
En tous cas, une égérie du Paradigme de la Sphinge sans le moindre doute, cultissime pour la fan devant l'Eternelle que je suis.
Et donc, ce ne furent pas deux new-yorkaises, mais deux prêtresses strasbourgeoises, qui se rendirent hier soir au cinéma afin d'assister
comme il se doit à une séance de ce film tant attendu, le jour de sa sortie (nous aurions bien fait l'avant-première, si seulement il y en avait eu ici ... Un manque de savoir vivre ça!). Si
j'avais cette semaine trois oraux d'entrainement à mon oral d'admission, le seul évènement digne d'un grand E était la sortie de ce film. Ca se saura depuis le temps que j'en parle à tout
vent.
Toutefois, il faut admettre que c'est tout un phénomène qui dépasse les barrières générationelles. Il y a donc quelque chose, un concentré de féminité dans son essence la plus pure. J'imagine des
froncements de sourcils, devant cet étalage de défilés de mode, de soirées hype, de tout ce qui fait la Superficialité avec grand S. Oui mais ; c'est le paysage, le contexte qui fait que c'est si
attractif après une longue journée de travail, quand on cherche à se détendre, à rire, et dans le fond, à trouver un miroir à ses propres interrogations féminines existentielles de type "mais
pourquoi les hommes sont-ils si [mettez le reproche de votre choix]?!". Je me souviens avoir tiré de grandes leçons de sagesse dignes du Dalaï Lama après le visionnage de certains de ces
épisodes, à croire qu'ils contiennent tous les secrets de la vie ... ou du moins, de la vie moderne avec ses joies et ses viscissitudes. Nul besoin d'habiter à New York, de crouler sous l'argent
et de vivre de cocktails et de défilés Gucci. Dans ma petite campagne alsacienne, je vois bien que le monde est partout le même. Ou plutôt, que l'humanité se retrouve à la ville, à la campagne,
en Amérique ou en Europe. Ou ailleurs.
C'est sûrement ce qui fait de Sex and the City une série, puis un film, si fédérateur. Et puis, c'est l'histoire de quatre grandes amies. De fait, le public au cinéma devait être au
moins à 90% féminin, avec des groupes de copines oscillant entre deux et dix amies. C'était tellement évident : Sex and the City, c'est la grande messe de l'amitié entre femmes. Et c'est
bien le message de la série ; les hommes défilent avec les joies et les peines, mais les amies restent, encore et toujours.
Film dianique par excellence donc, puisqu'il célèbre les homosexuels, les hétérosexuels, , et surtout les femmes, des femmes libérées, exigentes, conscientes et maitresses de leur
pouvoir professionnel, social voir sexuel, et les femmes dont les liens d'amitié sont garants d'un soutien et d'une fidélité inconditionnelle. Des conquérantes, jamais des victimes. Des femmes
modernes dans le meilleur sens du terme.
Le message du film? Profitez, allez acheter des chaussures, des beaux habits, vibrez au rythme des rencontres amoureuses sans jamais vous décourager, et choyez vos amies. Elles étaient là avant,
elles seront là après. Les amours passent, les amies restent. Elles seront toujours là pour un après midi shopping ou des confidences (très) intimes. Y a-t-il d'autres choses qui soient vraiment
importantes? Dans le fond, ce qui est léger ne l'est peut être pas tant que ça, on sait ce que valent les petites choses de la vie, tout comme les petites gouttes forment des océans.
En tous cas, à moi, ça me donne des ailes. Je me bichonne bien en ce moment, je suis peut être plus "dans le mouvement" que d'ordinaire. Un peu de mode pour pimenter ce quotidien studieux, une
mode qui me sied et me renouvelle. Je suis un serpent, je suis en train de m'étirer pour me défaire de mon ancienne peau. Et caméléon aussi, en passe-muraille des genres. Quand j'aurai fait le
tour, je reviendrai au centre. A l'essentiel. Et toujours, avec ma grande amie. Nous aussi, comme Samantha et ses trois amies, nous célébrerons nos cinquante ans ensemble, et plus encore.
Sex and the City, sponsor officiel des dianiques modernes, qui réclament leur appartenance à cette modernité sur toutes les échelles, ailleurs comme ici.
Je n'ai pas toujours eu les relations complices et harmonieuses que j'ai à présent avec ma mère. Nous nous sommes vraiment entendues que le jour où elle m'a acceptée comme son égale, après l'enfance et l'adolescence. Avant cela, elle était la maman embêtante qui m'empêchait de jouer, regarder la télé ou sortir voir des amis pour me faire répéter inlassablement des leçons, que ce soit après l'école ou tout le dimanche. On s'est éloignées encore à l'adolescence, elle avait un regard critique sur la prise de libertés de sa petite fille, et quelque part, ne voulait pas la voir grandir trop vite. Les aléas de la vie, les difficultés comme des maladies ou d'autres épreuves achevèrent au bon moment mon entrée dans l'âge adulte, et nous avons fini par nous retrouver à regarder toutes deux, en fans inconditionnelles, Sex and the City tous les vendredi soirs. On attend d'ailleurs la sortie du film avec grande impatience, c'est un ciment incomparable de nos relations de femmes adultes.
Ma meilleure amie avait entendu parler d'un livre historique sulfureux sur la sexualité durant l'Occupation allemande en France, à la 2de Guerre Mondiale (1940-1945 : Années érotiques, de Patrick Buisson). Ma mère n'a jamais aimé l'Histoire, c'est un héritage que j'ai reçu par mon père. Mais elle aime les détails croustillants, et tout ce qui est amusamment sulfureux. S'il y avait bien un moyen de lui faire aimer l'Histoire, c'est bien un moyen comme celui-là. Elle fut vraiment ravie de ce cadeau.
J'ai pu lui offrir lors du traditionnel petit déjeuner en famille du dimanche matin, auquel je n'avais plus pris part depuis des lustres. Dans la conversation qui suivit, elle rappela combien elle était heureuse que j'aie pu être admissible, affirmant que tout le monde me soutenait, même une connaissance de ma grand mère qui avait prié la Sainte Vierge pour moi. Elle ajouta que c'était vraiment aimable et généreux de sa part, une personne si pieuse, puisqu'elle ne me connaissait pas, et que c'était une chance, car selon ma grand mère, ses prières étaient toujours exaucées (et elle était connue dans son coin pour ça). Un débat s'engagea avec mon père, soutenant que cette femme qui se contentait de prier pour demander des voeux n'était pas pieuse. Deux spiritualités différentes, que mon père et ma mère, tous deux catholiques. On pourrait dire que ma mère et ma grand mère se rattachent à un catholicisme "de bonnes femmes", peuplé de saints, dont la Sainte Vierge, présents pour secourir les fidèles. Tandis que mon père est plus cartésien, chrétien dans le sens original du terme et somme toute, à la spiritualité plus "masculine". Il lui fit comprendre que les prières de voeux à Marie étaient peu conformes au véritable christianisme. J'ai souri en entendant la réponse si spontanée de ma mère :
" Mais enfin, c'est Notre Dame, Notre Mère! Et Elle aime Ses enfants! "
Et d'ajouter qu'elle croyait en Marie et à l'Esprit Saint. L'Esprit Saint, cette féminité divine des cathares, des gnostiques comme je le disais il y a peu. C'était un instant qui m'a émue. Je vois bien que, bien que sa spiritualité soit plus simple, moins emplie de questionnements surement que la mienne, je ne suis pas si loin de ces pratiques "de bonnes femmes", très vivantes du côté maternel de ma famille. Des bidouilleuses magiciennes qui n'ont aucun scrupule à demander à la Mère de réaliser nos voeux, même (et peut être surtout) ceux de la vie très matérielle et quotidienne. La Mère est bien celle qui pourvoit à la nourriture et au nécessaire de Ses enfants. Elle est bien ancrée dans la terre.
J'aurais du mal à faire comprendre ces subtilités à ma mère, trop attachée au catholicisme par tradition familiale et par héritage de sa propre famille, mais je vois bien que pour le fond, la Déesse est bien présente chez moi, bien avant moi. Jolie fête des Mères.
Les résultats d'admissibilité sont tombés, avec un jour d'avance. Et voilà. J'ai effacé les renseignements me concernant directement, avec mes jours/horaires d'oraux et de commission, mais voici ce qui m'est apparu en tapant (fébrilement) mon numéro de candidate.
J'ai crié, sauté au plafond, appelé tous mes proches, et je me sentais décoller pour le Nirvana (et y rester durablement).
Un mois et demi difficile et très laborieux s'annonce, mais c'est tout de même déjà tellement gratifiant d'avoir passé la barre de la première sélection. Je ne présume de rien, comme je n'ai jamais présumé de rien, mais ce soir, je savoure cette petite victoire de plusieurs mois de travail, de remises en question, d'angoisses et de déprimes.
Ah ces trois mots magiques ! "Vous êtes admissible" ...

C'est une idée de rituel qui m'est venue hier soir, vers 23h30, alors que j'étais fatiguée mais qu'il m'était absolument impossible de contourner un bon rituel
bien efficace de pleine lune, compte tenu de toutes les sortes d'épreuves à relever dans les temps à venir, quelles qu'elles doivent être.
Il me fallait quelque chose de simple, rapide et surtout efficace. Pagmatique en somme. J'avais pensé à la magie des noeuds, que j'avais déjà utilisée récemment avec assez de satisfaction. Mais
je ne le sentais pas hier. A cette heure là, il se trouve que j'ai souvent une petite fringale. C'était le maillon qu'il me fallait. Je resongeais aux leçons de bases de Franz Bardon, tout au
début de son Chemin de la véritable initiation magique. Et il me revint plusieurs légendes où des héros ou des divinités en dévorent d'autres afin d'ingérer leur pouvoir, ce qui
d'ailleurs donne souvent lieu à une transformation, avec renaissance (qui peut passer par une grossesse pour des déesses par exemple). La nourriture est bien une clé possible de gain de pouvoir
(équivalent proche du empowerment anglais), ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il est traditionnel de terminer les rituels par un repas consacré.
Donc, concernant ce rituel de pleine lune à proprement parler, le concept est assez simple. Il s'agit de projeter le cercle, de manière plus ou moins compliquée ou rapide selon la préférence, le
temps dont on dispose etc ...(tant que c'est efficace, on peut se passer des fioritures), poser le contexte du rituel de pleine lune par exemple en lisant la Charge de la Déesse, très
beau texte voir le plus beau du corpus wiccan et paganisant moderne (ce qui exclut la miriade de beaux textes antiques qui font bonne concurrence), et ensuite, attaquer le coeur du
rituel : manger la Lune. On finira par penser que je suis obsédée par le fait de garder ma ligne, vu qu'il m'est naturellement venu à l'idée de représenter la pleine lune par une galette de riz
soufflé (dont je parle dans l'article "Rituel pour perdre du poids et maigirir"), mais pas du tout, j'adore juste les galettes de riz. Toujours est-il que cela faisait un très bon objet pour
focaliser l'attention, la visualisation et donc faciliter la charge de la galette. Il me semble par ailleurs que le riz est un aliment particulièrement féminin chez les Japonais ...
Bref, le processus est simple :
- bénir et consacrer la galette de riz à la Déesse de la Lune
- la charger de l'intention voulue aussi longtemps que nécessaire, tout en visualisant que chaque particule de cette nourriture contient la force souhaitée, et plus généralement les pouvoirs de
la pleine lune.
- manger la galette de riz en restant focalisé sur la conscience de l'acte : manger la lune et ses pouvoir, ingérer le pouvoir, s'emplir de ce dernier, qui passe ensuite dans chacune de nos
cellules pour ne plus faire qu'un.
- remercier la Déesse, fermer le cercle, comme à l'habitude.
Il est évident que si vous préférez autre chose qu'une galette de riz, ça marchera probablement aussi bien, si cela s'accorde bien avec l'idée de pleine lune (en particulier des biscuits pâles ou
blancs). Par ailleurs, ce procédé fonctionne aussi bien hors rituel et hors pleine lune, mais dans ce contexte, cela lui conférait un sens et une force différente, un magnétisme particulier.
Et voilà, c'était "comment réaliser un souhait tout en mangeant avec plaisir sans grossir". C'est quand même beau les possibilités qu'il y a dans la nature!

Mai, mois d'amour, de célébration de la vie, mois arc-en-ciel ; mois de la Muse. Mois des sérénades, des cours d'amour (pour y revenir), d'insouciance en même temps que de mystères profonds,
poétiques. C'est en vérité un mois idéal pour se laisser aller à l'inspiration poétique et artistique de tout ordre. Dans les feuilles des arbres se mélangent grâce au vent les
paroles de pouvoir et de plaisir. Le monde se fait murmurant d'une grande sérénade.
Si ce n'est pas encore l'heure de la fécondité physique, c'est le temps de la création des chants, des hymnes, des incantations, des arts parlés, écrits, gravés, dessinés ... On sort des murs du
château et on joue de la musique, et chante, et danse, au devant, dans l'air printanier au accents doux, lancinants et langoureux.
Aujourd'hui, la pleine lune donc. Le temps est encore à la Muse, Jeune Fille sauvage, et savante, Initiée aux mystères des mots et des images magiques. Alors je proposerai ici une traduction
d'un article sur la Muse et ses cinq éléments. Peut être d'autres articles sur la Muse suivront, au gré des envies et des inspirations.
La Déesse Muse et ses Eléments
Traduit d'Ariadne's Thread de Shekhinah Mountainwater, par Hédéra
Qui a vu le vent ?
Ni vous ni moi,
Mais lorsque les arbres font pencher leurs feuilles
C’est le vent qui passe par là …
-traditionnel
Dans le mythe Celtique, il y a de nombreux contes où des harpes se mettent à chanter par un vent mystique, ou bien elles sont habitées par l’esprit chantant d’une femme. Une ballade populaire appelée Binnorie raconte l’histoire de deux sœurs qui étaient toutes deux vouées à un jeune chevalier. Il doit épouser l’aînée, mais aime secrètement la plus jeune. La sœur plus âgée, pleine de jalousie, pousse sa sœur à la mer. Un joueur de harpe passe par là ; il fait de la cage thoracique une harpe, et de ses cheveux blonds des cordes.
Des os de sa poitrine, il fit une harpe
Dont le son ferait fondre un cœur de pierre
Les cordes qu’il confectionna de ses cheveux d’or
Et voilà ! De lui-même, un air été joué …
L’esprit de la femme noyée avait élu résidence dans la harpe, et chante la vérité sur son assassinat. Bien que ce conte soit narré dans un contexte patriarcal, la présence de la Déesse peut être ressentie dans une beauté à en donner des frissons. C’est là le test d’un poème ou de toute forme d’art ; si la Muse est présente, vous la sentirez, et serez enchantée.
Une énigme :
Découvrez de quoi il s’agit.
La forte créature d’avant de Déluge
Sans chair, sans os,
Sans veine, sans sang,
Sans tête, sans pieds …
Dans le champ, dans la forêt …
Sans main, sans pieds.
Elle est aussi sauvage
Que la surface de la terre,
Et elle n’était pas née,
Ni n’était vue …
Réponse : Le Vent
(Tiré du Book of Taliesin [Livre de Taliesin] traduit du gallois par Lady Charlotte Guest)
Dans les mythes Irlandais, une légende raconte que le vent chanta à travers les côtes d’un squelette de baleine échoué sur la plage un beau jour. Et c’était la respiration de la Déesse qui faisait vibrer les os, créant la première musique qu’il exista …
Sorcière de l’air
Gorge pleine de chants
Filant de doux sorts …
La respiration, ou le vent, sont synonymes d’inspiration et de magie dans les mythologies du monde entier. Dabs l’Irlande païenne, les quatre vents cardinaux étaient tenus pour porteurs de qualités attribuées à leurs directions : Le Vent de l’Ouest apportait la nourriture et l’habillement ; le Vent du Nord apportait la mort et la résurrection ; le Vent du Sud apportait les fruits, le miel, et la musique ; le Vent de l’Est apportait l’or et les richesses infinies. (il est intéressant de comparer cela avec les utilisations magiques des directions, telles qu’on les trouve dans les traditions sorcières Européennes, et les traditions Natives Américaines.) Dans l’histoire de la Genèse Judaïque, dieu insuffla la vie à Adam. Dans le mysticisme Chrétien, la Colombe insuffla la graine de dieu dans le ventre de Marie. Dans la mythologie Grecque, la Déesse Eurynome tomba enceinte par un vent fertilisant. Les yogis nous enseignent la grande importance de développer et d’apprécier notre respiration.
En Inde, les Hindous croient en Voc ou Vac, Déesse du mot parlé. D’elle, nous avons des mots tels que la voix, la vocalise, l’invocation, l’incantation. Sa bouche est le lieu de naissance du son et de la signification, égale au chaudron de transformation, la vulve qui donne toujours, la coupe toujours remplie, la grosse pourvoyeuse de mystère. Cette puissante image féminine est une des rares où nous puissions découvrir que cela affirme les capacités de la muse qu’on les femmes.
Bien qu’ils ne soient que des souffles
Les mots que je commande
Sont immortels
- Sappho
La parole est vraiment une chose merveilleuse. Elle commence dans l’esprit avec des images créées par l’I-magi-nation, elle est portée à travers les poumons sur le vent de notre respiration, et est rendue hors de notre bouche en tant que son articulé. Le processus de création a commencé, comme le montre l’étoile à cinq branches des sorcières, commençant avec la vision ou l’image, gagnant en densité de l’air (pensée et parole), l’eau (désir et courage), et le feu (volonté et action) sur la voie pour devenir réalité. Nos ancêtres avaient compris cela en tant que Pouvoir de Nommer, et lui portèrent un grand respect. Elles savaient que nommer une personne ou une chose était la contrôler, car alors elle doit agir en conformité de la nature de ce nom. C’est la raison pour laquelle de nombreuses divinités avaient des noms secrets, seulement connus de ceux qui célébraient leurs rituels. Il y a de nombreuses légendes dans lesquelles les ennemis de certaines tribus les vainquaient en découvrant les noms secrets de leurs dieux et en les prononçant à haute voix durant des batailles de sortilèges. Les individus avaient aussi des noms secrets, qui leur étaient donnés à la naissance, et peut être uniquement connus de ceux qui leur étaient les plus proches par le sang ou le rituel. Révéler le nom de quelqu’un revenait à mettre son âme à nu.
Les féministes d’aujourd’hui découvrent le pouvoir de nommer. En appliquant cela aux sources de leur oppression, telles que « le sexisme », « le viol », « la domination », ou « phallocentré », elles font des pas importants vers la libération. Il est très difficile de s’extraire d’une situation que l’on ne peut décrire ou comprendre. Nommer, c’est identifier. Lorsque les sorcières bannissent, elles savent que le premier pas est de nommer le démon ou ce qui doit être éliminé. Le même principe est utilisé dans la création de sorts nouveaux et positifs.
Certaines féministes politisées prennent une position critique, quoiqu’en relation avec les suivantes de la Muse-Déesse. Bien qu’il leur est venu à l’esprit que le langage et le fait de nommer avaient du pouvoir et fournissaient une clé à leur libération, elles n’ont pour le moment pas fait le bond dans les réalités non linéaires, les trouvant « irréelles », ou « une attitude de fuite ». Elles pensent toujours de manière linéaire, et sont de ce fait toujours dans la réalité contre lesquelles elles affirment résister. La seule manière de véritablement changer le monde est de cesser d’opérer dans une structure de croyance patriarcale, et de sauter dans une manière de penser totalement nouvelle. Ou, comme mon amie Liberté aime à la dire : « Faire un tour à cent quatre vingt degré de conscience ».
De nos jours, le mot parlé reçoit peu de respect, tandis que l’autorité est donnée au mot écrit ou enregistré. Les gens n’accordent pas d’attention à leur parole, disant des moitiés de vérités ou faisant des promesses qu’ils ne tiennent pas. Les pressions sociales nous tentent de mentir continuellement, souvent en menaçant notre survie si nous ne nous y conformons pas. L’honnêteté, notre droit de naissance, est devenu embrumée dans les jeux de mots. Nulle ne peut être une bonne jeteuse de sorts de la sorte. Une bonne sorcière connaît l’impact du langage, et en use avec précaution.
C’est là que la question de l’honneur entre en compte. En tant que récipient de cuisine, on raconte que le chaudron de Cerridwen refusait sa nourriture aux menteurs. Sa bordure était décorée de perles, un symbole de vérité connu de longue date. Se soustraire à la vérité signifiait se soustraire aux faveurs de la Muse. Être possédé par la muse signifie être possédé par la vérité.
En termes magiques, cela signifie que votre parole ne peut pas être puissante si vous ne dites pas ce que vous pensez, et si vous ne faites pas honneur à ce que vous dites. Chaque fois que vous vous détournez de vos engagements verbaux, vous créez un flou, un trouble dans votre langage. De plus, l’esprit inconscient, étant incapable de trahison, veut croire ce que vos mots parlés disent. Ce principe est à la base de toutes les affirmations et les sorts. La vérité est riche de force de vie, avec son présent, sa beauté et sa réalité. Cela donne le potentiel au langage magique. La vérité embrumée trouble le sort, et peut être préjudiciable à votre magie, sinon franchement dangereuse.
« … La beauté est la vérité, la vérité est la beauté, voilà tout
Vous le savez sur terre, et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir. »
John Keats
En plus de l’élément de l’air, la Muse a aussi bien été représentée par les quatre autres éléments. Dans la mythologie Irlandaise, la déesse Brigid était adorée en tant que celle qui apporte la flamme – la flamme du foyer qui fournissait la nourriture, la flamme de la passion en amour et dans la bataille, et la flamme « supersensuelle » de la poésie.
Sorcière du feu
Souffle à la flamme
Allume la passion …
Sienne était aussi la flamme qui tempérait les métaux des forgerons, et qui était donnée par son corps de terre.
La Muse avait une tradition aquatique en tant qu’Aphrodite, la déesse de l’Amour, qui naquit de l’écume de la mer. Sappho et ses sœurs de Lesbos adorèrent Aphrodite en tant que source de beauté, passion, et inspiration poétique. L’Aphrodite galloise était plus ancrée dans la terre. Nommée Olwen, elle était patronne du pommier sauvage. On raconte que son fruit donnait l’immortalité poétique.
De nombreux poètes ont été inspirés par Mère Nature, qui peut être vue comme la Muse sous son aspect de terre. Un poème qui décrit les beautés et la sagesse de la nature est aussi une invocation à la déesse.
Sorcière de terre
Oreille au sol
Ecoutant les battements de Son cœur …
