveries de cette belle Old Religion]

Bon, trève de plaisanterie, cette phase m'est fort heureusement passée depuis belle lurette. Depuis ces grandes eaux qui ont coulé sous mes ponts, je n'ai rien contre le fait d'harmoniser l'habillement à un rituel, tout comme on prend un encens plus indiqué qu'un autre ou qu'on choisit différentes couleurs de bougies. L'habit créatif participe toujours pleinement de mes pratiques, et toujours pour dire les choses trivialement "je m'éclate" avec mes habits rituels. Ou pas, ça dépend de l'humeur et du ressenti. Je suis la voie expérimentale ; je n'ai aucune habit rituel spécifique, mais je peux m'en composer selon les circonstances avec ce que j'ai dans ma garde robe. Et intuitivement, quand je vois (lis, entends, rencontre etc ...) des personnes toutes emmaillottées dans des habits rituels élaborés, au fond de moi, je ricanne gentillement, en me demandant pourquoi tout ce déploiement de fanfreluches et de tralalas à tendances potentiellement égotiques. Depuis quand faudrait-il tout ça pour être un authentique sorcier, une authentique prêtresse, un ou une marcheur(se) sur les sentiers initiatiques? Des siècles ont passé, mais les propos de Pascal restent tellement vrais. Combien de fois me suis-je demandée si les habits rituels des diverses sociétés religieuses ou occultes, du 18e siècle à nos jours, des druides, Franc-Maçons, à la Golden Dawn en passant par les cercles privés sans prétention, ne servaient finalement à rien d'autre qu'à imposer une image matérielle d'une aspiration d'être : être prêtre, être sorcière. Ici, l'habit fait le moine. Ici, tout y est codifié, tout y est présenté cartes sur tables. J'ai cet habit, je suis telle personne dans la hiérarchie établie, et donc, je possède telle sachesse, tels pouvoirs, telle évolution spirituelle. L'habit est la vraie carte d'identité de l'occultiste. Pas étonnant alors qu'une telle pression psychologique se focalise autour de l'apparence.

Avec le temps, et ce peut être abusivement parfois, j'ai fini par me faire des opinions sur les gens ou les groupes proportionnellement à l'attention qu'ils portaient à la tenue rituelle et à tout ce qui sert de décorum aux rites (non pas la beauté d'un autel pour une célébration, mais l'éventuelle pièce spéciale, les objets précieux et non indispensables, l'éventuelle pièce aménagée servant de temple ...). En somme, plus ils semblaient vouloir en mettre plein les yeux, moins il y avait de matière à se nourrir chez eux. Comme cette histoire de confiture sur la tartine, moins on en a, plus on l'étale. D'ailleurs, il est fréquent d'entendre ou lire que plus un mage est rompu à son Art, plus celui-ci peut se passer d'outils rituels, qui ne sont que des supports.

Avec Gardner, on croit avoir résolu le problème. C'est skyclad, un point c'est tout. Bon, pourquoi pas, égalité au sein du cercle. Une idée plutôt éclairée à vrai dire, mais qui, soyons réalistes, demande beaucoup à la fois de l'individu devant passer outre la pudeur habituelle, mais aussi au niveau du groupe où il vaut mieux être deux fois, voir trois fois sûr qu'on peut vraiment entrer dans un tel cercle "en parfait amour, et surtout en parfaite confiance". Et comme on connait tous le monde bien réel dans lequel on vit, il faut bien conclure que ce n'est pas une mince affaire. Ou bien que ça peut marcher un temps, mais que ce n'est pas garantie ad vitam aeternam. Sans parler que la hiérarchie a toute sa place et qu'on conserve les insignes rituels. On n'a finalement enlevé que la belle robe de lin fin brodée d'or, et on a gardé tous les bijous, parfois imposants, qui allaient avec la robe. La nudité dans la wicca gardnérienne, ce n'est finalement qu'un habit rituel comme un autre, similaire à tout autre habit d'une société occulte "normale".

Dans tous les cas, à un moment ou un autre, plus souvent au début qu'en milieu d'apprentissage ou de cheminement, la question de l'habit tombe avec la même importance que l'usage d'une baguette ou d'un athamé. Certains cursus initiatiques, en société ou coven, incluent la confection de la robe rituelle dans le parcours d'enseignement qu'ils proposent. C'est donc bien que la robe rituelle doit avoir une utilité similaire à celle d'un athamé ou d'une baguette! Pour connaître quand même un peu "les filons du métier", il faut bien reconnaître à leur décharge l'influence qu'un habit différent de l'habit ordinaire exerce sur l'esprit. Ainsi, une personne peut plus facilement se couper de sa vie profane et "entrer" dans le rituel, et ce, de la même manière que ce fameux décorum dont je parlais. Les mystères dionysiaques (et les autres aussi) connaissaient déjà ça : on plante un décor de théâtre, on met des habits totalement différents de ceux du quotidien, et la pièce peut commencer. Dionysos, n'était-il pas patron du théâtre à Athènes?

Oui, mais! Si on songe aux personnes vivant dans l'Antiquité, elles changeaient un peu la forme de leurs toges, elles nouaient des rubans, mettaient des voiles, jouaient sur les couleurs. Les clergés avaient leurs vêtements spécifiques, mais tout cela restait parfaitement dans le cadre de la mode de ces époques. Plus tard, le Moyen-Âge conserva cette tradition ancienne, et on peut ainsi admirer de magnifiques Vierges ou autres saints portant les habits de l'époque à laquelle vivait l'artiste qui les as réalisé. Longtemps, j'ai été assez sidérée de voir des personnages de l'Antiquité porter des colants typiques du XVe siècle et des Maries revêtir de délicates et magnifiques robes de la Renaissance. Enfin quoi, me demandais-je, ces gens ne savaient donc plus comment on s'habillait dans l'Antiquité? Ils pourraient faire plus réaliste! Oui mais voilà, là n'était pas leur but, et en effet, ils savaient comment on se vêtissait au temps de Jésus, puisque des statues antiques existaient encore et qu'ils en avaient connaissance. En tous cas, ça n'empêchait pas de concervoir des saints et un clergé avec des vêtements influencés par leur époque propre. Alors donc, à quoi bon s'efforcer de nos jours à vouloir reproduire (souvent de manière assez malheureuse en plus ...) des costumes antiques, plus imaginés, fantasmés, qu'historiquement corrects?

Les habits rituels, pourquoi pas. Même totalement pour en fait, compte tenu de cette capacité qu'ils ont à couper de la réalité quotidienne et participer au drame sacré. Mais est-il nécessaire de se ... hum... ridiculiser avec des soi-disants reproductions de robes rituelles antiques de la tradition ou religion lambda? J'ai en tête la photo d'Aleister Crowley en pharaon ; ma foi, soit il se savait tellement grand que le ridicule n'était pas censé l'égratigner, soit il avait vraiment une idée très kitsch de la magie cérémonielle. Au delà de la simple appréciation de goût, ces tentatives de reproductions vestimentaires vont de pair avec les reconstructionnismes. Des aspirations tournées vers le passé, où en fait, ni le présent ni le futur ont leur place (sauf pour le présent en fait, qui montre à quel point le résultat semble éloigné de la réalité passée). Si nous avions gardé la mentalité ancienne et médiévale, nos tenues rituelles seraient parfaitement actuelles, tout en conservant des grandes lignes qui se modifient plus lentement. Il me vient à l'idée que la tenue rituelle la plus pérenne actuellement serait probablement un jean et T-shirt sacrés. Les années passent, la pratique reste. Tout comme c'était le cas des toges antiques. Alors après, pourquoi pas y ajouter des insignes rituels, des badges ou autres trucs en plastique. Cela ne me semble pas moins digne à notre époque qu'une robe il y a 2000 ans. Ce serait simplement plus représentatif de notre présent, et potentiellement plus en rapport avec notre futur plus ou moins proche.

Tout simplement, m'est avis que la prêtresse, le sorcier, la magicienne ou le mystique de nos jours a toutes les raisons du monde d'être une femme ou un homme de son temps, parfaitement non déphasé et se coulant dans le contexte actuel pour mieux le dépasser et non le fuir.

C'est fou quand même tout ce qu'on peut trouver à penser ou à dire quand on part de la symbolique des habits! Je m'arrête là parce que je n'ai pas l'intention d'écrire un traité, mais je sais comme on pourrait encore trouver pas mal de grain à moudre.

Par Hédéra - Publié dans : Anthropologie contemporaine
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Samedi 23 août 2008


Je me suis perdue avec dépit, au coeur de mes révisions acharnées, dans les confins de ce que je ne suis pas devenue et de la sorte, je me suis habillée en gothique et je suis sortie dehors. Pour voir. Pour voir comment les gens me regarderaient, et dans le fond, pour savoir comment moi, à travers leur regard, je pourrais me regarder si c'était cela que j'avais choisi et que je pouvais émettre un jugement sur ce moi qui n'a pas existé.
Je me suis perdue avec joie cette fois, lorsque par quelques dizaines de fois, je suis passée devant les boutiques de vêtements présentant la collection automne-hiver 08/09 (ou que j'ai regardé des catalogues), et que je me suis rêvée à la place des mannequins plastiques, en me demandant quelle tenue ferait de moi une image idéale de jeune professeur, à la fois sérieuse, adulte mais jeune, et surtout séduisante par un charme non aguicheur mais d'une efficace subtilité. J'ai même acheté le magazine Vogue, expérience que je doute tenter une nouvelle fois tant les images de défilés de haute couture ne me furent d'aucune utilité.

Ainsi par deux fois, et avec des habits, j'ai pu projeter mes rêves de passé qui n'aura jamais existé et ceux d'un avenir proche que j'ai encore le loisir d'imaginer avec quelque idéal. Je termine doucemement (très très doucement...) de lire un roman que j'avais acheté juste avant de prendre le train de retour après mes oraux de CAPES. Un roman tout sauf sérieux, qui a pourtant beaucoup nourri ma réflexion estivale. Attention, ce roman hautement réflexif (si toutefois ce mot existe) se nomme Chic et Choc à New York. Tout un programme. Bref, j'étais en quête d'un ersatz de Sex and the City, et le hasard me fit plutôt tomber sur un roman dépeignant la haute société de Manhatthan, plus à la Rothschild qu'à la Carrie Bradshaw. Peut être qu'à la fin de ce roman, je pourrai passer le CAPES ès grandes marques de mode chic, moi qui jusqu'ici n'ai jamais prêté grande intention ni aux marques, ni aux grandes marques, ni à tous ces chichis dont Stéphane Bern se (nous) gave. Mais en lisant ces pages ; ici, à des lieues au dessus du sol en avion ou en Crête, mon imagination ne put s'empêcher d'imaginer ma vie, si elle ressemblait à celle des gens de ce roman. Et si, moi aussi, j'étais pleine de ces manières de la haute société, que j'étais née avec une cuiller d'or (l'argent serait trop peu) dans la bouche et que ma vie consistait en des séances de shopping et des galas de charité à répétition. Ca semble d'un ennui, à priori. Oui mais dans le fond, moi aussi ça me ferait plaisir d'avoir un joli petit sac de chez Prada. Rien que parce qu'on y trouve le Diable, en fait ...

Il y a quelques jours, j'ai vu dans la rue une jeune femme, manifestement habillée de vêtements de très bon marché, d'un goût assez douteux, mais avec une petite sacoche à bandoulière signée Vuitton. J'ai été frappée de cet assortiment en décalage, et ai songé que cette jeune femme avait sûrement voulu, elle aussi, avoir un "petit sac Prada" bien qu'elle ait des moyens financiers très restreints. Et c'était vulgaire. Vulgaire et malheureux, car ce dépareillement transpirait le rêve de la consommation de luxe véhiculée par tous les médias du monde actuel.

Mais en attendant, que ce soit cette jeune femme ou nous tous, qui de nous pourrait affirmer avec conviction et sincérité qu'il ou elle ne projette pas, au moins un peu, dans son habillement, une part de son être mêlée à celle de ses aspirations d'être? Tout comme je choisis depuis des jours les quelques habits triés sur le volet qui représenteront mon nouveau statut professionnel, cette projection idéalisée d'un soi qu'on espère meilleur, ou du moins nouveau et différent de ce qu'il était avant. C'est bête comme une simple réflexion sur des choses, à priori très matérialistes telles que les habits et la mode, peut mener à des considération socio-psychologiques. En même temps, c'est normal que ça me parle peut être plus qu'à toute autre personne ; il parait que les dames Balance sont superficielles et vaniteuses, très attachées à leur apparence... A moins qu'elles soient celles qui l'avouent le plus et développent cet intérêt sans complexe à la lumière du jour. Qu'importe, revenons à nos moutons.

Si l'habit ne fait pas le moine, dans le fond, nous cherchons à devenir moine par l'habit. De nos jours, c'est un Carnaval permanent dans lequel nous sommes autorisés à vivre. Il y a des conventions, certes. Mais pouvons nous dire : je m'habille donc je suis? Beaucoup de mouvements musicaux-culturels se définissent par une mode vestimentaire : punk, rocks divers, gothique, reggae, rap, RnB, techno ... Par l'habit, le membre qui se reconnait dans une mouvance cherche à exprimer au grand jour ce qu'il ressent être dans son for intérieur ... à moins qu'il ne cherche à s'en persuader pour s'agréger à un groupe social? Toute mode a un conditionnement de société organisée et hiérarchisée. Et on trouve généralement les new-ageux et païens de bords divers entre le style gothico-métalleux ou au contraire, baba cool ; barbe virile pour les hommes, robes longues et jupons bohême pour les femmes. Que dire de tous ceux qui s'habillent juste en jean, basket et T-Shirt? Manquent-ils de personnalité? N'ont-ils pas d'ambition auprès de leurs semblables? Parce qu'après tout, rien qu'en restant dans la branche sorcière-païenne, je n'en connais pas tant que ça qui ne revendiquent pas des tas de colliers de pentacles, cristaux et autres pierres superposés sur des habits gothiques et/ou écolo/hippies/fantaisistes. Tout comme ils revendiquent le reconnaissance officielle de leur "religion", il faut que leur apparence la clame aussi. Ainsi donc, cela signifie-t-il qu'ils "sont" leur croyance, à tel point qu'ils sont entièrement cela, ou peut être, juste leur croyance et rien de plus? Rien d'autre, rien de plus divers. Que tout tourne autour de ça.

J'ai longtemps été une princesse. A 15 ans, je savais que moi, mon vrai moi intérieur, c'était un moi à longs jupons, même avant que ça n'en devienne la mode, même sans que ça n'ait aucun rapport avec les croyances. Non, j'étais la fameuse "jeune fille en fleur" et je voulais être cela pour profiter de cet âge pleinement selon les critères que je m'étais fixée. Pour moi bien sûr, je n'ai jamais prétendu que toutes ou tous devaient avoir le même modèle. Moi, je voulais être Albine, la sauvageonne du Paradou. Moi, je voulais être Padmé, la princesse de Naboo. Et la Belle au Bois Dormant, et Peau d'Âne. Tout ça et plus encore. Je voulais être la princesse Hédéra et personne d'autre. Et j'ai grandi, fatalement. Et j'ai réalisé certains rêves, en apprenant à en forger d'autres. Je suis devenue reine. Mais une reine, qui est-ce? ... Pour le savoir, n'était-il pas logique de me demander : quelle est la garde robe d'une reine moderne? Et ainsi, me voilà après avoir exploré la torturée gothique que je ne fus pas dans mon adolescence (et d'autres modèles encore) à me chercher mon habit de reine professeur. Une reine professeur qui n'aurait pas coupé brutalement avec la princesse ; non, une princesse qui aurait juste grandi et mûri. Bref, que mes habits, ce soit encore moi, un moi d'avant allié au moi à venir.

Non, les habits ne font pas le moine, mais dans le fond, on aimerait bien. C'est pour ça qu'on fait attention à son style vestimentaire (ou pas, même l'absence d'attention dénote une attitude vis à vis de soi et du monde extérieur), c'est pour ça qu'on se déguise au quotidien pour porter le masque de nos envies. Nous nous déguisons tous en moine en nous cherchant perpétuellement dans le miroir, tout en rêvant au moine que nous nous figurons être et qu'on voudrait que les autres voient de prime abord. L'habit, c'est comme l'argent et le bonheur en fait. Il ne fait pas le moine mais y contribue.

Et cela est plus vrai encore dans tout ce qui est ordres initiatiques, tenues rituelles et autres de ce genre. Mais cela, c'est une autre historie. A suivre en partie 2, très bientôt.
Par Hédéra - Publié dans : Anthropologie contemporaine
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Vendredi 6 juin 2008


Il y a une constante chez moi en ce moment, des très hauts et des très bas, de la fatigue, de la lassitude, du découragement parfois et en corrolaire, un besoin d'ouverture sur des aspects du monde pour lesquels j'étais jusque là curieuse, mais que de loin.

Ainsi, la semaine dernière, c'était dédié à Sex and the City. Et comme Carry Bradshaw le dit dans la série, elle se considère être une anthropologue du sexe. Pour moi, c'est différent, je serais plutôt anthropologue des communautés contemporaines. J'adorerais me glisser dans divers milieux, pour observer de l'intérieur. Bien entendu, il faudrait un habillage complet en rapport avec ces tribus modernes et avoir potassé leur coutumes, références et mode de langage. Bref, à force d'y penser et d'en parler, ce matin après une énième lassitude devant la cartographie, je me suis lancée. Et donc, j'ai essayé quelque chose de nouveau pour me changer les idées : la tentative de look gothic lolita (ou quelque chose du genre, pour ce que j'ai cru comprendre). Alors bien sûr, ce n'étais pas pour me regarder dans la glace et voir si ça m'allait. C'était pour faire des expériences sur le terrain. D'autant que je n'allais pas me ruiner en achat d'habits que je ne remettrais plus. J'ai donc pris un petit gilet noir, une jupette noire que j'avais dû acheter lorsque j'avais travaillé pendant le tour de France, des chaussettes longues rayées mauve et violet foncé sur lesquelles j'avais flashé cet hiver, et du maquillage un peu plus appuyé que d'ordinaire. Et en piste.

Eh bien l'expérience fut intéressante. Deux vendeurs dans des magasins où je suis passée (livres, accessoires divers) m'ont fait du charme, voir essayer de m'inviter boire un verre. Haha, je devrais tenter l'expérience de bars ou de soirées, si j'avais du temps à perdre! Je suis sûre que je n'aurais pas eu autant de succès si j'avais cherché à faire néo-hippie. D'ailleurs, je pense aussi qu'habillée normalement, ça n'aurait sûrement pas eu le même impact ...

Donc avis aux célibataires : le look gothique mini-jupe et chaussettes longues est porteur d'hécatombes chez la gente masculine!

En rentrant chez moi, je suis tombée sur mon bien-aimé. Réaction de sa part en me voyant : "Oh! Tu es vraiment ravissante, tu devrais t'habiller ainsi plus souvent!" (quoi? je ne suis pas bien d'ordinaire?) A croire que ce style remue bel et bien les tréfonds de beaucoup d'hommes. A bonne entendeuse ...

Pas mal en tous cas, comme premier essai d'anthropologie moderne, il faudra que je me prenne le temps de tenter d'autres études de terrain!
Par Hédéra - Publié dans : Anthropologie contemporaine
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