Attention, vous allez pénétrer un lieu étrange où tout peut arriver ...

 

Bienvenue dans le blog spirituel d'une sorcière et prêtresse de la tradition wiccane dianique ascendant discordienne. Blog spirituel dans tous les sens, temple un peu mystique mais pas illuminé, regard objectif et subjectif d'une croyance, de pratiques et d'un mode de vie.

Humaniste, ironique, voltairienne, empêcheuse de tourner en rond, intellectuelle, intuitive, insolente, contemplative, militante et passionnée, réconciliatrice des contraires et antagonismes ; voilà un peu pour me définir ainsi que l'esprit de ce blog.

Par Thémis et Eris, bonne visite à vous !

Pour tout commentaire plus ou moins élogieux ou outré, c'est ici .

Vendredi 6 juin 2008


Il y a une constante chez moi en ce moment, des très hauts et des très bas, de la fatigue, de la lassitude, du découragement parfois et en corrolaire, un besoin d'ouverture sur des aspects du monde pour lesquels j'étais jusque là curieuse, mais que de loin.

Ainsi, la semaine dernière, c'était dédié à Sex and the City. Et comme Carry Bradshaw le dit dans la série, elle se considère être une anthropologue du sexe. Pour moi, c'est différent, je serais plutôt anthropologue des communautés contemporaines. J'adorerais me glisser dans divers milieux, pour observer de l'intérieur. Bien entendu, il faudrait un habillage complet en rapport avec ces tribus modernes et avoir potassé leur coutumes, références et mode de langage. Bref, à force d'y penser et d'en parler, ce matin après une énième lassitude devant la cartographie, je me suis lancée. Et donc, j'ai essayé quelque chose de nouveau pour me changer les idées : la tentative de look gothic lolita (ou quelque chose du genre, pour ce que j'ai cru comprendre). Alors bien sûr, ce n'étais pas pour me regarder dans la glace et voir si ça m'allait. C'était pour faire des expériences sur le terrain. D'autant que je n'allais pas me ruiner en achat d'habits que je ne remettrais plus. J'ai donc pris un petit gilet noir, une jupette noire que j'avais dû acheter lorsque j'avais travaillé pendant le tour de France, des chaussettes longues rayées mauve et violet foncé sur lesquelles j'avais flashé cet hiver, et du maquillage un peu plus appuyé que d'ordinaire. Et en piste.

Eh bien l'expérience fut intéressante. Deux vendeurs dans des magasins où je suis passée (livres, accessoires divers) m'ont fait du charme, voir essayer de m'inviter boire un verre. Haha, je devrais tenter l'expérience de bars ou de soirées, si j'avais du temps à perdre! Je suis sûre que je n'aurais pas eu autant de succès si j'avais cherché à faire néo-hippie. D'ailleurs, je pense aussi qu'habillée normalement, ça n'aurait sûrement pas eu le même impact ...

Donc avis aux célibataires : le look gothique mini-jupe et chaussettes longues est porteur d'hécatombes chez la gente masculine!

En rentrant chez moi, je suis tombée sur mon bien-aimé. Réaction de sa part en me voyant : "Oh! Tu es vraiment ravissante, tu devrais t'habiller ainsi plus souvent!" (quoi? je ne suis pas bien d'ordinaire?) A croire que ce style remue bel et bien les tréfonds de beaucoup d'hommes. A bonne entendeuse ...

Pas mal en tous cas, comme premier essai d'anthropologie moderne, il faudra que je me prenne le temps de tenter d'autres études de terrain!
Mardi 3 juin 2008


Et oui, voilà mon quotidien, quoique le "éso" saute souvent. C'est particulièrement vrai ces jours ci avec la nécessité de finaliser la traduction du cycle d'Ariadne's Thread, comme c'est le cas chaque mois pour la Nouvelle Lune. Après tout, je m'y suis bien engagée en proposant un enseignement, et je tiens mes responsabilités, même en temps de vache maigre de temps libre, et de surbookage de travail. Comme nous le disons, Hyouden et moi, c'est bien devenu notre second travail. Donc, je devrais dire "boulot, boulot, dodo".

Je devrais appliquer cette maxime de manière plus stricte et commencer à travailler plus ésotériquement ma réussite. Après tout, on nous apprend bien que le monde est affaire de systémique et que c'est un ensemble de facteur qui mène à un certain résultat. Après tout, dans la longue durée, il y a des choses toutes simples qui peuvent s'avérer utiles et efficaces. Un peu comme l'homéopathie je suppose. Belle analogie d'ailleurs, si on prend en compte l'avis de certains, selon lequel l'homéopathie serait un placébo agissant sur le mental.

Enfin, voilà un article pour ne pas dire grand chose. C'était histoire de caser cette expression lumineuse qui m'est venue et qu'il aurait été dommage de ne pas sauvegarder ... J'en ai d'autres en stock, j'essairai de leur faire un article un peu plus étoffé puisque, au moins, elles se prêtent à réflexion un peu plus poussée que le "Boulot, éso, dodo" probablement destiné à entrer dans la postérité occulte.


Rhaaa mais non, mon quotidien n'est pas si horrible, la plupart du temps, c'est plutôt "gâteau, boulot, dodo" (ça compte beaucoup pour le moral) ... Enfin, gâteau ; ça peut être bonnes crêpes (salées et sucrées), plats chinois ou toute autre bonne cuisine (Resto, boulot, dodo?), tout en songeant à ne pas abuser, sachant qu'il y aura un après-oraux. Et j'aurai intérêt à tenir ma ligne jusque là, je ne voudrais pas être toute boudinée en Crête tout de même! Tenter de réussir un concours, c'est quand même trouver une subtile combinaison de beaucoup d'éléments !
Dimanche 1 juin 2008

Il commence à être temps d'en parler, puisqu'on est le 1er juin ...


Solstice d'été - 21 juin

Traduit de  Women’s Rites, Women’s Mysteries ; Creating Ritual in the Dianic Wiccan Tradition  de Ruth Barrett par Hédéra

Union

 

Aussi appelé jour du Milieu de l'Eté (Midsummer) ou Litha

 





ETE, ETE

Eté, Eté, lait des génisses

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Jaune Eté, éclatantes marguerites,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

L'orge pousse, les lys fleurissent,

Nous avons ramené à nous l'Eté,

Les champs sont d'or, le blé murit,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Les branches sont chargées, les oiseaux chantent ,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

La prairie est tel un flot et le chevreuil y paît,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Des feux dans le foyer, protégeant nos demeures,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Au dessus des champs s'élève la fumée,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Les torches flamboient, dansant en cercle,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Le vin coule à flot, les voix montent,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Les amants sautent au dessus des feux du milieu de l'Eté,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Amenant santé, longue vie et bonne fortune,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Eté, Eté, lait des génisses,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

Jaune Eté, éclatantes marguerites,

Nous avons ramené à nous l'Eté.

 

Le Solstice d'Eté marque le point culminant du cycle solaire à Midsummer. Au moment du plus long jour de l'année, nous commençons en même temps notre retour vers la moitié sombre de l'année. La date exacte du Solstice d'Eté est fluctuante selon le calendrier de chaque année entre le 20 et le 23 juin. Lors du Solstice d'Hiver, l'énergie sous-jacente se trouve dans la vision; l'énergie saisonnière du Solstice d'Eté est active : il est question de faire et de développer, vivre le rêve visualisé dans le temps du rêve qu'est l'Hiver. Au point culminant de l'éclosion estivale, des prières pour les bénédictions des céréales sont faites à la Déesse. La Terre est fertile, et le ventre de la Terre Mère est désormais mûr de vie alors qu'elle commence à répandre Ses créations sous la forme de la croissance des champs, des arbres, des fleurs, et des animaux.

Deux traditions de feux étaient largement pratiquées au Solstice d'Eté, parfois appelé "Nuit des Feux de Joie". Une ancienne coutume Irlandaise dicte que le feu d'une communauté soit allumé précisément au coucher du soleil, qu'il soit surveillé et conservé jusque longtemps après minuit. Le bucher communal était bâti et allumé par les habitants de toute la ville, ou de plusieurs villes, et était célébré avec de la musique, des danses, des sauts au dessus du feu, des chants, ainsi que d'autres cérémonies. Le feu familial était un plus petit feu allumé par les membres de chaque foyer pour leur propre bénéfice ou celui de la ferme. Le feu familial était allumé dans le calme et les cérémonies de protection constituaient les principales demandes. Dans certains villages, les habitants prenaient des braises ou des cendres du feu familial, ou du feu de la communauté, et en jetaient une partie dans chaque champ, ou aux quatre coins de chaque champ, afin de les protéger de dommages tels que la sécheresse ou des tempêtes de grêle. Le troupeau de la ferme était conduit ensemble à travers la fumée d'un feu fait à l'extérieur. En Irlande, c'était aussi une époque traditionnelle pour la récolte d'herbes médicinales.

Dans le cycle mythique de la Déesse, la Déesse Jeune Fille expérimente la joie de l'union avec Son soi créative, sexuelle,sensuelle et devient enceinte de Ses créations. Ainsi, cette fête commence la transition de la Déesse de la Jeune Fille au cycle de fertilité de la Déesse Mère  en tant que Faiseuse/Créatrice. La catégorie d'âge des femmes honorées en cette saison du Solstice d'Eté à la Première Récolte va aproximativement de 21 à 31 ans.

Dans la tradition Dianique, le Solstice d'Eté est une fête qui honore les nombreuses manières dont les femmes sont fertiles et créatives dans leurs vie; les manières qu'en tant que femmes, métaphoriquement ou littéralement, nous utilisons nos sangs. Toutes les femmes, qu'elles donnent physiquement naissance et élèvent des enfants ou non, deviennent "Mère" lorsqu'elles nourrissent, soutiennent, protègent la vie, les êtres humains et les autres espèces, à travers le travail ou l'activisme dans leur vie. Dans la tradition Dianique, nous honorons aussi l'élément du feu dans nos vies personnelle et collective et nous l'utilisons symboliquement pour renforcer, aiguiser et forger notre volonté de la chute de la patriarchie dans le monde et en nous-mêmes. En remplissant notre créativité individuelle et collective d'énergie, nous utilisons la métaphore du pouvoir du soleil pour magnifier et illuminer notre conscience et les actions en vue d'un monde plus égalitaire et un monde aimant pour tous. En utilisant nos voix et le pouvoir de la danse et du tambour, nous célébrons l'union en nous-même et avec les autres, honorant toute sorte de fertilité et d'expression créative. Nous utilisons le pouvoir pour nous purifier des images négatives vis à vis du corps, en particulier celles qui entourent la sexualité, en se tenant au dessus d'un petit chaudron. Nous concentrons de l'énergie àa la fructification de nos projets et nos passions en bondissant au dessus du feu tel qu'il était fait dans les temps passés.

 

Questions saisonnières et Idées :

 

* Posez vous ces questions saisonnières :

Où se trouve la force de vie enflammée dans la vie? Comment se manifeste-t-elle?

Comment vais je, ou comment est ce que je nourris mon feu créatif? Quelle est sa nourriture? Comment est ce que j'utilise mon sang?

Comment suis je une "mère"? Comment est ce que je nourris, soutiens, et protège mes créations?

* Sautez au dessus d'un feu de manière littérale ou symbolique. Utilisez le thème rituel de la saison pour nourrir, embraser et magnifier votre volonté personnelle et collective. Dansez et bougez votre corps pour sentir la chaleur de votre force de vie.

* Honorez les Déesses Mères à travers le monde en tant que créatrices de vie et d'amour.

* Faites, construisez, créez quelque chose avec vos mains, votre voix, votre écriture, ou vos mouvements en honneur à la Mère/Faiseuse en vous et en dehors de vous.

* Honorez les différentes manières dont le concept de "mère" peut être exprimé à travers le fait de faire des enfants, aussi bien que le fait de faire de l'art, de la musique, des carrières etc ... Célébrez Celle Qui Crée, Soutient et Protège. Cette fête est aussi un moment approprié pour honorer une femme ou des femmes au sein de votre communauté qui choisissent de ne pas porter d'enfants, ou qui ne peuvent pas en avoir, mais qui canalisent leur créativité dans d'autres travaux.

* Explorez la passion, la créativité, et la croissance comme liées à l'élément du Feu. Utilisez l'élément du Feu pour renforcer, aiguiser et forger votre volonté de la chute de la patriarchie. Renforcez votre pouvoir pour agir! Osez vivre votre vie selon vos propres valeurs! Engagez vous ou ré - engagez vous pour faire cesser la patriarchie en vous en en dehors de vous.

* Célébrez la fertilité sous toutes ses formes.

* Faites beaucoup l'amour, et dédiez cette énergie à un but créatif spécifique.

* Allumez des bougies ou des feux de joie pour ce que vous désirez de cette saison de croissance et d'abondance.

Jeudi 29 mai 2008



En tous cas, une égérie du Paradigme de la Sphinge sans le moindre doute, cultissime pour la fan devant l'Eternelle que je suis.

Et donc, ce ne furent pas deux new-yorkaises, mais deux prêtresses strasbourgeoises, qui se rendirent hier soir au cinéma afin d'assister comme il se doit à une séance de ce film tant attendu, le jour de sa sortie (nous aurions bien fait l'avant-première, si seulement il y en avait eu ici ... Un manque de savoir vivre ça!). Si j'avais cette semaine trois oraux d'entrainement à mon oral d'admission, le seul évènement digne d'un grand E était la sortie de ce film. Ca se saura depuis le temps que j'en parle à tout vent.

Toutefois, il faut admettre que c'est tout un phénomène qui dépasse les barrières générationelles. Il y a donc quelque chose, un concentré de féminité dans son essence la plus pure. J'imagine des froncements de sourcils, devant cet étalage de défilés de mode, de soirées hype, de tout ce qui fait la Superficialité avec grand S. Oui mais ; c'est le paysage, le contexte qui fait que c'est si attractif après une longue journée de travail, quand on cherche à se détendre, à rire, et dans le fond, à trouver un miroir à ses propres interrogations féminines existentielles de type "mais pourquoi les hommes sont-ils si [mettez le reproche de votre choix]?!". Je me souviens avoir tiré de grandes leçons de sagesse dignes du Dalaï Lama après le visionnage de certains de ces épisodes, à croire qu'ils contiennent tous les secrets de la vie ... ou du moins, de la vie moderne avec ses joies et ses viscissitudes. Nul besoin d'habiter à New York, de crouler sous l'argent et de vivre de cocktails et de défilés Gucci. Dans ma petite campagne alsacienne, je vois bien que le monde est partout le même. Ou plutôt, que l'humanité se retrouve à la ville, à la campagne, en Amérique ou en Europe. Ou ailleurs.

C'est sûrement ce qui fait de Sex and the City une série, puis un film, si fédérateur. Et puis, c'est l'histoire de quatre grandes amies. De fait, le public au cinéma devait être au moins à 90% féminin, avec des groupes de copines oscillant entre deux et dix amies. C'était tellement évident : Sex and the City, c'est la grande messe de l'amitié entre femmes. Et c'est bien le message de la série ; les hommes défilent avec les joies et les peines, mais les amies restent, encore et toujours.

Film dianique par excellence donc, puisqu'il célèbre les homosexuels, les hétérosexuels, , et surtout les femmes, des femmes libérées, exigentes, conscientes et maitresses de leur pouvoir professionnel, social voir sexuel, et les femmes dont les liens d'amitié sont garants d'un soutien et d'une fidélité inconditionnelle. Des conquérantes, jamais des victimes. Des femmes modernes dans le meilleur sens du terme.

Le message du film? Profitez, allez acheter des chaussures, des beaux habits, vibrez au rythme des rencontres amoureuses sans jamais vous décourager, et choyez vos amies. Elles étaient là avant, elles seront là après. Les amours passent, les amies restent. Elles seront toujours là pour un après midi shopping ou des confidences (très) intimes. Y a-t-il d'autres choses qui soient vraiment importantes? Dans le fond, ce qui est léger ne l'est peut être pas tant que ça, on sait ce que valent les petites choses de la vie, tout comme les petites gouttes forment des océans.

En tous cas, à moi, ça me donne des ailes. Je me bichonne bien en ce moment, je suis peut être plus "dans le mouvement" que d'ordinaire. Un peu de mode pour pimenter ce quotidien studieux, une mode qui me sied et me renouvelle. Je suis un serpent, je suis en train de m'étirer pour me défaire de mon ancienne peau. Et caméléon aussi, en passe-muraille des genres. Quand j'aurai fait le tour, je reviendrai au centre. A l'essentiel. Et toujours, avec ma grande amie. Nous aussi, comme Samantha et ses trois amies, nous célébrerons nos cinquante ans ensemble, et plus encore.

Sex and the City, sponsor officiel des dianiques modernes, qui réclament leur appartenance à cette modernité sur toutes les échelles, ailleurs comme ici.

Dimanche 25 mai 2008
Il est rare que je sois à présent chez moi, dans ma famille, le week end. Je suis plutôt en général chez moi, en tête à tête de couple. Mais là, circonstances exceptionnelles de révisions intenses, des deux parties. Alors du coup, je retourne au calme, sans compter que c'est aujourd'hui la fête des Mères. Fête dont l'origine historique et ses relations à différents régimes peu féministes (tel celui de Vichy) peuvent rendre discutable. Mais après tout, sacrifions à la tradition, si en plus ça peut faire plaisir.

Je n'ai pas toujours eu les relations complices et harmonieuses que j'ai à présent avec ma mère. Nous nous sommes vraiment entendues que le jour où elle m'a acceptée comme son égale, après l'enfance et l'adolescence. Avant cela, elle était la maman embêtante qui m'empêchait de jouer, regarder la télé ou sortir voir des amis pour me faire répéter inlassablement des leçons, que ce soit après l'école ou tout le dimanche. On s'est éloignées encore à l'adolescence, elle avait un regard critique sur la prise de libertés de sa petite fille, et quelque part, ne voulait pas la voir grandir trop vite. Les aléas de la vie, les difficultés comme des maladies ou d'autres épreuves achevèrent au bon moment mon entrée dans l'âge adulte, et nous avons fini par nous retrouver à regarder toutes deux, en fans inconditionnelles, Sex and the City tous les vendredi soirs. On attend d'ailleurs la sortie du film avec grande impatience, c'est un ciment incomparable de nos relations de femmes adultes.

Ma meilleure amie avait entendu parler d'un livre historique sulfureux sur la sexualité durant l'Occupation allemande en France, à la 2de Guerre Mondiale (1940-1945 : Années érotiques, de Patrick Buisson). Ma mère n'a jamais aimé l'Histoire, c'est un héritage que j'ai reçu par mon père. Mais elle aime les détails croustillants, et tout ce qui est amusamment sulfureux. S'il y avait bien un moyen de lui faire aimer l'Histoire, c'est bien un moyen comme celui-là. Elle fut vraiment ravie de ce cadeau.

J'ai pu lui offrir lors du traditionnel petit déjeuner en famille du dimanche matin, auquel je n'avais plus pris part depuis des lustres. Dans la conversation qui suivit, elle rappela combien elle était heureuse que j'aie pu être admissible, affirmant que tout le monde me soutenait, même une connaissance de ma grand mère qui avait prié la Sainte Vierge pour moi. Elle ajouta que c'était vraiment aimable et généreux de sa part, une personne si pieuse, puisqu'elle ne me connaissait pas, et que c'était une chance, car selon ma grand mère, ses prières étaient toujours exaucées (et elle était connue dans son coin pour ça). Un débat s'engagea avec mon père, soutenant que cette femme qui se contentait de prier pour demander des voeux n'était pas pieuse. Deux spiritualités différentes, que mon père et ma mère, tous deux catholiques. On pourrait dire que ma mère et ma grand mère se rattachent à un catholicisme "de bonnes femmes", peuplé de saints, dont la Sainte Vierge, présents pour secourir les fidèles. Tandis que mon père est plus cartésien, chrétien dans le sens original du terme et somme toute, à la spiritualité plus "masculine". Il lui fit comprendre que les prières de voeux à Marie étaient peu conformes au véritable christianisme. J'ai souri en entendant la réponse si spontanée de ma mère :

" Mais enfin, c'est Notre Dame, Notre Mère! Et Elle aime Ses enfants! "

Et d'ajouter qu'elle croyait en Marie et à l'Esprit Saint. L'Esprit Saint, cette féminité divine des cathares, des gnostiques comme je le disais il y a peu. C'était un instant qui m'a émue. Je vois bien que, bien que sa spiritualité soit plus simple, moins emplie de questionnements surement que la mienne, je ne suis pas si loin de ces pratiques "de bonnes femmes", très vivantes du côté maternel de ma famille. Des bidouilleuses magiciennes qui n'ont aucun scrupule à demander à la Mère de réaliser nos voeux, même (et peut être surtout) ceux de la vie très matérielle et quotidienne. La Mère est bien celle qui pourvoit à la nourriture et au nécessaire de Ses enfants. Elle est bien ancrée dans la terre.

J'aurais du mal à faire comprendre ces subtilités à ma mère, trop attachée au catholicisme par tradition familiale et par héritage de sa propre famille, mais je vois bien que pour le fond, la Déesse est bien présente chez moi, bien avant moi. Jolie fête des Mères.
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