Vendredi 29 février 2008
Cérès et Proserpine : les Eleusiniennes

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1 La tradition grecque : Eleusis et les Thesmophories
            La déesse Cérès fait partie des divinités auxquelles Rome est attachée depuis ses origines. Les Cerialia figurent sur le calendrier pré-julien attribué au roi Numa, qui institua les flamines dont le flamen Cerialis. Le caractère agraire et pastoral de Cérès indique qu'elle fait partie des divinités les plus anciennes, liées au monde paysan des débuts de Rome. Une inscription en falisque datée du 7e siècle avant J.C. , et portant le nom de Cérès confirme bien l'antiquité de la déesse sur le sol italien[1]. Les Romains n'étant pas portés comme les Grecs aux légendes truculentes concernant leurs divinités, et étant plus concernés par la réglementation du rapport entre dieux et humains, base de la pax deorum, ne s'occupèrent pas plus de gratifier Cérès d'une mythologie ou d'une personnalité propre que leurs autres divinités italiques. Aussi, c'est à la Grèce que les mythes relatifs à Cérès furent empruntés.
 
            Le plus ancien témoignage mythologique relatif à Déméter-Cérès, et le plus complet, est le poème issu de la série des trente deux Hymnes dits Homériques[2]. Composé en hexamètres dactyliques, ce poème de 495 vers a pu être daté, d'après sa langue archaïque, à l'époque d'Hésiode. Tout comme l'Illiade ou l'Odyssée, il était initialement destiné à être chanté par les aèdes, et bien qu'il ne remonte pas à Homère lui-même, l'antiquité du poème permet de savoir que non seulement le mythe relatif à Déméter remonte aux époques les plus reculées de la Grèce ancienne, mais aussi que les mystères d'Eleusis, sur lesquels nous reviendrons, font profondément partie de la culture athénienne et par la suite, de la culture grecque dans son ensemble.
            L'Hymne à Déméter raconte comment la fille de la déesse fut enlevée par Hadès, alors que celle-ci cueillait des fleurs avec ses compagnes. Dès que les cris de sa fille l'eurent atteinte, Déméter en conçut un grand désespoir[3] :
                Une vive douleur descend aussitôt dans son âme, de ses deux mains elle déchire les bandelettes autour de ses cheveux divins ; elle revêt ses épaules d'un manteau d'azur, et, comme l'oiseau, s'élève impatiente sur la terre et sur les mers. Mais aucun dieu, aucun homme ne voulut lui dire la vérité ; le vol d'aucun oiseau ne put la guider par un augure certain. Pendant neuf jours la vénérable Cérès parcourut la terre, portant dans ses mains des torches allumées : absorbée dans la douleur, elle ne goûta durant ce temps ni l'ambroisie ni le nectar, elle ne plongea point son corps dans le bain. Mais lorsque brilla la dixième aurore, Hécate, un flambeau dans les mains, se présenta devant elle
Celle-ci révèle qu'elle a entendu les cris de la jeune fille mais n'a pu savoir quel en était le ravisseur, puis Hélios, le Soleil, apprend à Déméter que le ravisseur n'est autre que le fil de Chronos, Hadès, qui a reçu l'autorisation de Zeus, père de la jeune déesse, d'en faire son épouse. Fâchée de la décision de Zeus et inconsolable, elle continue d'errer sur terre jusqu'à ce qu'elle arrive près de la ville d'Eleusis. Elle y rencontre les quatre filles du roi Céléus, qui ne la reconnaissent pas sous son apparence de vieille femme. C'est sous le nom de Déo qu'elle se présente à elles, leur narrant la péripétie d'un enlèvement par les pirates qu'elle aurait subi, avant de s'échapper et d'arriver à cet endroit même[4]. Elle est ensuite conduite auprès de leur mère, Métanire[5] :
 
                Cependant la déesse franchit le seuil ; sa tête touche aux poutres de la salle et fait resplendir  un éclat divin à travers les portes. Alors la surprise et la pâle crainte s'emparent de la reine ; elle lui offre son siège, elle l'engage à s'asseoir ; mais Cérès, déesse des saisons et des moissons, ne veut point se reposer sur ce trône éclatant, elle reste silencieuse et tient ses beaux yeux baissés jusqu'à ce que la sage Iambé lui présente un siège qu'elle couvre d'une blanche peau de brebis. Là elle s'assied et de ses mains elle retient son voile. Triste, elle resta longtemps sur son siège, ne disant rien, n'interrogeant ni de la voix ni du geste, mais immobile dans sa douleur,sans prendre ni breuvage ni nourriture, et le cœur consumé de tristesse par le désir qu'elle avait de revoir sa fille à la flottante tunique.
Enfin la sage Iambé, s'abandonnant à mille paroles joyeuses, parvint à distraire l'auguste déesse, la fit doucement sourire et répandit le calme dans son âme. Les aimables saillies de cette jeune fille la lui rendirent dans la suite toujours plus chère. Alors Métanire lui présente une coupe remplie d'un vin délicieux. Elle le refuse, disant qu'il ne lui est pas permis de boire du vin ; mais elle demande qu'on lui donne à boire de l'eau mêlée avec de la farine dans laquelle on broierait un peu de menthe. Métanire alors prépare ce breuvage et le lui présente comme elle le désire. L'auguste Déo accepte par grâce ...
 
Métanire demande alors à Déméter de veiller sur son fils Démophon en tant que nourrice, ce que la déesse accepte. Elle s'attache alors à essayer de le rendre immortel en le frottant d'ambroisie, et en le couchant dans la flamme du foyer. Métanire la surprit un jour alors que son fils se trouvait dans les flammes, et cria, effrayée. Ceci eut pour effet de la faire fuir, mais avant qu'elle ne disparaisse, Déméter ordonne qu'un temple et un grand autel sur la haute colline Callichore soient bâtis en son nom, afin que les mystères qu'elle enseignerait soient accomplis et qu'elle ait ainsi l'âme apaisée. Le temple est ainsi construit, dans lequel elle décide de demeurer éloignée de l'Olympe, et où Iris, envoyée par Zeus la retrouve pour lui demander de retourner auprès de l'assemblée des dieux. Après de nombreuses tentatives pour faire fléchir Déméter, qui refusait de faire pousser quoi que ce soit, elle accepte à la condition où elle reverrait sa fille. Zeus accède à sa demande et Cérès peut enfin revoir sa fille Perséphone. Il lui faut cependant désormais accepter de ne l'avoir auprès d'elle que durant les deux tiers de l'année, puisque sa fille a consommé de la nourriture du roi des morts : un pépin de grenade.
            Le poème se conclut sur les conséquences directes de ce mythe, à savoir d'une part le cycle du grain de sa germination au printemps jusqu'à son enfouissement durant l'hiver, la saison durant laquelle Perséphone réside auprès de son mari et où Cérès ne fait rien pousser. D'autre part, la genèse des mystères d'Eleusis est exposée, décidée pour les temps à venir[6] :
 
La déesse enseigne aux rois chefs de la justice, à Triptolème, à Dioclès, écuyer labile, au courageux Eumolpe, à Céléus, pasteur des peuples, le ministère sacré de ses autels ; elle confie à Triptolème, à Polyxène, à Dorlè les mystères sacrés qu'il n'est permis ni de pénétrer ni de révéler: la crainte des dieux doit retenir notre voix. Heureux celui des mortels qui fut témoin de ces mystères ; mais celui qui n'est point initié, qui ne prend point part aux rites sacrés, ne jouira point d'une aussi belle destinée, même après sa mort, dans le royaume des ténèbres.

            D'autres auteurs postérieurs reprennent le mythe de l'enlèvement de Perséphone, comme Ovide qui en donne sa propre version dans les Métamorphoses et les Fastes, une version plus romaine et s'attardant sur les aspects spécifiquement italiens des rites d'initiations à Cérès. Mais tous se réfèrent directement à cet hymne homérique, qui comporte en lui tous les éléments sans cesse rejoués dans les nombreux cultes à Déméter qui virent ensuite le jour jusqu'à la fin du paganisme sur tout le pourtour de la Méditerranée. Ces différents mystères sont d'une remarquable constance sur la trame mythique adoptée : sans cesse ils rejouent la disparition de la Fille, la quête et les douleurs de la Mère, pour enfin finalement célébrer la réunion des Deux Déesses. D'un point de vue naturel, il est évident qu'il s'agit bien du cycle des saisons, et que ce mythe trouve ses racines dans un système religieux lié à la vie agraire. Ceci est personnifié par Korè/Perséphone, qui représente le grain que la Mère ne cesse de chercher. Du début du texte lorsqu'elle est la jeune fille rieuse qui cueille des fleurs avec ses amies, jusqu'à ce que Déméter puisse la retrouver, à aucun moment le nom de sa fille est prononcé. Elle est l'archétype de la Jeune Fille, la Korè, et c'est par ce terme qu'elle reste désignée jusqu'à ce qu' Hadès vienne lui annoncer ses prochaines retrouvailles avec sa mère. C'est alors à Perséphone qu'il s'adresse, la Jeune Fille qui est devenue épouse et reine des morts. Korè/Perséphone, par la duplicité de son nom, évoque la nature duelle du cycle des saisons, et par là du cycle de la vie, de la croissance sur terre à la mort où elle rejoint les entrailles de la terre, avant de reparaître l'année suivante. Ainsi, la spécificité de cette cérémonie calquée sur une telle symbolique est d'avoir évolué jusqu'à devenir le rite des Mystères par excellence dans l'Antiquité, dont le prestige et les bienfaits ne sont égalables à aucun autre rite. Nous verrons à présent en quoi les mystères d'Eleusis répondent absolument à tous les critères retenus pour définir un culte à mystères.
 
 
            Eleusis ; ce nom seul renvoie à une atmosphère secrète et excite, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours encore, l'imagination humaine. Aucun des cultes à mystères ne représente aussi bien le Mystère Sacré que celui qui se déroulait à Eleusis. Cicéron lui-même, qui fit partie des initiés de renom, en parle avec grand respect et révérence.
 
"De toutes les institutions excellentes et divines que ta chère Athènes a conçues et introduites dans la vie des hommes, aucune n'est supérieure à ces mystères qui, de mœurs sauvages et farouches, nous ont fait passer à d'autres plus douces, plus humaines. Par leur initiative et grâce à cette institution nous avons appris à connaître la vie véritable, une certaine façon non seulement de vivre dans la joie, mais de mourir avec une belle espérance. "[7].
 
Les mystères d'Eleusis sont donc supérieurs car ils possèdent des vertus civilisatrices, issues des bienfaits de l'agriculture et du cycle des saisons. Ce sont eux qui ont permis aux hommes de passer de l'état de sauvages, se nourrissant de ce qu'ils trouvaient, à l'état d'hommes civilisés, avec la connaissance de l'agriculture, patronnée par Déméter. Par delà l'aspect matériel, un deuxième niveau de civilisation apparaît : celui de l'âme. Si on a pu assister à ces mystères, on peut cura spe meliore moriendi. Bien vivre et bien mourir étaient le but et la conséquence des mystères d'Eleusis, les spécificités qui longtemps firent d'Eleusis le seul rite à caractère salvateur dans toute la sphère gréco-romaine. La renommée des bienfaits des mystères d'Eleusis est immense, Pindare exalte le bonheur de qui a pu voir les mystères car il connaît les secrets de l'après-vie[8], Sophocle l'appuie en arguant que seuls les mystes possèdent la vie alors que les autres ne connaîtront que la souffrance dans la mort[9], Platon affirme que l'initié habitera avec les dieux[10] et développe l'idée philosophique des mystères d'Eleusis dans Phèdre :
 
" Quant à la beauté, ils la voyaient resplendir, dans ce temps où, membres d'un chœurs fortuné, ils étaient spectateurs de la bienheureuse vision qui s'offrait à leurs yeux, nous avec  Zeus et à sa suite, d'autres en compagnie de tel autre de ces dieux ; alors ils étaient les initiés d'une initiation dont il y a justice à dire qu'elle est, entre toutes, infiniment bienheureuse! Ce mystère, nous le célébrions, en ce qui nous concerne, dans l'intégrité de notre nature, dans son impassibilité à l'égard de tous les maux qui nous attendaient dans la suite du temps, les objets du mystère auquel nous étions initiés ayant, de leur côté, perfection, simplicité, immutabilité, félicité, et les apparitions étant dévoilées dans une pure lumière à des êtres qui sont purs par eux-mêmes et libres de ce sépulcre que nous promenons avec nous et appelons le corps, enchaînés à lui comme l'huître l'est à son écaille ... Mais que ces paroles soient une concession faite à des souvenirs qui, en nous inspirant le regret du passé, nous ont à présent poussé à trop longuement parler!"[11]
 
            Ce prestige et cette croyance en l'efficacité salvatrice ne décrurent pas de toute l'Antiquité, et six cents ans après Platon, Plotin se réfère encore à l'initiation d'Eleusis pour exprimer l'illumination et la vision de Dieu[12]. Une telle unanimité et une telle constance dans les caractères exceptionnels de l'initiation d'Eleusis lui valent souvent de n'être sous-entendue chez des auteurs latins que par des termes tels qu'arcanae[13], initia[14]ou mysteria Cereris initiorum sacra[15], le plus souvent sans même mentionner Eleusis tant il est évident que le contexte et les qualités des rites se rapportent de manière directe à Eleusis.
            La condition sine qua non de ces mystères est le secret ; les termes mêmes désignant ces rites expriment cette nécessité. Que ce soit par les mots arcana ou mysteria, tous témoignent de l'interdit absolu de révéler le contenu de ces occultissimae caerimoniae[16] , car la peine pour avoir brisé le silence sacré est la mort. Tite-Live rapporte à ce propos que deux Acarnaniens avaient pénétré par erreur là où se déroulaient les mystères, et jugeant cela comme un sacrilège horrible, ils furent mis à mort[17]. Cette même aversion pour celui qui se rendrait traître envers les mystères sacrés d'Eleusis transparaît aussi chez Horace, qui voit le parjure comme un être foncièrement maudit par les dieux et de fait qui attirerait sur lui (et sur ceux qui l'entoureraient ou qui lui offriraient l'asile) tous les malheurs[18].
            Ce secret rituel était exigé pour protéger des rites si vénérables qu'un non initié ne devait pas pouvoir les connaître. Pourtant, il n'était pas difficile de se faire initier à Eleusis. Assez rapidement, ces mystères acquirent un statut pan-hellénique jusqu'à accueillir des mystes de contrées barbares, accourant, attirés par la renommée immense d'Eleusis[19] et acceptés indifféremment pour peu qu'ils comprenaient le grec et qu'ils étaient purs de toute souillure telle que le meurtre. En dehors de ces restrictions, tous, libres comme esclaves, citoyens et non-citoyens, hommes et femmes, pouvaient se faire initier[20]. De tels bienfaits ne pouvaient être refusés en l'échange d'une somme modeste.
            Les mystères d'Eleusis comprenaient plusieurs degrés d'initiation, d'abord les Petits Mystères célébrés à Agra, près d'Athènes à la fin de l'hiver, où d'après Y. Dacosta, les initiés jeûnaient probablement, se purifiaient et assistaient à un spectacle d'inspiration orphique sur la passion d'Iacchos-Dionysos[21]. Si on ne connaît pas bien le rôle que Dionysos jouait dans les mystères d'Eleusis, on suppose qu'il pouvait jouer un rôle de guide ouvrant l'initié à la future illumination. Outre ce rôle de guide, rappelons que Dionysos est également réputé pour son caractère civilisateur, car il a fait passer les hommes de l'état sauvage où ils buvaient de l'eau à celui d'hommes civilisés, cultivant la vigne et buvant le vin. En cela, il est le pendant exact de Déméter, et à eux deux, ils fournissent les deux aliments essentiels à l'existence humaine ordonnée : le blé qui donnera le pain et la vigne dont le fruit servira à faire le vin. La célébration de ces deux divinités comme personnifications et pourvoyeurs de ces deux nourritures sacrées entre toutes ne peut que rappeler la permanence de ces symboles jusque dans le christianisme, dont les mystères de la vie et de la mort sont également matérialisés par le pain et le vin.
            Les Grands Mystères quant à eux étaient célébrés à Eleusis dans le temple de Déméter, et duraient une dizaine de jours pendant le mois de boédromion, entre le mois d'août et de septembre. Les sacerdoces principaux, étaient partagés entre la famille des Eumolpides et des Céryces, d'après la légende de la fondation des mystères, dont un de leurs membres masculins était respectivement le hiérophante et l'autre le dadouque. Durant ces rites qui se déroulaient nuitamment, des danses sacrées étaient conduites, une purification dans la mer intervenait, probablement le drame de l'enlèvement de Korè était rejoué, entraînant des lamentations de la part de l'assemblée, ainsi qu'une procession. Parmi les éléments importants, il y a l'absorption du breuvage sacré, composé d'un mélange dont de la farine d'orge, de menthe et de miel, et nommé le kykéon, renvoyant directement à la boisson que Déméter demanda à Métanire lorsqu'elle vint à Eleusis. Beaucoup d'historiens débattirent sur le caractère hallucinogène de cette boisson qui serait dû à l'ergot de seigle, et qui expliquerait les visions des initiés. Tout comme pour le lierre dans les rituels dionysiaques, l'idée de la boisson hallucinogène est un thème récurrent parmi les historiens qui se sont penchés sur les visions dans les cultes à mystères, et à l'heure actuelle, aucun élément ne pourrait prouver que ni le kykéon, ni le lierre ou d'autres plantes furent utilisées en tant que drogues à effet psychotique durant les initiations. Les cérémonies s'achevaient finalement par les retrouvailles de Perséphone et de Déméter, dans des effusions de joie et après avoir vécu intimement et émotionnellement tous les aspects mythiques des mystères. Tous les témoignages rapportent que suite à cette expérience, l'initié s'en sentait à jamais bouleversé et transformé; que la vision de ces mystères qu'il s'appropria comme siens restait ancrée dans sa mémoire et lui garantissait une vie heureuse et une confiance dans l'au-delà.
 
            Outre les mystères d'Eleusis, la légende de Déméter et de Perséphone est à l'origine d'un autre type de culte secret : les Thesmophories. Ces célébrations qui avaient court dans de nombreuses villes de part le monde grec duraient trois jours à Athènes et avaient lieu au mois de Pyanopsion, entre octobre et novembre, ce qui en faisait une fête des semailles . Contrairement aux rites d'Eleusis, les Thesmophories ne comportaient pas de caractère mystique mais étaient mystérieuses. En effet, seules les femmes pouvaient y assister[22], faisant par conséquent de ces rites non pas un culte à mystères mais une célébration de mystères féminins. Bien qu'il ne semble pas y avoir eu à proprement parler d'initiations dans un sens similaire à celles d'Eleusis, Hérodote les qualifie de Δήμητρος τελεται[23], pour lesquelles de la même manière que Platon vis à vis des mystères d'Eleusis, il ajoute qu'il ne peut en parler plus que ce que le secret lui permet. Malgré l'interdiction faite aux hommes d'assister à ces mystères, nous sommes bien mieux informés du contenu des rites que pour les cas de mystères féminins romains, notamment les rites à Bona Dea : "The myth of Demeter and Persephone served as the aition of the Greek Thesmophoria. According to our sources for the festival, the first day, called Anodos, or "Ascending", included the ritual casting of pigs into pits sacred to Demeter and Persephone. This ritual reportedly commemorated the fall of Eubouleus and his pigs into the earth when it opened to receive Hades and his capured bride, Persephone. The second day, called Nesteia, or "Fasting", included a period of mourning in which the women sat on the ground and fasted all day. This mourning ritually reenacted Demeter's grief for her lost daughter. The final day, Kalligeneia, or "Fair Birth", was a day of celebration with sacrifices and a feast to celebrate Persephone's return to her mother."[24].
            Outre les rites qui en eux-même sont fondamentalement différents, on ne peut que noter une flagrante similitude avec ceux de la Bona Dea romaine, au point que nous pouvons nous demander si ce n'est pas ce parallèle que Plutarque effectue lorsqu'il compare Bona Dea à la déesse des femmes de la Grèce[25]. En effet, de nombreux éléments tendent à rapprocher les deux fêtes. D'une part, les participantes : l'accès est formellement interdit aux hommes et seules les femmes mariées à des citoyens peuvent y prendre part, ce qui exclut d'emblée les esclaves, les prostituées, les courtisanes et les jeunes filles. D'autre part, par la nature même de la divinité : le terme de thesmophoros, littéralement "qui apporte la loi", se rapporte à la condition de citoyenne intégrée dans la société grecque telle qu'elle est prévue par les institutions. Les sacrifices effectués sont d'ailleurs également tournés vers la prospérité et le salut de la cité qui organise ses Thesmophories[26]. La comparaison va jusque dans les sacrilèges qui furent commis, puisque les Thesmophories eurent, comme Bona Dea avec Clodius, leur lot d'hommes qui tentèrent d'assister aux rites. Ce fut le cas de Battos 1er, roi de Cyrène dont on dit qu'il fut châtré par les femmes pour avoir osé violer cet interdit, ou encore dans le théâtre, Aristophane qui se moque d'un parent d'Euripide qui, déguisé en femme, aurait tenté d'assister aux Thesmophories[27].
 
            Aucun rite à caractère eschatologique n'eut sa place au sein des Thesmophories, contrairement aux mystères d'Eleusis, alors que pourtant, c'est exactement le même mythe qui est à l'origine des deux rituels. Notons que les mystères d'Eleusis, qui se déroulent en deux temps, à la fin de l'hiver et à la fin de l'été, correspondent à la germination et aux dernières récoltes, ou encore sont proches des deux équinoxes. Sur cette base, il est difficile de lier entièrement les dates des mystères d'Eleusis aux périodes de l'année énoncées par l'Hymne à Déméter, selon lesquelles Perséphone doit passer les deux tiers de l'année sur terre avec sa mère, c'est à dire de la germination à l'enfouissement du grain. A moins qu'on ne considère que dès le départ plusieurs versions du même mythe existaient, et que comme le rapporte Ovide, Perséphone passait la moitié de l'année chez sa mère et l'autre auprès de son époux[28]. La date des Thesmophories, quant à elle, est justifiée par le cycle agraire, puisque comme nous l'avons vu auparavant, il s'agit bien d'une fête des semailles, se conformant à l'Hymne à Déméter qui veut que Perséphone rejoigne alors le royaume des morts et que sa mère se lamente de cette perte. Le rituel comporte cependant aussi le passage des retrouvailles, et on peut supposer que les retrouvailles joyeuses sont mises en scène par avance, dans la certitude que les bienfaits des rites, comme du cycle de la vie , deviendront manifestes au printemps suivant.


[1] Voir Vetter, 1953 p.241, Simon, 1990, p.43 (avec photographie et bibliographie), Radke, 1965, p.180, Spaeth, 1996, p.1
[2] Homère (-Pseudo), Hymnes Homériques, Hymne IV
[3] Hymne à Déméter, v. 40-52
[4] Ce genre de mésaventures où interviennent des pirates est promis à un bel avenir dans la littérature grecque, pour ne citer que Daphnis et Chloé de Longus ou Les Ephésiaques de Xénophon d'Ephèse. C'est malgré tout sur une base réelle que ces récits, qui se rapportent souvent à des époques reculées, sont inventés. En effet, la piraterie était une activité qui sévissait de manière endémique dans les mers bordant la Grèce. Les prises humaines sous forme de razzias constituaient alors la majorité des esclaves vendus, avec les prises de guerre.
[5] Hymne à Déméter, v. 189-211
[6] Hymne à Déméter, v. 473-482
[7] Cicéron, De legibus, II, 21
[8] Pindare, fragment 137
[9] Sophocle, fragment 753
[10] Platon, Phédon, 69
[11] Platon, Phèdre, 250, traduction Y. Dacosta, Initiations et sociétés secrètes dans l'Antiquité gréco-romaine, Paris, 1991, pp. 128-129
[12] Plotin, Ennéades, I, 6, 7
[13] Horace, Odes, III, 2, 27 ; Sénèque, N.Q., VII, 30, 6
[14] Tite Live, XXXI, 47, 2
[15] Justin, V, I, 1, aussi mysteria pour les mystères d'Eleusis par Cicéron, Tusc, I, 29 ; Arnobe, Av. Nat.  , V, 18 ; St Augustin,  C.D. , VII, 20
[16] Cicéron, Verr. , V, 187
[17] Tite Live, XXXI, 14, 7
[18] Horace, Odes, III, 2, 26-29
[19] Cicéron, De Natura Deorum, I, 119
[20] Raoul Lonis, La cité dans le monde grec, Paris, 1994, p.85
[21] Y. Dacosta, p.124-125
[22] Ainsi que le montre très clairement la pièce de théâtre d'Aristophane Les Thesmophories.
[23] Hérodote, II, 171
[24] B. S. Spaeth, 1996, p. 108. Concernant les détails des Thesmophories, l'auteur renvoie également à Burkert, 1985, pp. 242-246 ainsi qu'à Farnell, 1896-1909 3 : pp. 75-112 pour les sources anciennes concernant cette fête.
[25] Plutarque, Vie de Cicéron : XIX XXVIII
[26] Aristophane, Thesmophories, v. 300-311. La femme qui parle évoque le peuple athénien et le peuple des femmes, avant de souhaiter que de cette cérémonie résulte le bonheur d'Athènes comme pour elles-mêmes.
[27] Aristophane, Thesmophories, v. 279-299
[28] Ovide, Métamorphoses, 5, 564-566



Extrait de Femmes et cultes à mystères dans l'Italie de la Rome républicaine, par Aude Chatelard
Jeudi 28 février 2008

Toujours tellement actuel ...

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Le 18 février de l’an 1763 de l’ère vulgaire, le soleil entrant dans le signe des poissons, je fus transporté au ciel, comme le savent tous mes amis. Ce ne fut point la jument Borac de Mahomet qui fut ma monture; ce ne fut point le char enflammé d’Élie qui fut ma voiture; je ne fus porté ni sur l’éléphant de Sammonocodom le Siamois, ni sur le cheval de saint George, patron de l’Angleterre, ni sur le cochon de saint Antoine: j’avoue avec ingénuité que mon voyage se fit je ne sais comment.

On croira bien que je fus ébloui; mais ce qu’on ne croira pas, c’est que je vis juger tous les morts. Et qui étaient les juges? C’était, ne vous en déplaise, tous ceux qui ont fait du bien aux hommes, Confucius, Solon, Socrate, Titus, les Antonins, Épictète, Charron, de Thou, le chancelier de L’Hospital; tous les grands hommes qui, ayant enseigné et pratiqué les vertus que Dieu exige, semblent seuls être en droit de prononcer ses arrêts.

Je ne dirai point sur quels trônes ils étaient assis, ni combien de millions d’êtres célestes étaient prosternés devant l’éternel architecte de tous les globes, ni quelle foule d’habitants de ces globes innombrables comparut devant les juges. Je ne rendrai compte ici que de quelques petites particularités tout à fait intéressantes dont je fus frappé.

Je remarquai que chaque mort qui plaidait sa cause, et qui étalait ses beaux sentiments, avait à côté de lui tous les témoins de ses actions. Par exemple, quand le cardinal de Lorraine se vantait d’avoir fait adopter quelques-unes de ses opinions par le concile de Trente, et que, pour prix de son orthodoxie, il demandait la vie éternelle, tout aussitôt paraissaient autour de lui vingt courtisanes ou dames de la cour, portant toutes sur le front le nombre de leurs rendez-vous avec le cardinal. On voyait ceux qui avaient jeté avec lui les fondements de la Ligue; tous les complices de ses desseins pervers venaient l’environner.

Vis-à-vis du cardinal de Lorraine était Jean Chauvin, qui se vantait, dans son patois grossier, d’avoir donné des coups de pied à l’idole papale, après que d’autres l’avaient abattue. « J’ai écrit contre la peinture et la sculpture, disait-il; j’ai fait voir évidemment que les bonnes oeuvres ne servent à rien du tout, et j’ai prouvé qu’il est diabolique de danser le menuet: chassez vite d’ici le cardinal de Lorraine, et placez-moi à côté de saint Paul. »

Comme il parlait, on vit auprès de lui un bûcher enflammé; un spectre épouvantable, portant au cou une fraise espagnole à moitié brûlée, sortait du milieu des flammes avec des cris affreux. « Monstre, s’écriait-il, monstre exécrable, tremble! reconnais ce Servet que tu as fait périr par le plus cruel des supplices, parce qu’il avait disputé contre toi sur la manière dont trois personnes peuvent faire une seule substance. » Alors tous les juges ordonnèrent que le cardinal de Lorraine serait précipité dans l’abîme, mais que Calvin serait puni plus rigoureusement.

Je vis une foule prodigieuse de morts qui disaient: « J’ai cru, j’ai cru, » mais sur leur front il était écrit: « J’ai fait; » et ils étaient condamnés.

Le jésuite Le Tellier paraissait fièrement, la bulle Unigenitus à la main. Mais à ses côtés s’éleva tout d’un coup un monceau de deux mille lettres de cachet. Un janséniste y mit le feu: Le Tellier fut brûlé jusqu’aux os, et le janséniste, qui n’avait pas moins cabalé que le jésuite, eut sa part de la brûlure.

Je voyais arriver à droite et à gauche des troupes de fakirs, de talapoins, de bonzes, de moines blancs, noirs et gris, qui s’étaient tous imaginé que, pour faire leur cour à l’Être suprême, il fallait ou chanter, ou se fouetter, ou marcher tout nus. J’entendis une voix terrible qui leur demanda: « Quel bien avez-vous fait aux hommes? » A cette voix succéda un morne silence; aucun n’osa répondre, et ils furent tous conduits aux petites-maisons de l’univers: c’est un des plus grands bâtiments qu’on puisse imaginer.

L’un criait: « C’est aux métamorphoses de Xaca qu’il faut croire; » l’autre: « C’est à celles de Sammonocodom. — Bacchus arrêta le soleil et la lune, disait celui-ci. — Les dieux ressuscitèrent Pélops, disait celui-là. — Voici la bulle in Coena Domini, disait un nouveau venu; » et l’huissier des juges criait: « Aux petites-maisons, aux petites-maisons! »

Quand tous ces procès furent vidés, j’entendis alors promulguer cet arrêt: « De part l’éternel, créateur, conservateur, rémunérateur, vengeur, pardonneur, etc., etc., soit notoire à tous les habitants des cent mille millions de milliards de mondes qu’il nous a plu de former, que nous ne jugerons jamais aucun desdits habitants sur leurs idées creuses, mais uniquement sur leurs actions: car telle est notre justice. »

J’avoue que ce fut la première fois que j’entendis un tel édit: tous ceux que j’avais lus sur le petit grain de sable où je suis né finissaient par ces mots: Car tel est notre plaisir



Article "Dogmes", Dictionnaire Philosophique, Voltaire, 1765

Mercredi 27 février 2008

relief-anubis.jpgOui, vous saurez tout, tout, tout sur le zizi l'Ammonite Foundation.
Ah les chansons de Pierre Perret ...


Je n'ai pas vu apparaître ce groupement ésotérique et occulte, bien des années avant ma naissance. Pas plus que je ne l'ai vu croître sur les rives du Nil. Je n'étais pas là lorsqu'un écrivain, Murry Hope, alla se renseigner au Caire sur les activités de ce groupe, se renvendiquant (mensongèrement) comme tant d'autres de filiation antique et héritiers de l'antique savoir occulte égyptien. Et je n'étais pas non plus née lorsque Lady Olivia Robertson, la fondatrice de Fellowship of Isis, entretenait, dans les années 70 (mais j'étais surement ici bas si elle garda contact avec eux dans les années 80), des relations avec eux. Par contre j'étais là en 2001, lorsque je les découvrit par hasard aux Etats Unis, au Texas. Enfin là, derrière mon ordinateur, puis en face d'eux lorsque leur pharaon et son disciple prêtre d'Anubis s'intéressèrent à nous. Suffisament pour se déplacer jusqu'en France.

Et surtout, j'étais là lorsque ce groupe disparut dans le néant (d'où ils auraient mieux fait de ne pas sortir). Depuis, ici et là, j'ai lu des gens qui les cherchaient. Qui ne comprenaient pas leur soudaine disparition. Comme s'ils s'étaient évaporés. Mais la vérité est nettement moins glamour que ce qu'ils supposent. C'est qu'ils ignorent qu'ils n'étaient que des fieffés escrocs manipulateurs, dont le "pharaon et scribe" était mégalomane, mythomane, adultère et pervers. Dont les adeptes, ceux qui formaient le collège des prêtres de leur "séminaire", étaient majoritairement des personnes psychologiquement fragiles, crédules et immatures. Il y avait aussi l'épouse du pharaon, la "Mom", la Queen, la Sekhmet, présentée à nous comme diabolique afin d'éviter que les versions des histoires données à chacun ne viennent jusqu'à une mauvaise oreille. Et aussi, il y avait leur fils, le jeune pharaon héritier, que Murry Hope décrit dans son ouvrage new-ageux The Sirius Connection : Unlocking the Secrets of Ancient Egypt : un gamin que les parents habillent en prince de l'Egypte ancienne et à qui on apprend qu'il est destiné à régner sur l'Egypte en tant qu'élu et descendant des dieux anciens ... Aux dernières nouvelles, il est devenu déliquant aux USA et était en prison ... Pas étonnant après l'éducation particulièrement équilibrée que lui ont donné ses parents.

Si j'écris cet article, c'est autant pour raconter ces bribes d'histoire et informer ceux qui continuent de chercher des informations sur feu l'Ammonite Foundation, que moi-même peut être espérer un jour en savoir plus sur ces années dont j'ignore presque tout, des années 70 à l'an 2000, sur comment tout en est venu à ça. C'est donc un peu une bouteille jetée dans la mer du net, en attendant de voir qui la trouvera. 

Les années passent, et malgré tout, tout ça reste dans un coin de ma mémoire, trottant, revenant à l'occasion. Parfois, je trouve tout ça hallucinant, tout ce que des adolescentes de 17-18 ans ont pu vivre, d'autant que je sais que nous sommes loin d'être des cas uniques. Enfin, tout le monde ne peut pas se vanter d'avoir mis à bas une secte à 17 ans, c'est toujours ça. Maigre consolation au vu du reste. J'ai reçu en octobre une lettre du prêtre d'Anubis (enfin relaché de l'asile psychiatrique où il avait été envoyé) alors que tout était fini depuis si longtemps ; j'en ai conçu sur le coup quelques sueurs froides. A se demander, au fond de soi, si tout est bel et bien derrière, s'ils ne reviendront jamais refaire irruption dans nos vies, s'ils ne reviendront pas se venger. Non, le temps a passé. Mais malgré tout, il y a cette vapeur bizarre qui flotte encore en nous, juste pour nous rappeler, pour continuer à nous questionner sur ce que tout cela vraiment signifiait.

Mardi 26 février 2008
Avant-hier, il a bien fait dans les 20 degrés en Alsace et pourtant ce n'est pas encore mars. Bien qu'un refroidissement se fait déjà ressentir, et heureusement, cela ne peut que nous rappeler que l'équinoxe de printemps est dans moins d'un mois, et que c'est une fête que j'ai toujours beaucoup appréciée.

 

Rituel d'équinoxe de printemps

Tiré de A Wisewoman's Guide to spells, rituals, and Goddess Lore d'Elisabeth Brooke

Traduit par Hédéra

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Décorez l'autel avec des fleurs de printemps , des bougies roses, bleues et jaunes, ainsi qu'avec une bougie représentant la Déesse. Mettez aussi ses guirlandes de rubans jaunes, verts et rouges, et des oeufs peints des mêmes couleurs. Préparez aussi des petits simnel cakes (note de traduction : il s'agit de gâteau fait notamment avec du massepain, et mangé durant la période de Pâques en Angleterre et en Irlande. N'hésitez pas à remplacer ce gâteau anglo-saxon par des mets de cette période de votre propre région et du folklore qui y est attaché) et du vin blanc léger pour la libation.

Faites le cercle et accueillez Flore, déesse du printemps :

Déesse du Printemps, douce jeune fille,
qui s'écarte de la terre gelée.
Laissant partir les entraves de l'hiver
tandis que le vaste monde respire de nouveau.

Les vents froids font bruisser les jonquilles
et les fleurs se dispersent,
Parsemant la colline de motifs.
Entre Flore !
Entre printemps !
Nous t'accueillons une fois encore !


Chaque femme prend un oeuf qui est passé de main en main, et chacune contemple son oeuf intérieur, son potentiel personnel. Fermez les yeux et prenez quelques minutes pour être avec ce potentiel. Contemplez la nouvelle croissance qui est en vous, les fruits du bois mort qui sont abattus à Samhain. Placez l'image de l'oeuf dans l'oeil de votre esprit et imaginez le craquer et s'ouvrir tel un oeuf de poule. Voyez ce qui en émerge. Partagez vos visions avec le groupe. Faites passer les gâteaux et le vin dans le cercle et remerciez la Déesse.

Lundi 25 février 2008

 

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Voilà qui est très parlant en effet ! Quoique je trouve presque plus choquant l'idée qu'elle puisse poser les pieds, toute habillée comme elle l'est, dans la cambrousse (une jolie cambrousse méridionale par ailleurs, comme on peut le constater sur la photographie). Mais heureusement, elle a un chapeau, au moins elle ne prendra pas de coup de soleil.

Je ne vais pas m'étendre pour dire ici tout le bien que je pense de cette prude rétrograde à tendances tyranniques grande dame. En fait, cet article n'a qu'un seul but : annoncer la création d'une merveilleuse catégorie d'humour pourri discordien qui sera entièrement consacrée à des fakes, c'est à dire des faux, des impostures, des trucs complètement débiles, délirants ou fantasmagoriques (parfois les trois à la fois). J'ai reçu l'illumination de cette idée en découvrant que la plateforme overblog permet, dans les statistiques du blog, de connaître la provenance des visiteurs (ça devait exister depuis un bail mais je suis très rapide avec l'informatique comme vous pouvez le constater ...). Et là, je suis presque tombée de ma chaise de rire en voyant quelles recherches sur google ont conduit de malheureux visiteurs vers mon blog, parmi les perles : "une éclipse de lune est-elle dangereuse?", "tous les rituels de Lilith", "sort pour faire la cour à une fille", "aime en Allemagne", "rituel de destruction d'une loge" (très bon celui-là, faites le test avec Google, je n'en revenais pas!) et le must du must (du moins pour moi) : "Samael Aun Weor forum". Bref, j'ai bien rigolé et je me suis dit que si je créais une catégorie de ce genre avec des titres aussi farfelus que possible, je pourrais ainsi me constituer un stock d'heures de rigolades en lisant les recherches de google. Car comme vous le savez tous, il parait que rire 5 minutes dans une journée accroit l'espérance de vie, et comme je suis raide dingue des trips Aun Weoriens sur l'élixir de longue vie, je crois que j'ai trouvé le bon tuyau. 

Donc pour ceux qui connaissent ce blog autrement qu'à cause des fakes (qui seront tous classés dans la catégorie "Fake oh fake..." et donc aisément repérables du reste), je m'excuse de ce petit désagrément que vous compenserez éventuellement par quelques rapports des meilleures recherches google que ceux ci m'auront donné. Je suis généreuse, je partage mon élixir de longue vie avec vous.

Ah c'est beau d'être discordienne !

 

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