Attention, vous allez pénétrer un lieu étrange où tout peut arriver ...
Bienvenue dans le blog spirituel d'une sorcière et prêtresse de la tradition wiccane dianique ascendant discordienne. Blog spirituel dans tous les sens, temple un peu mystique mais pas illuminé, regard objectif et subjectif d'une croyance, de pratiques et d'un mode de vie.
Humaniste, ironique, voltairienne, empêcheuse de tourner en rond, intellectuelle, intuitive, insolente, contemplative, militante et passionnée, réconciliatrice des contraires et antagonismes ; voilà un peu pour me définir ainsi que l'esprit de ce blog.
Par Thémis et Eris, bonne visite à vous !
Pour tout commentaire plus ou moins élogieux ou outré, c'est ici .
Les hasards et les coincidences font beaucoup à la réflexion, si tant est que ça en est. Une fois de plus, nous nous rapprochons de Beltane, ou plutôt de l'ensemble de la période qui couvre le signe du Taureau, période de fertilité, des amours humaines, animales et végétales, la période où rien n'est aussi vert et où "même la pluie est agréable" ... moi qui déteste la pluie... C'est surement l'époque de l'année qui m'est la plus fantasmagorique depuis des années, qui s'est mêlée à ma propres mythologie personnelle ainsi qu'au vécu, année après année. Cette année est la première que je vis sans jeter toutes mes espérances et toutes mes angoisses dans ce mois à la fois tant attendu et tant redouté. Attendu pour ses promesses, redouté de ce qu'il ne les tienne pas.
J'avais reçu une compilation de musiques il y a bientôt dix ans, dans laquelle il y avait une chanson que je n'appréciais pas vraiment. Un jour pourtant, j'ai été frappée par un passage de cette musique. Il parlait d'aubépine, je ne savais pas à quoi ressemblait une aubépine. C'est comme si je n'avais jamais entendu ce mot, ni cette chanson avant. J'ai aimé cet arbre sans savoir ce qu'il était. J'ai cherché pendant tout le mois d'avril avant de découvrir, un jour avant la veille de mai, que c'était l'arbuste sous lequel nous avions pris l'habitude de nous asseoir, ma grande amie et moi. Et j'avais appris sa place d'honneur aux rites de Beltane, je l'en aimait d'autant plus, mon arbre de mai. Et j'ai aimé cette année là, à cette époque là. Je l'ai connu le 20 avril, nous nous sommes donné des noms secrets. Je lui ai offert celui de cet arbre que j'admirais, chose que j'ai bien regrettée par la suite. Ah! Si seulement j'avais su que l'aubépine ne porte pas bonheur aux amoureux, mais représente la beauté à jamais stérile dans le langage celtique des arbres. C'est la splendeur d'un feu de paille qui s'évanouit dans l'air chaud des jours d'été, il ne mûrit jamais. ( Mais mon aubépine ne fit pas mieux, en associant mon image à la chanson Samhain Night de Loreena McKennitt, en plein mois de mai ... )
Pourquoi la civilisation celte célèbre-t-elle la fête de l'amour par un tel symbole? On dit que ce serait l'odeur de l'aubépine, témoin de l'érotisme féminin. Bien belle ambivalence ; j'appris encore par la suite que l'aubépine était un arbre de purification pour les Romains, qui en brûlaient en ce temps du Taureau, en mai, pour ce mois qui était l'un de leurs deux mois consacrés aux défunts (l'autre étant février). Mai mortifère. Partout on parle de l'élan de vie de mai, mais on oublie son élan de mort. Il faudrait le corriger. A l'autre bout de l'année, dans l'hémisphère sud, on fête à Beltane la Samhain, chaque année j'ai une pensée pour cela. Comment est ce possible qu'ici on fête la vie triomphante tandis que quelques milliers de kilomètres plus loin, on célèbre la mort? Et dans l'autre sens, il m'a toujours semblé que le 30 octobre était aussi un fête de l'amour. Comme me le rappelait mon amie de l'aubépine hier, là où est Thanatos, il n'y a jamais loin Eros. Et vice versa. Mon végétal totem est dans mon nom, le lierre, arbre scorpionique par excellence, qui meurt où il s'attache. Et aucune image de l'amour n'est plus forte pour moi que celle du lierre s'enroulant autour de l'aubépine. Cette image s'imposa à moi bien avant que je prenne le temps de réfléchir à sa signification, bien avant que je puisse m'en rendre compte. Amour contrarié, maudit, mort dans le triomphe de sa naissance. J'ai souvent dit que je ne voudrais que cela pour pierre tombale lorsque je ne serais plus, et que je ne souhaitais en plus qu'un parterre d'anémones des bois.
J'avais onze ans, c'était le mois d'avril et un petit amoureux m'avait offert un bouquet d'anémones des bois alors que nous nous promenions dans le parc municipal. Plusieurs années après, ces fleurs sont devenues mes préférées, apparaissant exactement pour l'équinoxe, symbole du renouveau de la vie. Fleurs frêles du vent comme l'indiquent leur nom, elles sont fleurs de l'amour innocent, de l'aube à peine naissante des sentiments, de l'adolescence. Et plus tard encore, j'appris que ces fleurs sont celles de Vénus pleurant sur la mort d'Adonis. Encore un amour brisé, encore une fidélité malheureuse. Qu'est ce donc que ce printemps tout rempli de mort là où on croit discerner la vie?
Et tout cela m'est revenu hier, car pour la première fois, je reviens à cette station de l'année en n'ayant plus perdu mon printemps. Tant que l'on vit prisonnier d'un mythe indépassable, on ne peut prendre conscience de ses mécanismes complexes. Il y a deux ans, j'écrivais un texte sur le printemps perdu, l'unique printemps qu'on ne nous rend peut être jamais. Je désespérais, tel un assoiffé cherchant une oasis. Je vivais en chérissant ces souvenirs, et j'aimais à revenir me blesser aux épines de mon aubépine. J'ai marché tout mon parcours au Royaume des Ombres, surement assez pour qu'on me rende ce qui avait été perdu. Différemment, sans que j'aie à exprimer un rêve devant se réaliser point par point pour pouvoir enfin le dépasser. Tout s'est réalisé comme si cela avait été écrit, comme une cérémonie bien huilée. Mon printemps m'avait été rendu, enfin il ne mourrait plus. Et puis j'ai été perdue, devant ce gouffre nouveau, devant l'inconnu de la vie lorsque le souhait le plus cher s'est enfin réalisé. Alors le regard anxieux, on se demande : "Et après?". Il n'y avait pas d'après dans mon mythe, puisque tout meurt avec les fleurs blanches du printemps. De fait, occupée comme je l'était, ce mai m'était presque indifférent, chose tout à fait invraisemblable pour qui me connaissait. Une nouvelle coincidence est venue boucler ce cycle d'une année. Décidément, ce mois-ci aura été très initiatique.
Peut être ai-je enfin commencé à mettre le doigt sur le paradoxe de vie mortifère du mois de mai. J'ai beaucoup écrit pour mon mémoire sur les mystères de Cérès, via les Thesmophories grecques. Il y avait un autre rite des femmes, les Adonies, venues de Phénicie, tout à fait paradoxal. Ce dernier avait lieu au coeur de l'été ; il n'était pas célébré par des épouses mais par des concubines ou des prostituées (quoi qu'on trouve aussi des mentions d'épouses dans Lysistrata d'Aristophane). Elles plantaient des graines dans des pots, qui étaient laissés en plein soleil. Ces graines germaient très rapidement et mourraient tout aussi vite brûlées par le soleil. On a oublié l'explication de la fête agraire. C'est le rite inutile par excellence à priori, contrairement aux Thesmophories célébrées en automne au nom de la fertilité des récoltes. C'est une fête de femmes libres, non soumises au joug du mariage, célébrant une récolte stérile. Au même titre que les mystères d'Isis, en huit jours, les rites comprennent les lamentations avant l'effervescence joyeuse de la renaissance. Ces mystères connurent d'ailleurs une vogue à Alexandrie et des syncrétismes avec d'autres mystères tels ceux d'Isis ou de Cybèle, dont le rapport à la mort d'Attis est proche. Anémones du printemps qui se flétrissent si vite, fleur de celui qui, éternellement jeune, brûle au coeur de l'été sans être devenu adulte. Et toi, aubépine de Jeune Dame de Mai. Ce sont les fêtes de la Jeune Fille qui ne devient jamais Mère. Non pas la Jeune Fille de l'équinoxe, mais la Jeune Amoureuse, la Jeune Amante, qui meurt avant d'avoir enfanté, dont l'amour ne donne aucun fruit. Nous vivons tous avec ce mythe en toile de fond , de Deirdre, Tristan et Iseut, à Roméo et Juliette (et pour moi Albine et Serge, de La Faute de l'Abbé Mouret de Zola, le grand mythe qui m'a bercé depuis l'âge de seize ans). Le voilà le paradoxe du cri de vie, du cri d'amour, qui est aussi un cri de mort. Le cri du cerf chassé par le Dieu la nuit de Beltane pour les Wiccans.
Il m'a fallu me plier à l'initiation, qui est douleur, mort et renaissance, pour enfin voir cela, transcender les paradoxes et voir leur unité. Il faudrait que ça se sache plus, que Beltane n'est pas cette fête de la Vie et de l'Amour qu'on nous conte. Qu'elle a une part très sombre et à la fois resplandissante, qu'elle donne la main à sa soeur de Samhain. Beltane, c'est l'étoile filante qui brûle de vie à en mourir. L'amour fauché dans sa jeunesse, pleuré par le lilas à l'odeur si douce, symbole de la mélancolie au mauve de deuil et de tristesse.
Je crois qu'il serait temps que des Adonies modernes rencontrent de nouveau les mystères d'Isis.
J'avais prévu à la base d'écrire un autre article pour aujourd'hui, mais puisqu'on m'a demandé ce rituel, je le poste ici afin qu'il puisse servir à tous ceux qui
en auront envie, et qui voudraient potentiellement l'adapter pour Beltane qui approche. Ce sera à charge de revanche pour mon autre article !
Rituel pour des Amants
Tiré d'Ariadne's Thread, Shekhinah Mountainwater
Traduit par Hédéra
A exécuter dans un endroit sûr et isolé, lors de la pleine lune.
Avant le coucher de soleil, créez un nid d'amour. Le lit est votre autel. Recouvez-le de draps et d'oreillers propres et qui sentent bon,
parfumés à la rose. Ornez le de roses rouges pour la passion, et de laurier pour la pureté et la protection. Accrochez une représentations d'Aphrodite. Placez des bougies rouges et de l'encens à
la rose, prêts à être allumés. Placez un bol de vin rouge au pied du lit.
Tandis que la pleine lune se lève, préparez iun bain rituel et parsemez l'eau de pétales de rose, ajoutez aussi quelques goutes d'huile de rose. Si possible, faites en sorte que l'eau
reçoive la lumière de la pleine lune.
Mettez une musique douce et passionnée. Approchez ensemble du lit autel. Allumez les bougies et l'encens en disant :
Nous allumons l'esprit d'Aphrodite,
Salut à toi, Déesse de l'Amour !
Déshabillez vous mutuellement lentement, sous la lumière des bougies et de la pleine lune. Entrez dans le bain et lavez vous mutuellement, chacun à tour. Tandis que vous lavez chaque partie
du corps de votre amant(e), proclamez sa beauté et sa sacralité.
Bénie soit ta chevelure qui caresse mon visage
Bénis soient tes yeux qui me regardent avec amour
Bénies soient tes oreilles qui entendent mes mots d'amour
Bénies soient tes lèvres qui m'enbrassent, cette bouche qui me parle d'amour
Bénis soient tes bras qui m'enlacent amoureusement
Béni soit ton coeur qui bat dans la chaleur de l'amour
Bénies soient tes mains qui me touchent
Bénie soit ta poitrine (ton torse, pour les hommes) qui contient toute douceur
Béni soit ton ventre qui porte la matrice de la vie (pour les femmes)
Béni soit ton dos qui supporte heureusement les poids de l'amour
Bénis soient tes organes génitaux qui sont l'entrée du mystère et de l'extase
Bénies soient tes jambes qui t'amènent à moi
Bénis soient tes pieds qui t'entrainent sur le voyage de l'amour ...
Embrassez et lavez chaque endroit en même temps que vous les nommez.
Alors que vous sortez de l'eau, psalmodiez ensemble :
Nous sommes l'amour renaissant.
Séchez vous l'un l'autre avec douceur et passez vous mutuellement une robe flottante. Oignez le front de l'autre avec l'huile de rose en disant :
Aphrodite te bénit.
Marchez main dans la main jusqu'au lit autel et agenouillez vous devant lui. Elevez le bol de vin en direction d'Aphodite, en disant :
Salut, Déesse de l'Amour, qui nous a réuni
Nous te remercions pour ton merveilleux cadeau du vrai désir
Bénis ce soir notre union
Donne nous l'ouverture afin que nous puissions nous fondre l'un dans l'autre
La force de retourner à nos individualités séparées
Et la flexibilité pour danser et fusionner et ré-émerger encore
Puisse notre amour n'être jamais emprisonné, mais voler librement
Puissent nos coeurs n'être jamais froids, mais être débordants
De la chaleur de Ton amour ...
Qu'il en soit ainsi !
Sois bénie !
Offrez vous à tour de rôle le vin. Levez vous et embrassez vous.Déshabillez vous l'un l'autre lentement. Prenez vous par la main et rejoignez le lit.
Le reste est au-delà des mots.
Je pourrais facilement fractionner la semaine passée en de nombreuses histoires et réflexions tant elle fut riche, comme je le disais dans l'article précédent. Tout foisonne dans un joyeux chaos
comme je les aime, toutefois, j'y mets par écrit un peu d'ordre afin d'en faire une histoire cohérente, comme je les aime aussi. Alors avant de passer strictement à des réflexions issues du
hasard des discutions et des faits qui se sont présentés à moi, mieux vaut planter le décor. Comme pour une toile peinte, il y a le paysage, la scène principale, et la multitude de personnages ou
de détails tout autour qui font de cette peinture un monde riche et à part entière.
Mardi, je partais pour quelques jours de vacances bien méritées dans le sud de la France, dans les Pyrénées autour de Montségur et ensuite à Avignon ; deux lieux, parmi bien d'autres, que
j'affectionne beaucoup. Suite à mes vagabondages tortueux de fin mars, je m'étais décidée à aller là bas, voir ce philosophe cathare que je connaissais depuis un moment. Il y avait certaines
choses que je voulais aborder avec lui, il y avait le lieu que je voulais revoir, il y avait le grand bol d'air pur et de la randonnée saine que j'étais venue chercher après être restée enfermée
et confinée trop de semaines à préparer mes concours. Je n'avais pas fait de plan, je n'avais pas prévu ni imaginer ce que je tirerais de ce voyage. J'étais trop dans l'optique de la liberté
retrouvée pour envisager cela.
Je suis arrivée au mercredi matin à Foix, avec un beau soleil et 3 petits degrés au thermomètre d'une pharmacie à côté de laquelle on passa ... J'ai rarement connu une telle amplitude thermique
en une seule journée, car dans la montagne à Roquefixade, il fit vite autour de 18 degrés, en marchant mes 15 valeureux kilomètres, j'avais chaud comme en été, il faisait de nouveau frais à
Montségur, et profondément froid dans cette chambre d'hôte cathare située dans un petit chateau, où j'appris avec surprise que se chauffer à l'électricité était un péché ... Alors qu'on essaie de
m'évangéliser est une chose que je peux supporter, avec intérêt même si il y a possibilité de débattre. Mais qu'on m'enlève mon chauffage, ça, c'est une faute capitale. Il parait que le monde
serait meilleur si tout le monde avait une cheminée pour se chauffer au bois, car il n'y aurait plus besoin de nucléaire. Il est probable aussi qu'on n'aurait plus de forêts non plus ... Du coup,
c'est sûr, la Terre se porterait mieux ! Mais passons.
J'ai eu deux soirées de veillées au coin du feu de cheminée qui participèrent à cette mise au point que j'étais venue chercher. Indéniablement, je ne suis et ne serais pas cathare,
puisqu'indéniablement, je ne pense pas le monde issu du Mal, et que je ne considère pas que l'Amour vrai soit en réalité m'absence de sentiment, l'indifférence ... L'Amour ... est fou, extrême,
passionné, compassionné aussi, infini, mais profondément un sentiment qui ne vient pas du mental mais du coeur, du fond des tripes. Mon mental me sert déjà à penser et à réfléchir sur ce que je
juge utile, et je sais comme en général mental et amour ne font pas bon ménage. Je suis aux cathares ce que les satanistes sont aux chrétiens ; j'adhère aux valeurs inverses. Comme quoi, il
devient évident que les mots peuvent revêtir des sens et des valeurs entièrement contradictoires selon la personne qui les prononce. Voilà pour ne pas arranger notre monde chaotique. Mais au
moins, je sais où je suis, je sais quel est le langage que je parle.
J'ai donc marché, telle une pélerine, à Montségur où je me suis baignée dans son soleil réconfortant. Montségur, haut lieu et montagne sacrée de par le temps, bien avant les cathares, bien avant
les Celtes même. J'ai bravé la pluie et le froid pour visiter un autre chateau, j'ai pesté contre toutes ces choses qui me déplaisaient à ces vacances que je considérais avoir mérité, et qui
auraient dû être meilleures. Mais on ne se rend pas toujours compte des choses sur le coup.
J'avais emmené avec moi deux de mes pendentifs préférés. Le premier, celui que je ne quitte pas depuis dix ans : un scarabée égyptien que j'avais acheté à un moment critique, alors que j'avais un
grand besoin d'aide et de renouveau. Je ne savais même pas qu'il symbolise l'espoir, la renaissance par le retour chaque matin du soleil, après avoir bravé les ténèbres de la nuit. Il fit bien
son travail, le signe que j'attendais depuis des mois me vint à peine quelques jours plus tard, au solstice d'hiver. Il me fallut attendre quelques années pour comprendre ce qui s'était passé,
puisque je ne connaissais pas ces symbolismes à l'époque, et que j'étais encore tout ce qu'il y a de plus catholique. J'ai toujours gardé ce scarabée avec moi ; avant, c'était une autre vie, et
lui, témoigne de toute ma vie, ma vie nouvelle. Le second pendentif était la fameux croix occitane/sceau de la lune, que j'avais emmené tout naturellement dans ce voyage. J'avais mis mes deux
pendentifs au premier jour, chacun sur sa chainette. Au second jour, je n'en mis aucun, par paresse, ou simplement parce que les choses se présentèrent ainsi. Au dernier matin, avant de partir à
la gare de Foix pour ralier Avignon, je me suis retrouvée pressée par le temps tandis que je devais mettre mes colliers. Il y avait un noeud à la chaine qui portait mon scarabée, et pas le temps
de le dénouer. J'ai enlevé le scarabée, l'ai passé sur ma chaine portant ma croix lunaire, puis j'ai rangé en attendant la chainette nouée et suis partie à la gare. Ce n'est que dans le
train (heureuse comme au paradis d'avoir enfin du chauffage) que j'ai repensé à mon collier avec ces deux pendentifs. Il émanait quelque chose. Je repensais au geste de les rassembler. J'ai
souri. La première partie de mon voyage s'achevait et une autre commençait.
J'ai donc visité le Palais des Papes, arpenté cette place à laquelle je songeais souvent, je me suis promenée au rocher des Doms. Puis le vent furieux de provence, une pluie drue et un orage
se sont abattus. Impossible de continuer et visiter le pont. J'ai terminé la soirée trempée jusqu'aux os (et complètement décoiffée, chose intolérable pour une Madame Balance, parait-il. En même
temps, j'ai vu des Messieurs Balances tout aussi obsédés, voir plus, par leur chevelure.), mais heureusement, il y avait du chauffage à l'hôtel, donc finalement, tout allait mieux dans le
meilleur des mondes.
Le lendemain, il restait du temps avant de reprendre le train et de rentrer en Alsace. Il faisait beau, la tempête était passée. Je tenais à aller jusqu'au pont, c'était le dernier point, celui
du bout de parcourt qui cloturerait ce voyage. Autant suivre son intuition alors. Il était trop tard pour le visiter et aller dessus. Mais la perspective du pont avec le soleil matinal était
belle, il y avait de l'achèvement dans cet instant. Si je ne pouvais pas aller sur le pont, alors j'irais dessous. J'ai esquissé quelques pas de danse, l'ai regardé une dernière fois. Je pouvais
bien rentrer à présent. Il me semblait que je n'avais jamais autant sû qui j'étais et quel était mon chemin.
Je rentrais chez moi, la Déesse était là, sans m'avoir jamais quitté, et je savais que j'étais toute à Elle.
Une page se tourne, le livre se poursuit.
... mais c'est quand même moins pire que 2 jours dans les TER et trains Corail en pleine période de vacances tandis que toute la Provence a
décidé de partir en même temps ! Et donc non, je ne suis pas revenue cathare de mon voyage, mais je crois que si on me mettait tous les jours face à ces joies de la SNCF, je finirais vite par
penser que le monde est fondamentalement mauvais et est une création du Diable ! Je n'aurais pas reçu l'esprit cathare dans les Pyrénées mais dans des trains !
Ce voyage fut très très riche de réflexions diverses et variées dont on entendra parler sous peu ici, mais pour le moment, un des nombreux passages amusants de mon voyage double : la randonnée de
15 kms séparant le village de Roquefixade où nous avions élu notre courte demeure, et Montségur. Ce fut presque Koh Lanta entre la boue, les ruisseaux de montagne traversant le chemin, les
montées rudes et un égarement sur la route départementale allant de Foix à Lavelanet sur laquelle nous avons marché quelques dangereux kms aux côtés des voitures passant par là. Cette fameuse
route qui permet aussi d'aller à Montségur fut rebaptisée la D Cathare, tandis que la BMW noire décapotable de notre maître des lieux de chambre d'hôte était devenue la BM Cathare. Nous le
soupçonnions, à raison, de n'avoir jamais entrepris notre périple à pied, et de lui préférer la D Cathare. Tout comme la plupart des gens montant à Montségur. Mais pas nous, courageux véritables
chevaliers cathares que nous sommes, et bien prompts à nous moquer des paresseux de la D Cathare. Bon, je vois que tout ça semble très flou quand on n'est pas dans le coup, au moment même.
En bref, on a marché 15 kms pour aller à pied à Montségur, on est bien fiers de notre performance et on tire la langue aux autres tous mous de la D Cathare, et voilà.
On a aussi bravé le froid d'un chateau d'hôtes sans chauffage, la grimpette au château de Roquefixade sous la pluie sur sentier glissant, et une pluie torentielle (avec vent et orage) à
Avignon, mais ça, ce sont d'autres histoires (mais pourquoi mes vacances se transforment au moins une fois sur deux en parcours du combattant?).
Allez, une petite illustration pour la route :
Et oui, il ne fallait pas s'attendre à quelque grande analyse de ma part puisque pour l'heure, je suis en vacances. Et j'en profite, étant en transit entre le Nord, l'Alsace et les Pyrénées, pour mettre mon petit chez d'oeuvre récent.
Pour moi, le Da Vinci Code s'associe automatiquement à Savage Garden, musique de mon adolescence, que je ré-écoutais alors que je lisais ce roman, après avoir longtemps résisté à céder à la mode (oui, mais comme je ne voulais pas rester insulte et mourir idiote ... ). Et le Louvre s'associe à ... un guest star de la vidéo.
Sur ce, je finis mon sac et je pars pour de bon, jusqu'à ce que je revienne bientôt !
