Dimanche 28 octobre 2007

Enfin quelques jours de vacances, donc du temps pour étoffer notre site. Avec au moins 2 articles en chantier à venir d'ici peu aussi, voici ce qui a été mis en ligne récemment :

- Pourquoi être dianique (et pas gardnérien, alexandrien, éclectique, seax...)?

- Liste non-exhaustive des idées reçues que les Wiccans (du moins certains) ont de la Wicca

- En quête de vérité : le bon équilibre entre croyance et raison

Ainsi que l'article reprenant le Cosmopolitan.

 

C'est bien les vacances ... pour travailler à autre chose!

Lundi 22 octobre 2007

En fait, après quelques refléxions somme toutes rapides et logiques, j'en viens à me dire que tout est le mieux dans le meilleur des mondes : cet article de Cosmopolitan est vraiment une réussite.

Avec ou sans nous, il aurait été fait ; j'imagine comme la journaliste se serait frottée les mains avec des gardnériens nus avec fouet et cordes. Ah oui, on serait reparti pour 10 ans de satanisme et d'orgies! Et avec d'autres petits groupes moins attentifs, elle aurait eu bien plus d'idioties à en dire.

Non finalement, pas de quoi en faire un fromage. C'est assez décevant de manière personnelle, mais à bien y penser, on a frôlé un ridicule bien plus total!

Mouhahaha ...

Dimanche 21 octobre 2007

Cette fois, c'est une note totalement informelle, après la mise au point que j'ai faite non seulement pour moi mais aussi toutes les personnes du coven qui s'étaient investis et avaient espéré faire passer un peu plus de la véritable essence de la Wicca dedans.

On ne cesse de me répéter que c'est bien, que nous avons fait le bon choix, qu'il fallait que quelqu'un ouvre les portes de son groupe pour que tout le monde sache que nous sommes inoffensifs. Bref, en fin de compte que c'est un article bien, tout gentil qui aidera certains à trouver leur voie ou vouloir en savoir plus. Moui ... (et les trois petits points comptent beaucoup)

Seulement, ni pour moi ni pour personne d'entre nous, ne voulions faire de cette entrevue une preuve de non offensivité; c'est sur l'esprit, le sérieux et le caractère de l'engagement initiatique et rituel que nous n'avons cessé d'insister durant tout le temps que la journaliste est restée. On me dira, j'étais prévenue : Cosmo ne s'interesse pas à cela mais fait de la soupe. Il ne faut pas que ce soit trop sérieux, trop intellectuel, trop construit. Il faut que ce soit distrayant.

On me dit que nous avons limité les dégats, avec toutes les précautions prises, de sorte que la journaliste a galéré pour trouver un peu du sensationnel qu'elle recherchait. C'est vrai, elle nous l'avait confié.

Mais ma vérité, c'est qu'on pourra me dire ce que je veux pour me consoler ou me prouver du bien fondé de tout cela, je reste profondément dégoutée et blessée du travestissement de notre rituel en ... ça. Rien de notre rituellie, rien de nos techniques de magie de groupe, rien du travail sur soi de méditations, d'exercices d'énergies. Rien de nos croyances profondes, mais un merveilleux amalgame au point qu'on put lire que des dianiques allumaient des bougies au Dieu et à la Déesse ... Tout le sens était perdu alors qu'on l'avait martelé plusieurs heures durant l'après midi. Oui on me dira que j'aurais dû m'y attendre et que ça aurait été pire avec d'autres moins attentifs que nous à éviter au possible les clichés.

Oui, mais ma fierté en prend un coup et je ne vois pas pourquoi je m'en cacherais. Ma fierté personnelle, celle des autres personnes du coven, celle de la Wicca Dianique, celle de la Wicca en général, tout simplement. J'ai lu quelque part sur un blog que cet article nous faisait passer pour une bande de débiles profonds ... Et dire que je suis entièrement d'accord. Ce n'est même pas une leçon d'humilité sur soi-même et des défauts internes que je ou nous aurions, c'est le profond découragement de voir une fois de plus, que malgré toute la bonne volonté du monde, c'est un échec. Pour nous, pour la Wicca en général. Oui on me dira que ... Mais moi je vois les choses autrement.

Jeudi 18 octobre 2007
De nos jours, on fait des coming-out pour des choses assez diverses ; de l'homosexualité à son appartenance à la Wicca ou autre mouvement philosophique, spirituel, ou ésotérique. On dévoile ses secrets inavouables, ses talons d'Achille, la petite tâche que nul ne voit mais qui nous semble crever les yeux et qu'on tente de cacher par tous les moyens. Je me souviens des moments où j'ai commencé à parler de la voie que je m'étais choisie dans la Wicca à ma famille. Cela n'a jamais été un coming-out, je ne me cachais pas, jamais. Mais il fallait bien expliquer, et ce n'était pas facile. Petit à petit seulement, les informations passaient et pouvaient être comprises et acceptées.
 
Comme beaucoup, je ne suis pas née dans cette voie. Plus encore, je ne semblais pas destinée à m'y engager. J'étais la petite fille qui voulait vouer sa vie à aller vers Dieu et qui ne croyait que souffrance, ou presque, ici bas. Je n'étais pas à plaindre, je ne manquais de rien et j'étais aimée. Pourtant il me semblait que le monde entier était hostile et j'ai souvent souhaité pouvoir y être soustraite. M'échapper, m'envoler, puisque je ne m'y sentais pas à ma place. Moquée, je l'ai été. Pour tout et n'importe quoi. C'était injuste. J'ai détesté cette existence inique. Il était évident qu'il n'y avait aucun bien ici, il devait se trouver ailleurs. Rejeter et fuir la vie, voilà qui me semblait encore la meilleure solution. On m'a parlé de la réincarnation, j'y ai cru. Mais qu'on ne me dise pas que je reviendrais encore, non. J'avais déjà trop peiné pour en arriver là, il me semblait impossible de devoir recommencer, ou plutôt de pouvoir recommencer. Renaître, connaître de nouveau le bonheur mais surtout, souffrir encore. J'ai espéré de tout coeur que ça ne pouvait pas exister. J'ai pleuré de douleur physique, de souffrances morales, de la peine indicible de perdre trop jeune une amie chère, de ne pas avoir su lui dire à quel point elle comptait.
 
Et pourtant, il m'était apparu évident que le monde restait indifférent à notre manière de le considérer. Qu'on le voit avec douleur ou avec joie, il était invariablement le même, seul notre regard changeait. Et le monde était beau, cette perfection dans l'emboitement de chaque chose, cette harmonie dans la beauté m'indiquait que mes peines n'avaient pas l'existence de la terre pour cause mais celle de la cruauté et des vices humains. Paradoxalement, cette humanité, capable du pire, mais aussi du meilleur, m'est devenue plus chère. Nous apparaissons si petits face à l'immensité de l'univers, et aussi petits que nous sommes, nous demeurons au sein du grand tout. J'ai découvert la magie et la sacralité de la Vie, de la Nature et de l'humanité en même temps que je fus fascinée par l'épopée cathare. J'avais 14 ans.
 
A aucun moment je n'ai douté de la voie que j'avais prise, à travers les Mystères anciens, la tradition de la Déesse qu'est la Wicca Dianique. Je m'y suis tournée tout naturellement, dans ma quête d'harmonie, d'équilibre et de paix avec moi-même comme avec ce qui m'entoure. La douceur et la force de cette tradition féminine, la connaissance et l'expérience de la Déesse dans ma vie a guérit mes blessures et donné le courage de continuer et de vivre selon ce que je crois juste. Pourtant, ces cathares restaient invariablement un mythe inexplicable. Avec leur croyance en un monde mauvais, créé par le Diable, ils étaient le contraire exact de mes propres convictions. Malgré tout, ils continueraient de m'inspirer un grand respect, avec leur image fière, entière, absolue.
 
Absolu. Voilà ce qui me parlait en eux. L'infini, l'absolu, l'éternel ; des valeurs dans lesquelles je me suis toujours reconnue et que je poursuis avec espoir, rêve et anxiété. Je voulais l'extase absolue, la confiance, la foi, les émotions, l'existence ; tout cela de manière absolue. Et surtout, je voulais l'amour absolu. Romantique, passionnée, fleur bleue et je ne m'en cache pas, cet aspect m'a attiré. J'ai idéalisé consciemment le catharisme en n'en retenant plus que l'amour absolu et insolent, méprisant des conceptions habituelles, un amour parfait, un amour hérétique. J'ai rêvé d'une humanité plus douce, plus compatissante, qui aimerait la paix et la sagesse.
 
Je me suis longtemps demandée quelle voie je suivais en réalité. Indubitablement je n'étais pas cathare, indubitablement je suivais un chemin qu'ils auraient abhorré et que je ne renierais jamais ; mon chemin, celui que je sens véritablement juste, quand bien même ce ne serait que pour moi. Un chemin qui replace l'humanité dans le sacré, dans lequel la Déesse est tout, dans lequel je suis moi aussi la Déesse, une partie d'Elle.
 
Et puis j'ai compris. Dans ce monde manichéien qui ne voit de sacré nul part sur cette terre, si ce n'est dans l'homme, c'était là la seule autre religion qui partageait avec moi ce qui importait finalement le plus : le divin que l'on perçoit dans le regard humain. Eux comme moi ne regardent pas vers le ciel mais honorent leur humanité, leur sacralité. Humanité, pas une humanité souillée, mais ce qu'elle porte de meilleur. Amor. Dans notre petitesse et notre grandeur, antagoniste ou pas, selon mes croyances et avec les leurs, je suis fière de faire l'expérience de cette Humanité.
Vendredi 12 octobre 2007

 

Voici un article que j'ai fait paraitre sur le forum de la LWE et qui a autant sa place ici, retour sur un article de la Wicca en France paru dans le supplément Voyance de Cosmopolitan de ce mois-ci :

 

A tous ceux du forum qui me connaissent, à ceux qui viennent d'arriver et en particulier, à ceux qui arrivent ici après la lecture de l'article de Cosmopolitan sur la Wicca (et après avoir trouvé l'adresse de ce forum dessus) ;

Ceci est un article de commentaires, rectificatifs et réponse à cet article. Comme certain le savent, moi et mon coven du Paradigme de la Sphinge avons accueilli la journaliste de Cosmopolitan pour le Lammas de cette année. Nous avions assez jasé à ce sujet, sur les avantages et les risques encourrus d'un tel article. Nous avons eu relativement raison dans nos pronostics. Voici donc mon droit de réponse, ainsi que celui du Paradigme de la Sphinge, qui, malgré avoir été clairement mentionné comme coven, du nom de Paradigme de la Sphinge, n'est cité que sous les termes de "un petit groupe de filles" (p.17) ou "Aude et ses amies". (p.20) Cela donne assez bien le ton de l'article d'ailleurs, et nous aurions espéré qu'un groupe initiatique et à démarche spirituelle et magique sérieuse aurait droit à un peu mieux que "Aude et ses amies". Nous ne sommes pas une bande de lycéennes, sachant que nous avons de 22 à 47 ans, et que nous avons parmi nous un représentant masculin! Au passage, puisque certains propos doivent être replacés, je précise d'emblée que la Aude est la même qui écrit présentement, c'est à dire moi-même. Cette introduction m'amène à mon premier point :

- De la futilité

Oui, c'est un article bien gentil qui m'a fait gentillement sourire. Enfin, quand ça ne m'hérissait pas les poils. Bon, on ne se faisait pas d'illusions, un article paru dans un magasine de jeunes femmes ne pouvait pas donner de longue diatribes engagées sur le féminisme, l'écologie, l'histoire de la Wicca ou les croyances profondes. D'ailleurs, lorsque j'avais eu les premiers contacts par téléphone, mes interlocuteurs étaient assez déçus que nous ne pratiquions pas en chapeaux pointu ou avec des éléments de l'imaginaire populaire, auquel cas un photographe aurait été envoyé couvrir ça! Donc le ton était donné, il s'agissait de trouver le plus de folklore possible, des choses qui parlent à ce public féminin. Et ça n'a pas loupé. De toute l'après midi et de la soirée jusque minuit passé où la journaliste fut présente, de tout ce que nous avons témoigné sur les pratiques de notre tradition de wicca dianique, sur l'histoire de la Wicca, des sorcières et des religions à Mystères (là on reconnait bien mes interrêts) ; bref, de notre volonté d'appuyer sur le sérieux, le raisonné, le scientifique même, voici ce qui a été retenu : nous faisons des sorts pour avoir du beau temps, trouver du travail ou maigrir, et tout un paragraphe est dédié à un sort amoureux! Je vous dis pas la déception! Parce que bien sûr, il y a toujours une part de folklore dans nos pratiques, mais il est désolant que ç'ait été ainsi sorti du contexte. Oui nous "jetons des sorts" mais principalement pour deux raisons :

- quand on est face à une situations importante qui requiert un coup de pouce, voire une aide plus forte

- quand il faut s'entrainer en groupe (eh oui, la magie dans un groupe, ce n'est pas aussi "simple" que tout seul. Ca requiert certaines techniques, une coordination, un véritable entrainement comme une équipe de sport de groupe)

La plupart du temps, les deux raisons sont alliées et contrairement à ce que l'article laisserait entendre, aucun problème futile n'a été traité ce jour là, et n'est jamais traité d'ailleurs. Il apparait moins vain de demander du beau temps pour des fiançailles quand ça fait 2 mois d'été qu'il pleut et fait froid (car quand même, des fiançailles, c'est quelque chose d'unique dont on se souvient toute une vie, qui tient à coeur; enfin, à la base et c'est ce que tous souhaitent quand on se fiance!), demander un travail quand on cherche assiduement et que la situation devient urgente, de demander une aide pour maigrir quand il s'agit non pas de mode, mais d'estime de soi et de bien-être (d'autant que la personne qui a demandé cela n'avait ni 20, ni 30 ans, et que ce n'était pas un "complément de régime" comme on en trouve en supermarché sous forme de gélules). Bref, la Wicca vit entre plusieurs mondes, dont le monde spirituel et le monde matériel. Le bien-être spirituel participe du bien-être matériel et vice versa. Traiter des ennuis bien concrets, parfois avec une part de psychologique également, c'est participer de cet équilibre physique/spirituel. Il n'y a aucune dichotomie et aucune superficialité à cela ; corps et âmes vivent de concert sans être séparés et doivent être respectés et aimés de pareille manière.

De même, j'ai presque sauté au plafond en lisant le paragraphe sur mon sort amoureux. D'autant que j'ai senti mon éthique quelque peu blessé. L'article dit que j'ai "pratiqué un rituel pour faire venir l'être aimé", ce qui est plus qu'ambiguë. Il fallait ainsi comprendre un rituel "pour rencontrer la personne idéale" et non pas "qu'une personne que j'aimerais tombe amoureux de moi". Je suis, comme beaucoup, très opposée au fait d'influer sur autrui, notamment forcer des sentiments par magie. J'en suis donc d'autant plus embêtée que jamais je n'aurais fait cela. L'article dit également que le rituel a pris un an, ce qui est vrai. Mais si j'ai cette conviction qu'il a fonctionné, c'est vque j'ai rencontré la personne 2 mois après. La phrase citant des étapes où être prête renvoyait à une série d'instrospections, de purifications et de bannissement de schémas, peurs ou blessures anciennes. Il est connu qu'on ne batit rien de solide sur une muraille fissurée aux mauvais fondements.


Des erreurs :

L'article en lui-même comporte une série d'erreurs importantes :

- Nous n'avons PAS allumé de bougies au Dieu et à la Déesse. Bien que cela se fasse dans la plupart des courants wiccans, étant de tradition dianique, nous n'invoquons pas le Dieu. Il n'y a donc aucune raison qu'une bougie le représente. Il est considéré comme naturellement présent au sein de la Déesse.

- Shekhinah Mountainwater, récemment décédée, ne provient pas directement du courant dianique bien qu'elle y ait contribué : elle a fondé un courant nommé Womanspirit, alors que la fondatrice de la wicca dianique est Z. Budapest. Il convient donc de rendre à César ce qui est à César.



Notre groupe est fier de prôner le partage et la diffusion de la connaissance et du savoir, ainsi que de lutter contre l'obscurantisme, ce qui nous a conduit à accepter de participer à l'article. Comme on le dit souvent : On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, or nous avions bel et bien insisté sur l'essentiel de la spiritualité et l'ésotérisme de la Wicca. Nous ne regrettons pas cette expérience malgré cette relative déception. Je n'accuserai pas la journaliste qui a essayé de mettre bout à bout de très nombreuses informations collectées ici et là, et qui avait parfois du mal à comprendre tous les tenants et les aboutissants. Cela se retrouve dans les erreurs signalées. Cosmopolitan cherchait le sensationnel, et ne se voulait pas revue d'ethnologie, en étudiant croyances et pratiques. Certains détails furent donc privilégiés au dépens de ce qu'on aurait espéré, mais tout n'est pas si mauvais. certains témoignages, de Sélénée ou Aranna, sont très utiles et je les salue au passage. Je souhaite de tout coeur que cet article, en "contre-article" vient apporter un regard différent, des explications à ce qui laissé comme tel par ce magasine, passerait pour de l'amusement de jeunes filles.

Je suis vraiment, sincèrement, navrée de n'avoir pu faire en sorte que cette expérience de rituel ne fasse pas ressortir autre chose, car de nos remerciements, de nos actes rituels, de nos invocations et prières, bien peu a été dit. Tout ce qui porte la profondeur des sentiments envers la Déesse, envers la Nature et l'univers ; tout ce qui fait que nous sommes attachés à notre voie et que nous l'abordons avec respect du sacré et des forces qui nous entoure a trop peu été exprimé. Mais finalement, nous nous en doutions bien.

Je souhaite en tous cas que tous ceux qui viendront ici par le biais de cet article auront une vision différente, plus ettayée, après avoir lu ce correctif.

Hédéra

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