2007 ...
- 4 dents de sagesse en moins (mais un peu plus de sagesse en plus!)
- 1 mémoire de 250 page à mention très bien
- 1 refondation du coven du Paradigme de la Sphinge
- 1 tentative de faire passer un peu de vérité sur la Wicca dans un magazine (et 1 échec notoire)
- 1 fondation d'une nouvelle branche dianique
- 1 commencement d'enseignement dans ma tradition
- 1 Grand Amour que j'attendais depuis au moins 5 ans
- 1 voyage de fiançailles de rêve
- ... et beaucoup d'autres rêves, grands et petits, de réalisés.
Ce fut une année 2007 magnifique qui éclipsa les quelques désagréments de santé et de travail intensif.
Puisse l'année de 2008 apporter la maturation de tout ce que 2007 a porté.
Une belle chanson, et beaucoup de souvenirs :

Et un jour une femme
Florent Pagny
D'avoir passé des nuits blanches à rêver
Ce que les contes de fées vous laissent imaginer
D'avoir perdu son enfance dans la rue
Des illusions déçues passer inaperçu
D'être tombé plus bas que la poussière
et à la terre entière
En vouloir puis se taire
D'avoir laissé jusqu'à sa dignité
Sans plus rien demander
qu'on vienne vous achever
{Refrain1:}
Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu'à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Puis un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d'un autre
Parce qu'elle porte le monde
Et jusqu'au bout d'elle même
Vous prouve qu'elle vous aime
Par l'amour qu'elle inonde
Jour après jour vous redonne confiance
De toute sa patience
Vous remet debout
Trouver en soi un avenir peut-être
Et surtout l'envie d'être
ce qu'elle attend de vous
{Refrain2:}
Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu'à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Vos plaies les plus profondes
Et un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d'un autre
Parce qu'elle porte le monde
Et jusqu'au bout d'elle même
Vous prouve qu'elle vous aime
Par l'amour qu'elle inonde
Par l'amour qu'elle inonde
Et un jour une femme
Dont le regard vous touche
Porte jusqu'à sa bouche
Le front d'un petit monde
Et jusqu'au bout de soi
Lui donne tout ce qu'elle a
Chaque pas chaque seconde
Et jusqu'au bout du monde
Jusqu'au bout du monde
{Parlé:}
Jusqu'au bout du monde
Parce qu'elle porte le monde
Désormais, toute une section s'ouvre sur le site du Paradigme de la Sphinge qui est entièrement consacrée à la mythologie féminine du monde entier. Il s'agit en fait de la traduction de livre assez connu de Patricia Monaghan The Book of Goddesses and Heroines. Cela faisait longtemps que je songeais qu'il manquait en France de bonnes bases de données globales concernant les déesses, la chose est en train de se régler.
Les sections se remplitont donc peu à peu, selon un classement géographique par ordre alphabétique des civilisations dont sont issues les déesses/héroïnes.
Le plan d'ensemble est donné à cette page : http://paradigme-sphinge.site.voila.fr/encyclopedie_deesses_heroines.html
Et la section des déesses et héroïnes africaines a déjà été intégralement traduite ici : http://paradigme-sphinge.site.voila.fr/deesses_africaines.html
Des annonces régulières seront faites concernant l'avancée de nouvelles traductions.

Selon toute vraisemblance, il paraîtrait que le terme de wicca soit incorrect et qu'il faudrait écrire wica. Parce que la wica, c'est Gardner, et que Gardner, c'est le papa de la Wica telle qu'il l'a créée (ou recréée, pour ceux qui veulent voir le côté mythique et légendaire). Bref, c'est la wicca gardnérienne et c'est tout.
Soixante ans après lui, la wicca ne désigne plus une tradition. C'est devenu un terme générique pour une certaine forme de croyance et de pratiques magiques. La Wicca seule ne veut plus dire grand chose, et c'est à grand renfort d'adjectifs qu'on peut désormais situer le type de pratiques et de pratiquants de telle ou telle branche.
Les temps changent, les moeurs et avec elles, les mots, évoluent. La vérité, c'est que bien que certains défendent encore le terme de wica, de souche de base, il ne recouvre plus qu'une mince frange de l'ensemble. Ce terme, ou plutôt son orthographe, est à ce point marginal que beaucoup croiront à une faute d'orthographe. Ainsi, les puristes défenseurs de cette graphie iront du désappointement face à l'évolution des choses, à la certitude clamée avec dédain que nous vivons en pleine décadence. Les regards condescendants couleront vers les hérétiques, les ignares ou les gens sans sérieux (au choix) qui continuent de parler gentiment de wicca. Quelle que soit la réaction, la seule vérité est que la langue est en perpétuelle évolution, et que les mots ne cessent de développer de nouveaux sens, étendre ceux qu'ils ont déjà ou en perdre d'autres. C'est pour cela que chaque année, les dictionnaires sont révisés pour qu'ils restent proches de la langue actuelle, parlée et comprise (puisque le langage existe dans le but de transmettre une information, par le biais d'idiômes [communs à autrui], et donc, de se faire comprendre).
Ce combat pour la "wica" est donc pour ainsi dire anachronique, et ne porte pas tant à conséquence que pour ceux qui défendent leur pain (gardnérien). Du reste, quelle importance capitale un minuscule "c" (ah quel jeu de mots brillant!) peut-il donc avoir? Aucune. Quand on parle (oui, comme dans les temps antiques immémoraux où personne n'écrivait de Livre des Ombres car personne n'écrivait tout court ...), tout le monde se comprend sans justifier une graphie plutôt qu'une autre.
Alors je continuerai tranquilement à écrire "wicca", parce que, honnêtement, de tout cela, je m'en fiche.
Hier, j'ai rêvé de squelettes vivants. Ce n'était pas un rêve effrayant mais c'était angoissant, car ils avaient beau mourir, on les renfermait toujours dans de nouveaux cadavres squelettiques, sans jamais être libérés. A mon réveil, ça m'a refait penser à la légende Inuit de la Femme Squelette et sa signification me ramena à une phrase liée à Kwan Yin : ayez de la compassion envers vous même. Quelque part, mon intuition qui m'a menée à cette succession d'idées doit avoir raison, comme souvent.
Voici la légende de la Femme Squelette, telle qu'elle apparait dans Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola-Estes. En la relisant, je l'ai vraiment trouvée magnifique et porteuse de douceur et de compassion, même vis à vis de ce qui est effrayant en nous ou en dehors de nous.

Elle avait fait quelque chose que son père désapprouvait, mais dont personne ne se souvenait. Toujours est-il que son père l'avait traînée jusqu'à la falaise et précipitée dans la mer. Les poissons avaient mangé sa chair, dévoré ses yeux. Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants.
Un jour, arriva un pêcheur. En fait, ils étaient plus d'un à pêcher à cet endroit, mais celui-ci avait été entraîné bien loin de chez lui et il ignorait que les pêcheurs des environs se tenaient à l'écart de cette crique, disant qu'elle était hantée.
Or, voilà que l'hameçon du pêcheur vint à se prendre dans les os de la cage thoracique de la Femme Squelette. "Oh, pensa le pêcheur, je tiens là une grosse prise !" Il imaginait déjà le nombre de personnes que ce magnifique poisson allait nourrir, combien de temps il durerait, combien de temps il lui permettrait de ne plus retourner pêcher. Alors, tandis qu'il se bagarrait avec ce poids énorme, la mer se mit à bouillonner, secouant son kayak comme un fétu de paille, car celle qui était sous la surface se débattait pour essayer de se libérer. Et plus elle luttait, plus elle s'emmêlait dans la ligne. Elle avait beau faire, elle était inexorablement tirée vers le haut, accrochée par les côtes.
Le chasseur s'était retourné pour rassembler son filet. Il ne vit donc pas son crâne chauve apparaître au-dessus des vagues. Il ne vit pas non plus les petites créatures coralliennes qui scintillaient dans ses orbites, ni les crustacés sur ses vieilles dents d'ivoire. Quand il se retourna avec son filet, le corps tout entier avait émergé et était suspendu à l'extrémité de son kayak par ses longues dents de devant.
"Aaaah !" hurla l'homme. De terreur, son coeur fit un bond terrible et ses yeux allèrent se réfugier à l'arrière de sa tête, tandis que ses oreilles devenaient cramoisies. Aaah !" Il lui asséna un coup de pagaie et se mit à pagayer comme un fou vers le rivage. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle était entortillée dans sa ligne. Aussi semblait-elle le pourchasser, debout sur ses pieds. Il était de plus en plus terrifié. Il avait beau faire des zigzags, elle suivait, et son haleine dégageait des nuages de vapeur au-dessus de l'eau et ses bras se tendaient, comme pour se saisir de lui et l'entraîner dans les profondeurs.
"Aaaaaaah !" gémit-il en touchant terre. Il ne fit qu'un bond hors de son kayak et se mit à courir, sa canne à pêche serrée contre lui, avec sa ligne, le cadavre de corail blanc de la Femme Squelette derrière lui, toujours emberlificoté dedans. Il escalada les rochers. Elle suivit. Il se mit à courir sur la toundra gelée. Elle suivit. Il courut sur le poisson qu'on avait mis à sécher dehors, le réduisant en pièces sous ses mukluks.
Elle suivait tout du long. En vérité, elle s'empara au passage d'un peu de poisson séché et se mit à le manger, car il y avait bien longtemps qu'elle ne s'était nourrie. Enfin, l'homme atteignit son igloo, plongea dans le tunnel et rentra à l'intérieur à quatre pattes. Hors d'haleine, il resta là, à hoqueter dans l'obscurité, le coeur battant la chamade. Enfin en sécurité, oh oui, oui, grâce aux dieux, Corbeau, oui, merci Corbeau, et Sedna la toute-bienfaisante, en sécurité enfin...
Et voilà que, lorsqu'il alluma sa lampe à huile de baleine, c'était là, elle était là, recroquevillée sur le sol de neige, un talon par-dessus l'épaule, un genou contre sa cage thoracique, un pied sur le coude. Plus tard, il serait incapable de dire ce qui le poussa - peut-être la lueur du feu adoucit-elle ses traits, ou bien c'était le fait qu'il était un homme seul. Toujours est-il que la respiration du pêcheur se fit plus attentive, que, doucement, il tendit ses mains rudes et, avec les mots d'une mère à son enfant, il se mit à la désenchevêtrer de la ligne.
"Na, na..." Il commença par désentortiller la ligne de ses doigts de pied, puis de ses chevilles. "Na, na..." Il travailla jusqu'à la nuit, jusqu'à ce qu'il la vête de fourrures pour lui tenir chaud. Et les os de la femme Squelette étaient dans l'ordre qui convenait.
Il fouilla dans ses parements de cuir, prit son silex et se servit de quelques-uns de ses cheveux pour faire un supplément de feu. Tout en huilant le bois précieux de sa canne à pêche, et en moulinant la ligne, il la regardait. Elle, dans ses fourrures, ne disait mot - elle n'osait pas - de peur qu'il s'empare d'elle, la jette sur les rochers et la mette en pièces.
L'homme commença à somnoler. Il se glissa sous les peaux et bientôt se mit à rêver. Or parfois, dans le sommeil des humains, une larme vient à perler à leur paupière ; nous ignorons quelle sorte de rêve en est la cause, mais ce doit être un rêve triste, ou bien un rêve où s'exprime un désir. C'est ce qui se passa pour cet homme.
La Femme Squelette vit la larme briller à la lueur du feu et soudain, elle eut terriblement soif. Elle déplia ses os et se glissa vers l'homme endormi, puis posa sa bouche sur la larme. Cette unique larme fut une rivière à ses lèvres assoiffées. Elle but encore et encore, jusqu'à étancher la soif qui la brûlait depuis si longtemps.
Pendant qu'elle était allongée auprès de lui, elle plongea la main en l'homme endormi et mit au jour son coeur, ce puissant tambour. Elle s'assit et tapa sur les deux côtés du coeur : Boum, boum ! Boum, boum !
Tandis qu'elle jouait ainsi, elle se mit à chantonner : "De la chair, de la chair, de la chair !" Et plus elle chantait, plus son corps se couvrait de chair. Elle chanta pour une chevelure, elle chanta pour des yeux, elle chanta pour des mains potelées. Elle chanta pour une fente entre ses jambes, pour des seins longs, assez profonds pour tenir chaud, et tout ce dont une femme a besoin.
Et quand ce fut terminé, elle chanta pour ôter les vêtements de l'homme endormi et se glissa avec lui dans le lit, peau contre peau. Elle rendit à son corps le tambour magnifique, son coeur, et c'est ainsi qu'ils se réveillèrent, l'un et l'autre emmêlés d'une façon différente, maintenant, après la nuit passée, de bonne et durable façon.
Les gens qui ont oublié ce qui avait causé son malheur, au départ, racontent qu'elle s'en alla avec le pêcheur et qu'ils furent largement nourris par les créatures de la mer qu'elle avait connues durant son séjour sous l'eau. Cette histoire, disent-ils, est vraie, et ils n'ont rien à ajouter.
