Mardi 19 février 2008
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Avec cet article commence une exploration de l'univers des mystères multiformes de Dionysos, notemment de ses trois branches apparues chronologiement sous la forme de mystères féminins sauvages et extatiques, de mystères orphiques masculins et ascétiques, et enfin les cultes à mystères dionysiaques à caractères mixtes, eschatologiques et extatiques.
Chercher à remonter aux origines des rites à caractères mystériques de
Bacchus-Dionysos dans la Rome ancienne est similaire au travail de l'archéologue qui fouille le sol couche par couche afin d'atteindre plusieurs phases chronologiques différentes et ainsi,
définir la manière dont les évolutions se déroulèrent suivant les époques. Lorsque le bacchisme devient répandu d'abord dans la Grèce hellénistique, puis sous l'Empire Romain, à lire les
descriptions de Démosthène sur les rites de Sabazios[1] ou à chercher le sens de
la fresque de la Villa des Mystères, force est de constater qu'il existe une distance considérable entre ces derniers et les bacchantes originelles telles qu'Euripide les présente dans
sa pièce des Bacchantes. Il reste pourtant indéniable que le Bacchus des Bacchanales romaines provenait de cette complexe filiation remontant aux bacchantes prises de folie divine qui
couraient sur les montagnes de Grèce, bien plus que de l'ancien Liber italique[2].
Espérer pouvoir retrouver une ou
même plusieurs origines à Dionysos serait se bercer d'illusions, nombres d'historiens tentèrent de lui trouver un lieu de naissance d'après les sources anciennes et les témoignages
archéologiques, mais aucun ne put définitivement décider si Dionysos vient de Thrace, ainsi que la version d'Homère le laisse entendre[3], de même que la présence des femmes ménades thraces qui traditionnellement déchirèrent Orphée, ou encore la
légende liant Dionysos au roi thrace Lycurgue[4]. Pas plus qu'on ne put se décider sur une origine phrygienne, d'après une interprétation possible de la légende de Lycurgue, qui voudrait que Dionysos aurait été chassé après
être venu se réfugier en Thrace. La Lydie apparaît également comme une patrie possible, et de manière générale, l'Asie mineure est largement reconnue auprès des anciens, tels
Euripide[5] comme la contrée d'origine de Dionysos. Comme le relève M.-L. Freyburger-Galland, "en Asie mineure, en tous cas,
Dionysos n'apparaît jamais comme un dieu "étranger" et c'est très naturellement qu'il devient à Pergame, par exemple, à l'époque hellénistique, une divinité dynastique avec sans doute un
syncrétisme qui l'assimile à Sabazios"[6].
Car étranger, il l'est en Grèce. Il
est l'étrange et l'étranger qui vient déranger l'ordre établi. Il est celui qui ne saurait se fixer quelque part, l'éternel voyageur dont les légendes aiment à narrer les
voyages[7],qui l'auraient mené d'après la légende grecque jusqu'en Inde qu'il aurait conquis. En somme, il est de partout et
de nulle part, et surtout pas de Grèce, malgré sa filiation avec une princesse thébaine et sur laquelle nous reviendrons. Hérodote le reconnaît comme une divinité d'introduction
récente[8], et en tant que dieu de la végétation, le compare volontiers à Osiris, lui accordant par là une autre filiation
possible par l'Egypte.
De même qu'il n'est fixé nulle part,
Dionysos est celui qui aime à être multiple et se montrer sous des formes diverses voire ambiguës[9], R. Triomphe lui reconnaît plusieurs visages : "un Dionysos commun qui ne déborde pas sur le domaine des autres
Olympiens, fils de Sémélé, dieu du lierre, des pampres et du vin, entouré de Satyres et de Silènes plus décoratifs qu'envahisseurs ; un Dionysos chtonien, dieu des banquets d'outre-tombe ; un
Dionysos orgiastique, dieu des thiases et de la possession extatique, suscitant les transports bacchiques des Ménades et de leurs émules ; un Dionysos fils de Perséphone et de Zeus-serpent - le
même sans doute qui est associé au nom de Zagreus, à la Crète, aux Courètes/Corybantes et à une "Mère des montagnes" ; enfin le Dionysos orphique, immolé par les Titans"[10]. Tous ces Dionysos sont liés au dieu des Bacchanales romaines telles qu'elles furent "découvertes" en 186 avant
J.C. et telles qu'elles purent survivre par après. Aussi il conviendra de remonter aux deux principales origines des mystères dionysiaques romains, et dont chacune donne une naissance différente
de Dionysos : l'une faisant de Dionysos le fils de Sémélé, et l'autre, d'inspiration orphique, qui lui donne Perséphone pour mère. Deux Dionysos tirant l'un vers le bas et l'animalité, l'autre
vers le haut et la pureté divine[11]. Deux Dionysos si antinomiques et pourtant qui sont à la racine des Bacchanales romaines, ensemble, mêlés l'un à l'autre.
1. Les Bacchantes, héritières de Sémélé
- Mythe de Sémélé et de Dionysos
La tradition grecque cite
fréquemment l'enfance et les aventures de Dionysos, fils de Sémélé, et c'est Euripide qui trouve l'occasion, avec sa pièce des Bacchantes, de narrer en détail le mythe de la filiation de Dionysos
par Sémélé[12] : Dionysos est fils de Sémélé, une mortelle, fille de Cadmos et roi de Thèbes ; aimée par Zeus. La légende
veut que trompée par Héra, Sémélé voulut voir Zeus dans sa splendeur divine et en mourut, consumée par les flammes divines de Zeus, qui ne put que sauver l’enfant à naître et le garda jusqu’à sa
naissance dans sa cuisse. Suite à quoi, Zeus le confie aux nymphes de Nysa afin de soustraire le bébé à la jalousie d'Héra. Une fois devenu adulte et retrouvé par Héra, celle-ci le frappe de
folie et il n'est guéri de celle-ci que grâce à Cybèle qu'il rencontre en Phrygie[13]. Ce n'est que le début de ses voyages, dont nous avons déjà parlé, et qui font le délice des dramaturges et
écrivains de l'Antiquité. Ce n'est qu'après que Dionysos rentre en Béotie, à Thèbes pour se faire reconnaître comme dieu dans la patrie de sa mère, et ainsi restaurer l'honneur de celle-ci que
l'on croyait avoir été foudroyée par Zeus pour avoir menti sur sa paternité de Dionysos[14]. Comme les tantes de Dionysos et le roi Penthée refusent toujours de reconnaître cette divinité, Dionysos envoie
la mania sur toutes les femmes thébaines[15], ses tantes comprises, qui quittent leurs demeures, leurs enfants et leurs maris pour "faire les bacchantes" dans
la montagne. Tout cela est justifié par le dieu : "il faut que, malgré elle, cette ville comprenne combien lui manquent les danses et mes mystères, que je venge l'honneur de Sémélé, ma
mère."[16] La pièce se termine de manière dramatique, puisque Penthée, obstiné à vouloir chasser Dionysos, est mené par le
dieu lui-même sous couvert d'un déguisement jusqu'au lieu où se trouvaient les bacchantes thébaines menées par les sœurs de Sémélé, et qu'une fois découvert par elles, il se fait déchirer tel un
animal par sa propre mère Agavé.
Un autre épisode relatif aux
errances de Dionysos est son sauvetage d'Ariane sur l'île de Naxos. Cette version où il sauve et épouse Ariane[17] contredit une version relativement tardive de l'Odyssée où il est rapporté qu'Artémis avait tué Ariane
sur ordre de Dionysos[18]. Au sujet de l'union de Dionysos et d'Ariane, plusieurs auteurs ont fait remarquer la possibilité selon laquelle Ariane serait "une très ancienne divinité de la végétation et
cet épisode accréditerait une influence égéenne sur le culte dionysiaque, comme la rencontre avec Cybèle accrédite une influence phrygienne".[19] Quant à Sémélé, que Dionysos va chercher aux Enfers pour faire d'elle une déesse sous le nom de Thyoné, il
apparaît que son nom même de Sémélé la rattache à la Terre[20]. La mythologie "traditionnelle" rattache donc directement Dionysos à trois déesses, toutes liées à la terre et à
la végétation. Dès ses origines, Dionysos se retrouve lié à la végétation, et à la suite de H. Jeanmaire, il convient de le considérer comme Dionysos Dendritès, un tronc habillé avec la
tête du dieu couronnée de feuillage à son sommet. Ces symboles végétaux se trouvent liés à l'immortalité : la vigne associée à la Déesse-Mère chez les Sumériens, l'"arbre de vie" ou "arbre
cosmique" des Indo-Européens, de même que le lierre et la pomme de pin. Lié aux cycles de vie et de mort de la végétation, il est le symbole de la sûre résurrection du printemps. A côté de
l'arbre se trouvait souvent une pierre, symbole de la montagne, elle aussi directement liée à Cybèle, la Grande Mère de la Nature[21]. Reste donc à se demander comment un dieu porteur de ces attributs a pu exister, puisque ceux-ci restaient, en
Asie mineure, l'apanage de déesses-mères. D. et Y. Roman ne voient pas de solution à ce changement de sexe[22]. Il semble malgré tout possible d'obtenir une réponse en se penchant sur le symbole de l'arbre, faisant le lien
entre Dionysos et les différentes déesses qui jouent un rôle dans ses mythes.
Tout d'abord, en terme de présence
féminine, le Dionysos des légendes est accompagné de sa troupe de Ménades, ses compagnes de voyage, détient l'épiclèse de baccheios, celui qui "fait le bacchant", désignant de fait un
type particulier de comportement, qui décrit un état de folie momentanée, d’agitation désordonnée et de transe religieuse. Or, l'orgiasme était une composante ancienne du culte des déesses, et
plus précisément des déesses de la végétation, remontant certainement à l’époque préhellénique, c’est à dire au moins le IIeme millénaire. La mania et ses manifestations sont l’apanage
des religions de la Grande Déesse des panthéons anatoliens, remontant sûrement déjà aux pratiques minoennes. Cybèle et Rhéa représentent toutes les deux la Grande Mère des dieux dont les rites
orgiaques sont proches de ceux de Dionysos. Nous avons vu que c'était Héra qui causait la folie de Dionysos, tout comme elle est selon certains récits l'inspiratrice de la folie des Proetides qui
auraient insulté sa statue. Le culte de la déesse argienne existant déjà à l’époque achéenne, Dionysos apparaît dans cette chronologie comme un élément récent ; le mythe de Iô, qui est à
rattacher à une période nettement antérieure à celle des Proetides, narre les mésaventures de la première prêtresse de l’Heraion. Elle fut « la première à orner de bandelettes et de touffes
de laine l’ample colonne de la Dame du lieu. » selon le vieux poème de Phoronide, de même qu’elle fut la première porte-clef. Ce pilier est l’antique xoanon, le pilier idole d’Héra
l’Argienne, et qui évoque le souvenir d’un vieux culte de l’arbre, antérieur à l’avènement de l’Héra des Achéens. Après la tromperie de Zeus, Iô se voit métamorphosée en génisse en perpétuelle
fuite, talonnée par l’aiguillon d’un taon, le « bouvier ailé ». Elle erre, l’esprit hors de lui-même et Euripide la décrit dans sa tragédie des Suppliantes comme
une véritable Thyade, cherchant la Lyssa :
"Toujours lancinée par le trait
du bouvier ailé
elle atteint le plantureux jardin de Zeus
la prairie nourrie des neiges qu’assaille la fureur de Typhon
et l’eau du Nil ,rebelle aux maladies,
folle (mainomena) de souffrances humiliantes
et, sous l’aiguillon des douleurs
que lui cause Héra, faisant la Thyade. " [23]
A côté de la divinité souveraine que
représente Héra, la Grande Déesse des prédécesseurs des Héllènes se retrouve en l’aspect sauvage d’Artémis, qui a, avec les Brauronies, un culte en rapport avec la puberté. Sophocle dit que sa
malveillance se traduit par la mania, et elle-même est parfois décrite comme une Ménade type ; ainsi le musicien Timothée et Milet commence un poème au 4eme siècle dédié à Artémis
de la sorte : « Ménade, Thyade, inspirée qui vous jette en crise ». Un proverbe disait : "où Artémis n’a-t-elle pas dansé " ? ; cela étant vrai aussi pour les
personnes accomplissant ses rites. Or ces danses étaient particulièrement en rapport avec le culte de l’arbre, ce qui fait d’elle, tout comme Héra, une déesse de la végétation arbustive. On peut
reporter pour plusieurs villes des danses à caractère orgiastiques en l’honneur d’Artémis, telles que pour Artémis Corythalie à Sparte, Artémis Kordaka en Elide, ou encore la danse des Caryatides
qui faisait penser à celle des ménades, et qui dansaient en l’honneur d’Artémis, de Déméter et d’Athéna. Ainsi, on voit apparaître une filiation entre rites à la Grande Déesse et rites
dionysiaques, plus récents qui seraient venus se calquer sur les anciens rites pour finalement les supplanter dans un moment où ils étaient devenus archaïques et délaissés.
« De cet ensemble de considérations, on serait autorisé à conclure, nous semble-t-il, que dans les sociétés helléniques ,héritières en ceci sans doute des
société égéennes du IIe millénaire, la célébration des mystères féminins en relation avec le service des déesses admettait déjà des comportements que nous sommes portés à considérer comme
caractéristiques de l’orgiasme dionysiaque et de la religion de Dionysos, la frénésie sous l’effet de la possession, l’oribasie, la fréquentation des lieux écartés pour la période de
retraites et la célébration de rites. Dans la conception que nous en proposons, le mouvement dionysiaque aurait consisté, non dans l’introduction de ces pratiques orgiaques dans un
milieu religieux qui les aurait ignorées et sous l’influence d’une mode religieuse venue du dehors, mais dans une sorte de renouvellement, par l’intérieur, de ces mystères, par l’introduction,
dans les représentations religieuses dont ils étaient solidaires, d’une figure divine d’un caractère nouveau, suffisamment nouveau, ne fût-ce que par les élans qu’elle suscitait, pour en
modifier le caractère ».[24]
Dans
le passé religieux pré-hellénistique, l’arbre sacré représentait le réceptacle des forces naturelles et la divinité féminine l’habitant provoquait les crises d’orgiasme. Ces cultes ne pouvaient
d’ailleurs exister sans ce caractère extatique. Ces Dames de l’Arbre étaient autant d’Artémis, d’Hécate, d’Héra et d’Ariane, présidant à la croissance végétale, ainsi qu’à la chasse sauvage.
Ainsi dans l’ordre de filiation, le dionysisme aurait déplacé ou confisqué ces attributs à son profit, ouvrant une ère nouvelle ou ses rites se veulent civilisateurs. A Patras ainsi qu’en parle
Pausanias[25], les rites à Dionysos se substituent à des rites jugés barbares en l’honneur d’Artémis. De même pour la légende
d’Ariane, ne peut-on y voir un déplacement des attributs de la Grande Déesse arbustive au profit de Dionysos, celle-ci qui devient héroïne mortelle une fois qu’on la donne en mariage à
Dionysos ? Ses attributs ont pu ainsi passer au dieu, devenant lui même dieu de l’arbre et elle, son épouse, comme on peut supposer une telle mutation concernant Héra.
Ainsi, des mystères féminins étaient
déjà institués autour de déesses de l’arbre, et avec ces mystères, des pratiques extatiques, apanage du culte des déesses mères et concernant toute la collectivité féminine. Dionysos est donc un
dieu efféminé, ainsi que le décrit Euripide dans les Bacchantes, que l’on honore de la même manière qu’une déesse. Ili se serait substitué à ce nombre de divinités arbustives par ses
affinités avec la végétation et sa proximité avec les déesses de l’extase, peut être lointainement il a été un personnage tel les Corybantes de Cybèle. Cela pourrait expliquer l’intrusion de
l’élément masculin revêtant des caractéristiques semblables à celles de divinités féminines. Seule sa nature ambiguë lui permet de revêtir pareils attributs. Il est décidément le dieu-enfant, le
jeune adolescent, car "plutôt que des amantes, les femmes qui l'entourent sont des nourrices ou des mères"[26]. Nous discuterons plus tard du rôle d'Ariane, qui apparaît comme un élément tardif, hellénistique, dans la
formation du mythe de Dionysos et qui le présente pour la première fois dans la position d'époux. Si il se présente ainsi comme un homme, il demeure un exemple de rare fidélité, puisqu'on ne lui
connaît pas d'aventures, comme c'était le cas de la plupart des dieux de l'Olympe. Dans l'iconographie qui montre des cortèges de bacchantes et de satires, il ne semble pas prêter attention à la
débauche ni à l'excitation ambiante, il reste d'une droiture et d'un calme étonnant en comparaison avec son entourage. Il ne saurait être le dieu phallique des Dionysies athéniennes, mais se
présente au contraire comme le dieu des femmes, les appelant à son service plus encore que les hommes.
[1] Démosthène, Sur la couronne, 260. H. Jeanmaire, et à sa suite d'autres auteurs tels J. Bayet et W. Burkert, reconnaissent en Sabazios un dieu proche de
Dionysos, autant par le mythe que le culte.
[2] J. Bayet (1971, p. 256) montre les différences essentielles entre Liber et Dionysos, sachant que Liber est "numen des semences liquides" et associé au phallus,
contrairement à un dionysisme originel non phallique. Les mythes relatifs aux différentes enfances de Dionysos confirment cela. Ainsi que nous le verrons plus loin, le Dionysos-Bacchus des
mystères est moins un dieu adulte de lé génération qu'un dieu enfant de la régénération, inextricablement lié à la figure de la Mère.
[3] M.L. Freyburger-Galland (2e édition revue et corrigée, 2006, p. 39) fait le lien entre le nom de Dionysos tel qu'il apparaît chez Homère et son étymologie signifiant
"dieu de Nysa", ou "-nysos" signifiant kouros en thrace.
[4] Illiade, VI, v. 132-149
[5] Bacchantes, v. 13-14. Euripide fait d'ailleurs dire que la contrée natale de Dionysos est la Lydie, v.55-56
[6] 2006, p. 40
[7] Les ménades qui forment le chœur des Bacchantes d'Euripide citent les différents endroits visités durant les voyages v. 64-67, 85-86, 120-144.
[8] Hérodote, II, 145
[9] Outre les comparaisons au bélier ou au Taureau Aimé, Dionysos montre son goût pour le déguisement dans les Bacchantes d'Euripide. De même que son apparence
efféminée le place à la frontière des genres.
[10] Prométhée et Dionysos, 2002, pp. 255-256
[11] M. Detienne, Dionysos mis à mort, 1977, p. 198
[12] Euripide, Bacchantes, v. 1-63
[13] Bacchantes, v. 72 et 80.
[14] C'est du moins sur cette base que commence la tragédie des Bacchantes. Le motif des tantes de Dionysos ne croyant pas en sa divinité donne une occasion à
Euripide de narrer une origine mythique aux thiases bacchiques de Thèbes.
[15] Il les rend ainsi, par la mania, des maïnadès, des femmes prises de folie divine.
[16] Bacchantes, v. 38-41
[17] Pausanias, II, 23, 7-8
[18] Odyssée, XI, v. 325
[19] M.-L. Freyburger-Galland, 2006, p. 45
[20] R. Triomphe, 2002, p. 242 n°9 sur une possible origine thrace du nom ; J. Brosse (Mythologie des arbres, 2001, p. 142) cite les travaux de Kretschmer
rapprochant Sémélé de Sémélô, une déesse de la Terre Phrygienne, et dont les conclusions ont été acceptées par Nilsson dans The Minoan-Mycenean Religion, 1927. Il ajoute encore que
Sémélé réapparaît dans le slave zemlija, la "terre" et dans Zemyna, le nom lituanien de la déesse chtonienne (n°41, p. 400)
[21] J. Bayet, 1971, p. 246
[22] Rome, l'identité romaine et la culture hellénistique, 1994, p. 42
[23] v. 557-564 . Le terme de Thyade, comme nous le verrons dans la partie suivante, signifie clairement la bacchante.
[24] Jeanmaire, 1958, pp. 212-213
[25] Pausanias, VII, 19-20, 2
[26] J. Brosse, 2001, p.143
Extrait de Femmes et cultes à mystères dans l'Italie de la Rome républicaine, par Aude Chatelard

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