Dimanche 11 mai 2008
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J'avais dit que mon voyage dans les Pyrénées m'avait apporté un grand nombre de réflexions et que je les retranscrirai peu à peu ici, donc voilà
la suite, qui tombe à point nommé après la discution par commentaires interposés entre Seasaidh et moi, sur l'article "La Wicca Dianique est morte". Avec cet article, je pourrai démontrer, une fois
de plus si ce n'était pas encore assuré, que je donne par nature dans le paradoxe non paradoxal.
De mon année de philosophie de terminale (qui commence à remonter à présent), mon professeur avait sensibilisé ses élèves, dont je faisais partie, sur le fait que les gens se méprennent souvent
totalement dans leurs définitions de l' "identité". A la question "qui es tu?", beaucoup répondent en donnant une liste de choses qu'ils font : leur nom, prénom, âge, métier, hobbies
; globalement. Mais en réalité, cela ne permet pas de dire qui cette personne est, ce ne sont que des activités ou des concepts collées comme tentative de définition d'une personne. Car une
personne ne peut se définir par son métier, elle n'es pas née de l'essence du métier et pourrait exister sans cela (ce qu'elle fit avant de grandir, évoluer, apprendre le métier). Bref, on peut
aligner une série de caractéristiques générales pour tenter de cerner une personne, ou aider autrui à nous cerner, mais cela ne répondra jamais à la question "qui es tu?" (ce serait déjà un bon
début que de le savoir soi-même).
Toujours est-il, j'avais été assez marquée par ce cours et j'avais trouvé que c'était très vrai. J'ai depuis toujours eu horreur de devoir me définir en termes généraux, dont le commencement, la
fin et les limites ne sont pas définies par moi seule. D'ailleurs, je ne me présenterais pas de la même manière à tout le monde ; les forums de spiritualité attendront une description de parcours
spirituel, tandis qu'un CV doit comporter une carte d'identité du parcours scolaire, universitaire et/ou des expériences professionnelles. De tout cela, je retiens surtout l'idée de carte
d'identité, de fichage auprès d'autrui qui cherche à nous cerner. Ce n'est pas qu'il cherche forcément à nous comprendre (ce serait un monde tout rose ça), mais il veut pouvoir mettre des
étiquettes et classer tout ce beau monde en ordre bien clair.
Cela vaut tout autant, presque plus même, dans les domaines de la spiritualité et de l'ésotérisme. "Déclinez votre identité." Monothéiste? Polythéiste? Païen? Déiste? Wiccan? Athée? Eclectique?
Cherche encore? Quel que soit le type de réponse (jusqu'à la réponse la plus vague de type "en quête"), le but de la manoeuvre est d'exprimer en un ou deux mots un univers entier de spiritualité
intérieure afin de satisfaire le besoin d'autrui de vous ranger dans un compartiment, de vous cadrer. Une fois la formalité accomplie, vous pouvez passer, avec votre petit badge étiqueté sur votre
chemise. Et là, les merveilles de la magie opèrent : désormais, tout le monde pourra vous reconnaître, savoir qui vous êtes, ou du moins vous appréhender selon une grille de lecture toute
faite.
Je repensais à tout cela dans le train qui me ramenait chez moi (ce long voyage horrible au milieu de l'enfer SNCF des vacances scolaires dans le sud-est de la France). Le philosophe cathare
m'avait dit un soir, au coin du feu : "ainsi vous n'êtes plus païenne?". Ce à quoi, j'ai pu lui répondre en toute franchise que je ne l'avais jamais été, car je ne me reconnaissais pas dans les
combats et les chevaux de lance associés au mouvement païen actuel. Je n'avais aucune envie d'entrer dans les détails, je voyais qu'on voulait me conduire là où je ne voulais pas m'aventurer.
Et sûrement pas avec mon gros baluchon de doutes d'alors. Je repensais donc dans le train à cela, et aux divers débats plus ou moins houleux sur forums, où j'insistais sur mon détachement du terme
"païen", à la fois très vague et dont les caractères les plus affirmés sont tournés vers ces combats de reconnaissance (pour lesquels je trouve plus d'inconvenients que d'avantages) et de
définition du paganisme (tendant vers un sens unique, nécessairement restreint, et potentiellement dogmatique dans l'avenir). Bref, la crainte de l'atteinte à la Liberté. Qui plus est, je
ne suis pas revendicatrice, or l'idée de paganisme est de plus en plus autant un concept religieux qu'un concept de combat, ou d'opposition à la société actuelle. Mais je n'entrerai pas ici dans le
vif du sujet, puisque là n'est pas le thème, pour l'heure.
Quant à la Wicca, je parle de dianisme. Mais comme je le disais auparavent, la Wicca Dianique dans sa prime création n'existe plus, ou plus de manière pertinente et est en phase de disparition
inévitable. Même la Wicca, qu'est ce que la Wicca aujourd'hui? On en vient à un gros flou, à se définir spirituellement sur la "Voie de la Déesse" et ésotériquement dans la "Witchcraft", souvent
liées mais pas obligatoirement. Entre les deux, de nombreux univers dansent, s'entremêlent et se chevauchent. Cette définition flou, censée éviter des définition inexactes trop restrictives,
devient fausse par son inexactitude et ne rend pas justice à une personne grandement impliquée dans sa voie, se retrouvant à côté d'une autre personne revendiquant la même chose sans aucune
réflexion profonde et sans investissement personnel. Ainsi, quel que soit le type de personne, toutes se retrouvent fondues dans une grande masse hétéroclite, avec des profondes différences de
fond, sur forme unie toute recouverte d'un tas de couleurs pour masquer l'incohérence et le manque d'unité réelle. Et au final, on ne se comprend pas malgré des appellations similiaires, on
s'accroche les uns les autres, on s'en veut, on pense parfois qu'on ne peut pas même compter sur "les siens". Mais est-ce vraiment les nôtres, vu sous cet angle? J'ai parfois l'impression que le
paganisme, la wicca ou l'ésotérisme est en général un groupement de gens qui s'ont d'accord de se mettre ensemble "contre". Contre les autres, la société actuelle, le christianisme, les
monothéismes, le capitalisme (plein de -ismes). C'est connu, à partager des ennemis, on se fait des amis. Oui mais jusqu'où? Ca marche très bien pour s'opposer en effet, mais ça ne bâtit rien ;
l'Histoire grouille d'exemples de cas similaires.
Je n'ai rien à proposer comme solution miracle, ce n'est que ma propre réflexion. Je sais juste que je refuse de "décliner mon identité" dans les termes qu'on attendrait de moi, même si je sacrifie
à la nécessité en continuant de conserver le qualificatif de "dianique", auquel le discordianisme vient porter un secours libérateur. Plutôt que de dire ce que je fais, je préfère expliquer des
pans de ma pensée. Et ce, très longuement. Il est évident que ça ne suffirait pas même à commencer à toucher du doigt "qui je suis" en matière de spiritualité. Mais comme pour les expériences, "les
gens s'en fichent", dans le fond. Ils veulent des réponses claires, rapides, succintes ... superficielles. Ca contente la très grande majorité. Dommage.
Et tant pis, je continuerai à en dérouter certains. De même que ceux qui ont une optique identitaire similaire et sont accrochés (comme une moule à son rocher) à l'idée de Liberté. Et tant mieux
pour moi, parce que ça fait longtemps que j'aime mieux m'en amuser que de pleurer ... même si je rêve parfois, dans mon fond idéaliste, qu'il serait possible d'être compris pour ce qu'on est, avec
sincérité, sans accroc à sa nature intérieure.
Par Hédéra
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Publié dans : Hérésies transgenres
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Je te rejoins sur l'idée que la plupart des groupes ne se fondent sur une volonté de se battre ensemble et cela j'ai beau m'y être escrimé, je suis un très mauvais soldat.
De plus j'ai l'impression que me nommer signifierai la fin de ma recherche et je crois que je n'ai pas encore envie de m'arrêter.
Pour certains penseurs nous vivons à l'âge de Kali, l'âge de la confusion. Pourquoi pas ? Je suis extrèmement fier d'être un peu un de ses enfants :-)
Je suis contente en tous cas de constater que d'autres personnes ne voient pas une nécessité absolue dans le fait de se coller une identité définie et finie. L'univers ne se concentre pas dans la finitude, essayer de faire de même pour nous est profondément non naturel et artificiel.
D'ailleurs, je me disais peut être que ceux qui sont si attachés à une identité nominale sont finalement ceux qui n'ont pas trouvé leur véritable identité intérieure. Une fois qu'on l'a trouvée, on peut lacher toutes les constructions de paille, tous les carcans car on ne risque pas de se perdre. On danse avec Kali sur les débris des étoiles, et on modèle les nouveaux univers, infiniement.
Travaille avec Kali si en effet tu sens la destruction dans ta vie. C'est une déesse terrorisante pour qui se raccroche à l'éphémère et à l'apparence des choses, pour qui a peur de voir ses ténèbres dans toute leur profondeur. Tu as peut être déjà vu la représentation du plongeur, dans une tombe de Paestum. C'est une métaphore de la mort. Je ressens cet abandon à Kali de cette manire, un long plongeon dans le vide. Mais il suffit juste de ne penser à rien et se laisser tomber, tu verras que tu seras rattrapée et que tu étais en fait en sécurité. Laisse la tempête te recouvrir, t'entourer et tournoyer autour de toi. Laisse la passer, tout comme on dit qu'il ne faut surtout pas bouger si jamais un ours s'approche de toi. Oui, c'est tout l'art du laisser aller, ce n'est pas toujours facile d'autant qu'on est habitué à devoir tout contrôler, ou le plus possible dans nos vies. Mais il y a un temps pour tout, la sagesse est surement de reconnaitre les moments où se battre, et ceux où il faut capituler. Dans tous les cas, avec un choix juste et équilibré, on en sort toujours gagnant. Alors courage, il est évident que si tu te cherches, tu te trouveras. Et le monde et l'univers des possibles avec toi.