C'est la mort qui vous sourit
L'éternité dans une vie
Et quand je rends la justice
La vertu contre le vice
C'est le père qui parle au fils
Je commande, ils obéissent
Le pouvoir, ça se mérite
On le prend, ou on l'hérite
Et le jour où on le quitte
Alors on construit son mythe
Le pouvoir ça brûle en vous
Le pouvoir ça vous rend fou
(Le pouvoir, extrait de la comédie musicale Roméo et Juliette)
Querelles de pouvoir dans le monde sorcier, ésotérique, païen ... comme partout ailleurs. Ils disent ça aussi dans Roméo et Juliette, comme quoi, la morale de base et le réalisme se retrouvent des planches de théâtres aux feux de Bercy.
Rêvé par certain, honni par d'autres ; craint par les faibles de caractère. On présente le paganisme, la sorcellerie comme une univers tout beau, on voit même sur des forums des gens qui se demandent si en étant wiccan, ils ont le droit de nourrir de mauvaises pensées pour autrui. Tout est beau, tout est lisse ... en apparence. Et un beau jour, sans rien n'y comprendre, l'eau souterraine qui dormait jaillit comme un gros geyser : on découvre ces luttes de pouvoir. Ou plutôt, ces luttes de pouvoir, véritables ou imaginées. Le monde païen est aussi pourri que les autres, pétri de préjugés, paranoïaque, retranché sur ses positions et stagne. Faut-il qu'une personne décide de faire quelque chose, juste un quelque chose, un rassemblement. Faut-il qu'une personne ait une idée, histoire qu'il se passe aussi un peu quelque chose en France et pas qu'ailleurs (aux USA ou en Grande Bretagne), et déjà, le regard mauvais, méfiant, accusateur, se darde sur cette malheureuse bonne volonté. Et pourtant, la majorité est d'accord pour pleunicher sur le fait que c'est mieux ailleurs. On propose, et non, finalement non, on se sait jamais, des fois que ce soit des manipulations pour embrigader et accroitre une influence égocentrique.
La France est un marasme autant qu'un nid de vipères. Oh, ce n'est pas mieux ailleurs, les soupçonneux, les calomniateurs existent autant outre-atlantique, même vis à vis des plus reconnus. Peut être justement plus encore vis à vis des plus reconnus. "Pour vivre heureux, vivons cachés", une fois qu'on a mis un pas dehors, ça y'est, les rapaces s'apprêtent à bondir. Voilà qui explique que tant de monde lise des discutions sur les forums, écoutent lors des rencontres, mais n'osent jamais prendre la parole, se mettre en avant. Ils risqueraient d'attirer sur eux les projecteurs, les regards, parmi eux forcément des regards mauvais, prompts à juger et mal juger : les jugements expéditifs dont on traine longtemps la sentence comme un boulet.
De fait, dans cet univers païen comme bien ailleurs, ceux qui cherchent la tranquilité pourront se reposer confortablement sur le courant majoritaire. Bizarrement, les gens aiment souvent mieux ceux qui sont discrets et qui les approuvent. Ca commence très jeune, les jeunes filles aiment avoir dans leur bande une "amie" qui tient la place de "la moche", ou "la timide qui ne dit jamais rien" (on ne se souvient parfois même plus qu'elle est là). C'est bien, c'est valorisant. Et puis, pas besoin de s'affirmer, il suffit de regarder. Comme ces perversités sont commodes!
Et puis, il y a les gros méchants, ceux là même qui osent agir différamment. Ceux là qui osent penser autrement, et surtout qui osent le dire ouvertement. Ceux-là, pour peu qu'ils soient pleins d'énergie et d'esprit d'initiative, ce sont de terribles ambitieux, avides de pouvoir. On nous bassine sur l'égalité, l'équité, et les gens ne sont obsédés que par les relations de pouvoir, sans même comprendre que seules des personnes affaiblies ou de peu de caractère y sont exposés. Ceux qui sont libres, d'esprit et de corps, ne peuvent jamais être asservis. Cette paranoïa est-elle donc un aveu de sa propre faiblesse? Le mal se tapit donc partout, partout où quelqu'un pense par lui-même, fait des choses par lui-même, ose entreprendre quelque chose de nouveau, différent. Heureusement qu'il y a des gens foncièrement mauvais ici-bas, sinon on s'ennuirait mortellement! D'ailleurs, la science est affaire de pouvoir, moi-même je le dis. Mais quel pouvoir?
Starhawk, les traditions féminines dont la tradition dianique revendiquent ce pouvoir. De négatif, il gagne enfin une connotation positive. Comme la sorcière finalement. Nos amis païens seraient si forts pour refaire une inquisition païenne à ceux qui osent sortir de leur version du politiquement-correct. Revendiquer le pouvoir, mais pas ce pouvoir repoussoir qui colle comme de la glue à ceux qui osent se mettre en avant pour faire bouger un peu les choses. Le pouvoir du dedans, le pouvoir d'être entier, complet en soi-même. Le pouvoir d'être un rebèle de la pensée, parfois du comportement. Le pouvoir de vivre pleinement, d'espérer, de créer. Sans arrière pensée. Vouloir prendre un chemin et se réjouir de l'aventure de la route et non pas d'une finalité bien moindre, à les comparer. Vouloir laisser un bout de soi, de ne pas avoir vécu en vain. Vouloir participer au grand élan des choses. Participer, pas être juste spectateur passif, pas être présent en étant invisible comme un fantôme. Vivre, prendre des risques, se casser la figure et se relever! Voilà le vrai pouvoir!
Il y en aura toujours en effet pour chercher ce pouvoir sur autrui, tellement craint. Mais que risque-t-on, disais je, quand on est libre? On reste inatteignable.
Le pouvoir, ah mes amis, si vous en saviez le prix! Mais on le sait tous dans le fond, et c'est pour ça que certains essaient, d'autres pas, et d'autres encore, ne songent qu'à dénoncer et calomnier. Le pouvoir, ça a un prix. C'est du temps, des efforts, de la peine donnée gratuitement pour ne récolter parfois que de l'ingratitude. Mais il y a les sourires aussi, les "merci". Il y a ceux qui ont cessé de tout considérer comme un rapport de force, ceux qui savent qu'il y a de la place pour tout le monde, même quand on ne pense pas tout à fait pareil, et qui entrent dans la danse, une grande ronde.
J'oublie les autres, j'oublie tout. Je danse.
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