Attention, vous allez pénétrer un lieu étrange où tout peut arriver ...

 

Bienvenue dans le blog spirituel d'une sorcière et prêtresse de la tradition wiccane dianique ascendant discordienne. Blog spirituel dans tous les sens, temple un peu mystique mais pas illuminé, regard objectif et subjectif d'une croyance, de pratiques et d'un mode de vie.

Humaniste, ironique, voltairienne, empêcheuse de tourner en rond, intellectuelle, intuitive, insolente, contemplative, militante et passionnée, réconciliatrice des contraires et antagonismes ; voilà un peu pour me définir ainsi que l'esprit de ce blog.

Par Thémis et Eris, bonne visite à vous !

Pour tout commentaire plus ou moins élogieux ou outré, c'est ici .

Samedi 9 août 2008



... mais sous quelques conditions.


Cela me permet de revenir sur le fameux rituel de Lammas, annoncé dès fin de l'année 2007 et qui a été finalement ... annulé. Petite mise au point pour ceux qui ont été interessés et se sont vus déboutés au dernier moment. Il se peut aussi, qu'ils ou elles aient écrit au dernier moment pour prévenir qu'ils étaient intéressés. Il faut savoir que notre coven n'organise pas (ou du moins pas pour le moment, aussi longtemps qu'on n'est pas assuré d'un certain nombre de participants) de festivités avec location d'espace et chapiteaux. Tout ceci a un coût, et comme de nombreuses personnes ont pu le remarquer, nous avons toujours proposé des évènements gratuits, hors frais de déplacement, nourriture et logement personnels. La gratuité de la connaissance, tout comme de la possibilité à accéder à des activités ou exercices spirituels et magiques, fait partie de notre éthique, et nous cherchons le plus possible à limiter les frais pour des éventuels participants, qui, nous le savons, ne sont pas tous riches, loin de là. Actuellement, de nombreux stages sont proposés en de diverses disciplines (reiki, magnétisme, chamanisme ...), et sont naturellement des stages payants (souvent très payants, totalement inaccessibles au commun des mortels qui ne serait pas prêt à dilapider son précieux revenu dans des séminaires qui fleurent parfois bon le new age douteux).

Bref, nous ne mangeons pas de ce pain là, comme le dit l'expression. Mais même dans ces stages, il est question d'inscriptions préalables, en envoyant la somme demandée, bien sûr. C'est d'ailleurs ce qui garantie que les gens ne se désisteront pas, dans le fond, et qu'ils doivent prévenir rapidement, le nombre de places étant en général limité. Il est navrant de constater que pour certains, le fait qu'un évènement soit gratuit signifierait qu'on peut s'annoncer à la dernière minute, tomber comme un cheveu sur la soupe et tout irait bien. Je ne doute pas que la plupart ne pensait pas mal faire, mais j'écris ceci pour sensibiliser des personnes, désireuses dans le futur de participer à un quelconque évènement que nous pourrions proposer, sur le fait qu'il est essentiel de s'annoncer au plus tard dans les 2 semaines précédent le jour J. Nous nous calquons sur le nombre prévu, ce qui nécessite de le connaître, et ce à des fins autant d'organisation que de sécurité. Lorsqu'il devient évident que tout devrait être fait à la va vite, avec des risques de failles, on préfère tout bonnement annuler, comme ce fut le cas pour Lammas. Nous l'avons donc organisé entre nous, dans les conditions optimales. Prendre sur soi d'organiser un rituel accueillant des personnes de l'extérieur, d'accueillir des personnes et d'assurer durant ce temps leur bien-être et leur sécurité, requiert beaucoup de précautions et de responsabilité. Ceci est trop important pour être négligé.

Ainsi, il est un fait que personne cette année n'a souhaité reprendre le flambeau de l'organisation de la Earthdance de l'an passé. C'est sûrement dommage, toutefois, nous autres au Paradigme de la Sphinge avions énormément apprécié cette journée et son principe, qui est de danser, prier, envoyer de l'énergie pour la paix et la guérison de la terre. Nous réitèrerons donc cette journée (en Alsace donc, dans la région de Strasbourg), fixée internationalement au 13 septembre 2008, avec la prière pour la paix à 1 heure du matin, le 14 septembre, heure française. Bien que nous ne souhaitons pas organiser quelque chose d'officiel pour cette journée, toute personne s'annonçant un peu à l'avance pourra assister à cette journée, telle que nous la fêterons au sein du coven. Il s'agit donc d'une invitation à se joindre à nous plutôt qu'un évènement fait pour autrui. Mais nous restons ouverts à ceux qui voudraient partager avec nous ce moment. Il suffit pour cela de m'écrire, en passant par le blog, ou par l'adresse donnée sur le site du Paradigme de la Sphinge, cité dans les liens de ce blog. Nous accepterons tout invité jusqu'à 2 jours avant le 13, soit jusqu'au 12 septembre à minuit. Le programme de la journée sera détaillé dans un message privé, étant donné le caractère non public que nous concédons à cette journée cette année.

Enfin, même si vous ne pouvez ou ne voulez pas venir, je me permets de vous sensibiliser sur cette journée du 13 septembre pour la terre, que toute personne peut célébrer librement chez soi, en famille ou avec des amis. C'est une belle initiative qui mérite d'être connue et vécue. N'hésitez pas à vous associer en pensée, aux milliers de participants à cette journée qu'il y aura de par le monde.

Par Hédéra - Publié dans : Les nouvelles du Paradigme de la Sphinge
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Mercredi 30 juillet 2008



Me voici de retour de mon voyage en Crête, qui me promettait détente et récompense, bien méritées après les épreuves récentes auquelles j'avais fait face. Et il remplit merveilleusement son rôle, avec ses promesses de ressourcement et de renouvellement au delà de toutes espérances, comme à tout voyage en ces lieux forts où les énergies sacrées vivent depuis des millénaires et où l'humanité laissa des traces, visibles et invisibles, de leurs espérances et leurs tragédies.

Île de la Grande Déesse des minoens, la Déesse aux Serpents, qui présida à une étonnante civilisation très avancée entre 2000 et 1300 avant J.C, une civilisation pacifique à tendances matriarcales. Bizarrement, en partant, c'est plutôt à Ariane que je pensais, déesse du fil et du labyrinthe, ancienne déesse-arbre souveraine associée plus tard à Dionysos par les Grecs. Et lorsque j'ai visité les palais, de Phaestos d'abord, palais du légendaire Radamanthe, puis celui de Knossos, palais du tout aussi légendaire Minos, c'est la Grande Déesse aux Serpents qui s'est naturellement imposée avec moi, sous son sceau du Labrys, cette hache bipenne, à double lame, symbole de souveraineté minoenne et symbole religieux de vie et de mort, aujourd'hui puissant symbole du pouvoir des femmes dans les traditions dianiques.

Des deux palais, c'est Phaestos, le moins connu que j'ai préféré. Le plus authentique aussi, car non "reconstruit" par les archéologues. Il y règne une paix profonde et un silence bienfaisant, dans le brouhaha du vent et des cigales. Lors de nos visites, on nous a brièvement expliqué que la déesse aux serpents symbolisait la fertilité et que la féminité y était tout particulièrement révérée, en ce lieu où profane et sacré cohabitaient au quotidien. On nous a montré les similitudes entre la peinture minoenne et la peinture égyptienne de la même époque. Mais bien sûr, puisque tout comme Chypre, l'île d'Aphrodite, la Crête était une île carrefour, réceptacle des influences des civilisations égyptiennes et mésopotamiennes. Ainsi, la Déesse aux Serpents porte sur sa tête un chat ; il n'y avait en ce temps là de chats qu'en Egypte et l'Europe ne les connaissait pas. Voilà qui est admirable lorsque je repense à mes lectures approfondies récentes sur les mythes et l'histoire du culte d'Isis, la Myrionyme, qui dit être notamment l'Aphrodite de Chypre dans le roman de l'Âne d'or d'Apulée. Et en effet, on peut y trouver bien des similitudes entre cette Déesse aux Serpents et l'Isis égyptienne, ainsi que d'autres Grandes Déesses orientales. Il m'a semblé me trouver soudain au centre d'un grand jeu de piste où partout des indices orientaient à la connaissance intime et profonde de la Grande Déesse. Il y a dans ce coin du monde un aura unique dispersée en plusieurs contrées, se recouvrant, s'enrichissant des spécificités de chaque terre et chaque peuple. La Déesse partout, mais elle semble régner là bas plus qu'ailleurs. Elle y a peut être laissé une emprunte dans le vieux sol plus profonde, plus lointaine, que tout les décapants patriarcaux ou monothéistes ne purent éffacer.

Je songeais encore à Ariane, cette très ancienne déesse-arbre si l'on croise les sources anciennes, aclimatée à la mode grecque par récupération et asceptisation en tant que fille de Minos, sauvée par Dionysos de son pitoyable abandon par Thésée sur Naxos. On nous racontait le mythe de Pasiphaé, épouse de Minos, à qui Poséidon aurait inspiré un amour fou pour un taureau blanc que Minos avait refusé de lui sacrifier. Dédale lui construisit un simulacre de vache en argile dans lequel la reine put se glisser pour s'accoupler au taureau, et de laquelle union naquit le Minotaure, frère "monstrueux" d'Ariane enfermé dans le labyrinthe où il y dévorait des grecs qui lui étaient envoyés une fois l'an. Il semble en réalité assez aisé de dépoussiérer un peu ce mythe grec, le mythe des vainqueurs pour vaincre la religion et les dieux des vaincus. En repassant par l'Egypte et en resongeant au puissant symbole d'amour et de fertilité qu'est la vache Hathor, on ne peut que s'orienter vers la symbolisation d'une union sacrée destinée à assurer la fertilité tout comme à honorer la Grande Déesse, en la personne de Pasiphaé. A la deuxième génération, Ariane, autre Grande Déesse, soeur du Minotaure dont le corps ressemble tant aux divinités égyptiennes ... Les Grecs ont fait plier les Minoens, ont fait oublier leur spiritualité en transormant une figure sacrée en monstre, en asservissant les femmes. Et ils ont donné Ariane à Dionysos, faisant passer son culte extatique à ce dieu tandis qu'aucun culte extatique de dieu n'existait alors, alors que c'était le cas de ces déesses-arbres. Et comme pour Marie sous les chrétiens, Ariane vécut encore à travers Sémélé et Dionysos sous le régime des Grecs. La Crête fut domestiquée, la "monstruosité" vaincue, les femmes ramenées à l'ordre. Le patriarcat est l'odre tandis que ces civilisations favorables aux femmes figurent tous les désordes, ceux des femmes au devant de la scène et des humains s'accouplant à des animaux pour donner naissance à des monstres sanguinaires. En tuant le Minotaure, Thésée le Grec tuait une civilisation pacifique et d'une haute religiosité, tournée vers la Déesse. Ainsi, avec les Mycéniens en Crête apparurent les premières armes pour faire la guerre.

Je n'aime pas donner dans les martyres, mais il est bien connu que les vainqueurs poursuivent leur travail de domination par la victoire de leurs dieux sur ceux des vaincus. C'est juste un fait. Il est facile de faire monter la mayonnaise avec tout ça, je ne le souhaite pas. Au lieu de cela, je porte un regard minoen sur cette histoire, un regard serein et paisible. Un peu nostalgique. Mais tout ça est si loin, et la Déesse continua sans cesse de se réincarner ailleurs, sous d'autres formes qui sont souvent si semblables. Elle attend qu'on la retrouve sous les cendres et la poussière du temps, qu'on rassemble les pièces du puzzle, qu'on réussisse à trouver le chemin de ce grand jeu de piste.

Je me suis achetée une miniature de la Déesse aux Serpents. Et une icône de Ste Sophia aussi, l'Isis gnostique. Déesse aux mille noms, d'avant, de maintenant et d'après, parfois caméléon, toujours à nos côtés. Je continue à suivre les indices, je suis le fil dans le labyrinthe.

 

Par Hédéra - Publié dans : Déesses et mythologies
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Samedi 19 juillet 2008

Cet article est né de la réflexion qui a fait suite à l'article d'hier. Plus réflexion éthique que cas personnel, il me semblait important de réfléchir à la figure de la Grande Prêtresse.




Lorsque l'on s'engage sur une Voie particulière, seul l'enthousiasme nous guide, ou presque. Tout un monde nouveau se déroule devant nous, tout empli de promesses d'avenir si ce n'est meilleur, au moins plus intéressant, plus palpitant, propre à nous épanouir.Dans la Wicca comme dans d'autres voies ésotériques, spirituelles ou païennes, il y a la perspective de l'initiation. Aujourd'hui et hier encore, dans les antiques cultes à Mystères, on appréhende et espère cette étape décisive marquant à la fois une finalité et un recommencement, faisant de nous une personne nouvelle, meilleure, en termes modernes "upgradée". Si certains ont pour motivation principale l'évolution spirituelle, d'autres s'engagent dans de telles voies afin de chercher un peu plus de reconnaissance des autres, et vis à vis d'eux-mêmes. En cela, les degrés initiatiques les aide. Il leur confère une place reconnue dans une hiérarchie où tôt ou tard, il sont promis d'arriver au sommet. Récemment encore, une prêtresse dirigeant un Lyceum de Fellowship of Isis s'étonnait de ce que dans le pays où elle s'est établie, elle n'avait jamais rencontré personne souhaitant apprendre et évoluer dans la relation avec la Déesse en premier lieu. Non, ces personnes venaient à elle en lui demandant "comment faire et ce que coûterait une formation pour devenir prêtre(sse)". Être prêtre(sse) avant de songer à la relation d'intimité avec la Déesse, avant la quête du savoir, du sacré, de la grande aventure spirituelle ; il en est de même sûrement un peu partout, et non pas que dans son pays. Ce n'est éventuellement qu'à moitié condamnable, ceci pouvant être une étape nécessaire dans la guérison intérieure de sa psyché et de sa propre conscience en soi. En somme, devenir prêtre(sse) pour retrouver et reconnaître sa propre divinité intérieure. A ce stade, certains sont contents et s'arrêtent là, ayant obtenu tout ce qu'ils désiraient, d'autres poursuivent, ceux là qui veulent dépasser le seul besoin égotique de reconnaissance, un besoin finalement si naturel dans ce monde si individualiste et si rapace. La reconnaissance par un statut, que ce soit de prêtre(sse) ou autre chose, n'est ce pas finalement bien proche de cette assurance affective qu'une mère procure à son enfant? Ainsi, si ce n'est probablement pas une vraie bonne raison de s'engager dans telle Voie, ce n'est pas non plus entièrement une mauvaise raison, même si aucun statut ne peut, et ne pourra jamais, agir comme substitut affectif ou comme raison d'être sociale. Du moins, si c'est là la seule et et unique raison poussant à suivre ce cheminement.

 

Car toute personne, de la naissance à la mort, connaît une évolution constante capable parfois de changer des raisons douteuses en engagement véritable. Il y a parfois une part de destinée, poussant vers un côté selon un aspect hasardeux tandis que la finalité se révèlerait nécessaire, préméditée? Tout comme les enfants, et bien qu'on se l'avoue rarement, nous aimons continuer à "jouer à faire". Jouer à la bonne épouse, jouer à la femme active parfaite, jouer à la grande prêtresse. Ou du moins, la part de jeu et d'imitation d'un modèle idéalisé ou rêvé vient cotoyer d'autres raisons, formant souvent un tout relativement complexe. Cela se rapporte directement à notre identité. Qui sommes nous? Notre essence n'est probablement ni celle de la bonne épouse, ni celle de la femme active parfaite, ni celle de la grande prêtresse. Bien que les actes civils continuent de nous définir par notre naissance, puis notre métier, nous ne "sommes" pas cela. Nous endossons des rôles tour à tour, dans la journée, dans la vie. Certains rôles sont plus difficiles à porter que d'autres et dépendent de l'attente qu'on y porte, soi et ceux qui nous entourent. Ainsi, la femme active moderne vit un des rôles les plus compliqués en devant souvent assumer de manière parfaite celui d'active, de mère et de ménagère. Telle Lynette des Desperate Housewives, elle veut tout faire, et tout faire de manière parfaite, irréprochable. Oui, Desperate Housewives et d'autres femmes de séries sont nos nouvelles héroïnes modernes, nos proches, nos soeurs. Ce genre de concept télévisé a autant de succès car de nombreuses femmes peuvent s'y reconnaître, se dire "oui, je ressemble à elle, je rencontre les mêmes problèmes, je vis les mêmes types de bons moments". Nous avons toujours eu besoin de modèles adaptés à notre vécu concret. Un vécu qui dénote souvent beaucoup d'efforts, des réussites et des échecs, des remises en question.

 

Jouer la Grande Prêtresse est un rôle qu'on ne voit pas apparaître dans ces séries. Un jour peut être, qui sait, vu que tout cela nous vient d'Amérique où les grandes prêtresses fleurissent peu à peu dans le quotidien des femmes ordinaires. Tout comme être mère, une telle distinction est hautement désirable, propre à inspirer le respect, à conférer de la dignité à sa porteuse. C'est un rôle de pouvoir qu'une femme peut endosser, à la fois temporairement durant un rituel, et porter dans son coeur pendant son quotidien, dans deux attitudes différentes. L'une, active, vise à donner une direction à un rite ; l'autre se rapporte à sa vie intérieure et spirituelle, à un Art de vivre. C'est un rôle qui demande bien du courage, tout comme celui de la mère. Il demande dévotion, don de soi, ouverture, protection, équité, abnégation tout comme autorité et assurance. Et tout comme la mère, on attend tout d'elle, telle la magicienne infaillible faisant sortir toutes les richesses de sa corne d'abondance. C'est une enseignante, tout comme la mère. Son rôle se justifie par sa capacité, son devoir à transmettre, à instruire pour qu'ensuite, ses enfants puissent voler de leurs propres ailes de manière assurée. C'est la faiseuse, celle qui s'expose, qui s'implique, qui donne, vers qui tous les regards convergent, attentifs à la moindre erreur, facilement et rapidement jugée impardonnable. Comment l'accepter de la part de quelqu'un ainsi monté au devant, au sommet, par sa propre volonté? Les enfants aussi soupçonnent toujours leur mère de chercher à abuser de son pouvoir sur eux. Ils deviennent méfiants, ils s'opposent, se détournent d'elle parfois. On ne reste jamais Grande Prêtresse bien longtemps si il n'y a qu'une question d'ego démesuré à nourrir. Comme être mère, comme être professeur, c'est bien trop ingrat. Il faut autre chose, cet autre chose d'assez noble pour que toutes les mères, toutes les grandes prêtresses arrivent continuer malgré tout, malgré les blessures, malgré les reproches, faciles à jeter lorsqu'on est dans la position de celui qui reçoit, qui peut se permet d'émettre des jugements en toute sécurité, et des jugements souvent injustes.

 

Toutes les "grandes" Grandes Prêtresses en parlent, que cela soit Janet Farrar, Starhawk, Z. Budapest, Shekhinah Mountainwater. Toutes, elles parlent de ces déchirures dans leurs groupes, leurs covens. Avant elles, des Dion Fortune aussi vécurent cela. Toutes témoignent de cette ingratitude de la tâche, celle de la tâche si délicate de transmettre et de "faire", c'est à dire se charger d'un rôle de pouvoir auprès d'autres personnes. Toutes, ou beaucoup, laissèrent des réflexions sur l'éthique d'un tel rôle, même (et peut être surtout) au sein de groupes ne se voulant pas hiérarchisés. Car on peut substituer au terme "hiérarchie" celui d'organisation, il en reste qu'il y aura toujours certaines personnes qui, selon leurs envies, leurs capacités, leur motivation, prendront en charge plus que d'autres. Une hiérarchie de fait apparaît, avec laquelle on se sent inconfortable, cette intruse indésirable qu'on aurait aimé sincèrement pouvoir chasser. Et ceux qui restent de « simples » participants commencent parfois à soupçonner ceux qui organisent, qui prennent plus part dans le « faire », tout en ne cessant de leur demander de répondre à toutes leurs attentes. Il en devient même légitime de penser que si une personne cherche à se mettre au dessus des autres d’une manière ou d’une autre, alors elle se doit bien au minimum parfaite, irréprochable vis-à-vis des attentes qu’on en a. Tout le monde heureusement ne pense pas ainsi, mais il y en a toujours et c’est l’épine possible dans le pied de tout groupe susceptible de nourrir les rancoeurs et semer la zizanie. La suite, tout le monde la connaît ou la devine : rancunes, amertume, colère, éventuellement « querelle de pouvoirs », départ de certains et parfois, explosion et disparition pure et simple du groupe. C’est pour cela que dans les degrés de la Wicca Gardnérienne ou Alexandrienne, on considère souvent qu’il est bon que les plus avancés finissent par partir et fonder, à une distance suffisante, un autre coven. Pourtant, quoi de plus enrichissant et constructif que plusieurs personnes avancées travaillant ensemble en bonne intelligence ?

 

Par ailleurs, il est finalement bien vrai de dire qu’on « joue » ou qu’on « fait » la Grande Prêtresse, si on oublie les connotations superficielles et légères que cela supposerait. « Être » Grande Prêtresse ne met pas plus à l’abri des erreurs que n’importe qui d’autre, « être » Grande Prêtresse ne transforme personne en héroïne surhumaine (à part peut être durant le rituel lorsqu’elle reçoit en elle la divinité). « Être » Grande Prêtresse n’immunise pas contre la colère, la souffrance, le découragement, le doute, mais au contraire tend à conduire à une remise en question perpétuelle. On essaie de se faire meilleure pour ceux qui comptent sur nous, pour ne pas les décevoir. Et pourtant, on les décevra, on fera des erreurs, on en viendra tôt ou tard à se fâcher, s’entre-déchirer : c’est la seule certitude qu’il y ait. J’ai encore dans mes archives un e-mail que Shekhinah Mountainwater m’avait envoyé pour s’excuser platement lorsqu’une querelle avait émergé dans la communauté internet qu’elle animait. Elle s’excusait pour ses défauts, ses erreurs, pour le mal qu’elle avait pu faire car il était bien involontaire. Je n’avais vu aucun mal, pour ma part. Je ne comprenais pas qu’il y ait tant d’histoires pour bien peu. Je n’avais rien à lui reprocher, je voyais bien comme elle se démenait, comme elle faisait sincèrement tout pour donner le meilleur d’elle-même. C’est tout ce que je voyais. Les erreurs, les failles sont bien naturelles et pardonnables, elles nous rendent humains, capables d’aimer, de recevoir de l’amour et de comprendre ce qu’est la compassion.

 

Ce qui est finalement bien regrettable est le peu de capacité que certains ont à tendre vers cette compréhension et cette compassion vis-à-vis des mères, des professeurs, des grandes prêtresses. Ainsi, des enfants se détournent de leurs parents en leur faisant mille reproches, ainsi des élèves, des membres de covens. Tout parent fait des erreurs, même avec les meilleures intentions. Mais comment reprocher à quelqu’un d’avoir essayé de faire de son mieux, même si on n’a pas la même conception du « mieux » ? Au nom de l’intention, la compréhension et la compassion devraient prendre le pas, car un jour, les rôles sont immanquablement inversés, un jour, autrui sera immanquablement ingrat envers soi, à son tour. Et je me souviens encore de Shekhinah qui me disait qu’elle avait eu l’honneur d’avoir Ruth Barrett pour élève, mais qu’à présent, elle ne lui disait même plus bonjour lorsqu’elle la croisait dans la rue. J’ai senti sa tristesse, celle de voir s’éloigner, se détourner d’elle, quelqu’un qu’elle a aidé, qu’elle a apprécié, avec qui elle a vécu beaucoup de choses, pour qui elle a consacré de son temps, de son savoir.

 

Tout ceci est vieux comme le monde, et pourtant c’est si souvent oublié, volontairement ou non. Shekhinah fut sûrement un peu gaffeuse à ses heures, un peu comme moi, un peu comme nous toutes et tous. Elle s’est sûrement bien souvent excusée là où d’autres auraient dû avoir la sagesse de chercher à se faire pardonner d’elle. Elle, comme tous ces autres Grandes Prêtresses, qui, par leur flamme intérieure, furent poussées à donner d’elles pour une communauté, grande ou petite. Qui, mues par le désir d’ajouter leur pierre à l’édifice, à rendre leur existence utile à d’autres, prirent le risque d’aller au devant de la scène et essayer de faire quelque chose, pour les autres, pour elles, pour leurs idéaux, leurs croyances, leur foi inextinguible. Quelle autre force pourrait permettre de continuer malgré les écueils, malgré les mises à mal de la réputation, les accusations, tous les risques de qui sort du groupe et se montre, et ose essayer de faire ? Et surtout, malgré tout cela continuer à se relever et continuer, aidée et soutenue de celles et ceux, qui, eux, ont compris la difficulté de la tâche. Le soir, la Grande Prêtresse rentre chez elle et est ravie de pouvoir retirer et poser au loin le maque avec lequel elle a bien « joué sa pièce ». Nue et humaine, vulnérable et forte, elle se réchauffe au feu brillant de la confiance et l’amour que les siens lui portent. A elle, une femme comme les autres.

Par Hédéra - Publié dans : Wicca et compagnie
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Vendredi 18 juillet 2008



Quel plus grand déplaisir peut-on avoir, lorsque par respect pour une personne qui nous en a pourtant manqué, on s'est abstenu d'étaler une légitime rancoeur, pour finalement retrouver cette même personne ne se gênant pas pour aller ailleurs (à tout hasard, sur le forum Sorcières d'aujourd'hui) trainer ses reproches vis à vis de soi? Il est heureux que je ne le voie que maintenant que mes épreuves soient finies, sinon je crois que j'en aurais fait une crise d'apoplexie, et il aurait été vraiment dommage je je fasse forfait tout de même.

On me dira, il y a des gens pleins de fiel, ou encore il y en a qui sont plus subtiles, qui ont plus de "classe", ou du moins assez de distinction pour ne pas s'abaisser à trainer dans la boue autrui lorsque celui-ci a le dos tourné. Question d'honneur, dira-t-on, on connait ça depuis des siècles avec les fameux codes d'honneur qu'il ne nous est pourtant pas interdit d'user encore de nos jours pour faire en sorte que ce bas-monde soit un peu plus emprunt de civilité.

Quoiqu'on puisse voir cela comme une guerre de réputation, où c'est le premier qui tire qui gagne (Déesse, dire que j'ai lu dans le Télé Poche que c'était une réplique dite par un des participants de l'Ile de la Tentation sur TF1, ça en fait une sacrée référence!). Ainsi, le premier à se plaindre, à dénoncer quelque chose aurait donc automatiquement le statut de victime, tandis que l'accusé ... eh bien c'est un accusé, dont le droit de réponse restera une défense, mais rien de plus. Comme quoi, la civilité de nos jours, ça ne paie pas trop. On dira vraiment qu'on est dans un monde de requins, où il vaut mieux réfléchir une bonne centaine de fois avant d'accorder à qui que ce soit une bribe de confiance.

Mais puisqu'il faut laver son linge en public, allons y gaiement. Je ne répugne pas à salir mes pieds (délicats de grande prêtresse habituée à n'accepter qu'une place de premier rang, cela va sans dire ... !) dans la fange si c'est nécessaire.

Le coven du Paradigme de la Sphinge ne possède pas de hiérarchie interne autre que celle liée à l'initiation. Ainsi, il n'y a pas de chef principal, mais deux personnes ayant le "rang" de grandes prêtresses. Deux personnes s'entendant comme les deux doigts d'une même main et co-gérant le tout, et surtout en ce qui concerne les aspects très franchement matériels. Car ne nous leurrons pas, il y a au minimum 50% de questions matérielles dans un coven, comme dans toute association de personnes. Bref, cela comprend : lieux, dates, heures de rendez vous d'entrainement, d'apprentissage, de discution, et de rituels (en gros). Ces deux personnes ont pris sur elles de traduire un livre entier pour pouvoir fournir aux membres du coven (ainsi qu'aux élèves en correspondance) des enseignements en français, accompagnés de discutions, questions et commentaires. S'il fut décidé au début qu'une réunion toutes les deux semaines serait l'idéal, la réalité bien concrète des emplois du temps de chacun a imposé de tenter de s'accorder pour au moins une par mois. Puis, après avoir essayé de se mattre en quatre pour concilier un jour et horaire qui irait à tous, nos deux grandes prêtresses, elles aussi aux prises avec les contraintes matérielles de leurs propres vies, décidère que ça se ferait comme toute activité : un jour est donné, et viendra qui pourra.

Si il y en a bien une, moi en l'occurence, qui était plus considérée comme le "noeud communiquant" de ce petit monde, il était évident à tout moment que je n'ai jamais géré seule ce coven, et surtout, que je n'en aurai eu aucune envie. Toutefois, étant vue comme "noeud communiquant", bizarrement, trop d'attention a dû se focaliser jusqu'à oublier que je n'étais pas la seule à tout faire, dans ce coven. Toujours, nous avons rappelé, Hyouden et moi, que nous espérions et attendions des initiatives personnes des autres membres, que ce soit pour des réunions informelles ou des rituels. Mais nada. Nous continuions à nous défoncer seules en se demandant si notre boulot était bien apprécié comme il devrait l'être, si surtout les autres voyaient tous les efforts, toute la quantité d'énergie dépensée pour eux. Le tableau n'est pas si noir, certains membres ont été tout à fait réceptifs et se sont impliqués, tandis que d'autres restaient plus en retrait. Ce n'est pas faute d'avoir cherché à leur demander ce qu'ils voudraient pourtant. De leur prouver qu'il n'y avait pas de mise à l'écart, de prouver qu'on cherchait à faire au mieux, de prouver qu'il n'y avait aps de suspition à avoir ... De prouver. Se justifier, perpétuellement.

Je vous le dis, qui que vous soyiez qui lisez ceci, être grande prêtresse, c'est un des boulots les plus ingrats que j'aie jamais eu à endosser! On finit par entendre des reproches dans notre dos, et lorsqu'on vient réclamer une explication, entre adultes responsables et matures, rien. Silence radio. Alors quel a donc été le problème qui a mené à ce déballage de linge sale? Une membre qui saura bien se reconnaitre, ou que d'autres reconnaitront, a manifestement jugé que trop peu était fait, pour le groupe et pour elle. Il me serait dur d'en dire plus vu que tout ceci est très mystérieux et qu'elle n'a jamais souhaité s'exprimer librement et directement sur les raisons profondes de son mécontentement. JE (car manifestement, il n'y avait pas d'autre gérante du coven ...) n'avais pas daigné répondre assez rapidement, tandis que nous ne lui avions jamais reproché ses absences ou ses non explications, quand auparavent, elle avait déjà fait des demi-reproches sans oser s'exprimer plus. Que faire quand quelqu'un décide de se murer dans le silence? On ne peut pas supplier non plus. D'autant quand soi-même, on en est à une phase critique de sa vie. Inutile que je m'y étende plus, je fais simplement référence à ces deux derniers mois de préparation intense à mes oraux de CAPES. Non seulement je suis passée par des phases psychologiques très difficiles qui me demandaient de ne me concentrer que sur moi seule, mais il était évident que ni elle, ni le coven, ni personne n'était à ce moment là ma priorité. Que j'étais une abonnée absente et que je ne reviendrais que quand tout serait fini. A circonstante exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Comme en temps de grand péril, on ne se concentre que sur l'essentiel, ce qui est vital à sauver. Mon avenir était en jeu, je l'ai clairement dit, je n'avais rien à donner. J'ai le droit d'être humaine, j'ai le droit d'avoir des difficultés, j'ai le droit de disparaitre de la circulation quand j'en ai besoin ... et j'ai le droit à la dignité de vraies explications quand je demande ce qui ne va pas. Je ne tolère pas ces méthodes hypocrites tandis que je ne me sens rien à me reprocher. Oh oui je sais, nul ne peut être sans reproche. Seulement, pour ma part, je ne me reproche rien car j'ai le sentiment d'avoir fait tout ce qui était humainement possible en cette période si délicate.

Si les gens, plutôt que de faire des reproches stériles et de claquer la porte sans un mot d'explication, s'occupaient à exprimer clairement leurs griefs, les choses seraient alors constructives pour tout le monde. Oui, claires et constructives, au lieu d'en venir à toute cette amertume inutile, dont on se passerait bien. A ces coups bas, à la victimisation, à se faire mal tous autant que nous sommes. Pour rien. Pour des choses que le dialogue pourrait au moins apaiser.

Combien de fois j'aurais bien jeté le tablier de cette belle et grande et pleine de pouvoir place de "grande prêtresse", complètement dégoutée du comportement de mes semblables. C'est bien ce que j'aurais fait, si au fond de moi, mon but premier était d'obtenir une grande reconnaissance. Et on voit bien qu'à l'évidence, il ne faut pas espérer devenir célèbre, et adulé, et simplement remercié pour les efforts qu'on fait, et qui ne seront jamais assez bien pour ceux qui attendent tout de nous, comme si on pouvait faire des miracles sur terre. Mais moi, je n'ai pas envie de fuir, ni mes responsabilités, ni mes engagements vis à vis de la Déesse, des autres ou de moi-même. Et donc, c'est bien pour cela que je continuerai, malgré tout. Pour ceux par contre, qui, assez humains et compréhensifs, savent pardonner aux manquements inévitables tout comme je sais comprendre leurs propres limites. Des amis, des soeurs et des frères, prêts à faire l'effort de continuer ensemble plutôt que jeter le bébé avec l'eau du bain. Mes égaux, mes semblables, quel que soit leur degré d'avancement au sein du coven. Ces coeurs avec un peu de chaleur humaine, de la vraie chaleur humaine, à partager.

Et comme je préfère voir le soleil derrière les nuages plutôt que croire qu'il a déserté ce monde, une fois de plus, je ne peux que témoigner mon infinie reconnaissance pour ceux du coven qui m'ont supportée durant ces deux derniers mois, car je sais que lorsque ça ne va pas pour moi, ce n'est pas toujours facile de me supporter plus ou moins au quotidien. Oui, à celles et ceux qui ont compris, qui sont heureusement plus nombreux que le contraire, merci du fond de mon coeur. Il n'y a avec eux aucune justification à apporter, aucune preuve. Nous sommes tous dans le même bateau.

Par Hédéra - Publié dans : Les nouvelles du Paradigme de la Sphinge
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Vendredi 11 juillet 2008

... qui finit bien.

Rentrée de mes oraux de CAPES lundi, les résultats ne devaient tomber que le 16. Mais comme je suis une sorcière compétente, je sentais que les résultats tomberaient aujourd'hui, contre toute attente.

Admise.

Joie, bonheur et tous les autres synonymes. Je manquerais de mots pour exprimer mon soulagement, mon bien-être intense après une année de travail et d'angoisse intenses. Ainsi donc, je suis professeur d'histoire-géographie. Tout le monde était certain que ça irait sauf moi.

Qu'importe désormais. Il n'y a qu'une chose à faire à présent : fêter ça dignement!

Un immense merci à toutes celles et ceux qui m'ont soutenue durant ce marathon.

 

Par Hédéra - Publié dans : Marasmes et éclats d'esprit
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