Il commence à refaire beau, et mine de rien, c'est déjà dans un mois ! Beltane, une de mes fêtes
préférées si ce n'est ma préférée, voilà pour bien finir mars et démarrer avril !
Beltane ( 1er mai )
Extrait de Casting the circle de Diane Stein
Traduit de l’anglais et commenté par Hédéra
Beltane, ou la Veille de Mai est le dernier sabbat de l’année montante. La prochaine fête est le Solstice d’Eté, le zénith de la lumière, duquel l’année commence à décroître. Beltane est le
moment où le plus haut de la fertilité approche et est une fête de feux et de fleurs ; l’aspect passionné des femmes en est son thème, ainsi que la passion de la Déesse et la passion de la
terre à fleurir et porter les fruits. La lumière et l’abondance sont présents partout à Beltane, dans la nature verdissante et fleurissante, dans les couleurs du Mât de Mai, dans les bougies et
dans les vêtements des femmes. Alors que les couleurs de l’Equinoxe de Printemps étaient pastels, celles de Beltane sont rose pour l’amour nouveau ou bien des couleurs primaires pour appuyer sur
la lumière et la fertilité.
Perséphone est devenue adulte et a atteint l’âge de la menstruation, elle n’est plus l’enfant/Jeune Fille. Son corps change et elle découvre les feux de la sexualité, ou bien de l’amour physique et de l’amour de soi-même, elle apprends ce que veut dire la passion. Elle commence, expérimente, et change de partenaire durant son apprentissages. La coutume de faire l’amour dans les champs à la veille de Mai se pratiquait dans l’Angleterre Wiccane * pour accroître la fertilité des céréales qui poussent. Cela peut aussi avoir été un reste des jours où les menstrues des femmes coulaient dans les champs, pour la même raison.
Dans le tarot Motherpeace, une carte correspondant à Beltane est le Quatre des Bâtons, qui est la célébration des premières menstrues pour une jeune femme devenant adulte. D’autres cartes des Bâtons, signifiant la sexualité, la passion et l’énergie de la force de vie, sont aussi appropriées pour Beltane et le Solstice d’Eté. Les Amoureux est une carte de Beltane, la rencontre et l’union de deux Êtres. A Beltane, l’amour est nouveau et tout juste commençant, encore à l’état d’essai et émotionnellement innocent ; au Solstice d’Eté il est mature et engagés dans des relations. Perséphone découvre l’amour et la passion pour la première fois à Beltane, et la terre fleurit avec sa sexualité. « Tous les actes d’amour et de plaisir sont les rituels de la Déesse. » Les fleurs sont des symboles sexuels féminins et le symbole de la saison, tout comme le sont le Mât de Mai et le feu de la veille de Mai.
Le Mât de Mai est une coutume Européenne, amenée dans ces pays depuis l’Angleterre Wiccane*. Couronnée de fleurs et dancée/mue par les femmes, c’est une Déesse féminine et un totem de fertilité, l’arbre de lune de la Grande Mère. La fertilité dans ce Sabbat peut être sexuel ou « célibataire », procréatif ou créatif de n’importe quelle manière. Pour faire un Mât de Mai, là où il n’y a pas de grand arbre pratique sans branches basses, utilisez une perche telle celle qui maintient les cordes à linge. Idéalement, le mât devrait être deux fois plus grands que la taille des danseuses, et les rubans une moitié de plus que la longueur du mât, attachés au sommet. Que toutes les femmes du coven amènent un large rouleau de papier cadeau ou de papier crépon, de toutes les couleurs. Pour que le mât se tienne debout sans être soutenu, creusez un trou d’à peu près 30 cm de profondeur ou plus ( selon la hauteur du mât ) et calez la base avec des pierres. L’immobiliser au sommet en croisant deux cordes à linge aide aussi. Pendant que vous tournez autour dans le rituel, souvenez vous du tissage de l’univers par la Femme Araignée.
A l’intérieur, ce type de Mât de Mai est plus difficile à réaliser, mais un Mât de Mai est toujours possible. Attachez les cordes pour une installation haute et légère, si quelqu’un peut y arriver, et ne tirez pas trop fort. Ou bien faites une monture de tissage à la place. Pour cela, prenez deux batons horizontaux et insérez verticalement des fils entre les deux. Dans le rituel, les femmes utilisent cela comme une trame pour un tissage semblable à celui de la Femme Araignée. L’effet n’est pas le même que de danser autour d’un Mât de Mai vertical, mais cela est toujours créatif et approprié. Dans cette trame de tissage horizontale, utilisez une variété de matériel : fils, rubans, tissus, lacets, perles, cloches, coquillages etc … afin de faire une tapisserie intéressante. La trame de tissage d’intérieur est aussi une alternative lorsque des femmes font des rituels de Beltane seules.
Les Déesses des fleurs et de l’éclosion, de l’amour, de la fertilité, et de l’arbre de lune/Mât de Mai sont les Déesses de Beltane. Certaines d’entre elles sont : Flore (Rome), Bloddeuwedd (Pays de Galles), Bona Dea (Italie), Freya (Norvège), Oshun (Afrique), Aphrodite (Phénicie/Grèce), Ishtar (Sémite), Asherah (Hébreux), Tonantzin (Mexique), Danu (Celte), Gwenhwyavar (Pays de Galles), Marie (Chrétien), Mawu (Afrique) ,Ostara (Allemagne), Belili (Mésopotamie), Kwn Yin (Chine), la femme Araignée (Natif Américain), et Hina (Polynésie). Utilisez des bougies de couleur rose pour la passion, l’amour nouveau et le premier sang. Les aliments de ce sabbat sont sensuels ; des fraises et de la glace à la vanille, des « lady locks », des choux à la crème, de la crème fouettée et des cerises rouges, des jus de fruits rouges et des sodas à la cerise.
L’autre coutume de Beltane est le feu de Mai ou feu de Bel, par-dessus duquel on saute pour amener la fertilité, la santé, et la chance pour l’année. Utilisez une bougie dans un chaudron pour cela, un braséro ou un petit barbecue ; ou bien un vrai feu de Beltane en extérieur.Enjambez le, sautez au dessus, ou même marchez autour , en vous concentrant sur les souhaits que vous souhaitez voir réalisés.
Note de traduction
: A plusieurs reprises, l’auteur évoque « l’Angleterre Wiccane ». Il s’agit bien entendu d’une impossibilité historique puisque la Wicca est un phénomène dont on ne peut remonter avec certitude qu’au 20eme siècle. La Wicca dans son ensemble est par contre très fortement imprégnée de folklore, aussi la mention d’Angleterre « wiccane » peut être interprétée comme « celtique » ou de traditions conservées de l’époque celte, ayant connu certains évolutions et nous étant parvenue jusqu’à aujourd’hui.
De même, la tradition du Mât de Mai n’était pas cantonnée à l’Angleterre mais à l’ensemble des îles britanniques, dont bien entendu l’Irlande. Au-delà de cela ; on retrouve cette tradition en Allemagne où on continue encore d’élever des Mâts de Mai dans les villes ; il s’agit donc là plus probablement d’une tradition commune à toute l’Europe celtico-germanique qui a plus où moins mieux survécu en certaines régions.
Ce petit rituel surnageait sans cesse dans mon esprit pendant la période de mes écrits de capes, et je sens qu'il va revenir chez moi à la mode avec les écrits d'agrégation. Il est en fait une adapation dianique sphingienne d'un rituel de Francesca de Grandis, publié dans son livre Be a Goddess (que j'aime bien ; son livre, c'est un peu ma détente, force et bonne humeur spirituelle à partager entre amies). Quand je l'avais découvert en premier lieu, il ne m'avait pas marquée plus que ça. Il s'est peu à peu imposé à moi comme un symbole fort, celui d'une union avec la Terre avant d'entreprendre un travail ou un projet particulier. C'est comme ouvrir instantanément un cercle autour de soi, ou de plonger ses racines dans la terre et étendre ses branches vers le ciel en quelques secondes. Bref, j'y ressens une grande force.
Instruments et ingrédients :
- de l'eau dans un petit bol, un coquillage ou tout récipent que vous avez sous la main. Si vous le souhaitez, le récipient peut être particulièrement sacré ou significatif pour vous.
- une pincée de terre ajoutée à l'eau. La terre peut être du terreau, de la terre de votre jardin, ou de la terre d'un site sacré ou qui vous est spécial. S'il ne vous est pas possible de vous procurer facilement de la terre et de l'eau, vous pouvez vous servir d'un peu de votre salive.
Rituel :
Prononcez la Prière à la Déesse :
Déesse, de qui toutes choses émergent
Et à qui toutes choses retournent.
S'il te plait, bénis le travail que j'accomplis maintenant,
Que je le sente s'écouler de ton plaisir, de ta bonté et de ton intelligence sans limite.
Déesse, de qui toutes choses émergent
Et à qui toutes choses retournent.
Ainsi je t'offre à présent ce travail.
Car bien que tout t'appartienne,
Il est possible de fuir ton amour.
Au lieu de cela, je tourne mon visage,
Comme l'enfant le fait vers sa mère,
Afin que je puisse vivre dans ton plaisir, ta bonté,
Et ton intelligence sans limite.
Déesse de l'univers, origine du grand Tout
Tu es le et la Déesse car tu contiens tous les possibles
Sacrement de l'Individualité et de la Liberté
Apporte nous tes mystères.
Tu vois les passés, les présents et les futurs
Auxquels tu insuffles la vie
Amène moi ta vision.
Tu résides en moi
De sorte que je brille de ta propre divinité unique,
Et suis divin(e) en moi et en dehors de moi.
Bénis ce travail.
Qu'il en soit ainsi.
Oignez votre front avec le mélange d'eau et de terre, et dites :
Déesse, viens toute entière en moi
Que comme toi, je puisse briller, et en toi être aimé(e),
Prête moi la terre et l'eau, l'air et le feu,
Emplis moi de ces éléments, de ces pouvoirs de création,
Que je puisse les garder parce qu'ils sont ton jardin,
Et que je puisse demeurer en sécurité dans ce travail,
Heureux(se) et un(e) avec toi.
Qu'il en soit ainsi.
Une fois que vous aurez réalisé ce rite un certain nombre de fois, toucher rapidement votre front sans même prononcer de prière amènera la même énergie que si vous utilisiez la mélange d'eau et de terre ainsi que la prière. C'est utile lorsque vous voulez réaliser un rite discret au travail. Ne cessez juste pads d'utiliser ensemble le ménage d'eau et de terre avec la prière ; où cela perdrait son impact.
Traduit et adapté de Be a Goddess de Francesca de Grandis, par Hédéra
... dans un sens très littéral du terme.

Je m'apprêtais, hier, à faire une séance de divination pour un tiers, et comme toujours en ce genre de cas, j'organise mon espace de sorte d'avoir une image de la Déesse, de l'encens qui
brûle et une bougie à côté de moi. Il faut savoir que j'ai toujours aimé "vivre" sur mon lit, depuis toute petite. J'y travaillais et y écrivais bien plus confortablement que sur le beau bureau
que j'avais pourtant, j'y lis, j'y ai écris mon mémoire de master, j'y grignotte en journée, j'y téléphone, et j'aime bien y faire mes divinations (d'ailleurs, là j'écris avec l'ordinateur posé
sur mon lit). Dans mon petit chez-moi, mon lit est en mezzanine, avec pas mal de place sur le côté pour y mettre des livres, de la musique ou toute autre chose que je juge utile dans mon
entourage direct. Mon lit en mezzanine, c'est la "pièce" qui fait ma chambre dans mon studio. En dessous de mon lit, il y a mon autel. C'est là que j'ai cherché la statuette de la Déesse que je
souhaitais emmener à l'étage, une jolie statuette façonnée et peinte de mes blanches mains, alors que je suivais moi-même les cycles d'Ariadne's Thread de Shekhinah Mountainwater, il y a
plusieurs années dans mes débuts sur cette voie. Je l'avais faite à l'occasion du cycle sur la construction de l'autel, et bien qu'elle représentait la Déesse de manière générale, elle était
pour moi Brigid, dans ses attributs d'intelligence, inspiration, art, et aussi de santé. C'est à l'occasion d'un voyage en TGV de 5 heures sans arrêt où j'avais été malade comme un chien que je
m'étais liée d'affection avec elle, lui promettant un autel si elle voulait bien me soulager (parce que la perspective des 4 heures restant devant moi me désespérait). J'ai tenu parole et lui ai
consacré un autel sous une aubépine, dans des prés que j'affectionne. J'ai toutefois souhaité avoir une image d'elle chez moi, et donc voilà l'origine de ma Brigid.
Comme à mon habitude, j'ai pris la statuette et l'ai posé en haut, sur le bord du lit (alors que j'aurais aussi pû tout simplement monter en la tenant dans mes mains). Manifestement, quelque
chose a fait que le lit n'était pas assez stable, car elle m'est immédiatement retombée dessus, sur le front, juste entre les deux yeux. Elle n'est pas légère, ma statuette. Du coup, ça m'a fait
un effet surement similaire à celui que j'ai ressenti vers l'âge de 1 an, quand un pot de Nutella d'1kg (un péché mignon de mon père), encore plein, m'était tombé dessus (on doit être des
maladroits dans ma famille) ; bref, j'ai eu mal. J'ai baissé les yeux, et ai constaté que ma statuette était brisée en deux au niveau des hanches. J'ai pesté, suis allée à la salle de bain. Il
était évident que j'aurais une grosse bosse pas esthétique, et en plus, ma statuette m'avait un peu incisé le front qui s'était mis à saigner. Je me suis appliquée une compresse d'eau, et quand
j'ai commencé à avoir un peu moins mal, je suis revenue chercher ma statuette, car je n'étais pas décidée à jeter cette statuette que j'avais mis tant d'amour à faire (et de temps)! J'ai eu beau
chercher la deuxième moitié, elle n'était nulle part sur le sol. C'est en levant les yeux vers l'autel que je l'ai retrouvée. Elle était posée exactement en son centre, sur mon pentacle. Elle
s'était donc brisée sur mon front, et non par terre.
J'ai tout laissé en plan et suis allée tout de même faire ma séance de divination, car je pouvais difficilement la remettre à plus tard. J'ai pris une aspirine, et m'y suis lancée en me disant
intérieurement que j'espérais au moins que ce coup à la tête m'amènerait des visions ou une très bonne intuition. Elle s'est en tous cas très bien passée, et j'ai été plus que contente des
résultats. La personne à qui c'était destiné aussi. Plus tard, je suis revenue à ma statuette pour recoller les morceaux. Alors que je lui refaisais une santé, je ricannais intérieurement de
l'ironie de s'assomer avec une déesse de la guérison et de l'inspiration. Et puis je me suis dit quand même que c'était étrange ; ce sderniers jours, je ressentais une pression exactement à
l'endroit où j'ai reçu le coup. Ce n'est pas la première fois, je mets en général ça sur le compte du chakra du troisième oeil qui travaille, d'une bonne ouverture aux influences extérieures.
Mais là, c'était un peu plus que d'ordinaire. Et puis, que j'aie retrouvé le buste de ma déesse posé juste au centre de mon pentacle sur l'autel. Bizarre bizarre ...
Dans le film Retour vers le Futur, le savant génial et un peu fou Emeth Brown reçoit l'intuition du convecteur temporel (le truc qui permet de voyager dans le temps pour ceux qui
n'auraient pas vu ce film, un grand classique par chez moi) en se cognant dans ses toilettes. Sinon il y a aussi la référence non moins célèbre d'Astérix et le coup du menhir (mais je ne
sais pas treop si c'est la meilleure ... héhéhé). Bref, il y a peut être des raisons occulte aux objets qui nous tombent sur la tête et nous octroient pouvoirs et intuitions génials!
J'explorerai cette piste dans les prochains jours, et je vous dirai si je découvre que je peux déplacer des objets dans les airs, bidouiller une voiture pour aller voir Louis XIV ou un truc du
genre!
Tadam ! C'est magique, et ça marche, au moins pour moi. J'adore cette musique ( Breathe me, de Sia), et la voix de cette chanteuse me touche profondément. Elle fait partie de mon arsenal de petites choses qui me rappellent de rester douce avec moi-même et ne pas trop me blâmer, les jours comme hier par exemple (voir article précédent). Je trouve que cette chanson semble nous entourer, nous enlacer et nous bercer, comme s'il y avait vraiment quelqu'un qui le faisait.
J'ai réussi à trouver une vidéo sans trop d'images, juste pour la musique, avec en bonus les paroles incorporées (et quelques photos de la chanteuse). Bonne écoute aux curieux(ses) !

Après mes écrits d'agrégation, je partirai quelques jours en vacances. J'irai dans les Pyrénées avec mon cher et tendre, fêter une année de bonheur, la première de nombreuse autres je l'espère. Bien des lieux m'intéressaient, Avignon notamment. Je me souviens que je lui avais dit que cette ville me fascinait, et que ça ne faisait pas une semaine qu'on se connaissait qu'il m'avait déjà proposé de m'y accompagner si je voulais voyager. Mais je n'avais pas envie de ville ; je voulais de la nature, de la forêt, de la montagne, et des châteaux. Je suis vraiment irrécupérable ; je n'ai rien trouvé de mieux que vouloir célébrer la beauté de la vie et de l'amour en pays cathare, hébergés en chambres d'hôtes du philosophe cathare que j'apprécie tant. Il faudra avouer quand même que j'ai fait fort dans l'archi-contradiction des choses. Mais il faut dire aussi que certains faits ont réveillé chez moi mon besoin de m'y rendre moi-même, comme si c'était si pressant que je ne pouvais plus attendre. Il y a une gêne en moi, un trouble que j'espère régler en me rendant là bas. Comment je l'ignore, mais je trouverai bien d'ici là.
Agitée par toutes mes interrogations, remises en question, inquiétudes sur l'avenir et mes tentatives de mise en ordre de mes idées foisonnantes, cette question cathare me taraude. Peut être parce que j'ai appris qu'en 2009, il prévoit une sorte de refonte officielle du mouvement. J'ai bien envie d'y être. Moi, mais qui? La personne, ou l'historienne? Car indubitablement, l'historienne se voit bien assister à l'une de ces fondations, ou refondations historiques de mouvements spirituels (ou ésotériques), dont elle a tant rêvé assister, même depuis un trou de serrure. Et la personne que je suis ... aimerait être présente à quelque chose qui lui tient à coeur, mais qui est dans tous les cas lié à son grand amour historique du XIIe et XIIIe siècle languedocien. Enfin bref, après une nuit un peu courte aujourd'hui, j'ai décidé de me reposer un peu. Alors que j'étais entre la veille et le sommeil, j'ai eu de ces sortes de rêves étranges qu'on fait entre deux eaux. Une voix, vraisemblablement provenant de quelqu'un du milieu paganisant, wiccan, de la voie de la Déesse (enfin quelque chose dans ce gout là), me désignait de loin et disait à quelqu'un d'autre : "Ah, mais c'est une cathare, elle!", comme pour contredire son interlocuteur sur le fait que j'étais bel et bien engagée dans cette voie de prêtrise et de sorcellerie de la Déesse que je me suis choisie. Je me souviens, avant de m'endormir définitivement, m'être récrié intérieurement à cela, mais en étant incapable de dire ce que j'étais.
Une fois réveillée, cet épisode m'a laissée pensive. L'explication la plus logique, raisonnable et psychologique serait que c'est la conséquence directe de cette sorte de culpabilité que je ressens vis à vis des "miens", ceux qui sont avec moi, ceux qui me suivent, ceux qui apprécient ce que je fais dans ma tradition, comme si je les trahissais en ressentant un intérêt que je ne m'explique pas totalement, quoi que je fasse, et que je n'arrive jamais totalement à concilier, quoi que je tente. Et je ressens aussi de la culpabilité vis à vis de ce philosophe cathare, que j'ai l'impression de tromper, même avec mes mots les plus sincères. Je me suis dépréciée plus d'une fois en songeant qu'il ne pourrait surement pas considérer ma voie comme sérieuse et "bonne", de sorte que je n'ai jamais rien dit à ce sujet. Je me comporte un peu comme une fille vis à vis d'un père à qui elle cherche à plaire en ne montrant que ce qu'elle juge acceptable pour lui. Et pourtant, un père aimant, j'en ai déjà un. Donc inutile de rameuter Freud à ce sujet. J'ai commencé à culpabiliser lorsque j'ai découvert qu'il avait trouvé le site du Paradigme de la Sphinge, et en particulier la page consacrée à un extrait d'un de ses livres. Je considère ce passage si juste qu'il est applicable à tous, quelle que soit leur voie. Ma meilleure amie a tenté de me rassurer à ce sujet, si il en avait mis un lien sur son propre site, c'est qu'il ne devait pas trouver cette mention si honteuse que ça. Je me suis tenue en retrait depuis, gardant ça à méditer pour plus tard.
Mais finalement, ce qui me marque le plus dans ce rêve, c'est mon incapacité à dire ce que je suis. Je ne suis pas cathare, voilà qui est sûr. Mais dans le fond, j'aimerais que les choses soient plus simples dans leur énoncé. Il y a ce que je crois, ce que je pense, ce que je fais ou pratique. Tout est assez clair, sauf quand ça en vient à mes affinités intellectuelles ou spirituelles. Etrangement, j'ai fait un lien à une autre question d'appartenance ; celle de mes origines. Je me sens comme une vagabonde, et pourtant ça va bientôt faire 20 ans que je vis dans le même endroit. Je suis née de parents qui ont passé leur enfance de part et d'autre du nord et du sud de la France, écartée entre des origines latines et slaves. J'ai vécu dans le Nord, en Normandie et dans les Landes. J'ai finalement déménagé en Alsace, encore petite et parlant avec l'accent chantant du sud. J'ai été mal accueillie, c'était l'hiver en plus et il faisait froid. Cette région, surtout dans les petites villes de la plaine, est très attachée à ses racines régionales, à sa culture, sa langue, bref, son identité. Mais moi, je ne venais de nulle part, je n'avais aucune véritable origine précise. Je suis devenue amie avec une petite fille turque, puis mes meilleurs amis n'ont jamais été alsaciens, bien que je ne les aie jamais choisi consciemment pour cette raison. Je suis passée par diverses périodes de rejets liées à mes propres racines ; certains auraient été moins touchés que moi, mais pour moi, tout ça était important. Dans ma tête, je ne venais vraiment de nulle part. Mon père a beau être passionné de généalogie, pour moi ça ne voulait, et ne veut toujours rien dire. Je lui ai toujours dit que je me considérais être la génération zéro. Mes deux parties de familles sont tous restés chez eux, sauf nous. Je me demande si j'aimerais rester ici où m'établir ailleurs, je voudrais un emploi où du jour au lendemain, je puisse prendre mes clics et mes clacs, et partir ailleurs si je le veux. Par rapport à ce que j'aime et ce à quoi je me prépare, c'est donc cuit pour l'heure. Et ça fait partie de mes sujets d'interrogations actuels.
Récemment, j'ai vu le film "Le chocolat" (qui m'a donné faim d'ailleurs!), qui parle d'une tribu nomade qui, poussée par le vent du nord, quitte tout et part plus loin. Il y avait cette sorte de gitan aussi, joué par Johnny Depp, qui voyageait au fil de la rivière. Voilà des années que je m'assimile à une sorte de bohémienne, sans y être affiliée. Même leur magie me plait, bien que je ne la pratique pas, je pense parce que leurs secrets sont bien gardés. Et que je suis la génération zéro, et que donc j'ai droit à avoir la mienne sans autre tradition dans les origines d'un peuple.
Bon voilà, il n'y a aucune conclusion à cet article. J'avais juste envie de l'écrire pour me faire plaisir en disant ce que je garde souvent bien enfoui en moi, à moitié fière, à moitié honteuse. Certains disent que les vies passées accumulées sont autant de cultures et de croyances dont nous héritons. Peut être, qui sait. Dans tous les cas, vivre tant et tant de fois, en tous lieux, tous temps, tous continents, c'est bien être vagabonds à grande échelle.
